Chapitre 324:
Chapitre 58.4
(par
lambertine, ajouté le 23/01/01 23:32)
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- Tu ne désherbes pas trop mal, malgré ton affection pour les mauvaises herbes. Et j'aime bien travailler avec toi aussi. Tu es quand même la seule femme a avoir choisi de jouer les forgeronnes depuis que je travaille au Centre. Ca fait de toi quelqu'un d'intéressant. - Ce qui ne m'empêche pas d'être une emm*rdeuse finie. - Pas exactement. Plutôt une mère louve, du genre "touchez pas à mon gamin, sinon je mords". Je me demande ce que ça doit donner quand on s'attaque à un de tes vrais enfants. - La même chose en pire, je suppose. Et tout aussi inefficace. Je n'ai pas su protéger mes enfants, leur éviter la ruine et la misère. - Tu broies du noir, là. Je broie du noir, oui. Je suis passée du rire aux larmes en moins de temps qu'il faudrait pour le dire. Parce que je suis inquiète, monstrueusement inquiète pour Célestin. Et parce que mes enfants, mes vrais-à-moi, me manquent plus que jamais. Même si je sais que je les verrai après-demain. Si tout va bien.
J'ai pris place dans le cercle extérieur de la Staff. Nous sommes encore peu nombreux. Aucun des coordinateurs n'est présent. Et Célestin, plus pâle, plus cerné encore qu'hier, s'est assis à côté de moi. Absent. Bizarrement absent. Ivre ? Sous l'influence de médicaments ? Ou simplement malade ? Je tente de lui faire gentiment la morale, de lui dire que sa place est dans son lit, comme l'a ordonné le docteur. Il paraît ne pas m'entendre. Il répète d'une voix pâteuse "je dois assister à la staff", "je dois assister à la staff". Puis, paraîssant se reprendre, revenir à lui, il me demande. - Tu as lu mon travail ? Oui. Bien entendu. Je l'ai lu. Impeccable. Parfait. Digne de se retrouver dans le règlement du Centre. - Tu devrais proposer tes services aux éditions Dalloz, comme rédacteur. Tu serais parfait. Il pousse un profond soupir, se prend la tête entre les mains, et met un long moment avant de répliquer. - S'il te plaît, Diane, ne parle pas par énigmes. Je suis trop dans les vapes pour réfléchir. C'était bon, ou pas ? - Ca ne te ressemblait pas. - Qu'est-ce que tu veux dire ? J'ai pourtant fait de mon mieux. De son mieux. Je n'en doute pas. Thomas doit avoir apprécié. Pas moi. - Ce travail correspond certainement à ce qui t'était demandé. Il est parfait. Stylistiquement parfait. Mais froid. Impersonnel. Éteint. je ne t'y ai pas retrouvé, toi. Je n'y ai pas vu ton humanité, ta chaleur, ta vie même. Il aura certainement plu à Thomas, mais tu es capable de beaucoup mieux. Et tu tiens à peine assis. Il faut que tu ailles te reposer. J'ignore s'il m'a entendu. Il semble retombé dans sa prostration. "je dois assister à la staff" murmure-t-il à nouveau. Puis : - Diane ? - Qu'est-ce qu'il y a, Célestin ? - J'ai écrit quelque chose... il faut... c'est important. Très important. Tu le liras ? Tu promets ? - Je... La voix de Thomas s'élève dans le Grand Grenier. - J'ai le regret de vous annoncer que nous avons dû mettre fin à la cure de Ben. Il nous était impossible d'encore lui faire confiance. |
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