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Les Hautes Fagnes

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 294: Chapitre 53.8
(par lambertine, ajouté le 26/10/00 22:47)


Il ne parvient pas à se retenir, et commence à vomir sur son survêtement, et sur le sol avant de parvenir, vaille que vaille, à se traîner jusqu'à l'évier pour rendre tripes et boyaux. Tombé à genoux, il tente désespérément de maîtriser les hauts-le-cœur qui continuent à torturer son estomac à présent vide. Il se laisse glisser, haletant, contre moi. Derrière nous, Georges, enfin descendu de sa bicyclette, nous regarde, l'air un peu moins ahuri que d'habitude.
- Je peux vous aider ? demande-t-il, timidement. Je peux faire quelque chose ?
- Aller chercher une serpillère dans la cuisine, lui répond Simon, à la fois irrité et mal à l'aise. Et un seau. Grouille.
Puis il s'accroupit auprès de notre compagnon, l'aide à se relever, et l'entraîne vers le banc sur lequel le gamin se laisse lourdement tomber.
Je lui ôte sa veste souillée de vomissures, Simon l'enveloppe dans la sienne. Je lui conseille de s'allonger sur les tapis de gym, mais il refuse. Il affirme se sentir un peu mieux, bien que sa respiration reste laborieuse.
- Je suis désolé, s'excuse-t-il. Je... c'est comme si...
- T'excuses pas. Je ne comprends pas, mais t'excuse pas. C'était pour rire. Juste pour rire. Je ne savais pas que ça allait te faire un effet pareil.
- Pardon... c'est que... ils n'arrêtent pas. Depuis tout à l'heure. Diane... ils n'arrêtent pas de dire... Je sais que c'est pas vrai, que tu ne veux pas... Mais ils ont pas arrêté, Jules et Richard, de parler comme si...
- Calme-toi.
Je m'agenouille face à lui, écarte ses cheveux salis de son visage, que je prends dans mes mains.
- Regarde-moi, Célestin. Regarde-moi. Ils... enfin, elles, m'ont dit la même chose, ce matin. Et ce n'est pas la première fois. Alors, écoute-moi. Je t'aime infiniment, mais pas comme ça. Pas comme ils le prétendent. Je t'aime comme quelqu'un en qui j'ai confiance, et qui pourrait être mon enfant. Pas comme un objet sexuel. Comme un ami.
- Ca fait mal, de les entendre. Je ne veux pas profiter de toi, tu sais. J'ai toujours été sincère. Pourquoi ils me voient comme je ne suis pas ? Et pourquoi ils ont dit que tu... que tu...
Il ne peut pas aller plus loin. Je le serre très fort contre moi, et l'embrasse sur le front, comme pour consoler un petit garçon. Et j'ai mal. Mal à en crever.
- Célestin ?
Georges se tient debout auprès de nous, et tend au jeune garçon une canette de Coca-Cola, ouverte.
- Ma femme en donnait toujours aux garçons, quand ils étaient malade. Ca fait digérer, paraît-il. Julie va arriver. Je vais vite nettoyer tes crasses.
- Merci, Georges. C'est gentil.
Mais Julie n'apprécie pas la prévenance de Georges. Nous l'entendons le gourmander, parce qu'il nettoie des saletés qui ne sont pas les siennes.
- Mais le petit est malade, proteste-t-il vainement. Et d'ailleurs, j'ai fini.
- Peu importe qu'il soit malade.Il salit, il nettoie. Et toi, questionne-t-elle Célestin, qu'est-ce qui t'arrive encore ? Qu'est-ce que tu as pris comme crasse ? Prends ça, et vas aux toilettes.
Elle lui fourre un flacon entre les mains.
- Tu me le ramènes, et tu files dans ta chambre. Le docteur doit venir examiner Jean-Marc. Il passera te voir ensuite. Quant à toi, Diane, tu te tais, et tu te mêles de ce qui te regarde.


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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.