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Les Hautes Fagnes

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 73: Chapitre 17.6
(par lambertine, ajouté le 14/11/09 20:48)


- La Terre s’arrêtera de tourner le 21 Décembre 2012. Ce sera la fin du monde. De notre monde en tous les cas. Pas une grande perte pour l’Univers…
- Ce sont des histoires pareilles que tu fais semblant de lire dans le noir ? Pas étonnant que tu n’aies pas le moral.
- Çà te fait peur, à toi, la fin du monde ? Pas à moi. Un peu de pourriture en moins. Et qui t’as dit que je n’avais pas le moral ? Célestin ?
J’acquiesce.
- Hum… Hum… Oui, Célestin. Entre nous, il n’en avait pas besoin du tout. Tu as vraiment l’air dépité depuis ce matin. Hagard. Mais tu n’as pas besoin de me dire pourquoi, tu sais. On peut discuter du calendrier maya, si tu préfères.
J’ai l’air de me moquer de lui, mais il sait bien que ce n’est pas le cas. Qu’il m’inquiète depuis plusieurs jours. A vrai dire, non. Depuis le jour de mon arrivée au Centre.
- Tu ne trouve pas inutile ce que nous faisons ici ? Essayer de changer ? Nous priver de nos plaisirs et de nos vices, alors que nous serons tous morts dans trois ans ? Il vaudrait mieux faire la fête, non ? Faire la fête jusqu’au dernier souffle du monde.
- Pourquoi ne pas parier sur une erreur des Mayas ? Sur l’espoir que la vie continue ? Celle du monde, et la tienne ?
- La mienne ?
Il éclate de rire. De rire pour ne pas pleurer. En vain.
- Elle est foutue, la mienne. Ratée. Perdue. Regarde-moi, Diane.
Je le regarde. Je vois un jeune homme brun, beau et triste. Esseulé. Vulnérable.
- Mes frères, mes sœurs ont réussi dans la vie. Enfin, mis à part ma grande sœur, bien sûr. Mes amis d’enfance sont mariés. Ils ont terminé leurs études. Ils travaillent. Et moi…
- Et toi, tu es ici. Il te reste tout à construire, et tu as tout le temps de le faire. D’ailleurs, tu les as terminées, tes études.
- Pas mes stages.
- Tu les feras après ta cure.
- Si un patron veut de moi.
- Pourquoi aucun patron ne voudrait-il de toi ? Tu sembles doué, intelligent. Il te reste à apprendre à mordre sur ta chique quant tu n’es pas d’accord avec la politique du bureau. Jusqu’au jour où tu auras l’agrément pour ouvrir un bureau toi-même. Pour construire des maisons écolo à 100.000 €. C’est ce que tu veux, non ?
- Bien sûr, mais…
- Il n’y a pas de « mais » qui tienne. C’est ce que tu veux. Alors, bas-toi pour ça. Enfin, Aurélien, si tu es entré ici, c’est bien parce que tu y crois encore. Ne serait-ce qu’un peu.
- Je suis entré ici…
Il hésite. Bafouille. Trébuche sur des mots trop durs à prononcer.
- Parce que… je… parce que je suis un salaud… lâche… parce que je l’ai laissée. Que j’ai une dette.
- Que tu as… une dette ?
- Elle… elle… m’aimait. Elle m’a soutenu. Relevé. Porté à bout de bras. Je l’aimais aussi. Domitille. J’ai… j’ai cru… j’ai prié pour qu’elle vive. Je voulais l’épouser. Elle … Ils ne voulaient pas d’elle. Elle n’était pas… pas assez… Elle est infirme, Diane ! Ils ne voulaient pas d’elle pour ça. Pour cette seule raison. Et je l’aimais. Et j’ai cédé. Et je ne suis qu’un lâche. Qu’un abruti. Qu’un salaud juste bon à lui faire du mal. A l’abandonner. Et demain, ils…
- Tes parents ?
- Ils seront là demain. Et j’ai peur. Je me dégoûte. Et j’ai peur.

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.