Chapitre 35:
Chapitre 12.1
(par
lambertine, ajouté le 20/08/09 09:50)
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Frédéric n'a rien d'un garçon introverti, mais il ne pipe mot depuis hier matin. Inutile de lui adresser la parole. A fleur de peau, il rugit ou s'éloigne. Rien à voir avec le jeune homme rayonnant de dimanche.Ni le sport, ni la musique ne parviennent à le dérider.Il accepte pourtant une sortie en point "7.2"sous la responsabilité du tout jeune Lambert, à laquelle je suis également conviée.Courses en ville. Librairie. Cigarettes. Une tonne de chocolat, chips et bonbons divers : compensation ! Shampooing, dentifrice et parfum. Un café devant un feu de bois, alors qu'il pleut dehors. Une démarche de Lambert à l'Hôtel de Ville. Je suis seule avec Frédéric, toujours silencieux. Frédéric qui s'assied sur les marches de marbre et se met à pleurer comme un enfant. - J'ai peur, répond-il à la question de Lambert, quelques minutes plus tard. J'ai peur de me faire virer. Virer ? Pourquoi ? Il n'a pas bu, pas consommé de drogue, a autant que possible évité son ami Damien. Il s'est appliqué dans ses travaux et ses tâches tout en restant un agréable compagnon. Alors, pourquoi ? - J'ai travaillé pendant mon week-end. Ca, je le sais. Nous le savons tous. Il en était si fier, trois jours auparavant. - Je n'en avais pas le droit. Je suis en arrêt-maladie. De plus, les animatrices du groupe social s'imaginent que je me suis moqué d'elles. Elles s'occupent de mon dossier et j'ai fait cavalier seul. - De là à te virer... - J'en suis menacé. Mon renvoi ne tient qu'à un fil. Camille me l'a clairement dit. Je connaîtrai la réponse Jeudi à la Staff. La Staff. Tribunal sans avocat. Notre compagnon cherche à le réconforter. - S'ils voulaient t'expulser, ils l'auraient déjà fait. Mais il n'est pas très convaincant. Et pour cause. Il sait que c'est faux. Il sait qu'il arrive régulièrement à l'Equipe de renvoyer un résident pour une faute commise plusieurs jours plus tôt. - C'est stupide. Et cruel. Inutilement cruel. Nous ne sommes pas des jouets pour psychologues sadiques, mais des patients. Des patients qui avons besoin d'aide. Et qui payons notre cure. - Ils ont leurs raisons, Diane !Ils ont leurs méthodes. Elles fonctionnent. Ma mère est passée ici avant moi. Elle a cessé de boire. Tout comme mon beau-père. Il faut y croire, Diane. |
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