Chapitre 314:
Chapitre 57.4
(par
lambertine, ajouté le 12/12/00 20:49)
|
Je ne fais que lui dire la vérité. Gentil, attentionné, rempli d'amour, et plus précieux que tout pour Murielle. - Et le reste est à l'avenant, Célestin. - Mais qu'est-ce que je vais lui dire, à Maman, demain ? Comment est-ce que je vais pouvoir lui expliquer ? Et qu'est-ce qu'ils vont lui dire, eux ? - Je ne sais pas, Célestin. Je ne sais pas...
- Elle a vomi partout ! Elle. Christine. La nouvelle. Elle a vomi dans la chambre, dans le couloir, dans la salle de bain. Elle reste assise sur l'escalier, hagarde, ne se rendant apparemment compte ni de ce qui se passe, ni de ce qu'elle a fait. Agnès, elle, râle en nettoyant, et je la comprends. Elle doit partager sa chambre avec cette femme visiblement très mal en point, et avec Michelle, qui semble perpétuellement dans les nuages, et qui est loin d'être un bourreau de travail. Alors que moi, je continue à dormir seule. Je ne vais pas m'en plaindre, même si je me doute que ce régime de faveur doit l'être autant que le point 6 de Célestin. Je ne suis pas, je ne suis plus, une résidente très fréquentable, surtout pour les nouveaux arrivants. Ce qui ne m'empêche pas de faire comme les autres, de nettoyer les dégâts commis par Christine. - Elle n'est pas responsable. Elle n'a pas toute sa tête. Il paraît qu'autrefois, elle était intelligente. Influente. Qu'elle dirigeait un service de recherche dans l'industrie pharmaceutique. Il paraît qu'elle possède plusieurs diplômes universitaires. Elle n'est plus capable, aujourd'hui, que de s'exprimer, si je puis dire, par monosyllabes. Les ravages dus à l'alcool ? Ou autre chose ? Nous l'ignorons. je me demande en quoi une thérapie par la parole pourrait l'aider, elle qui ne parle pas... Je me demande... Tout semble aller de travers, du moins dans les quartiers des femmes. Agnès souffre de plus en plus de sa "séparation" forcée d'avec Damien. Gervaise est tracassée par le mariage qui approche à grands pas. Sonia s'inquiète pour sa fille, dont la santé précaire se détériore rapidement. Virginie continue à souffrir de sa jambe. Béatrice supporte de plus en plus mal sa réputation de mamie-gâteau-qui-se-sacrifie-pour-les-autres. Dominique ne pense qu'à ses relations empoisonnées avec sa soeur. Michelle ne sort de ses rêves que pour se lamenter sur la catastrophe qu'est sa vie au dehors. Quant à moi, je me demande ce qui me retiens entre ces murs, tout en redoutant de m'en faire jeter dehors. Je me sens plus à l'aise dans l'atelier de Léon, à cercler mes ronds à béton, à les souder et à les peindre. Travailler de ses mains, créer, faire naître des objets inattendus, rien de tel pour soulager un esprit tourmenté. En tout cas, le mien. Mes compagnons y sont peu bavards, appliqués à leur tâche, artistes, artisans, chacun à sa manière. |
|
Voir le
chapitre 314 sur 395
|
|
|
Script fourni par
,
adapté et modifié par .
|