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Les Hautes Fagnes

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 371: Chapitre 67.3
(par lambertine, ajouté le 18/07/01 22:13)


J'ignore si je dois rire ou pleurer. Les reproches de l'Equipe me semblent tellement surréalistes que je ne parviens pas à les prendre aux sérieux. Même s'ils sont sérieux pour eux, comme je m'en rends compte à la Staff. Les menaces de renvoi se font de plus en plus précises, et Thomas annonce face à tous qu'il me faudra, en plus des séances de psychothérapie, subir chaque jour une heure de rééducation sous la houlette de Brigitte.
- Parce que tu te comportes comme une prostituée, et que tu donnes à tous ici une déplorable image de la Femme.
Prostituée...
Image de "la" Femme...
Tout ce qui est excessif est insignifiant.
- De plus, j'ai appris que tu avais parlé des exclus pendant le repas de midi. Tu es priée de ne plus prononcer leur nom. Ils n'existent plus pour nous.
Ils n'existent plus pour vous, non. Ils existent encore pour moi. Du moins, certains d'entre eux. Ils n'empêche : je n'ai pas parlé d'eux pendant le repas de midi. Du moins, je ne suis pas la première à avoir parlé d'eux. Je n'ai fait que rectifier une erreur de Soazig.
- Non, Célestin n'a jamais été hospitalisé au "Clean". C'est Ben qui y a passé quelques jours.
Et c'est tout. Mais, visiblement, un de mes cocuristes a prétendu le contraire. Donatien ? Agnès ? Soazig elle-même ? Après tout, peu m'importe.
Non, c'est faux. Cela m'importe. Beaucoup. Et j'ai du chagrin.

Ils ont remplacé la salade verte prévue au menu par une salade composée. Ils ont transgressé le règlement, et seront punis pour ça. Ils l'ont fait pour moi, pour fêter mon anniversaire. Je ne m'y attendais pas. Pas de leur part. Enfin... peut-être un peu de celle de Simon, mais pas d'Aurélien. Pas de l'Aurélien avec qui j'ai vécu ces dernières semaines, du garçon dont le Règlement trop bien intériorisé avait éteint la personnalité. Pas de l'Aurélien qui ne m'adresse plus la parole depuis l'exclusion de Célestin. Mais bien de l'Aurélien des premiers jours, qui semble avoir réapparu dans ce garçon qui dépose devant moi une assiette bien garnie.
- Tout ce qui est excessif est insignifiant. Bon anniversaire, Diane.
Je souris. Et je pleure. J'ai passé une journée affreuse. Et je suis heureuse. Je suis heureuse grâce à quelques dés de jambon et de fromage, à quelques croûtons de pain doré cachés entre des feuilles de chicorée frisée. Grâce à presque rien...
Grâce à quelques SMS. De mes enfants. De Constance. De Flora et Gilles. De Célestin, par les bons soins de son beau-père. De Charles, mon ex-mari, même.
- Donne.
Je tends mon GSM à Brigitte. Il ne contient rien de compromettant. Rien que des "Joyeux Anniversaire, Diane". Ou "Maman", selon l'expéditeur.

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.