Chapitre 301:
Chapitre 55.1
(par
lambertine, ajouté le 06/11/00 15:24)
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- N'y pense même pas . Je sursaute, et me retourne brusquement. Face à moi se dresse la haute silhouette de Richard. Il me domine, et fait naître une boule au creux de ma gorge. J'essaie de me défendre, de mentir. De faire l'innocente. - Pardon ? Je n'ai pensé à rien. En vain. L'éducateur n'est pas un imbécile. - Allons, Diane, tu me prends pour un idiot ? Je sais que tu avais dans l'idée de fermer cette armoire. Au cas où je n'aurais pas remarqué que ton chouchou avait oublié de le faire, hier soir. Mais c'est raté. Ce n'est pas un vieux singe comme moi qui passe à côté d'une négligence de ce genre. Il sera puni, et tu as de la chance que je sois intervenu à temps pour t'empêcher de faire une bêtise. Et n'essaie pas encore de prendre sa défense, s'il te plaît. - Il est tracassé, dis-je malgré tout. Il s'inquiète pour Ben... - Il ferait mieux de s'inquiéter pour lui-même. Et toi, pour toi.
Célestin tourne en rond comme un lion en cage, allumant cigarette sur cigarette, en fixant la porte d'entrée. Il est midi moins le quart. Tous les Résidents rentrés en week-end sont de retour au Centre. Tous, sauf Ben. Je suis préoccupée, moi aussi, même si je tente d'être plus discrète que mon jeune ami. J'espère pourtant, contre toute évidence, que le jeune garçon reviendra, sans être retombé. J'espère, de tout mon cœur, que mes pressentiments et ceux de Célestin étaient sans fondement. Lorsque retentit la sonnette, que j'aperçois Ben et ses parents derrière la porte vitrée, un immense soulagement s'empare de moi. Pour peu, bien peu de temps. Julie reste longtemps enfermée avec eux dans le secrétariat. Trop longtemps. Beaucoup trop longtemps. - Ca s'est mal passé. - Pourquoi dis-tu ça ? - Tu as déjà vu un retour de week-end qui se déroulait de cette façon ? Il a rechuté, Diane. Ma main à couper. Ce n'est pas un pari bien risqué. Je m'attends d'ailleurs à voir le petit cuisinier s'en aller vers les chambres, faire ses bagages, et partir. Mais non. Il nous rejoint, après de longues minutes, tremblant de nervosité, encore sous l'effet du produit, produisant sur la majorité de nos cocuristes l'effet d'un répulsif. Pas sur Célestin, qui commence, les larmes aux yeux, à le sermonner copieusement. - J'ai essayé, tente, pitoyable, de se défendre Ben. Je te jure que j'ai essayé. C'était trop fort. Tellement, tellement fort ! Je vous jure, je te jure Diane, que j'ai essayé. - Mais qu'est-ce que tu as pris ? - Cocaïne, fait Célestin. Reste avec-lui, je vais lui chercher un manteau. Ou plutôt, allons au salon. Allez, viens, Ben. Mais qu'est-ce qui s'est passé, bon sang ? Il nous suit, comme un petit garçon docile, et se met à raconter, par bribes, entrecoupées de sanglots. Ses parents avaient nettoyé sa chambre, mais n'avaient pas pensé au grenier. Il y restait une dose. Une maudite dose de cocaïne. - J'ai sniffé. Je ne voulais pas, mais j'ai sniffé. Ça m'avait jamais fait un effet pareil. J'étais... C'était comme une transe. J'ai quitté la maison. Je suis parti. J'ai... Je sais plus. Trouver des copains, et puis... Pourquoi je me sens aussi mal, maintenant ? Pourquoi je me sens sale ? Et con ? - Eh bien... peut-être parce que tu l'as été, con, non ? Mais tu n'es pas le premier, Ben. On en a vu d'autres, ici, rechuter en week-end, non ? T'en as pris combien, en tout ? Quatre grammes ? Toujours tremblant, grelottant, le garçon s'est pris la tête entre les mains. - Je sais pas... six, je crois... je sais pas... Il sanglote, à présent, bruyamment. Célestin lui a mis son anorak sur les épaules, l'a entouré de son bras, et lui parle doucement. Je me sens, quant à moi, bien impuissante. - Ca suffit, maintenant. Julie nous regarde, sèche. - Toi, tu le laisse. Bon sang, "règlement", ça ne veut rien dire pour toi ? Pas de contacts physiques ! On en reparlera tout à l'heure. Quant à toi, Ben, tu me suis en chambre d'isolement. Te donner ainsi en spectacle ! C'est à dégoûter tout le monde. Lève-toi tout de suite, et monte.
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