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Les Hautes Fagnes

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 266: Chapitre 49.4
(par lambertine, ajouté le 19/09/00 16:01)


Il n'a pas le temps de finir sa phrase. Le tuyau de l'extincteur semble prendre vie, se cabre, crache soudainement un flot de poussière blanchâtre en direction d'Aurélien, empli le couloir, puis le restaurant d'un brouillard âcre et froid, à travers lequel je peine à distinguer mes jeunes amis. Eux sont écroulés, au sens propre, de rire. Même Aurélien qui n'a, lui, plus rien de propre, ses vêtements bleu marine et ses boucles noires confondus dans le même gris sale. J'ai fait une bêtise. Une grosse bêtise. Sans doute vais-je devoir la payer, et cher. Et pourtant, en même temps que la poudre sortent de l'extincteur, la tension accumulée pendant la journée, le chagrin consécutif à ma déplorable évaluation par l'Equipe, explosent hors de mon âme. Je ne suis plus malheureuse. Je suis libérée. mes larmes sont de rire, et non plus de peine. Autour de nous, les autres résidents se demandent ce qui s'est passé, ouvrent les fenêtres, paniquent, pour certains. Je vais avoir droit à des remarques moqueuse, ou blessantes. Peu importe. L'éducatrice, qui a enfin retrouvé les clés de l'infirmerie, n'en croit pas ses yeux, interroge, cherche le coupable. Je n'ai aucune raison de lui cacher la vérité, bien que j'aie du ml à lui expliquer des faits qui m'échappent. Elle a du mal à me croire, imagine que je veux "couvrir" quelqu'un, "comme d'habitude". Mai j'ai la goupille en main, et, au fond de moi, me félicite d'avoir eu l'orgueil ridicule de ne pas avoir laissé Célestin réparer ma bêtise.
- C'est moi et moi seule, la cause de cet accident. Je ne l'ai pas provoqué volontairement. Je ne peux rien dire d'autre, sinon que les garçons étaient présents par hasard.
Elle est bien obligée de me croire. Elle envoie Aurélien se changer, et m'ordonne, ce qui n'est que normal, de tout nettoyer. Seule. je me retrouve donc, le balai à la main, en train de faire le ménage sous le regard goguenard de mes cocuristes qui ne se privent pas, et c'est normal aussi, de me jeter de petites phrases drôles, ou assassines. tant pis. Tel est le prix de ma délivrance.

Assise sur le muret du jardin, je rêvasse dans le crépuscule, quand Aurélien, vêtu de frais, vient me rejoindre. Visiblement, il ne m'en veut pas pour l'avoir aspergé de poudre, mais pour autre chose.
- Je déteste quand tu parles comme tu l'as fait cet après-midi. Tu n'es pas une ratée qui ne vaut rien, Diane. Alors, pourquoi le dis-tu ?
Pourquoi ? Mais parce que je me sens telle !
- Je n'ai fait qu'abonder dans le sens de l'Equipe. Ou, plutôt, des membres présents de l'Equipe. Ce n'est pas ce qu'ils m'ont expliqué pendant près d'une heure ?
- Je crois qu'ils voulaient surtout de donner un coup de pied au cul, te motiver pour que tu t'occupes plus de toi, et moins des autres. Enfin, d'un autre.
- Mais je ne m'occupe pas de lui, bon sang. Je l'aime bien, c'est tout, et il m'aide autant que je l'aide. Il aide tout le monde, d'ailleurs, et tu le sais très bien.
- Oui... bon...
Il paraît gêné, mal à l'aise.
- Peu importe Célestin. C'est toi qui n'allait pas bien, tout à l'heure. Et je voulais... enfin, tu as de la valeur, Diane. Je ne veux plus t'entendre dire le contraire. Ca m'énerve, parce que ce n'est pas vrai.
Je voudrais bien le croire. Oh, oui ! Comme j'aimerais le croire ! J'ignore si, un jour, j'y arriverai. J'ignore si je pourrai avoir suffisamment confiance en moi-même pour ne plus me considérer comme la dernière des ratées. Je le voudrais bie, mais je n'y crois pas.
Pas vraiment, même si souvent, je fais semblant.


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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.