Chapitre 390:
Chapitre 71.2
(par
lambertine, ajouté le 28/02/02 22:11)
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- Comme leur père. Ce n'est pas une insulte, juste la vérité. Patrick n'en a pas honte, n'en a jamais eu honte, pas plus que de son monde. Pas plus que de sa vie. Mis à part de la mort d'un enfant noyé dans la Meuse. - Ils pourront peut-être venir te rendre visite, en prison ? - Laisse tomber, Diane. Leur mère ne viendra pas. Et ça vaut mieux comme ça. Je vais te laisser, maintenant. Tu risques de te faire saquer, sinon. Pour avoir discuté avec un exclu. Il se lève, traverse le réfectoire, et se dirige vers les chambres de hommes. Je le suis du regard, puis sors dans le jardin. Je m'assieds sur un banc, laisse trainer mes oreilles, capte quelques bribes de conversation. ... Pourquoi à Patrick ?... ... Parce qu'il le connait, je suppose... ... Quand même... ...c'est bizarre que le père d'une Résidente veuille parler à un autre Résident... ...C'est même interdit... ... A propos de Soazig... elle n'a pas quitté le Centre ? ... Elle est dans sa chambre... ... Son père vient la chercher demain... Certains exclus sont mis sur le trottoir, tremblants de fièvre et en pleine nuit. D'autres sont laissés, ivres, au volant de leur voiture. Soazig a le droit d'attendre dans sa chambre, à l'abri, que son père la ramène chez elle. Pourquoi Soazig, et pas Célestin ? Pourquoi Soazig, et pas Patricia ? Pourquoi Soazig, et pas Martin, ou Joffrey, ou Michelle ? Y a-t-il quelque chose à comprendre dans ce deux poids deux mesures ? Sans doute pas. Il n'y a rien à comprendre à l'arbitraire.
Patrick a quitté le Centre, et d'autres après lui. Baptiste, le député socialiste. Félix, le jeune hooligan, Emilienne, qui a pris son envol comme elle l'avait promis. Gervaise a rechuté lors d'un Point 6 en ville, et Agnès n'est rentrée de week-end que pour faire ses bagages. D'autres sont arrivés, que je remarque à peine. A quoi bon ? Je fais semblant, désormais, d'être une curiste exemplaire. Je tâches de passer le plus de temps possible avec les Résidents de ma génération, quitte à me ridiculiser au bowling devant Paul et Mathieu. Je plaisante, comme je peux, avec Aurélien. Nous nous apprêtons à célébrer la fin de cure de Raoul. La semaine prochaine, se sera celle de Béatrice, d'Hubert et de Pascal.
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