Chapitre 72:
Chapitre 17.5
(par
lambertine, ajouté le 13/11/09 21:30)
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Je suis "bar à jus". Je sers à mes cocuristes les consommations "exceptionnelles" : jus de pamplemousse ou thé au jasmin, jus pomme-cerise ou sirop de gingembre. Je joue les barwoman, et j'aime ça. Je trouve ça sympathique. Je commence à connaître les goûts de mes cocuristes. Jus de tomate pour Béatrice - qui en fait une consommation indécente. Jus tropical pour Aurélien et Célestin. Rooïbos au miel pour Agnès. Oxo pour Jacob. Un peu de tout pour moi. Je ne suis pas difficile. J'aime tout. Hélas pour ma ligne, et pour mon "compte-jus". - Gabriel ! J'apostrophe le "nouveau". Il s'approche, intimidé par l' "ancienne" que je suis déjà à ses yeux. Moi qui ai l'impression d'être arrivée hier ! - Veux-tu bien porter ça à Philippe de ma part. Pour me faire pardonner. Il m'obéit comme un petit garçon. Tend au juriste meurtri un mug fumant de thé aux épices. - De la part de la Dame... Je salue de la tête en arborant mon plus beau sourire. J’ai l’impression de draguer dans un grand hôtel. Alors que je ne suis pas du tout à l’hôtel. Et que je ne drague pas du tout. Gabriel s’assied à côté de ma victime. Ils se mettent à parler. Jean-Marc les rejoint, livre à la main. La soirée avance. Les heures s’écoulent, monotones. Entre deux consommations à servir, je continue à préparer les questions du jeu de piste de samedi. Qui me stresse. J’aimerais plus d’aide de mes compagnes. Qui ne m’en donnent pas. Trop préoccupées sans doute par leurs propres problèmes. - Où se trouve le châ… - Mais… Tricheur ! Je cache tant bien que mal la feuille avec mes mains. Trop tard. - Où se trouve le château de Versailles ? Elles sont toutes comme ça, les questions ? Bien sûr que non. Mais une idiotie de temps en temps ne fait pas de mal. - Je vais dormir. Dis, Diane ? - Oui ? - Tu devrais aller voir Aurélien, quand tu auras rangé ton bar. Il est loin d’être en pleine forme. Ca s’est mal passé, en Image de soi ? Mal passé, c’est le moins que l’on puisse dire… Mais pourquoi le Célestin me demande-t-il à moi de m’occuper de son compagnon de chambre ? D’accord, je l’aime bien. Mais je ne suis qu’une résidente comme les autres. - Tu es une femme. Et tu es plus vieille que nous. Un peu comme une maman, quoi. Tu le sais bien, en plus. Oui, quelque part, je le sais bien. Même si toutes les autres résidentes, sauf Agnès, sont dans mon cas. - Peut-être. Mais toi, c’est pas la même chose. Peut-être qu’à toi, il dira ce qui ne va pas. Tu veux bien aller le voir ? Bien sûr que je veux bien. Quelle question ! Quand à pouvoir faire quelque chose, j’en doute. Aurélien est peu disert quand il s’agit de lui-même. - Il se confie encore moins que toi. Ce qui n’est pas peu dire. Mais j’essaierai de l’aider. Je te le promets. Il disparaît dans la cuisine. J’entends un bruit de verres qui s’entrechoquent. Celui du lave-vaisselle qui démarre. La vaisselle du bar à jus. Mon travail.
- Aurélien ? Il fait nuit noire, malgré les étoiles. Chaud pour la saison. Le jeune homme est assis sur le banc des psys. Il fait semblant de lire, et de ne pas me voir. - Aurélien ?
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