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Les Hautes Fagnes

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 311: Chapitre 57.1
(par lambertine, ajouté le 28/11/00 00:21)


Ben me tend son paquet de chips. J'en prends un, par pure gourmandise.
Je me suis levée la peur au ventre, me demandant ce qui allait encore se passer, me demandant "à qui le tour". Je n'ai pas été très attentive pendant la réunion "estime de soi". J'avais la tête ailleurs, et j'étais à cran. Mon entretien avec l'assistante sociale n'avait pas arrangé les choses. D'après elle, je suis une anguille. Lorsqu'un membre de l'Équipe croit m'avoir attrapé, je lui glisse entre les doigts. Ce n'est peut-être pas faux. Peut-être n'ai-je aucun désir de me laisser prendre dans les filets de qui que ce soit, même si c'est pour mon bien. Peut-être n'ai-je aucune envie de me départir de ma méfiance ? Mon indiscipline et ma façon de remettre en cause les règles du Centre sont, paraît-il, un tourment pour l'Équipe. Ils ne savent plus que faire de moi. Cela rajoute à mon angoisse. Il faut que je continue cette cure, vaille que vaille, même si elle me pèse de plus en plus. Toujours cette ambiguïté : détester le Centre, et vouloir, malgré tout, y rester.
Ben, lui, ne rêve que d'une chose : partir. Fuir le plus loin possible de ces murs, de cette thérapie qui ne lui apporte rien.
- C'est pas que je ne veux pas arrêter. C'est qu'ici, tout va de travers. Si seulement je pouvais travailler de mes mains, plutôt que de perdre mon temps dans toutes ces réunions. Elle ne servent à rien, ces réunions. Juste à me rendre plus malheureux qu'avant.
Il a mal lorsqu'il se fait rudoyer, lorsque son comportement est critiqué dans les moindres détails. Il a mal lorsqu'il voit les autres se faire étriller à longueur de réunions. Il a mal lorsqu'il sent les regards réprobateurs lui reprocher sa rechute du week-end.
- Tu ne m'en veux pas, toi ?
Pourquoi lui en voudrais-je ? Reproche-t-on à un cardiaque d'avoir fait un malaise, à un asthmatique de tousser ?
- Ca pourrait m'arriver à moi aussi. Ca pourrait nous arriver à tous.
- Je ne sais pas, Diane. Je ne crois pas. Je ne suis pas comme vous. Vous, vous êtes courageux.
Je ne me sens pas particulièrement courageuse. Plutôt acculée. Je n'ai pas le choix. Mais lui non plus, n'a pas le choix.
- Nous revenons peut-être de moins loin que toi, Ben. Il te faut sans doute plus de temps.
- C'est pas qu'une question de temps, je crois. C'est pas normal qu'après des mois ici, la première chose que je fais une fois dehors c'est de sniffer un rail. Y a quelque chose qui ne marche pas.
Quelque chose qui ne marche pas, oui, c'est certain. Et quelque chose qu'il me cache. J'en suis certaine. Mais quoi ?
- Rien. Je suis juste triste.
- Et tu es inquiet.
- J'ai entretien familial mercredi. C'est jamais drôle, et après ce qui s'est passé, ce sera pire encore.
- Tu es sûr que c'est tout ?
Il détourne la tête. Non, ce n'est pas tout. Ce n'est pas tout du tout, mais il ne dira rien. Peut-être à Célestin ?
Célestin qui s'est recroquevillé sur lui-même dans un des fauteuils mous du salon, griffonnant dans le cahier posé sur ses genoux.
- Catherine n'a même pas regardé son travail. On a analysé celui de Virginie.

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.