Chapitre 275:
Chapitre 51.2
(par
lambertine, ajouté le 03/10/00 17:20)
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Ils doivent réussir, ils n'ont pas le choix, et moi non plus. C'est ce que je pense sous la douche en sentant l'eau dégouliner le long de mon corps. L'eau qui me fait du bien. J'aimerais rester plus longtemps sous cette pluie artificielle, apaisante. Mais je n'en ai pas le temps. Petit déjeuner. Tâches. Réunions. Avant l'atelier de Léon, les temps libres, le Night Meeting. Un film, ce soir, peut-être ? Je n'ai pas le temps de me sécher les cheveux. Je les noue, mouillés, en chignon, et j'enfile un pantalon et un tee-shirt, avant de descendre, et de me heurter à Aurélien. - Ca va ? - Couci-couça, fait-il, tristounet. J'ai mal partout, après la journée d'hier. - C'est normal. Tu n'as pas l'habitude de jouer les Tarzan des grands chênes. - Les autres non plus. Et ils se prétendent tous "en pleine forme". Ça doit être moi, qui suis un freluquet. Ou trop douillet. - J'ai plutôt l'impression que toi, tu as l'honnêteté de reconnaître tes courbatures. Il n'y a pas de mal à ça. Tu es architecte, pas trapéziste. Et, franchement, Ben et Célestin n'étaient pas très frais non plus, ce matin. - C'est pas pareil. Pour Ben, je ne sais pas, mais Célestin a cauchemardé toute la nuit, d'après Francis. Je croyais qu'il t'en aurait parlé. Moi, je suis obligé d'aller le dire à l'Equipe, et ça ne m'enchante pas. - Alors ne dis rien. - Je n'ai pas le droit. Bon sang, Diane, quand comprendras tu ? C'est pour son bien... et je suis coordo. Encore cinq jours, et je passe la main. Je te jure que mercredi prochain, j'irai mettre un cierge à l'église, tellement j'en ai marre, de cette charge. Marre, marre et marre. Marre... Je le comprends. Il n'est pas fait pour ça, même si, selon l'Equipe, il doit apprendre. Je le comprends, mais je n'insiste pas. Nous nous dirigeons vers le Restaurant, et, tandis qu'il va chercher de l'eau bouillante aux cuisines, je m'installe à table. J'écoute, les uns et les autres, faire des projets pour cet après-midi. J'accepte, sans trop y prendre garde, un point-7.2-bibliothèque. J'en profiterai pour aller relever ma boîte mail. Je regarde Agnès récolter les croutes de pain qu'elle adore, Dominique tartiner généreusement son pain de Nutella, Michelle chipoter avec la nourriture. Je n'ai pas faim. J'ai de mauvais pressentiments, et je ne sais pas vraiment pourquoi. A moins que je le sache trop bien. - Tu as du linge à laver ? Je vais vite faire tourner une machine, avant les groupes. Elle ne sera pas remplie. - J'ai mon pull brun. Descends déjà, je te rejoins tout de suite. Il est interdit de monter dans sa chambre sans l'autorisation des éducateurs, mais ceux-ci sont en réunion. Alors, tant pis. J'y vais quand même. Je prends mon pull, mon tee-shirt de gym, et je rejoins Célestin à la cave. - Tiens. Et merci. - C'est pas de la laine, ça ? Il lit scrupuleusement l'étiquette, opine du chef, et ajoute mon linge au sien dans la machine à laver. - Le parfait homme de ménage, fais-je en riant. Ta femme aura de la chance. - Euh... oui... enfin... si je ne la réveille pas en hurlant toutes les heures à cause d'une stupide araignée. - D'une araignée ? Quelle araignée ? Je croyais que tu avais fait des cauchemars. Il me regarde, étonné. Il ne m'en a pas encore parlé. Comment puis-je donc être au courant ? - Aurélien me l'a dit. - Aurélien ? Mais qu'est-ce que... ? On ne peut pas vivre, ici, sans que tout le monde sache tout sur tout le monde ? Oui, j'ai fait des cauchemars. Ou plutôt, un cauchemar. Mais personne n'avait à le savoir, bon Dieu. - Je suis désolée. Il m'en a parlé de lui-même. Et j'ai cru que c'était ma faute. A cause de ce que je t'ai raconté, hier soir. Ou de la poulie. Il secoue la tête, sort son téléphone portable de sa poche, et regarde l'heure. Il n'est pas question d'arriver en retard aux groupes de parole. - Je ne te fais pas de reproche Diane. Ce sont ces racontars qui me mettent mal à l'aise. Machin a dit à Truc que Chose a... Je suis déjà embêté d'avoir réveillé Francis plusieurs fois, alors, que ce soit le dernier potin à la mode... Et tu n'as rien à voir... enfin, peut-être un peu quand même. Je ne sais pas vraiment. J'ai rêvé de Shelob. |
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