Chapitre 80:
Chapitre 18.6
(par
lambertine, ajouté le 23/11/09 19:34)
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Je me retrouve, avec mon fils, dans une taverne. Etablissement qui, bien que servant de la bière et du vin, fait une bonne partie de son chiffre d’affaires grâce aux patients du Centre. Aurélien commande des pâtes aux scampis. Je me contente d’un Schweppes tonic. - Tu n’es pas faim ? s’inquiète mon gamin. - J’ai bien mangé. Très bien, même. Des pâtes excellentes, sans doute meilleures que les tiennes. Et puis… je n’ai pas trop le moral, à vrai dire. Il me demande. Je le lui explique, tant bien que mal. Je n’ai pas envie de le tracasser, de lui faire craindre un échec de ma part. Je minimise les faits, ou du moins leur impact sur mon état d’esprit. Je lui parle de ma vie quotidienne, l’interroge sur la sienne. Sur ses études. Sur ses amours. - Je vais à une réunion d’anciens, vendredi, m’annonce-t-il. - D’anciens de Saint-Augustin ? - Oui. Je suis curieux de les revoir. Ça fait si longtemps… Si longtemps… Trois ans à peine ! - Trois ans, c’est beaucoup, à mon âge ! D’accord. J’admets. Il commande une glace et je me laisse tenter. - Tant pis pour mon régime ! - Il me semble que tu as maigri. Maigri ? Oui. Un peu. Pas assez à mon goût. - Tu es sûre que tout va bien ? - Oui. Oui, mon chéri. Certaine. Nous ne rentrons pas tout de suite au Centre. Nous errons dans les rues de la ville jusqu’à l’heure limite. Puis, il le faut bien, je note mon heure de rentrée dans le cahier, et je dis au-revoir. Triste. Nostalgique. Mélancolique. Je passe la porte de salon, et je croise Murielle. Seule. Elle m’embrasse. - Il a décidé de rester ? - Ce n’était qu’un passage à vide, affirme-t-elle. Il est reparti aux cuisines. Il veut vous préparer quelque chose de bon. - Il est doué. - Oui. Oui, je sais… Mon compliment n’a pas l’air de lui faire plaisir. Pourquoi ? Je n’en sais rien. Elle disparaît, elle aussi, dans le monde extérieur. Moi, je retrouve mes compagnons. Aurélien et Jacob ont entamé une partie d’Echecs. Béatrice discute avec Frédéric. Je vais m’asseoir auprès de Damien. - Tu viens chanter, ce soir ? - Si tu veux bien de moi. On sera nombreux ? - Une dizaine. Trois garçons, et toutes les filles. Plus une éduc. Claire. - Celle que vous trouvez si jolie ? - Elle est très jolie ! C’est l’avis de la plupart des garçons. Personnellement, je la trouve plutôt quelconque. - Et le moral ? - Je serai content de chanter, et de jouer de la guitare. Ca fait du bien là où ça fait mal. - Dans la tête et dans le cœur. - C’est ça.
You may say that I'm a dreamer But I'm not the only one I hope someday you'll join us And the world will be as one
Agnès et moi pénétrons dans le grand grenier, où les garçons se sont mis à chanter. Les garçons, c'est-à-dire Honoré et Célestin, accompagnés par Damien à la guitare. C’est beau. C’est triste. C’est rempli d’espoir. Nous nous asseyons, et nous nous taisons, jusqu’à la fin de la chanson. Prenons les textes posés sur les chaises. Lisons. Choisissons. - Les petits pains au chocolat… - Place des grands hommes… - L’Aigle Noir… - Non. C’est trop difficile… - Pas tant que ça… - Parle pour toi, Célestin ! - Les sucettes à l’anis, alors… - Pas question ! tranche l’éducatrice. C’est interdit ici !
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