Chapitre 297:
Chapitre 54.3
(par
lambertine, ajouté le 28/10/00 15:10)
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- Tu n'as rien d'un Gollum. - Arrête. Tu sais bien que si, j'ai tout d'un Gollum. Et je ressens l'appel de l'Anneau, comme je ne l'avais plus ressenti depuis des mois.
La piste de déval-kart ne se trouve pas très loin du lac, si l'on y monte à travers bois. Il ne fait pas très chaud, les chemins sont légèrement humides, les herbes vertes sentent bon la nature sauvage. Une plante aux feuilles dentelées nous nargue au pied d'un hêtre. - Tiens, fait Célestin. Une datura. Plante toxique. Plante mortelle sous ses apparences anodines, ses fragiles fleurs roses appellent les mains d'enfants à faire de jolis bouquets. - Je croyais que ça ne poussait qu'en Amérique. - Ça pousse partout. C'est une mauvaise herbe. Tu sais, si tu veux délirer un bon coup, la nature t'offre tout ce que tu veux, pour pas cher. Ça, des champignons, de la mandragore... mais faut pas jouer avec ça, si on tient à la vie. - Toi, tu as joué avec ça, n'est-ce pas ? Ce n'est pas une question, c'est une certitude de ma part. - Pas souvent. Et je ne tenais pas à la vie. Il caresse lentement, presque tendrement, les délicates corolles mortelles, étrangement fasciné, non par leur beauté, mais par le danger qu'elles recèlent. Gollum, face à l'Anneau. - Touche pas à cette saleté ! fait Simon, en le tirant par la manche. Non, mais t'es dingue ou quoi ! - C'est juste une fleur... - Non, ce n'est pas "juste une fleur". Ne me prends pas pour un imbécile. Je connais mieux les drogues que toi. Je les maîtrise mieux que toi, et tu le sais très bien. Regarde devant toi, pas sur les bords du chemin. Pense à tes rapaces, tiens. Ou à la petite. Tu n'as pas fait tous ces efforts pour rien, que diable ! Je les laisse partir en avant, caressant à mon tour la plante du Diable, comme, paraît-il, l'appelaient les anciens. Par-dessus la forêt, la forteresse médiévale dresse ses tours menaçantes. Ou rassurantes, question de point de vue. Vue d'ici, elle fait peur, et trouble l'esprit, alors qu'à l'intérieur, elle apaise. Je l'ai visitée, autrefois, Florentine dans le porte-bébé. Personne n'utilisait de porte-bébé, il y a vingt-cinq ans, et je passais pour une mauvaise mère, ou une illuminée. Les temps changent. Moi aussi. En ce temps-là, j'étais jeune et belle. En ce temps-là, je croyais en la vie, en l'avenir, et en l'éternité. Un rayon de soleil illumine la tour sombre, et la rend d'un seul coup moins austère. Il suffit parfois de si peu de chose pour que l'espoir renaisse.
- C'est quoi, ça ? - La piste de déval-kart, pourquoi ? En fait, non. A la base, c'est une piste de ski. Mais faut bien la rentabiliser en été, tu ne crois pas ? Je ne sais pas si je le crois ou pas. Ce que je sais, c'est que je n'ai jamais aimé les montagnes russes et autres jeux à sensations fortes. Et que je n'ai aucune envie de me ridiculiser dans ces voiturettes. Je suis "trop vieille pour ces conneries". Et je ne suis pas seule dans le cas.
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