Chapitre 366:
Chapitre 66.2
(par
lambertine, ajouté le 04/06/01 01:30)
|
Il a raison. Je ne me moque pas du recentrage, même si j'ai connu pire. Bien pire. Même si, dans le "monde réel", ce qui m'est infligé ici ne serait... rien. Rien du tout. Mais je ne suis pas dans le monde réel. Je sus ici. Et j'ai mal. Mal du regard de l'Equipe. Mal du regard des autres. Mal de ma solitude forcée. - Mal de l'absence du gamin ? - Ca n'a rien à voir avec le Recentrage, ça, Léon. Mais... oui. Oui, bien entendu. A la fois parce que je m'inquiète pour lui, et parce que, lorsqu'il était ici, je n'étais pas seule. - Je l'aimais beaucoup. - Merci. Réponse absurde. Comment peut-on remercier quelqu'un d'aimer quelqu'un d'autre ? - Je suis sincère, Diane. Je l'aimais beaucoup, et je le respectais. Je n'ai pas vraiment compris pourquoi les autres membres de l'Equipe avaient des problèmes avec lui. Il était courageux, et soucieux de bien faire. Un peu comme toi. Moi ? Je ne suis pas courageuse. Quant à mon souci de bien faire, il s'en est allé, loin du Centre, il y a longtemps. - C'est sans doute pour ça que les autres membres de l'Equipe ont des problèmes avec moi aussi. - Parce que tu vois les gens ? - Non. Je n'ai pas le don de Célestin pour ça. Sa clairvoyance. Moi, je me contente de voir les choses. Les situations. De ressentir l'injustice. - L'injustice ? Quelle injustice, Diane ? - Celle qui finit par pousser une personne courageuse et soucieuse de bien faire à la rechute. - Tu n'as pas peur de me parler ainsi ? Si j'allais tout répéter à Camille... Sa voix s'est faite plus grave, plus sérieuse. Comme une mise en garde. Je hausse les épaules. Peu m'importe ce qu'il peut raconter à Camille, à Thomas, à toute l'Equipe. - Camille sait ce que je pense. Il n'est pas stupide au point d'imaginer que j'ai changé d'opinion en quelques jours. Et tu n'es pas un Résident. Je ne risque donc pas de saper le travail de l'Equipe en étant sincère avec toi. - Et tu crois qu'elle a commis une erreur ? L'Equipe ? - Je suis certaine qu'elle a commis plus qu'une erreur. Une faute, voire pire. - Et pourtant, tu restes. - Je n'ai pas le choix. - Alors, viens.
|
|
Voir le
chapitre 366 sur 395
|
|
|