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Les Hautes Fagnes

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 274: Chapitre 51.1
(par lambertine, ajouté le 03/10/00 00:16)


- J'ai la frousse. Je sais que, si je sors d'ici, je rechuterai. Que je n'aurai pas la force de résister. Je le sais bien, que je ne peux pas rester enfermé toute ma vie. Je sais bien aussi que selon le règlement, je devrais déjà être rentré en week-end depuis longtemps, mais je sens que je n'en suis pas capable. Que la came m'appelle. Tu sais, comme les sirènes qui finissent par bouffer les marins dans cette histoire des anciens Grecs.
- L'Odyssée ? Mais elles ne mangent pas le héros, les sirènes.
- Il avait triché. Je ne peux pas tricher, moi. Je ne peux pas m'attacher au mât. Je ne peux pas me couler du plomb dans les oreilles. Parce que ce n'est pas par les oreilles que je l'entends. C'est dans mes tripes, dans mon âme.
Nous sommes censés faire de la musculation, mais, bien que perchée sur mon vélo d'intérieur, je ne pédale pas. J'écoute Ben, paniqué par le week-end qui approche, et, avec lui, cette sortie qu'il ne peut plus repousser malgré ses craintes. Je voudrais l'aider, le rassurer, mais je ne sais pas quoi dire, parce que je suis persuadée qu'il a raison :s'il sort, il rechutera.
- Est-ce que tu en as parlé à l'Équipe ? Est-ce que tu leur a expliqué à quel point tu avais peur, et pourquoi ?
- Ils me disent qu'il est temps. Que si je ne suis pas prêt maintenant, je ne le serai jamais. Que je dois prendre des risques. Mais je sais bien que ce n'est pas qu'un risque.
- Faut pas dire ça, Ben. Regarde, moi aussi, je pensais comme toi. Et pourtant, j'ai tenu le coup. Même si tout le monde pensait que j'allais échouer. Et que j'avais échoué.
- C'est pas pareil, Célestin. Toi, tu es resté des mois et des mois à l'hosto, avant d'entrer ici. Moi, je viens direct de la rue, ou presque. C'est encore tout proche, dans ma tête. Et puis, toi, tu es plus fort que moi.
- Plus fort ? Non. Juste plus en colère, et ça ne m'empêche pas d'avoir la trouille aussi, pour le point 6 de ce soir. Pourquoi tu crois que je n'en ai jamais fait avant ? Que j'ai attendu d'y être obligé ? Mais ce n'est pas parce que c'est difficile qu'on ne peut pas réussir. On doit réussir. Toi comme moi.

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.