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Les Hautes Fagnes

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 320: Chapitre 57.10
(par lambertine, ajouté le 11/01/01 23:56)


Drôle de soirée.
Je n'ai jamais beaucoup aimé les boîtes de nuit. J'ai pourtant accompagné Frédéric, Agnès et Virginie à l'Engrenage. Boule à facettes et musiques à la mode. Moyenne d'âge... mieux vaut ne pas en parler. Mais qu'est-ce que je fais là, à siroter un Coca en regardant les autres danser ? Je fuis le Centre. Rien d'autre. ce serait plus facile si j'ajoutais du whisky à mon Coca. Cuba libre ! Mais je ne dois pas y penser. Je ne dois penser à rien. Seulement regarder. Les filles se font draguer. Frédéric reste dans son coin, taiseux. Il voudrait bien, pourtant. Il voudrait bien, mais il ne fait rien. Il n'ose pas. Engager la conversation. S'élancer sur la piste. Plaisanter. Il n'ose pas plus qu'au début de sa thérapie. De ce point de vue, elle ne l'a pas changé. Il rumine, complexé. Echec et lui... Dommage. Au Centre, il est plein d'assurance. Au dehors, il la perd. A-t-il besoin de murs, pour vivre ? Le rire d'Agnès semble le blesser à vif. A quel point est-il lui aussi attiré par elle ? Plus, visiblement, qu'il ne veut l'avouer. Sans doute est-ce l'effet de cette vie en vase clos. Pourquoi Agnès ? Pourquoi pas Soazig, ou Virginie ? Pourquoi précisément une femme mariée, mère de famille, et amoureuse de son meilleur copain ? Il ronchonne, mal à l'aise.
Que puis-je lui dire ? Rien. D'ailleurs, il le prendrait mal.
Il regarde sa montre, nerveusement. Le temps ne passe pas assez vite. Il voudrait rentrer. Moi aussi, même si je n'aime pas le Centre. Retrouver ma chambre, mon lit, le privilège d'un peu de solitude.
Agnès rit de plus belle. Son compagnon, un garçon des environs, me désigne du menton. Il me prend pour sa mère. Elle ne dément pas. Pas facile, même pour elle, d'avouer d'où nous venons. D'avouer qui nous sommes. Ce que nous sommes.
Virginie paraît épuisée.
Frédéric finit par sonner le départ. Il est le point 7. Nous sommes tenues de le suivre. Le chevalier servant d'Agnès lui chuchote quelques mots à l'oreille. Elle acquiesce d'un signe, puis nous suit. Bien obligée.
Retour dans la nuit. A peine avons nous franchi la porte du restaurant qu'un drôle de bruit bourdonne à nos oreilles. Des rires. Des cris enfantins. je sens quelque chose par dessus ma tête. Je lève les yeux.
Un hélicoptère miniature fait des va-et-vient sous le plafond de la pièce. Simon le guide, maladroitement, sur les conseils de Ben, sous les applaudissements d'Hervé.
Sales gosses ! Maudits sales gosses !
je retrouve mon lit. J'ai une promesse à tenir. Un texte à lire.

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.