Chapitre 97:
Le Roman de Lambert. 4. Rester. Repartir. Et ensuite ?
(par
lambertine, ajouté le 19/12/09 14:30)
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Nouvelle errance. Nouveau départ. Vers l’enfer pour de bon. Mon père avait sa femme. Ma mère a eu son homme. Rencontré en désintoxication. Parce qu’elle en avait assez, ma mère, de vivre au rythme des bouteilles qui se vident. Parce qu’elle en avait assez, ma mère, de vivre seule. Elle était venue au Centre pendant que je me perdais dans le dédale de Kin’. Elle y avait appris, plus ou moins, à se passer de pseudo-bonheur liquide. Elle y avait trouvé quelque chose qui ressemblait plus ou moins à l’amour. Une stabilité. Un mari. Un beau-père pour moi, qui désirait me connaître, et que j’allais décevoir. Comme je décevais tout le monde. Mes professeurs. Mes maîtres d’apprentissage. Mon métier ? A quoi bon en avoir un ? Etais-je doué, d’ailleurs ? Serais-je un jour capable de transformer une bille de bois en chef d’œuvre ? Et pourquoi vouloir créer de mes mains ? Pourquoi ne pas fuir, fuir encore, ce monde auquel je n’appartenais pas ? Ce monde qui me rejetait autant que je le rejetais ? M’enfermer dans une cabane, au cœur de la forêt, avec une scie, une tarière, un marteau. Une bouteille. Seul. Je n’étais pas comme ma mère. Je ne voulais pas trouver l’amour. Bâtir une vie. Je n’avais rien à offrir. Je n’étais plus capable de recevoir. Seulement de m’enfoncer. Seulement de m’abrutir. Seulement… Rien. Noir. La mort ne veut pas toujours de nous. Alors survivre. Ici ? Mon père m’a retrouvé. Ma belle-mère a mis au monde une petite fille. C’est ma sœur. C’est une sorcière selon les superstitions congolaises. Trisomique. Sorcière. Un bébé. Ma sœur. Ma petite sœur. Elle vient de naître. Et moi, pourrais-je renaître ? Naître tout court ? Qui sait…
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