Chapitre 318:
Chapitre 57.8
(par
lambertine, ajouté le 08/01/01 14:22)
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Pourquoi me le demander à moi, et non pas à sa mère ? Enfin, peu importe. Mon sac se trouvait bien sur la table ronde, dans le restaurant, et contenait bien le paquet de kleenex souhaité. - Garde tout. Tu m'as l'air de tenir un sacré rhume. - C'est pas grave, fait-il en frissonnant, prenant la main de Murielle dans les siennes. Pas grave, peut-être, mais il a les yeux rouges, le nez congestionné et la chair de poule. - J'ai dû m'enrhumer dans les douches, ce matin. Nous n'avons pas les privilèges des femmes, continue-t-il en riant, puis en éternuant. L'eau est toujours soit trop chaude, soit trop froide. En général trop froide, quand on se lève en retard, comme moi ce matin. - Justice immanente ! Blague à part, un bon thé au miel te ferait du bien. Tu veux que je t'en apporte un ? Il accepte, me remercie avec un pâle sourire, tente de plaisanter en réclamant "du rhum et de la cannelle". Je m'éloigne vers la cuisine, et remarque alors les regards peu amènes des cocuristes présents et de la thérapeute familiale. - Tu vas encore avoir des ennuis, me prévient Dominique. Tu sais très bien qu'il est interdit de passer son temps avec les visites des autres. Oui. Je sais. Et alors ? Et après ? Je ne lui réponds pas. Je n'ai plus envie de me défendre, de justifier mes actes. Je suis fatiguée. Fatiguée. Fatiguée. Fatiguée des sous-entendus dans les yeux des autres. Fatiguée de la promiscuité. Fatiguée du manque de liberté. Fatiguée d'être jugée, encore, et encore, et encore, sur le moindre détail de ma vie. Murielle, je t'en supplie, prends ton gamin, et emmène-le loin d'ici ! Pourquoi suis-je incapable de le lui dire ?
Ben embrasse longuement sa petite amie sur le pas de la porte. Je fronce les sourcils. Il a rechuté le week-end dernier. En théorie, il devrait être interdit de sortie jusqu'à la staff de jeudi. Visiblement, ce n'est pas le cas. Je ne sais si je dois me réjouir pour lui, ou m'inquiéter encore. |
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