Chapitre 344:
Chapitre 62.4
(par
lambertine, ajouté le 25/03/01 19:22)
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Je ne pourrai rejoindre ma chambre qu'à 21 heures 3O. C'est le règlement. Alors je traîne. Dans le jardin. Dans le salon. Dans l'aquarium pour une fois vide. J'ouvre une boîte de perles, commence un collier. J'aime bien les colliers. Plus que les bagues ou les bracelets. J'aime bien les colliers, mais je ne peux les enfiler qu'e, pensant à une personne bien définie. Pourquoi est-ce Dolorès qui, la première, me vient à l'esprit ? Je fabrique rarement des bijoux pour les petites filles. Et pourtant... Perles blanches nacrées, perles de couleurs assorties en forme de poissons, de coquillages ou d'étoiles de mer. Je travaille, je me concentre, et ne réfléchis à rien d'autre. Rien d'autre qu'un collier d'enfant. - Tu as des nouvelles du gamin ? Je sursaute, sortie brutalement de mon monde de perles. - Raoul ? Tu vas avoir des problèmes. Il hausse les épaules. Il n'est pas là pour me faire la conversation, mais pour peaufiner son programme de pêche à la ligne. - J'ai toujours été un emme*rdeur. Du moins, à leurs yeux. Alors, tu as des nouvelles du gamin ? - Célestin Perez ne peut répondre à votre appel. Veuillez laisser un message après le signal sonore. - Ah. Il a l'air déçu, devait s'attendre à autre chose. - C'est la vérité ? Ce n'est pas parce que tu te méfies... Bien sûr, que je me méfie. De lui comme des autres. De tous les autres, même de Damien. Je ne sais pas ce que je lui dirais, si j'avais effectivement "des nouvelles du gamin". Malheureusement, je n'en ai pas. Aucune. - Je ne suis pas une balance, Diane. Il refusait de "rakispoter", au début de son séjour. Je ne crois pas qu'il ait changé. Mais je n'ai rien à lui apprendre. - Tout le monde n'est pas contre toi, Diane. Non. Peut-être. Mais personne n'est prêt à parler pour moi. - Ils ont peur. Nous avons peur. Nous avons vu ce que ça donne, de ne pas se soumettre. Et personne n'a envie de se faire virer. Ou ostraciser. Tout le monde n'a pas ton courage. Ce n'était pas du courage. De la bêtise, de l'inconscience. De l'affection. Le désir de rester un hêtre humain. - Tu sais, le gamin. Je l'avais cru, quand tout le monde croyait qu'il avait rechuté. Maintenant, je ne sais plus. - Il n'avait rien fait, Raoul. Il n'avait rien pris.Ça, je peux te le jurer sur ma propre vie. - Quand tu l'auras au téléphone... Il ne dit pas "si". Il dit "quand". Il a l'air sûr de son fait, et son optimisme me fait du bien. - ... embrasse le pour moi. Raoul... Raoul... tu es quelqu'un de bien, Raoul. Tu as un coeur d'or sous ta carapace. Un cœur d'homme. Et je t'en suis reconnaissante. A jamais.
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