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Les Hautes Fagnes

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 313: Chapitre 57.3
(par lambertine, ajouté le 11/12/00 08:57)


- Pardon ? Mais pourquoi pardon ? Tu ne m'as pas fait de mal. Tu n'as pas fait de mal.
Il pousse un profond soupir. Je le serre plus fort. J'ai l'impression de tenir contre moi une boule de souffrance.
- Je perds pied, Diane. Je... je suis en train de me noyer. C'est comme si je repartais deux ans en arrière, quand j'errais dans les rues à la recherche de fric et de came. Et j'essaie, pourtant, tous les jours, de me dire que... Mais ça ne marche plus. Rien ne marche plus. Même ma haine vis à vis de Thomas, ma volonté de lui prouver que je suis capable d'être quelqu'un de bien ne marche plus.
- Mais tu es quelqu'un de bien !
Je voudrais me fâcher contre lui, le secouer, mais j'en suis incapable, autant que je suis incapable de l'aider. Je ne peux que lui dire tout, tout doucement, que je tiens à lui, et que je crois en lui.
- Et si je n'en valais pas la peine ? Et si j'étais vraiment ce qu'ils me disent ? Juste un déchet, un moins que rien, qui n'apporte que du malheur à ceux qui l'aiment ? Et que d'ailleurs, personne n'aime ? Si c'était vrai que tout le monde serait content si je disparaissais ?
- Arrête de dire des bêtises. Car ce sont des bêtises ! De grosses bêtises. Si quelqu'un t'a dit ça, ou même te l'a laissé supposer, c'est un sal*ud, et un crétin. Il y a ta maman, qui t'aime plus que tout. Et Dolorès, qui a besoin de toi pour lui servir de père. Et puis, zut, il y a moi aussi. Moi qui aurais énormément de chagrin s'il t'arrivait malheur. Combien de fois vais-je devoir te le répéter ? N'écoute pas ceux qui veulent t'enfoncer, te briser. Tu vaux mieux qu'eux. Tu vaux mille fois mieux qu'eux !
Et moi, vaux-je mieux que ce qu'ils disent de moi ? Ne suis-je qu'une vieille vicieuse qui cherche à profiter de la détresse d'un gamin pour... pour...?
- Toi aussi, tu vaux mieux qu'eux. Tu sais, je sais qu'ils se trompent, qu'ils ne me voient pas comme je suis, comme ils ne voient pas tout le reste, tout ce qui se passe ici. Je sais que je devrais être plus fort. Mais à force de me faire rabrouer, punir, traiter de tous les noms, rejeter par des gens que je croyais être mes copains, j'y arrive plus, Diane. J'y arrive plus. Et quand Thomas dit que Maman ne m'aime pas, ça me brise le coeur, parce que je ne mérite pas qu'elle m'aime, et que je me suis toujours demandé pourquoi elle continuait à me soutenir, à croire en moi.
- Parce que tu es son petit garçon. Celui qu'elle a failli perdre, qu'elle a retrouvé mourant dans la grande ville, et qui lui est d'autant plus précieux. Et parce que tu es gentil, attentionné, rempli d'amour.
- Tu es gentille.
- Non. Pas vraiment. Mais je n'aime pas te voir souffrir.

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.