Accueil » Fervent hommage » Votre Nouvelle
Apparence  

 

Les Hautes Fagnes

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
Add Chapter
Stories List
Voir les Options:
Sommaire | Plein texte
additions are not allowed l'auteur interdit les ajouts

Chapitre 328: Chapitre 60.1
(par lambertine, ajouté le 04/02/01 00:52)


- Célestin a été renvoyé ce soir.
Coup au cœur. Même si je m'y attendais, plus ou moins. Et plutôt plus que moins. Je ne me demande même pas pourquoi. Je le sais, même si je n'y connais pas grand chose en héroïnomanes sous influence.
- Il a rechuté cet après-midi, avec "introduction de produit". Avec Khaled et Ben, dans la salle de bains des Rouges.
Je ne veux pas que tu me détestes .
- Il est parti ?
Non. Pas encore. Il attend, assis sur le banc des visiteurs, devant le secrétariat, au milieu de ses bagages. Des bagages qui n'ont, visiblement, pas été faits dans l'urgence. Il savait qu'il allait devoir nous quitter. Il le savait dès cet après-midi, lorsqu'il m'a remis un cahier d'écolier.
Le dernier texte. S'il te plaît, lis le dernier texte. Les autres aussi, tu peux. Mais le dernier... Je t'en supplie. .
Ce soir. Après, après quoi ?
- Tu ne vas pas prendre sa défense, encore ? Tu ne vas pas encore prétendre que ce qui lui arrive est injuste?
Non. Ce n'est pas injuste. C'est normal. C'est la règle.
- Et Khaled ?
- Il est dans la chambre d'isolement. Il s'en ira demain matin.
- Et ça, ce n'est pas injuste ?
Mais peu m'importe Khaled. Je me fiche bien de Khaled. je ne le connais pas, Khaled, ou si peu.
Mais je ne fiche pas des yeux bruns qui me regardent à travers la vitre qui me sépare du couloir.
... des yeux bruns dans un tribunal...
Si je franchis cette porte, si je défie le règlement pour dire au-revoir à mon jeune ami, je risque le renvoi. Je m'en rends parfaitement compte.
Mais si je ne la franchis pas, jamais plus je ne pourrai me regarder dans un miroir. Et la première chose que je ferai, une fois ma cure terminée, sera de m'enivrer à mort.
Je ne veux pas que tu me détestes .
Je ne te déteste pas, Célestin. Je tiens à toi, comme je tiens à Flora et Gilles. Et ce, quoi que tu aies pu faire cet après midi. Et je veux que tu le saches, maintenant.
A Dieu va !
Ce n'est qu'une porte de verre, mais elle sépare deux mondes. Celui des règles du Centre, et celui de mon humanité.
Célestin ne se lève pas. Je lui prends ses mains moites, brûlantes. Il a dû se piquer vers quatorze heures. Il en est plus de vingt-deux...
Il me prends dans ses bras, se serre un instant contre moi, murmure un inutile "Pardon".
- Pourquoi, pardon ? Tu ne m'as pas fait de mal. C'est à toi que tu en as fait.
- Tu risques de te faire virer. Thomas a dit...
- Ça n'a pas d'importance. Ça n'a plus d'importance. Je ne te déteste pas, Célestin. Il fallait que je te le dise. Ça, c'était important.
- J'ai déçu tout le monde. J'ai encore déçu tout le monde.
- Tu es tombé. Tu te relèveras.
Un coup de sonnette. Brigitte ouvre à un homme moustachu.
- Célestin ? Taxi...
Il me serre à nouveau très fort. Tente vaguement d me rassurer.
- T'en fais pas. Ça va aller.
Du Célestin tout craché.
- Embrasse ta Maman pour moi.
- C'est chez elle que je vais, tu sais.
- J'espère bien.
- Célestin...
Brigitte. Encore.
- ... la porte est là. Et toi, Diane, tu me suis.

Voir le chapitre 328 sur 395



Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.