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Les Hautes Fagnes

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 330: Chapitre 60.3
(par lambertine, ajouté le 06/02/01 21:49)


Comme d'habitude.
Il félicite Simon, et je ne l'écoute pas. Il répète ce qu'il répète à chaque fois : que notre devoir est de dénoncer ceux qui faillissent. Que nous devons être solidaires dans l'abstinence, et non dans la toxicomanie. J'ai envie de rajouter : et blablabla. Je regarde mes cocuristes. L'un après l'autre. Certains s'ennuient. D'autres approuvent. Le moins à l'aise semble être le héros du jour.
Héros du jour qui ne soutient pas mon regard lorsque mes yeux croisent les siens.
Je ne lui en veux pas. Bizarrement, il est même celui d'entre nous auquel j'en veux le moins. Il a fait ce qu'il devait faire pour réintégrer le monde des vivants. Et Célestin savait qu'il le ferait.
Et Célestin savait que ce serait lui qui le ferait.
J'en mettrais ma main à couper.

- Diane !
Je ne redescend pas les trois marches qui me séparent de Simon. Je le domine ainsi. De peu. Puéril. Puéril et inutile : j'ai l'habitude de regarder les gens d'en bas, au sens propre. Ca ne les empêche pas de croire que je mes prends de haut, au sens figuré.
- Je croyais que vous n'aviez pas le droit de m'adresser la parole.
- Je... tu... Et m****, Diane !
Il a un geste de colère, tourne sur lui même en tapant du pied.
Comme un petit garçon
- Je n'avais pas le choix, Diane ! Bon sang ! Je l'ai remarqué tout de suite, à la Staff. Ce n'est pas difficile de reconnaître un type shooté. Je n'avais pas le choix.
- Tu crois que je suis furieuse contre toi ?
Il me regarde, étonné. Oui. Bien entendu. Tout le monde le croit. J'étais très proche de Célestin. Et même si je ne couchais pas avec lui, j'essayais sans cesse de le couvrir.
- De le protéger, Simon. Pas de le couvrir. Pas de le couvrir ! Tu saisis la différence ?
- Alors, tu ne savais pas ? Il ne t'a rien dit ?
- S'il m'avais avoué avoir rechuté, c'est moi qui serais dehors. Pour violence. Parce qu'il aurait reçu ma main dans la figure. Bon sang ! Ce qu'il a fait cet après-midi risque de le tuer !
- Ce qu'il a fait cet après-midi va probablement le tuer. Si pas cette nuit, du moins à plus ou moins brève échéance.
Ce n'est qu'une évidence. Une fatalité. Le quotidien des toxicos de la rue.
- Et tu me demande si je suis furieuse contre toi ?
- C'est important.
Important ? Qui suis-je, pour qu'il attache de l'importance à ma colère ?
- Tu veux savoir si je suis furieuse ? Oui. Évidemment que je le suis, furieuse. Mais pas pour ce que tu as dit aujourd'hui. Que tu l'aies dénoncé ou pas, crois tu que ça change quelque chose, pour Célestin ? Je suis furieuse pour ce que tu n'as pas dit hier soir. Qu'il était en crise. Qu'il était en manque.
- Quand la rechute s'est produite, ils le savaient. Alors, qu'est-ce que ça aurait changé ?
- Que quelqu'un, au moins, l'aurait aidé à appeler au secours ? Il essayait, Simon. Il essayait. Mais il n'est pas très doué pour ça. Et moi...
Ma voix se brise au fonds de ma gorge.
- ... et moi aussi, j'ai essayé. Mais je ne suis pas plus douée que lui.

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.