Chapitre 354:
Chapitre 64.3
(par
lambertine, ajouté le 16/04/01 10:32)
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Il ne me croit pas, j'en suis certaine, mais peu importe. Il n'a aucune preuve contre moi, et pour cause. Il ne peut que m'attaquer sur mon attitude générale, ce qu'il ne manque pas de faire, ressortant les poncifs habituels : je m'occupais trop des autres en général et de Célestin en particulier, je mettais de mauvaises idées dans la tête de mon jeune ami, je n'avais pas à écouter ses confidences. En clair : je suis responsable de sa rechute, et, pourquoi pas, de celle de Ben et de Khaled. Et de Jacob, pour couronner le tout. J'aurais envie d'en rire, si je n'étais pas en train de pleurer. Il sort un téléphone portable de sa poche. Mon téléphone portable. L'allume. - Ton code PIN, s'il te plaît ? Prends garde à toi. Je fais semblant de ne pas comprendre, mais je comprends très bien. Trop bien. - Ton code PIN, Diane. Tout de suite. Si tu ne me le donnes pas, tu n'as plus qu'à faire tes bagages. J'ai renoncé à toute liberté en acceptant le règlement du Centre. Je n'ai pourtant aucun souvenir d'avoir accepté que l'Equipe fouille dans mes messages privés. - Donne-le, insiste Gervaise. Si tu n'as rien à cacher, qu'est-ce que tu risques ? Si je n'ai rien à cacher ? - Si tu n'as eu aucun contact avec... certaines personnes, tu ne risques rien. Sinon... Sinon ? Prends garde à toi. - 3135 Il allume, et il fouille. Il fouille méthodiquement. Mes contacts. Ma vie privée. Appels entrants. Appels sortants. Il lit l'un après l'autre les SMS que j'ai reçus ou envoyés, comme ma mère lisait mon courrier lorsque j'étais jeune fille... Il ne peut lire les messages, retrouver trace des appels que j'ai effacés. Il ne peut rien prouver. Mais il m'a mise à nu, ou presque, et je me sens salie. J'ai envie de vomir. De fuir loin du Centre. De redevenir un être humain. Ce n'est pas pour tout de suite. La Staff. Dont je suis l'invitée d'honneur. Ce tribunal sans avocat me fait frémir depuis le début de mon séjour. Il me révulse. Parce que l'accusé n'a pas le droit de s'y défendre, et n'y a pas de défenseur. Et parce que, je m'en rends compte à présent, l'accusateur peut y raconter ce qui lui chante. Même des mensonges. Même les pire des mensonges. L'accusateur peut affirmer, sans que personne ne le contredise, que j'étais prête à révéler à l'assemblée les secrets les plus intimes de Célestin. Les secrets dont il refusait de parler. Dont il n'aurait parlé à aucun prix. C'est faux, et je ne peux rien dire. Rien du tout. Rien. Je ne peux qu'écouter, ou alors faire semblant, et pleurer en silence. J'ai froid. J'ai peur. Je ne me suis jamais sentie aussi seule de toute ma vie.
Je suis recentrée. mais recentrée d'une façon bizarre. Au lieu de m'interdire de sortir, ils m'y autorisent, à condition que je sois seule. Ils ne me laissent que mon point 6. Un "point 6 punition". |
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