Chapitre 285:
Chapitre 52.5
(par
lambertine, ajouté le 17/10/00 22:28)
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- Tant mieux. Je ramènerai du matériel de chez moi. Je compte bien te trouver toujours ici à mon retour de week-end. - Je n'ai pas l'intention de partir. - Ni de changer ? - Je n'ai aucun désir de devenir un robot. Tant pis si je reste asociale. Tu ne changes pas beaucoup, toi non plus. - Je ne suis pas ici pour ça, mais pour guérir. Repartir du bon pied. J'ai pas mal réfléchi, tu sais, aux erreurs que j'ai commises. Avec ma femme, surtout. Je comprends qu'elle m'en ait voulu. Ce n'est pas pour autant que je vais vous raconter pourquoi. Ca ne vous regarde pas plus que les malheurs et les turpitudes du petit. En fait, ça ne regarde que ma femme et moi. Même pas nos enfants. Tu n'es pas vexée, j'espère. - Bien sûr que non. Bien sûr que non. Pourquoi ? Je n'ai pas à entrer dans sa vie, s'il ne le désire pas. Je n'ai pas à partager ses confidences. Raoul est un brave type, mais nous ne sommes pas amis intimes. Pourquoi devrais-je être au courant de ses affaires de couple ? Je me sens de plus en plus dans un lieu schizophrène. Nous devons nous mettre à nu, tous, devant les uns et les autres. Nous devons les écouter, apprendre d'eux des secrets que ne connaissent même pas leurs proches. Et, en même temps, il nous est interdit de nous attacher, de devenir amis, interdit de nous inquiéter, de nous mettre en colère, pour nos compagnons de galère. Nous devons rester indifférents, non aux histoires de nos cocuristes, mais à ceux qui les portent, à ceux qui les ont vécues. Comme s'il s'agissait de personnages, de sujets à analyser, et non pas de personnes, d'êtres de chair et de sang. Humains. Vivants. Même ce bloc de granit de Raoul. - Je ne suis pas un bloc de granit. J'ai un psy, je lui parle comme à un psy. Je ne suis pas psy, moi, et quand je reçois en pleine gueule les chagrins d'enfance, les secrets de famille ou les salloperies qu'ont vécu les autres, et qu'ils nous déballent, je dois endosser mon armure pour ne pas péter les plombs, et, ensuite, pour faire comme si de rien n'était. Ca me fait mal. Parfois ça me dégoûte. Je n'aime pas cette transparence forcée. Je n'aime pas entrer dans le jardin secret des autres, pas plus que je n'aime qu'ils entrent dans le mien. Je ne sais pas ce que le petit a à cacher et je ne veux pas le savoir. Mais je me doutais qu'on en arriverait à ce qui s'est passé cet après-midi. - Je sais. Tu me l'avais dit. Je n'ai pas oublié, Raoul. |
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