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Les Hautes Fagnes

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 94: Chapitre 21.2
(par lambertine, ajouté le 16/12/09 00:26)


- Les transports en commun. J’ai souvent envie de boire dans les transports en commun. Sans doute parce qu’ils me conduisent souvent vers l’administration.
- Et quelles sont tes ressources ?
- Mes enfants.
- Comment comptes-tu lutter contre l’envie de boire dans le train ?
- Je prendrai de l’eau pétillante avec moi.
- Bien. Je signerai ta feuille plus tard. Tu n’as pas indiqué à quelle heure tu comptais prendre le train.
A quelle heure ? Mais je n’en sais rien… Je prendrai le premier train. Je ne compte pas passer ma journée à la gare. D’ailleurs, je n’aime pas les gares. J’ai horreur des gares. Mais je n’ai pas le choix. Et comme je n’aurai pas accès au Net avant demain après-midi, ma feuille ne sera pas signée avant demain après-midi non plus.
- La mienne est signée ! me nargue Célestin en m’agitant un papier sous le nez.
- Ca va… ça va…
Je ronchonne. Pour la forme. Quoique…
- Fais quand même attention.
- A quoi ?
- A rien. Je ne sais pas.
Je prends un autre papier, et me remets à écrire.
- Tu fais quoi ?
Il se saisit de la feuille, se met à lire. Fronce les sourcils.
- C’est un fax de réservation ? C’est à Béatrice de faire ça cette semaine. C’est elle, « loisirs 1 ».
- Elle est malade.
- Mais c’est sa tâche. Vous allez vous faire saquer.
Peut-être. Selon la Loi du Centre, nous le devrions. Mais je ne crois pas que ce sera le cas. Je ne le crois pas du tout.
- Je n’ai pas été punie, hier soir.
- Je sais. Moi, je le serai tout à l’heure. Deux minutes de retard, c’est deux minutes de retard.

- Et si le Centre fermait ? Et si vous deviez demander l’aide d’un ami pour tenir le coup ? Imaginez… imaginez qui serait votre ressource. Imaginez comment vous négocieriez cette aide avec lui.
Je ne dois pas réfléchir longtemps. Flora. Je demanderai de l’aide à Flora. J’aurais peut-être pu choisir Constance mais… non. Flora. C’est ça. Je bâtis mon scénario. J’imagine ses questions. Mes réponses. Je dois proposer des activités. Me plaindre. Me montrer fragile…
Et je me retrouve face à Frédéric. Qui ne réagit pas du tout comme l’aurait fait Flora. Je le sais bien. Je le sais d’autant mieux que j’ai déjà demandé de l’aide à Flora. Et que ses réactions ont été aux antipodes de la comédie du jeune homme. Je suis déstabilisée. Perdue. J’essaie de retomber sur mes pattes, de retrouver mon rôle. Impossible. Je m’enfonce. Je m’embourbe. Je ne comprends plus rien et je m’énerve. Sur Frédéric d’abord. Puis, l’exercice terminé, sur Danielle, la psychologue.
- C’était absurde !
- Je te demande pardon ?
- Cet exercice n’avait pas de sens.
- Tu dis cela parce que tu as échoué à demander de l’aide. Dans la vraie vie, tu te serais retrouvée une bouteille à la main.
- Dans la vraie vie, Flora ne m’aurait pas envoyée sur les roses de cette façon.
- A sa place, je l’aurais fait, moi.
Suit une diatribe qui ne m’atteint même pas, tant elle me semble loin de ce que je suis.
- C’est l’image que tu donnes, Diane. C’est l’image qui fait que tu te retrouves seule, sans personne. Tu resteras toujours seule. Personne ne voudra jamais de toi comme amie. Tu es trop hautaine, trop prétentieuse, trop imbue de toi-même pour inspirer de la sympathie à quiconque.
Hautaine. Prétentieuse. Ca recommence. Elle est psychologue, bon sang ! Elle est censée voir derrière la carapace. Alors, pourquoi… pourquoi ? Suis-je à ce point hermétique, pour qu’elle ne comprenne pas que je crève de trouille face à elle ? Tête basse, voilà ce qu’on attend de moi. C’est bizarre. Plus on me le fait comprendre, plus j’ai envie de la redresser, ma tête.



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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.