Chapitre 341:
Chapitre 62.1
(par
lambertine, ajouté le 20/03/01 17:13)
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J'ai sonné. Brigitte m'a ouvert la porte et fait pisser dans le pot. Je lui ai tendu mon téléphone portable. Elle a froncé les sourcils, m'a reproché de la provoquer, de me moquer d'elle. Le plus drôle, c'est qu'il n'en était rien. J'étais bel et bien persuadée qu'ils m'interdiraient de téléphone. Assise dans un fauteuil rouge et mou, je les observe les uns après les autres. Mes cocuristes. Mes semblables. Ils ne semblent pas pressés de venir me parler. Je n'ai pas très envie de leur parler non plus. Il le faudra, pourtant, à un moment où à un autre. Même si je suis officiellement en quarantaine. Ce qu'Hervé a visiblement du mal à comprendre. Pas plus qu'il n'a compris que Célestin ne reviendrait pas. - Dis, Christiane... Je ne relève pas son erreur. Peu importe le nom qu'il me donne. Tant bien que mal, j'essaie de lui expliquer que son camarade ne jouera plus avec lui, ne le consolera plus quand il aura du chagrin, ne l'aidera plus à rédiger ses travaux. Je ne dois pas être la première. Il me regarde pourtant d'un air abasourdi, comme s'il commençait à réaliser le sens de mes paroles, puis se met à sangloter, me prenant au dépourvu. Je ne sais comment réagir. Je ne sais que faire. Je ne peux pas le prendre dans mes bras pour le consoler. Je reste face à lui, muette et bouleversée, jusqu'à ce que Virginie vienne, malgré l'interdiction, le prendre par la main pour l'emmener dans le jardin, me renvoyant à ma solitude, et à mon propre chagrin. Solitude et chagrin qui ne m'empêchent pas de constater que l'ambiance est exécrable. Plus qu'elle ne l'a jamais été. Les résidents s'épient, se guêtent. Éric a le regard mauvais. Michelle paraît plus isolée que jamais. Simon ressemble plus à un paria qu'au héros qu'il était l'avant veille. - Je ne suis pas d'accord avec ce que tu as fait, mais tu restes ma copine malgré tout. - Hein ? Damien répète sa phrase. Je me mords les lèvres. Je ferme les yeux pour retenir mes larmes. - Merci. Que lui dire d'autre ? Merci. Merci de ne pas me traiter comme une pestiférée. Merci de me conserver ton amitié. Merci d'être là. Merci. - Qu'est-ce qui se passe, ici ? - Qu'est-ce qu'il t'a dit, Célestin ? Sur la came ? - Sur la came qui est entrée ici ? Rien. Rien du tout. Pourquoi ? Il aurait dû ? - N...nnon. Je n'en sais rien. Et au sujet d'Éric ? - Il avait peur d'Éric. Bon sang, Damien ! Qu'est-ce qui se passe ? Le jeune homme se dandine d'un pied sur l'autre. Il hésite. Son malaise fait peine à voir. Finalement, il se lance. - Simon a dit qu'Éric avait demandé à Célestin de lui ramener de la came. Et que... enfin que... - Que Célestin l'avait fait. Ne crains pas de me le dire en face. Je sais qui est Célestin. Et je sais qui est Éric. Il élude le sujet. Imagine-t-il que je savais ce qui se passait ? -
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