Chapitre 302:
Chapitre 55.2
(par
lambertine, ajouté le 08/11/00 18:09)
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Il obéit. Il se lève, et quitte la pièce à la suite de l'éducatrice. Il n'en faut pas plus pour que les autres résidents se précipitent dans le salon, où Simon et Francis s'apprêtent à servir l'apéritif. La vie continue, même si l'un d'entre nous a rechuté. Du moins, la vie continue, dès qu'il est hors de vue. - Je ne pouvais plus le voir, me confie Damien. Il me rendait malade. Pourquoi est-il resté parmi nous ? Pourquoi n'est-il pas monté tout de suite dans sa chambre ? Il tenait à peine debout... Pourquoi ? Je n'en sais rien. Sans doute par besoin d'un peu de réconfort. Ou d'expliquer, vaille que vaille, ce qui lui était arrivé. D'expliquer comment l'inéluctable s'était produit. - Tu en étais sûre, toi, qu'il allait rechuter... - Il en était sûr, lui. Tu devrais le savoir, Damien. Tu dors avec lui. - Il avait peur, c'est vrai. Mais on a tous peur, la première fois. - Pas comme ça. Tu es ici depuis assez longtemps pour t'en être rendu compte. Il crevait de trouille. - Qu'est-ce que tu essaies de me dire Diane ? Qu'est-ce que tu sous-entends encore ? Je ne sous-entends rien du tout. Je suis en colère, et ne parviens pas à le cacher. La rechute du gamin était aussi prévisible que le venue de la nuit à la fin du jour. Qu'aucun responsable ne s'en soit rendu compte, n'ait rien fait pour l'aider, me met en rogne. Plus qu'en rogne. Ronge encore un peu plus ma confiance. - Qu'aurais-tu voulu qu'ils fassent ? Ils ne peuvent quand même pas le garder ici indéfiniment ! - Je n'en sais rien, Damien. Je n'en sais rien, mais quelque chose. Là, je te fiche mon billet qu'il va se faire renvoyer. Vers où ? Vers la mort ? - Tu ne crois pas que tu exagères ? Non, je n'exagère pas. Si ce garçon sort d'ici par la petite porte, il n'atteindra jamais vingt-cinq ans. A moins que l'Equipe ne trouve une solution, conjointement avec ses parents. Une solution autre que ce Centre qui ne lui convient pas. Une autre forme de cure ? Une véritable hospitalisation de longue durée ? Je ne suis pas médecin. Je ne suis qu'une idiote d'alcoolique moi-même. Et pourtant... Dès le début du séjour de Ben, il m'a semblé qu'il n'était pas prêt à suivre une cure comme la nôtre. Il n'était même pas sevré. Il a même failli en mourir. Il n'y a pas de causes perdues. Ben ne nous aurait pas rejoints, s'il en était une. Mais s'est-on battu pour lui ? Et de la façon adéquate ? Il existe d'autres centres, aux thérapies moins intellectuelles, où il pourrait peut-être guérir. Où il pourrait certainement guérir. Où Célestin pourrait certainement guérir, lui aussi. Célestin qui s'est extrait de l'assemblée, à sa manière, en reprenant, pour la première fois depuis bien longtemps, le solitaire du salon.
Cuisiner des steaks pour quarante personnes n'a rien de facile. En général, lorsqu'il y en a au menu, le repas est raté. Pas aujourd'hui. Aujourd'hui, Ludovic et Donatien se sont bien débrouillés. Ils nous ont servi une viande juteuse, et dorée à souhait. Savoureuse en diable. - Fameux ! fait Célestin, sortant de sa torpeur, et souriant enfin. - Je ne te dirai jamais assez que je n'ai jamais rencontré un garçon dont l'humeur dépendait autant de la nourriture. - Manger, c'est important. Il se lève, frappe à plusieurs reprises son verre de son couteau pour réclamer le silence. - Mes compliments au chef ! annonce-t-il d'une voix de stentor, et au grand étonnement de tous. Puis, il se rassied, et continue à manger, comme si de rien n'était. - Qu'est-ce qui te prends ? désapprouve Julie. |
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