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Les Hautes Fagnes

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 98: Chapitre 22.1
(par lambertine, ajouté le 21/12/09 00:29)


- Fainéant !
- Mais non ! Ce n’est pas moi qui ai décidé d’aller chez le médecin aujourd’hui. C’est lui qui m’a donné rendez-vous. Regarde.
Célestin fouille dans ses poches, trouve un papier qu’il tend à Agnès. Elle le déplie, lit et fronce les sourcils.
- Mouais… Les excuses sont faites pour s’en servir. Tu évites les grandes tâches. Ce n’est pas juste. N’est-ce pas, Diane ?
J’approuve. Ce n’est pas juste. Aller poireauter dans une salle d’attente et passer une visite médicale, plutôt que de récurer le four à pain, c’est un peu faire l’école buissonnière.
- Sans compter qu’il va sans doute en profiter pour faire un tour en ville.
- Faire un tour, non. Je ne suis pas fou. Imagine que je tombe sur un éduc’ au coin d’une rue… Je serais bon pour faire mes bagages. Par contre, m’acheter un sachet de frites en rentrant, ça, certainement .
Agnès, qui picore dans son assiette, semble horrifiée.
- Des frites ? Après tout ce que tu viens d’avaler ? Tu n’as pas honte ?
Bien sûr que non ! Il rit en secouant la tête. Rassemble la vaisselle, et va la déposer sur le charriot de service. Disparaît dans la cuisine.
- Ce garçon est complètement fou. Des frites ! En plein après-midi !
- Il ne mangera rien ce soir. Les tartines de charcuteries, c’est loin d’être ce qu’il préfère. Alors que toi, tu feras la chasse aux croûtes de pain.
Matin et soir, elle fait le tour des tables afin de récupérer les croûtes qu’elle est la seule à apprécier. Avec Hermann. Mais Hermann est bien trop digne pour se prêter à ce petit jeu.
- Encore !
Crème à la vanille. Pour la troisième fois en cinq jours. Marie-Line n’apprécie guère.
- Je ne la digère pas, s’excuse-t-elle un peu confuse. Et on en sert tout le temps.
- Attends !
Célestin repart. Revient. Il pose devant elle un bol de salade de fruits.
- Elle est d’hier, mais elle est encore bonne.
- Merci. Quelqu’un veut ma crème ?
Quatre mains se tendent vers elle. Jacob a la chance d’être choisi par la Dame. Dame qui a quelques scrupules à entamer son dessert.
- Tu ne vas pas avoir d’ennuis ?
- Non, pourquoi ? Je dirai que c’est Diane qui en a eu l’idée, si jamais Julie veut me punir.
- Sale gamin !
Je ris, moi aussi. Jaune. Pas parce je crains qu’il me fasse punir à sa place. Je sais bien que ce n’est qu’une plaisanterie. Je ris jaune parce qu’il aurait raison de le faire. Parce que l’attitude et les décisions de l’Equipe pourraient être à l’origine de telles réactions. De dissensions, de jalousies entre les résidents. De rivalités. Peut-être est-ce voulu ? Je n’en sais rien, mais je n’aime pas ça.
- Tu ne m’en veux pas ? C’était pour rire, tu sais.
- Bien sûr que je sais ! Pourquoi est-ce que tu penses que j’ai pris ta « menace » au sérieux.
- Tu avais l’air bizarre. Mal à l’aise.
Les autres l’ont-ils remarqué ? Apparemment non. Ils ont déjà rejoint le fumoir, un verre de café à la main. Tant mieux. Je n’ai pas envie de leur parler de mes états d’âme.
- Tu n’y es pour rien. C’est juste que j’ai parfois l’impression d’être une marionnette ici. Ou un sujet d’expériences.
- Ne pense pas trop, Diane. Tu vas déprimer, et faire des bêtises.
Il n’a pas tort. Je ris, je plaisante, mais je suis tendue comme un arc. Prête à exploser. Et je détourne la conversation.
- Toi, fais attention à ne pas faire de bêtises cet après-midi. Promis ?
Il promet. M’assure que je n’ai aucune raison de m’inquiéter pour lui.
- Je vais chez le médecin, et je mange un morceau en rentrant. C’est tout. Je ne veux pas d’ennuis. Et je tiens à être là pour préparer la fête d’Honoré. Tu me fais confiance ?
- Bien sûr. Je te fais confiance. Tu n’as pas à en douter.
Il n’a pas non plus à me remercier pour ça, mais il le fait quand même. Il s’en va parler à Julie, signe le cahier des sorties, et franchit la porte que lui ouvre la secrétaire.

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.