Chapitre 322:
Chapitre 58.2
(par
lambertine, ajouté le 18/01/01 23:56)
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Je me tourne vers Ben, toujours perdu dans son monde. Lui aussi savait, ou du moins se doutait que son camarade ne souffrait pas simplement d'un "gros rhume". - Il voulait pas que je le dise, se défend-il en bâillant. D'après lui, ça allait passer. "Ça va aller", "Ça va passer", "Tout va bien ne t'en fais pas". Oh ! Par pitié, Célestin ! - A toi aussi, Simon ? Non. Simon n'a fait aucune allusion à son état. Et il ne comprends pas pourquoi je suis mécontente. Nous sommes dans un centre de désintoxication, entourés par un personnel spécialisé, surveillés par des professionnels habitués à fréquenter des toxicomanes, et cela depuis des années. Il est pour lui inconcevable qu'aucun membre de l'Équipe ne se soir rendu compte de l'état de santé du jeune homme. - C'est leur boulot, quoi. Je sais bien que ce genre de crise à retardement n'arrive pas souvent, mais ils ont bien dû en voir au cours de leur carrière, non. - Simon, c'est Julie qui était de garde cette nuit. Et elle travaille ici depuis moins d'un an. - Oui. Et ? Elle n'était pas seule, hier soir. Pour une fois, je suis contente que la séance de muscu se termine. De monter prendre ma douche. De m'habiller comme un Jeudi, c'est à dire "relax", et en pantalon, pour pouvoir affronter sans crainte le Groupe corporel et les Grandes Tâches. Un pantalon fuseau bleu marine, et le tee-shirt mauve pâle affichant "rebellion" qui a l'art de faire rire Aurélien. Même si je n'ai mas envie de rire. Je descends rejoindre mes cocuristes pour le petit déjeuner. J'entends des voix dans l'entrée. Richard, et le docteur. ... syndrome... sevrage... rechute... Je m'approche en silence. - Rechute ? Je suis sûr que non. Je lui ai fait une prise de sang, pour en être certain, mais je suis sûr que non. - Si tu le dis... Qu'est-ce qu'on doit faire, alors ? - Le surveiller. Il est très fragile, très vulnérable. Repos complet, au lit. Il devrait dormir une bonne partie de la journée, mais j'aimerais que vous vérifiiez sa température et sa tension, toutes les heures. Je passerai le voir avant mes consultations de cet après midi. Simon ne s'est donc pas trompé.
Gervaise m'attrape par la manche. - Léon voudrait que tu ailles le voir. Il aura besoin de toi, cet après-midi. Cet après-midi ? Pour les Grandes Tâches ? Je suis en théorie de "nettoyage du local vaisselle" avec Sonia. Je prends néanmoins le chemin de l'atelier, où je trouve le jardinier-homme-à-tout-faire occupé à graisser cisailles et sécateurs. Il lève la tête en m'entendant, et me sourit. Je lui rend son sourire. J'aime beaucoup Léon. Il est parmi les membres de l'Équipe celui qui me met le plus à l'aise, en compagnie duquel je préfère travailler. - Ca te dirait, de nettoyer les parterres extérieurs avec moi ? Le gamin devait le faire, mais Camille m'a dit qu'il était malade. Je répond, de bon coeur "oui, Léon". Même si je suis loin d'être sûre de faire du bon travail. Mais il fait beau, et désherber au milieu des rosiers vaut mieux que faire blinquer les éviers.
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