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Les Hautes Fagnes

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 373: Chapitre 67.5
(par lambertine, ajouté le 14/08/01 01:41)


- Comment, ça, et alors ?
- Et alors. Pourquoi devrais-je le laisser tomber, ou vous le faire croire, parce qu'il a rechuté ? Pourquoi devrais-je le mépriser, voire le détester, pour vous faire plaisir ? Pourquoi devrais-je vous cacher mon amitié pour lui ? Et mon estime ?
Il semble abasourdi par ma réponse. Il ne comprend pas. Il ne comprend pas que je ne comprenne pas.
- Tu ne te rends pas compte. Nous avons discuté durant des nuits entières, de notre avenir, lui et moi, lorsque nous partagions la même chambre. D'après "ici". Et là, il a tout foutu en l'air, il a trahi tout ce que nous nous étions promis. Il m'a trahi, moi.
- Il n'a trahi que lui-même, Aurélien. Comme nous risquons tous de le faire, un jour ou l'autre.
- Mais justement ! Comment peux-tu accepter cela ? Comment peux-tu déclarer ouvertement qu'un tox qui rechute est quelqu'un comme les autres ? Comme nous ? Tu nous l'a lancé en pleine gueule, ce soir-là, que nous étions tous susceptibles de rechuter. C'est pour ça que nous avons réagi comme nous l'avons fait. C'est pour ça que nous t'en avons voulu à mort. Parce que tu as sabordé notre confiance, en nous mettant face à nous-mêmes.
- Je n'ai rien dit, ce soir là.
Je n'ai rien dit, parce que personne ne m'en a laissé le temps, mais je l'ai montré par mon geste, et par mon attitude. Nous sommes tous susceptibles de rechuter. Nous rechuterons tous, plus ou moins gravement, un jour ou l'autre.
- Nous avons eu peur, Diane, parce que tu as raison. Nous sommes tous fragiles. Nous risquons tous de retomber. Mais nous ne sommes pas prêts à l'admettre. Pas ici. Pas encore. Et toi, tu débarques avec tes gros sabots. Tu nous obliges à voir la vérité en face. Tu l'avais déjà fait, avant. Célestin aussi, mais lui, personne ne le prenait au sérieux. Parce qu'il n'était pas comme nous.
Pas comme nous ? Mais que si ! Oh combien !
- Pas comme vous, peut-être. Mais comme moi, en tout cas. Enfin, presque. Moi, je n'aurais pas tenu tout ce temps sous les brimades et les humiliations. J'aurais claqué la porte avant deux semaines. Et ne crois pas que je n'aie pas peur, Aurélien. L'avenir me terrifie. Je me terrifie. Je n'essaie pas de me le cacher, c'est tout.
A quoi bon nous voiler la face ? A quoi bon imaginer que nous sommes forts, solides, et que la cure nous rendra meilleurs ? Elle en aidera certains, peut-être, ou devrais-je dire sans doute. Mais nous resterons vulnérables. Je resterai vulnérable. A jamais.
- Tu me fiches la frousse, Diane.
- Je suis sincère. Je ne suis peut-être pas ici pour grand chose, mais je le suis au moins pour ça.
- Tu me fiches la frousse parce que tu es sincère ! Et que tu dis tout haut ce que je pense tout bas. Même si je suis incapable de penser à Célestin sans avoir envie de lui foutre des baffes. J'ai peur, Diane. J'ai peur de retomber. Que se passera-t-il, si cela arrive ?
- Tu te relèveras.
Je te retrouve, Aurélien. Je retrouve le jeune homme que j'ai rencontré il y a quelques mois, le jour de mon arrivée au Centre. Je le retrouve, et j'en suis heureuse. Tu ne peux pas imaginer à quel point !

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.