Chapitre 331:
Chapitre 60.4
(par
lambertine, ajouté le 07/02/01 13:49)
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Je ne peux plus m'empêcher de pleurer. Je tente de rester digne, de rester ferme. Je ne crois pas y arriver. - Je suis furieuse, mais je ne t'en veux pas. Je n'en veux même pas à Ben, même si c'est lui, j'en suis certaine, qui a fait entrer la came. Je m'en veux à moi, d'avoir été impuissante. Et j'en veux à ceux qui nous entourent, à ceux qui nous dirigent, à ceux qui sont censés nous soigner. Tu avais raison sur un point, ce matin : des professionnels de la désintox auraient dû se rendre compte par eux mêmes de ce qui arrivait à Célestin. Comme ils auraient dû se rendre compte que Ben était incapable de sortir. Je ne veux plus rester, lui parler. Je veux monter, m'enfermer. Seule. Loin de lui. Loin de tout. - Je lui ai parlé, avant. - Qu'est-ce que tu veux dire ? - Célestin. Je lui ai dit que j'allais les dénoncer, Khaled et lui. Il m'a sourit. Il sourit aussi, tristement, et réprime un sanglot. - J'ai été le voir, dans sa chambre. Il était en train de faire ses bagages. Il n'a rien nié. Il m'a seulement dit qu'il savait que ce serait moi. Qu'il arrête. Oh, mon Dieu, qu'il arrête ! Et pourtant, je demande : - Et Khaled ? - Ils auront les résultats de ses analyses demain. Il aura aussi un bus, et un train pour rentrer chez lui. Il soupire : - Il a perdu la garde de sa fille, aujourd'hui. Pour un shoot... Perdu la garde... Comme Mohammed, au début de mon séjour au Centre. Comme Patricia, aussi, sans doute. - Patricia avait une fille ? - Un fils, Simon. Un fils. Mes enfants me manquent !
Vois sur ton chemin Gamins oubliés égarés Donne-leur la main pour les mener Vers d’autres lendemains .
Ce ne sont que les paroles d'une chanson. Une écriture enfantine, sur un cahier d'écolier. Une partie de Célestin a cessé de grandir lorsqu'il avait dix ans. Une autre, à ce moment, est devenue adulte.
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