Chapitre 260:
Chapitre 48.3
(par
lambertine, ajouté le 10/09/00 23:49)
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- Il est complètement à la masse. Et je suis déçue de le voir se promener dans le jardin, comme si de rien n’était. Je suis déçue qu’aucun médecin n’ait été appelé pour s’occuper de lui. Même si l’on peut me reprocher de tout voir en noir, d’émettre des ondes négatives, je sais, et ce n’est pas confusément, qu’il va mal et a besoin de soins. Qu’il est un danger pour lui-même surtout, et aussi pour les autres. - Après une nuit de repos, il devrait aller mieux, suggère ma compagne. - Je l’espère, Béatrice. Si tu savais comme je l’espère ! Je change brutalement de sujet de conversation. Je n’ai pas envie de m’éterniser sur notre malheureux cocuriste. J’apprends que les « éclopés » ont passé une excellente journée, entre la préparation du pique-nique et celle du goûter. Je tique pourtant, quand Béatrice se met à couvrir Eric de lauriers. C’est à lui que, selon elle, nous devons la réussite de la journée, les magnifiques braises du barbecue, le délicieux chocolat chaud, les crêpes aux pommes. De plus, il s’est montré excellent camarade, drôle, sympathique, attentionné. - Bref, l’homme parfait ! fais-je, sarcastique. - Je sais qu’il t’a vexée, Diane, mais oui, je dois reconnaître qu’il peut être charmant compagnon. - Il ne m’a pas vexée… Si, il l’a fait, mais je n’ai aucune envie de le reconnaître. Et en le reconnaissant, de lui donner raison. J’ai honte de mon physique, c’est certain. Je dois apprendre à passer au dessus de cette honte, à laisser glisser les moqueries de cour d’école sur la carapace de mon indifférente. Ou, au moins, à en donner l’impression. - … il me glace les sangs. - Pourquoi ? J’admet qu’il a l’art de blesser, parfois. Qu’il est moqueur et passablement prétentieux, mais nous avons tous nos défauts, non ? Oui, et moi plus que d’autres, je ne le nie pas. Mais même si l’arrogance de nouveau riche d’Eric m’irrite, et si ses méchancetés de potache ne me font pas rire, mes craintes vis-à-vis du proxénète ne leur sont pas liées. - J’ai peur qu’il fasse du mal aux gamins. Plus encore, j’ai peur qu’il leur fasse faire des bêtises. De graves bêtises. Eric est un mauvais exemple, à ne pas suivre. Et eux, sont fragiles. - Tu ne leur fais pas confiance ? - Face à la tentation, je ne fais confiance à personne. Le loup attire le Chaperon Rouge dans le bois, et ensuite, il le croque. Tu connais l’histoire de l’Anneau, Béatrice ? - L’Anneau ? Quel Anneau ? Celui des Niebelungen ? - Celui de Sauron. Il exacerbait la Tentation. Même celle des plus sages. Même celle des plus purs. Tous ses porteurs y succombaient. Absolument tous. Eric est un forgeur d’anneau. - Tu parles par énigmes, Diane. Et Eric n’est pas le diable. - Je l’espère, Béatrice. Je l’espère de tout mon cœur.
- Tu ne sors pas, ce soir ? Je tricote, assise sur le banc des psys. Célestin m’a rejointe, une tasse de chocolat bouillant entre les mains. - Toi non plus. Pas envie de faire un point 6 ? - Non. Je serai bientôt obligé de passer par là, mais tant que je peux éviter… Il éternue bruyamment. Je lui tends un mouchoir en papier. - Merci. L’eau était froide. S’y baigner n’était pas une bonne idée. - C’est le moins que l’on puisse dire. Comment t’y es-tu pris, pour convaincre Jean-Marc d'en sortir ? - Il le sait, je le sais, personne d’autre ne le saura. Même pas toi, Diane. Long silence ? J’ai gaffé. Jamais je n’aurais dû lui poser la question. Par respect. Par discrétion. - Diane ? - Oui, Célestin ? - Est-ce que tu crois en Dieu ? Je veux dire : vraiment ? Pas juste en l’Eglise, en la Bible et tout ça...
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