Chapitre 304:
Chapitre 55.4
(par
lambertine, ajouté le 13/11/00 12:28)
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- Il n'en est pas question. Julie. Encore elle. Aussi furieuse qu'exaspérée. - Range cette carte dans ton portefeuille. Et attends-toi, soit à bientôt quitter ce Centre par la petite porte, soit à passer la semaine prochaine à faire la fermeture, sortir les poubelles et tenir le bar à jus chaque fois qu'il sera nécessaire. Tes cocuristes te remercieront de faire toutes les tâches à leur place. Tu n'es quand même pas stupide au point de ne pas te rendre compte que tu violes allègrement le règlement, là ? Je tente de m'interposer, de dire que c'est ma faute. - Toi, tais-toi. Cesse de prendre sa défense. Tu tirerais une drôle de tête si, demain, il t'accusait d'avoir vidé son compte en banque. D'ailleurs, tu pourrais vraiment le faire. - A la cabine téléphonique ? raille le jeune garçon. Non seulement tu me prends pour un salaud et Diane pour quelqu'un de malhonnête, mais en plus pour des imbéciles. - Pas pour des imbéciles. Pour des réfractaires à l'autorité, séditieux et dangereux pour l'abstinence des autres résidents. Ton portefeuille, s'il te plaît. Elle tend la main, paume ouverte. Célestin ne résiste pas. Il y dépose l'objet du délit, en haussant les épaules. - Tu le récupèreras ce soir. Après les temps libres. Elle nous tourne le dos, et s'en va vers le secrétariat, devant lequel Damien s'apprête à entamer sa permanence d'accueil. Je me sens terriblement mal. Parce que ce qui vient de se passer est clairement de ma faute. C'est moi qui me suis fait confisquer mon portable. C'est moi qui ai oublié d'acheter une carte téléphonique. C'est moi qui m'inquiète toujours pour un rien. C'est moi qui... - C'est moi qui t'ai proposé ma carte de banque. - Tu vas avoir des ennuis, maintenant. - J'ai toujours des ennuis. Autant que ce soit pour quelque chose de valable. Quelque chose de valable ? Me permettre de téléphoner à Florentine, pour lui demander à quelle heure elle compte arriver ? - T'aider. Et rester un être humain. Je ne veux pas devenir ce qu'ils veulent faire de moi. Je veux arrêter la came, pas perdre mon âme. Je préfère rester un voyou, que faire passer un règlement avant mes amis. Mais j'en ai marre, Diane. Il s'assied sur le muret qui nous sépare du jardin inférieur, celui où personne ne descend jamais. - J'en ai marre, et je suis fatigué. Je ne sais pas combien de temps je vais pouvoir tenir encore. Je voudrais le prendre dans mes bras, le consoler. Mais ça ne ferait qu'empirer les choses, aux yeux de l'Equipe et des Résidents. - Que comptes-tu faire, cet après midi ? Il secoue la tête, pousse un profond soupir. - Rien. Rester dans ma chambre. A l'abri des regards. Tu n'aurais pas des BD ? Je n'ai même pas le courage de lire un bouquin. - Dans l'armoire des Bleues. Remets-les là quand tu les auras terminées.
Je pousse le landau de Noé. la pente est rude, et il fait chaud. La présence de mes enfants me rend heureuse, mais je reste meurtrie à l'intérieur de moi. Je voudrais leur dire de m'emmener loin, le plus loin possible du Cente. Je n'en ai pas le droit. Je suis ici pour eux. Rien que pour eux, à présent. Surtout ne pas les décevoir. Surtout ne pas les inquiéter. Sont-ils dupes ? Je ne sais pas. Je ne crois pas. Mais eux aussi, ils jouent le jeu. Ils me promettent un beau samedi, chez Florentine, la semaine prochaine. Je leur souris, je fais mine d'être enjouée. Samedi... c'est si proche, et c'est si loin. Il peut se passer tant de choses, en une semaine, au Centre. |
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