Chapitre 276:
Chapitre 51.3
(par
lambertine, ajouté le 05/10/00 23:46)
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- C'est cette araignée-là qui te fait peur ? - Toutes les araignées me font peur, Diane. C'est con, je sais, mais je n'arrive pas à me défaire de cette phobie. Shelob, c'est un rêve récurrent, comme toi tu rêves de Numenor. Tu peux me prendre la main, s'il te plaît ? Si je... Bien sûr, que je peux. Je serre sa main moite entre les miennes, et je le sens qui s'agrippe, qui se raccroche. Malgré le sport, le petit-déjeuner, notre conversation avec Ben, il n'est pas encore sorti de son cauchemar. S'il me ressemble comme je sais qu'il me ressemble, il n'en sortira pas avant plusieurs heures. - Je suis parfois dans une caverne, comme dans l'histoire. Mais le plus souvent, elle me poursuit dans la forêt. Elle me traque. Je me cache, et elle me traque encore. Il m'arrive de me réveiller avant qu'elle ne m'attrape. Alors, le rêve continue lorsque je me rendors. Il continue jusqu'à ce qu'elle me capture. Il continue jusqu'à ce qu'elle me prenne. Il baisse la tête, et ses épaules s'affaissent. Quand elle était enfant, Florentine cauchemardait toutes les nuit. Je ne savais comment la calmer, comment l'aider. Je ne sais pas plus, aujourd'hui, comment agir avec Célestin. Le prendre dans mes bras, l'embrasser sur le front, lui raconter des bêtises, comme autrefois à ma petite fille ? Mais il n'a plus cinq ans. - Je le sais bien, Diane, que ce n'est qu'un rêve. Mais elle ne m'a pas pris, cette nuit. Elle ne m'a pas piqué. La nuit prochaine, elle reviendra. Alors, j'ai peur, même si c'est con. J'ai peur de me rendormir, et de la retrouver. Il a peur, comme moi de voir engloutir les miens, comme moi de perdre les mien. Ma terreur. Ma phobie. - J'ai peur du point 6 de ce soir, aussi. Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire, dans cette ville pourrie, pendant trois heures et tout seul ? - Aller au cinéma ? - J'ai pas le droit. Enfin, je me débrouillerai. Il doit bien y avoir des restos potables, et j'éviterai les tartines du soir. Il ricane, se mord les lèvres, nerveux. Regarde l'heure. - Il est temps d'y aller. Diane ? - Tu tiendras le coup. - Peut-être. Sans doute. Mais... Ben... Je ne crois pas un seul mot de ce que je lui ai dit. Je préférerais lui faire une autre réponse que "je sais", mais je n'en ai pas le courage.
Jeu de rôle. Je fais semblant d'être dans un train. J'essaie de convaincre Jean-Marc d'avoir avec moi une conversation intime. J'y réussis. Ce n'est pas étonnant : nous sommes dans un jeu de rôle, dans un centre de désintoxication, et nous nous connaissons depuis plusieurs mois. Ce n'est pas difficile de discuter avec lui de choses dont nous avons déjà parlé. Mais je joue le jeu. Lui aussi. Il évoque Dieu. Je n'en suis pas étonnée. Pas même agacée, au contraire de Danielle. Je... - Diane ! La porte s'est ouverte, et Josyane m'appelle. |
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