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Pour une raison qui m'échappe, l'information n'a pas également été diffusée ici par Elendil... Je me permets donc de citer ici son message de ce jour, posté sur le forum d'à côté. Ce vendredi 3 novembre, sur le forum de Tolkiendil, Elendil a écrit :
Peace and Love, B. (EDIT: correction de la taille des caractères du texte de la citation) |
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Pour les événements, j'avoue que j'ai tendance à considérer que les lecteurs de JRRVF passent suffisamment souvent sur Tolkiendil pour qu'il ne soit pas nécessaire de répéter ces informations ici (même si je tire mon chapeau à Isengar pour l'excellente tenue du fil d'actualité de JRRVF). ;) E. |
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Je n'avais pas lu ce fuseau ni l'info sur Tolkiendil alors que j'écrivais ce matin en partie sur ce sujet ;-) |
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la manière dont une certaine presse française en rend compte est consternant : voir cet article du huftington qui prend soin de sélectionner les "experts" Tolkien (1) et leurs arguments - je n'avais jamais entendu parler de cette collègue pour qui "Aragon, est moitié Elfe et moitié homme." -, la même (seule) citée par cet article de l'express. ou comment publier deux articles hors sol. |
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Concernant l'exposition italienne consacrée à Tolkien à la Galleria Nazionale di Arte Moderna e Contemporanea de Rome, le traitement médiatique dont elle fait l'objet et les commentaires que tout cela suscite, il y aurait sans doute beaucoup à dire, mais je vais essayer d'être concis. vincent a écrit :
S'agissant de « cette collègue » que tu mentionnes, Vincent, rappelons en ces lieux (même si cela a déjà été dit par d'autres sur le forum de Tolkiendil) qu'il s'agit de Marylin Maeso, dont nous avons pu lire les réponses à un entretien qu'elle a accordé l'année dernière pour le hors-série de Philosophie Magazine intitulé « Le Seigneur des Anneaux. Tolkien et son mythe » et qui a son fuseau dédié, fuseau dans lequel j'avais fait part de mon intérêt particulier pour cet entretien, notamment dans un message du 24 août 2022. Concernant le premier article que tu as signalé ici, celui du HuffPost daté du 15 novembre et intitulé « Italie : Giorgia Meloni inaugure une exposition sur Tolkien, et c’est loin d’être un détail », son principal défaut est qu'il ne parle pas de l'exposition en elle-même, sauf pour dire qu'elle est financée à hauteur de 250 000 euros par le ministère italien de la Culture ; le second article mentionné, celui de L'Express (« Races, Elfes noirs et famille : pourquoi "Le Seigneur des anneaux" passionne l'extrême-droite »), daté du 8 octobre de l'année dernière (2022) étant lui bien antérieur à l'annonce de l'ouverture de ladite exposition. Bien entendu, leur point commun est l'intérêt médiatique que suscite avant tout la récupération politique dont fait l'objet Tolkien par les représentants d'un certain nationalisme « post-fasciste » en Italie, nationalisme dont j'ai rappelé, ailleurs l'été dernier, que feu Berlusconi porte, avec d'autres dans ce pays, une lourde responsabilité dans sa banalisation au fil des décennies. Pour essayer de s'en tenir à l'exposition, j'ai regardé les reportages, relayés sur le réseau d'Elon M. et signalés aussi sur Tolkiendil, du ministère italien de la Culture (https://twitter.com/MiC_Italia/status/17...2685888819) et de TG2, le journal télévisé de la Rai 2 (https://twitter.com/Terra2itter/status/1...6422348230)... mais que dire ? Les images filmées ne montrent finalement que peu de choses de l'exposition, tandis que le petit personnage (politiquement parlant) qu'est l'actuel ministre de la Culture italien profite de l'occasion d'une inauguration d'expo médiatisée au niveau national pour essentiellement parler des vertus qu'il trouve aux "vraies valeurs", notamment de la bonne vieille Tradition. Posture assez classique du conservateur voulant suivre la "méthode Gramsci" en matière d'influence idéologique. De fait, c'est ce ministre, Gennaro Sangiuliano, qui a eu l'idée, parait-il, de cette exposition, laquelle ne pouvait que plaire à l'actuelle présidente du Conseil des ministres d'Italie dont la tolkienophilie est maintenant bien connue. Je note par ailleurs que visiblement Oronzo Cilli ne déteste pas faire visiter l'exposition à Giorgia Meloni, lors de cette inauguration du 15 novembre dernier, du moins à ce qu'il me semble, mais on se gardera cependant de surinterprétrer les images des caméras...
Toujours est-il que pour avoir enfin une idée du contenu de cette exposition, on pourra par exemple consulter un compte rendu de visite par Silvia Torrioli, mis en ligne dimanche dernier, 26 novembre, sur le site culturel italophone The Parallel Vision : https://theparallelvision.com/2023/11/26...e-tolkien/ Passons à autre chose, à présent... encore que cela ne soit pas vraiment le cas, car là aussi l'idéologie peut tendre à pointer le bout de son nez... En juillet 2021, en ces lieux, votre serviteur Hyarion a écrit :
Toujours en juillet 2021, Hyarion a écrit :
En janvier 2022, toujours en ces lieux, Hyarion a écrit :
À défaut de véritable compte rendu, signalons au moins in fine la publication en recueil, réalisée en mai dernier chez Luna Press Publishing, des actes du séminaire d'été de 2021 de la Tolkien Society, sous le titre Tolkien and Diversity et éditée par Will Sherwood : https://www.tolkiensociety.org/store/tol...diversity/
Toutes les interventions programmées lors de ce séminaire en ligne n'y figurent pas, en particulier celle de Christopher Vaccaro (“Pardoning Saruman?: The Queer in Tolkien’s The Lord of the Rings”) qui n'avait pas même fait l'objet d'un résumé correspondant au propos de l'auteur sur le site de la TS (comme je l'avais déjà signalé), et il manque aussi les commentaires ayant suivi les interventions à l'époque, commentaires assez révélateurs parfois d'une certaine effervescence idéologique (autour de ce que l'on a pu appeler le « wokisme », pour le dire vite) plus ou moins sous-jacente derrière la thématique générale. Pour donner seulement une petite idée de l'approche de certaines des contributions (au contenu varié dans leur ensemble), je me permets de citer un passage de l'intervention de Nicolas Birns (“The Lossoth: Indigeneity, Identity, and Antiracism”, finalement publiée dans le recueil sous le titre “The Lossoth: Indigeneity, Representation, and Antiracism”), dans lequel l'auteur s'était permis de citer en référence (à la grande satisfaction, manifestée dans des commentaires en ligne, de certaines personnes du public) un intellectuel afro-américain, Ibram X. Kendi, qualifié de « prof d'antiracisme » en 2020 dans le journal Le Monde : Rendering non-white people as visible in the sphere of whiteness without extreme or visible racism, as Tolkien did in representing the Lossoth, is an achievement. Is that enough? Not at all. Tolkien had no interest in the Lossoth other than in this particular scene [in Appendix A of The Lord of the Rings (RK, Appendix A, I, iii)]. The representation of the Lossoth still is inhabited by condescension and white privilege. Ibram X. Kendi has contented that racist postures are “detached” from ascribed identity ([Kendi, Ibram X, How To be An Antiracist] 2019, 200). Thus there are no racist or antiracist people, that “we can be a racist one minute and antiracist the next” ([Ibid.], 10). Therefore it might be plausible to say that it is the racism or antiracism inherent in the act of reading which is more relevant for us, than the racism or antiracism of the texts themselves. Texts, though, are not people. The most antiracist reading cannot make a racist text antiracist. But it can arguably problematize the racism within that text. Nicolas Birns, “The Lossoth: Indigeneity, Representation, and Antiracism”, in Tolkien and Diversity: Peter Roe Series XXII, Luna Press Publishing, 2023, p. 162-163. Considérant personnellement la « race » comme étant un faux-concept, et le débat intellectuel et politique aux États-Unis d'Amérique comme étant (pour de lourdes raisons historiques et politiques) malheureusement complètement empoisonné par ce faux-concept (faux-concept de « race » finalement aussi bien légitimé par les racistes que par ceux qui prétendent s'y opposer, le tout sur fond de définition finalement assez vague du racisme), j'avoue que j'avais trouvé, et que je trouve encore, assez déplacé de convoquer ce genre de référence, essentiellement militante... tout comme je peux trouver déplacé que l'on convoque des références militantes relevant, à l'autre bout du spectre politique, d'un certain conservatisme politico-religieux, quelles que puissent être par ailleurs les éventuelles correspondances de celui-ci avec les propres idées conservatrices de Tolkien en son temps. Pour finir, en revenant au recueil des actes du séminaire de façon plus générale, on ne peut que regretter que les textes ne soient pas accompagnées des illustrations présentées durant les interventions lors dudit séminaire, notamment par exemple s'agissant de l'intéressante intervention de Joel Merriner (“Hidden Visions: Iconographies of Alterity in Soviet Bloc Illustrations for The Lord of the Rings”). Peace and Love, B. [EDIT (30/11/2023): correction de fautes et coquilles diverses, ajout d'une citation de Silvia Torrioli que j'avais oublié, ainsi que de la couverture du recueil Tolkien and Diversity.] |
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Merci pour ce compte-rendu. Je dois dire que je reste dubitatif, pour le moins, à la lecture du passage que tu cites. J'espère quand même qu'il n'est pas représentatif de l'ensemble des conférences de ce colloque. Pour ce qui est de l'exposition italienne, par-delà les questions politiques, j'attends d'en recevoir le catalogue, sans doute vers la mi-décembre. Je ne manquerai pas de signaler d'éventuelles pièces intéressantes dès que j'aurais le temps de le parcourir. E. |
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Hier s'est tenue à l'Université de Créteil la soutenance de la thèse de doctorat sur travaux en littérature comparée : Jacques Ellul, avec J.R.R. Tolkien : la puissance ou la liberté Outre Vincent Ferré (directeur), le jury comprenait Christian Bassac, Leo Carruthers (rapporteurs), Florent Guénard, Isabelle Pantin & Yolaine Parisot.
Dans l'assistance, trois amis conspirateurs de longue date du doctorant : Moraldandil, Cirdan et Yyr.
« Le site jrrvf.com » a été cité plusieurs fois, précurseur d'une science partagée généreusement. Je vais voir pour mettre une note un peu plus fournie sur la page d'actualité du site ces prochains jours ... |
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Félicitations au nouveau docteur !!! |
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Bravo Sosryko ! « Le site jrrvf.com » a été cité plusieurs fois, précurseur d'une science partagée généreusement. Farpaitement ! I. |
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A mon tour de me joindre aux louanges et te féliciter Sosyrko. Yyr a écrit :
Et comme Yyr n'a qu'une parole, cette "note" est en ligne, et c'est ici : C. |
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Chers amis,
Mais à chacune des difficultés, j'ai reçu le soutien sans faille de Vincent, véritable magicien rencontré sur ma Route, que je ne regrette pas d'avoir comparé à Gandalf lors de ma soutenance ! Encore merci Vincent pour ta générosité & tes conseils toujours avisés. |
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Il y a quelques jours, Elendil a écrit :
Non, clairement, cet extrait de l'intervention de Birns, reflétant une grille de lecture idéologique que j'avais trouvé très problématique dès sa présentation lors du séminaire, n'est pas représentatif de l'ensemble des conférences proposées lors de l'évènement (toutes listées dans une page du site de la TS sauvegardée par la Wayback Machine, pour mémoire). En dehors des interventions spécifiquement en rapport avec les questions de "race" (faux-concept, j'insiste) et de sexe/genre, il y a eu notamment plusieurs interventions relatives à la réception de l'œuvre de Tolkien au-delà de l'aire linguistico-culturelle anglo-américaine occidentale (Inde, Chine...), mais cela ne se retrouve que partiellement dans le recueil des actes, tous les textes des conférences, comme je l'ai dit précédemment, n'y figurant pas, comme le montre du reste la page du site de la TS détaillant le contenu du recueil. Elendil a écrit :
Ce serait en effet intéressant. Le catalogue est édité par Skira, célèbre maison d'édition spécialisée dans les livres d'art et les catalogues d'expo, en Italie et aussi en France, mais il me faut, personnellement, désormais réduire la voilure en matière d'acquisitions de ce type... Concernant cette exposition italienne consacrée à Tolkien à la Galleria Nazionale de Rome, je me permets de partager un lien vers le réseau de Mark Z., et plus précisément vers une page FB à thématique artistique gérée par un passionné italophone de l'œuvre peint d'Arnold Böcklin (une page dont je suis depuis longtemps les publications, surtout consacrées à la peinture occidentale du XIXe siècle [et au-delà] autour de Böcklin) qui propose quelques photos de l'exposition tolkienienne, prises lors d'une visite par le gestionnaire de ladite page FB : https://www.facebook.com/ArnoldBoecklinP...c5n2xwm5xl Amicalement, B. |
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bonsoir à tous, Vincent Ferré se réjouit de voir advenir la soutenance d’une thèse exceptionnelle à plusieurs titres. Cette thèse sur travaux, tout d’abord, M. Qadri en a inventé les contours et le format (... ) Le sujet est très original, par la comparaison entre J.R.R. Tolkien et J. Ellul, sur la technique, la puissance et le rapport à la nature. La question méthodologique soulevée par la comparaison de deux auteurs entre lesquels il n’existe pas de « rapport de fait » est classique et d’illustres collègues comparatistes se sont demandé à quoi bon comparer. Vincent Ferré ne revient pas aujourd’hui sur cette question sur le plan général, mais constate l’effet sur notre compréhension de chacun des auteurs, dont M. Qadri ne cherche pas à atténuer les divergences – la conclusion, p. 220, est nuancée sur la convergence entre machine (Tolkien) et technique (Ellul) –, en particulier le genre de leurs publications : récits, essais, poèmes… le partage entre fiction et non fiction ( ... ) Le geste comparatiste permet d’éclairer autrement des versants que l’on pensait bien connus de leurs œuvres : Ellul, bien sûr, dont M. Qadri rappelle que « sa réception est avant tout, et jusqu’à ce jour, une succession d’incompréhensions et de rejets multiples » (p. 166) ; J.R.R. Tolkien, aussi, grâce à l’alliance de M. Qadri entre esprit de synthèse et capacité à exploiter quelques termes (« peut-être » ; l’expression « shut out the night », p. 242 ; voir aussi l’hypothèse sur Melkor p. 198, note 3 ou les ponts établis entre Bombadil et le conte d’Adanel, p. 244), qui rappelle la capacité de Tolkien lui-même à « extraire tout le suc d’une seule phrase ou d’approfondir les implications d’un seul mot » (Les Monstres et les critiques, p. 277-278 ; The Monsters and the Critics and Other Essays, p. 224). ( ... ) Ainsi, Vincent Ferré a particulièrement aimé la mise en relation entre les poèmes et les textes théoriques d’Ellul, ou l’éclairage (p. 255) sur les stoicheia et tel passage de l’épitre aux Romains. Les analyses portant sur la Bible se révèlent remarquables et ouvrent des pistes de révision des traductions publiées : voir la p. 236 (« Ce commentaire, écrit par Tolkien vers 1958, est surprenant parce qu’il emploie une expression commune aux évangiles de Marc (Mc 5, 30) et de Luc (Lc 8, 46) … »), les commentaires des paroles de Tom Bombadil (p 238) ( ... ). On pense ici à une lettre adressée à son éditeur en 1956, à propos de la traduction hollandaise du Seigneur des Anneaux, la première à paraître, où Tolkien souligne l’empan de l’érudition nécessaire : « je ne vois pas comment on peut mener [cette traduction] à bien sans être assisté de l’auteur » ; « un certain nombre de mots ne se trouvent pas dans les dictionnaires, ou demandent une connaissance de l’ancien anglais. Sur des questions comme celle-ci, et d’autres qui ne manqueraient pas d’être soulevées, l’auteur serait la source d’information la plus satisfaisante et la plus rapide. » (Lettre n°188). Il y a peu de ‘vrais spécialistes’ de Tolkien en France ; et pour Ellul, leur nombre est encore plus réduit. Cela ajoute à l’importance et la légitimité scientifique d’une œuvre critique et éditoriale comme celle qui est présentée par M. Qadri, exceptionnelle par sa qualité et son engagement. La portée et (pour reprendre un terme cher à J.R.R. Tolkien) l’applicabilité de ces analyses appellent une publication rapide de l’essai inédit, qui montre – au-delà de leurs divergences, que « se révèlent des pensées sœurs, qui touchent au cœur de la condition humaine et sont autant de ressources pour travailler à être un “homme vivant”, c’est-à-dire en vie et porteur de vie, dans la société technicienne qui est la nôtre » (p. 279) – sans rappeler encore l’intérêt d’analyses portant sur le contexte le plus immédiat, comme les derniers développements de l’intelligence artificielle, en 2023 (p. 208). Toute la conclusion du mémoire apparait comme un appel à sortir de notre torpeur, de notre somnambulisme face à l’état du monde, de la part d’un candidat humaniste, en ce qu’il est attaché à décoder, sauvegarder, interpréter, des archives ; à partager cet accès privilégié… La générosité du chercheur se voit aussi dans l’assistance fournie à d’autres : ( ... ). Sur Tolkien, le livre collectif (Pour la gloire de ce monde…) publié en 2016 en lien avec une association à Toulouse reflète l’engagement de M. Qadri au sein de groupes de lecteurs devenus des critiques, engagement collectif ancien puisque ses premières interventions ont plus de vingt ans, sur le forum de discussion d’un site consacré à l’auteur britannique (jrrvf.com), où il a publié en ligne des essais entiers – bien avant le début de la « science ouverte ». L’inviter à rejoindre les contributeurs d’un volume collectif que V. Ferré a dirigé en 2004 pour les trente ans de la publication du Seigneur des Anneaux en français et de la disparition de J.R.R. Tolkien s’est imposé comme une évidence : c’est l’une des caractéristiques de cette œuvre que d’être longtemps restée en dehors des limites universitaires : cet auteur populaire, dans tous les sens du terme, est un auteur « démocratique », lui qui en France fait l’objet de discussions mêlant Université et société civile comme l’ont récemment rappelé les journées de conférences organisées à l’UPEC même, en octobre, par des membres de l’association Tolkiendil appartenant aux deux versants. Ouverture d’une parole validée par ces deux communautés, générosité des échanges : voici deux caractéristiques que l’on retrouve dans ce dossier d’un candidat soucieux de déterminer au mieux comment s'adresser à autrui pour faire passer le savoir, en écho à ce souci du prochain visible chez Tolkien et Ellul (p. 262). Il reste à V. Ferré à souhaiter à Jean-Philippe Qadri de poursuivre dans cette voie, sur cette route « sans fin ». |
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Merci pour le partage, Vincent. J'ai déjà eu l'occasion de féliciter Jean-Philippe en privé, mais encore une fois (et cette fois-ci en public), bravo à lui d'avoir pu/su profiter au mieux de la fenêtre de tir octroyée, compte tenu des difficultés pour s'inscrire comme étudiant et du délai finalement très limité pour rédiger le mémoire. Amicalement, B. |
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Merci Vincent pour ce partage et ce commentaire.
Je crois que le premier message de Sosryko à propos de Ellul sur ce forum date de mai 2004 (ce message).
Encore bravo à notre nouveau Docteur pour ce très bel achèvement (sur ce sujet particulier, j'imagine que tu en as quantité d'autres - mais pour l'heure, tu peux te reposer un peu ]:D).
Bon week-end à vous, |
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Cédric a écrit :
Moi aussi ;) |
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Cédric a écrit :
En fait, c'est un peu plus tôt encore, en avril 2004, dans le fuseau sur Le sens de l'Histoire ;-) |
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Et nous (avec Silmo), nous te disons mille mercis Sosryko ! :) |
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Bonjour à vous,
J'ai été attiré par le titre d'un article ce jour : 9 livres de fantasy à offrir absolument en ce Noël 2023
N'en ayant lu aucun - tout au plus ai-je entendu parlé de Les Dix mille portes de January, par Alix E. Harrow - est-ce que je peux faire confiance à cette liste ?
Merci :) PS : merci Sosryko :-) |
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Pas entendu parler d'un seul d'entre eux. Ils doivent tous être récents. En tout cas, les résumés montrent qu'ils sont bien dans l'air du temps. (Et ce n'est évidemment pas un compliment.) Bref, à moins qu'une personne dont je respecte les goûts me disent qu'il y en a un dans le lot qui sera un classique, je ne compte pas du tout m'y plonger. E. (EDIT : je n'avais pas vu que la Cité diaphane était d'Anouck. C'est entendu, je vais peut-être bien faire une exception...) |
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Cédric a écrit :
À titre personnel, je ne connais vraiment qu'une seule des références citées : le roman La Cité diaphane, dont l'autrice, Anouck Faure, n'est autre qu'une artiste plasticienne par ailleurs (bien) connue de certains d'entre nous en ces lieux (même s'il y a bien longtemps maintenant que je ne l'ai pas revue, les aléas de la vie [et des chemins de fer !] faisant que...) : ce message J'ai acheté un exemplaire de cet ouvrage pour une bibliothèque de lycée il y a quelques mois, mais j'avoue que je n'ai pas encore trouvé le temps de me plonger en profondeur dans la lecture de mon propre exemplaire du roman. Il faut dire que la première chose que j'ai d'abord eu la curiosité d'aller voir de près, ce sont les illustrations et la qualité de leur reproduction sur papier...
Car il est à noter qu'Anouck a non seulement réalisé elle-même les illustrations intérieures de son roman (la couverture, elle, étant illustrée par Xavier Collette), mais qu'elle a utilisé pour cela le procédé ancien de la gravure à l'eau-forte. À ce sujet, pour mémoire et comme j'avais déjà eu l'occasion de le signaler ailleurs en ces lieux, l'artiste a présenté elle-même, sur son blog en 2018, les techniques de la gravure sur bois et de la gravure à l'eau-forte : Décidément, Anouck n'est pas une magicienne, mais "seulement", et c'est bien meilleur à mes yeux, une artiste de talent et une artisane au savoir-faire désormais bien rodée (même si l'on apprend toute sa vie, n'est-ce-pas Anouck, si tu nous lis ?). ^^ Amicalement, B. [EDIT (31/12/2023):] P.S. : je suis content qu'Elendil, après avoir lu mon présent message et celui de JR/Isengar qui suit le mien, ait révisé son jugement exprimé plus haut. ^^ |
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Tout à fait en phase avec Hyarion.
Quant aux illustrations, Hyarion a tout dit. Dans le reste de la liste, il me semble que l'auteur Emmanuel Chastellière n'est autre que Gillossen, un des membres-fondateurs d'Elbakin.net (et il n'en est pas à son coup d'essai. Sa bibliographie s'étoffe d'année en année). J'ai aussi entendu beaucoup de bien sur Celle qui devint le Soleil, de Shelley Parker-Chan (mais je ne l'ai pas lu). La plupart des autres titres me semblent être de la young-fantasy (ce qui n'est pas péjoratif dans mon propos), et donc ciblés sur un public qui n'est sans doute pas celui de JRRVF :) I. |
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Vous m'avez tous deux devancé ;) |
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> ... n'est pas une magicienne
Mais si, selon la définition qu'on donne au mot "magie".. |
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Merci beaucoup pour vos retours ;-) J'ai donc un titre à acheter. Je file ! |
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Je ne suis pas, moi non plus, un expert du mot juste... mais pour essayer de se comprendre, sans doute faut-il au moins essayer de se parler. « La parole est d'argent et le silence est d'or », dit-on... mais cet adage est loin, bien loin, d'être toujours vrai. J'attends un message depuis un mois, relatif à des choses essentielles, en des temps difficiles... J'espère qu'il ne tardera plus. B. P.S. : It is done. |
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Des nouvelles du "Bird & Baby" ?
Eh bien, sachez qu'à peine installés au sud d'Oxford, les Américains du centre de recherche médical Ellison Institute of Technology, se lancent dans les oeuvres en rachetant le pub historique Eagle & Child, bien connu pour avoir servi de lieu de perdition à quelques intellectuels d'Oxford dans les années 30 et 40.
Par ce rachat, l'Ellison Institute of Technology semble vouloir préserver le pub dans son intégrité. Et se faire aussi un peu de pub au passage (sans jeu de mot). I. |
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A propos de Tolkien chez Christian Bourgois (et inversement) : C. |
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Cédric a écrit :
Merci pour le signalement, Cédric : même s'il n'y a pas de surprise, cet article d'ActuaLitté est éclairant sur la situation de la maison d'édition, notamment par rapport à ce qui a été abordé ces derniers mois et semaines dans un autre fuseau... Amicalement, B. |
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Un article à propos du titre "Le droit dans la saga du Seigneur des Anneaux" :
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Merci Cédric pour le signalement de cet article. J'ai quand même de sérieux doutes en le lisant (rapidement pendant la pause déjeuner). Par exemple :
...En revanche, c’est sur les connaissances du Seigneur des anneaux qu’il faut être solide.
Et un peu plus loin : En revanche, vous pourriez vous faire surprendre au détour d’une démonstration, quand il sera question de Gués de l’Isen, d’Eskenbrand,... Il faudra peut-être faire quelques allers-retours sur le net si un nom ne vous revient pas. Est-ce l'article qui n'est pas écrit par un "connaisseur" ou les articles du livre ? Il faudrait qu'un jrrvfien quelqu'un se dévoue pour le lire. |
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Hello Eva, Je signalais le lien, je ne le cautionnais pas ;-)
Mais il est vrai que ce titre est assez intriguant de part le sujet qu'il traite. C. |
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ISENGAR a écrit :
Pour évoquer un autre pub, imaginaire celui-là (quoique ?), un article qui tend à montrer que "The Prancing Poney" est inspiré d'un pub, le "The Bell Inn Moreton-in-Marsh". C. |
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Article très complet. Merci beaucoup pour le partage :)
A titre personnel, je ne suis pas tout à fait convaincu. Certains des arguments mis en avant par le "smial" de Moreton-in-March (depuis 2006) sont tout à fait valables, mais d'autres sont tirés par les cheveux. Although there is no evidence or records from Tolkien to suggest that The Bell Inn inspired The Prancing Pony.
J'en parlais un peu il y a... argh ! 10 ans, déjà ! Dans la deuxième promenade au Pays de Bree. Toutefois, l’auberge l’Agneau et le Drapeau (the Lamb and the Flag) à Oxford, répond aussi, en grande partie, à cette description. Elle conserve l’avantage d’avoir été assidûment fréquentée par Tolkien et ses camarades des Inklings pendant de nombreuses années J'ai évoqué le sujet aussi dans le post sur les pubs d'oxford : ce message Je vous laisse vous faire votre opinion. "Bell Inn" ou "Lamb & Flag" ? :p I. |
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Cédric a écrit :
Désolée Cédric mais je te remerciais simplement pour le signalement. Et s'il n'y a pas (ou pas facilement accessible) de critique, c'est peut-être parce que personne n'est vraiment intéressé. Appliquer le droit actuel à un livre publié il y a 70 ans, c'est plutôt tiré par les cheveux mais quand il s'agit de "fantasy", c'est plutôt absurde. Ou alors à traiter dans un mode humoristique. J'essaierai d'aller à la librairie pour voir si ce livre est disponible pour en lire quelques pages. |
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ISENGAR a écrit :
Je t'en prie ;-) |
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Dans le Télérama de cette semaine (n°3865) , il y a un article sur les liens entre l’œuvre de Tolkien et Giorgia Meloni, dont il a déjà été question dans ce fuseau. L’article reprend l’histoire à partir de la parution de la traduction en italien du Seigneur des Anneaux avec une préface « d’un philosophe réactionnaire, Elémire Zolla, présentant la fresque de J.R.R. Tolkien comme un rejet du monde moderne, au profit de la religion et de la pureté chrétiennes ». L’article donne aussi la parole à un membre de l’Association italienne d’études tolkieniennes qui lutte contre cette récupération. |
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Beruthiel a écrit :
Plus exactement, il en a été effectivement question, l'année dernière, dans les dernières pages du fuseau « Revue de presse V », qui a précédé celui-ci. :-) Merci d'avoir signalé cet article de Télérama. Concernant la préface et le préfacier de la première édition italienne du SdA, je me souviens que cela avait été mentionné en 2006 dans la J.R.R. Tolkien Encyclopedia de Drout (plus ou moins l'équivalent anglophone du Dictionnaire Tolkien dirigé par notre ami Vincent), mais c'est un fait largement méconnu... et il me semble donc utile de le rappeler, car cela me parait avoir son importance pour comprendre le contexte dans lequel a eu lieu initialement la réception de Tolkien en Italie, ou du moins une partie de cette réception. Amicalement, B. [PS : lien hypertexte devenu obsolète, suite à la fusion de l'ensemble des fuseaux « Revue de presse »] |
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L'actualité continue de charrier son flot de nouvelles plus ou moins déprimantes, mises à part quelques rares bonnes nouvelles pouvant encore ponctuellement me mettre en joie (Sarkozy condamné en appel le 14 février dernier à un an de prison, dont six mois avec sursis, dans l'affaire Bygmalion, par exemple). Or dans ledit flot de nouvelles, il y a cet entretien qu'a accordé, au Figaro, l'écrivain et essayiste français Iegor Gran, né en 1964 à Moscou et fils du dissident soviétique Andreï Siniavski, à l'occasion d'un texte qu'il a publié dans la revue Kometa. L'entretien a été mis en ligne sur le site du Figaro il y a un peu plus d'une semaine, samedi 24 février, et je me permets d'en citer ici une partie, où il est question de l'usage qui est fait de l'œuvre de Tolkien en Ukraine et en Russie, dans le contexte de la guerre actuelle. Je précise que je n'aurai pas vu passer cet entretien si Elendil n'avait pas manifesté un intérêt pour son contenu, il y a quelques jours sur le forum d'à côté.
Le Figaro : Dans le dernier numéro de Kometa, vous avez écrit un texte, Mordor, qui parle de la « capillarité littéraire d'une œuvre de fiction vers la vie réelle » . Cette œuvre, c'est le Seigneur des anneaux, de J.R.R. Tolkien. Comment les Ukrainiens se sont-ils approprié l'imaginaire de cette œuvre fantastique [sic] publiée en 1954 ? Iegor Gran, « « On sent chez les Russes une jouissance à parader en Mordor » : quand la guerre en Ukraine et l'univers de Tolkien se rejoignent », entretien avec Ségolène Le Stradic, publié le 24 février 2024 sur le site du journal Le Figaro. Le contenu de l'ensemble de l'entretien est instructif s'agissant des représentations à l'œuvre dans le contexte de la guerre en Ukraine, mais s'agissant du volet plus spécifiquement tolkienien, celui-ci laisse aussi l'impression d'une sorte de nivellement par le bas, avec un univers littéraire basiquement utilisé comme une sorte de hochet idéologique... Cependant, s'agissant des Ukrainiens, il ne s'agit pas de juger les personnes qui subissent cette horrible guerre : nous ne sommes pas à leur place, et nous ne pouvons avoir (pour le moment) qu'une idée (encore) lointaine de leurs souffrances, et de tout ce qui peut motiver de facto l'« orquisation » d'un ennemi... Et pourtant, sur le principe, quel triste « succès » que ce genre de réception pour un auteur... Et je ne parlerai même pas de la « jouissance » russe « à parader en Mordor » dont parle Gran... De façon plus générale, j'avoue être, la plupart du temps, gêné par les usages politiques qui sont faits de Tolkien, et ce quelles que soient les orientations idéologiques qui apparaissent derrière ces usages. Non pas que je considère l'œuvre de Tolkien comme devant en soi être à tout prix sanctuarisée : Tolkien avait un regard critique et critiquable sur le monde, regard qui transparait à des degrés divers dans ses écrits, et il n'est donc pas surprenant de le voir utilisé, récupéré, invoqué de diverses façons, y compris donc sur le terrain politique ou politico-religieux. Le problème, à mes yeux, réside plutôt dans le côté presque toujours facile et/ou abusif de ces usages. La figure maléfique de l'orque, à cette aune, me parait être devenue très galvaudée, comme l'est la figure maléfique du nazi, dans un registre censé être plus historique. Tolkien lui-même s'est laissé aller, en son temps, à utiliser cette figure de l'orque, ou celle de Saruman, pour désigner tout ce qui ne lui plaisait pas dans le monde et dans la société, de son propre point de vue politico-religieux (notamment anti-socialiste) : la nouvelle édition augmentée (fort tardivement) de sa correspondance a confirmé cette tendance de l'auteur déjà connue précédemment (voir la lettre 194a, par exemple, dans laquelle Tolkien se plaint notamment, en 1956, du « libéralisme dépourvu de religion » et d'un « gouvernement socialiste » (travailliste) qui lui prendrait son argent, parlant à cette aune d'une « marée montante de l'« orquerie » » [“rising tide of ‘orquerie’”]). Je n'aime pas l'usage politique que faisait Tolkien de ses propres notions, personnages et concepts, mais au moins était-il légitime, sur le fond comme sur la forme, pour en faire ce que bon lui semblait, quitte à courir le risque d'orienter la portée de son œuvre, ce qu'il a du reste plutôt eu tendance à éviter en réservant le plus souvent ses opinions à la sphère privée. Tout autre chose me parait être l'usage politique que font nos contemporains de Tolkien, y compris ceux qui pensent se sentir en phase avec lui d'un point de vue « humain » se voulant moralement « élevé », mais qui est en fait simplement un point de vue idéologique plongé comme les autres dans l'arène politique des conflits d'idéaux. Chacun est évidemment libre d'utiliser une référence littéraire, ou plus largement culturelle, pour exprimer une opinion, mais je ne pense pas que faire référence à Tolkien soit forcément toujours en soi un gage de qualité dans l'expression d'une idée, même et surtout quand cette idée relèverait d'un prétendu « bon sens hobbit », d'une prétendue « vertu elfique », ou de quelque-chose d'approchant. Voir le monde dit « primaire » à travers une fiction, même si cela peut aider à « faire passer la pilule » pour certains, a ses limites... Quant à prétendre se réclamer des idées de Tolkien lui-même, la démarche pourra paraître plus recherchée que de faire des emprunts superficiels à son œuvre littéraire et aux adaptations audiovisuelles de celle-ci, mais le résultat sera généralement le même : peu convaincant, et faussement « élevé » », du moins à mes yeux, et même s'il arrive parfois qu'une référence à Tolkien puisse éventuellement tomber juste. Prenons un exemple de sujet d'actualité clivant, au moins autant (sur le principe) que celui de la guerre en Ukraine : même si l'on pourra toujours être d'un avis différent, que ce soit vu de France ou d'ailleurs, je trouve personnellement positif que l'Assemblée Nationale et le Sénat, réunis en Congrès à Versailles demain lundi 4 mars, adopte à cette occasion la révision constitutionnelle permettant l'inscription dans la Constitution de la liberté pour les femmes de recourir à l'IVG, la France devenant dès lors prochainement le premier pays au monde à garantir cette liberté pour les femmes dans sa constitution. Et je trouve cela d'autant plus positif qu'une telle décision, obtenue (pour une fois !) par consensus et en accord avec une très large majorité de l'opinion publique, soit prise malgré le niveau « intellectuel », à mon humble avis, très faible du « débat » public dans ce pays, et a fortiori à l'Assemblée nationale durant l'actuelle législature. Et pourtant, je ne doute pas qu'il pourra toujours se trouver des personnes qui, pouvant se réclamer de Tolkien et de ses propres opinions politico-religieuses conservatrices, assimileront négativement cette décision (comme toute autre qui serait également jugée trop « moderne ») à quelque « orquerie » jugée aux antipodes de je-ne-sais quel idéal « elfique »... Même s'il me faut bien faire avec, j'avoue qu'il m'est pénible de savoir que de telles lectures plus ou moins tolkieniennes du monde existent, fut-ce de façon anecdotique selon les cas : au bout de toutes ces années, lorsqu'il m'arrive de tomber dessus, en vérité je les trouve banales, faciles, tristes, désespérantes, et même pas dignes du message de Jésus si elles émanent de gens se disant chrétiens... Cet avis n'engage que moi, évidemment, sachant que c'est de l'usage de Tolkien dont il est avant tout question ici. Et ceci étant dit, je précise bien qu'il en est à mes yeux de même pour pratiquement tous les usages politiques qui sont fait de Tolkien : ils sont presque tous tristes et faciles en se croyant pourtant souvent « spirituels » ou « cultivés », que les points de vue soient plus ou moins « vertueusement conservateurs », « vertueusement progressistes » ou prétendument « prudemment apolitiques ». L'abus finit ainsi par être général (en étant tous « l'orque » ou « le Saruman » de quelqu'un in fine, par exemple), tandis que la littérature, elle, finit par passer complètement à la trappe. Quant à l'humour dont certains prétendent faire preuve dans leurs usages politiques de Tolkien, c'est souvent de l'humour à la G. K. Chesterton, le rieur étant dès lors trop souvent incapable de rire de sa propre option (ou non-option) idéologique. Il est loin, le temps des parodies qui, dans le sillage de la première trilogie de Peter Jackson, pouvaient parfois être amusantes... Toutes ces lectures politiques/idéologiques me confirment, en tout cas, à quel point Tolkien ne saurait être, à mes yeux, un maître à penser, y compris dans un sens qui se voudrait « progressiste », ou même « humaniste » dans le sens trop flou qu'a parfois trop tendance à avoir pris cette notion de nos jours. Et dans le cas d'une guerre comme celle qui continue de souiller actuellement l'Ukraine, c'est sans doute encore pire, puisque l'on mélange tout : les orques de Tolkien, ceux de Peter Jackson, la culture littéraire, la culture de masse, le tout dans une bouillie informe vis-à-vis de laquelle chacun pourra toujours voir midi à sa porte, le plus souvent derrière des écrans déshumanisants... À force de confondre culture et intelligence, il me semble que l'on finit par verser dans la nullité la plus totale... le réel, lui, restant ce qu'il est. Si j'avais un message général à faire passer, je dirais : si c'est pour en faire ce que l'on en fait politiquement, qu'on laisse donc Tolkien tranquille... et non pas tant seulement pour lui-même et son œuvre que finalement pour tout le monde... Mais bon, ce n'est là que mon point de vue. Peace and Love, B. P.S.: j'ai donné mon avis (qui vaut ce qu'il vaut) en passant, mais n'en dirai pas plus (si cela peut rassurer), a fortiori avec tout ce que j'ai à faire... |
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Peu d'informations encore, mais vu le "pedigree" des deux compères, on peut s'attendre à quelque chose de plus qu'intéressant (dans leur style) C. |
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Une lettre de Tolkien mise aux enchères bientôt. C. |
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Oh superbe, et assez émouvant en effet :) |
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Très touchant effectivement !! @ Hyarion : alors que je parcourais le forum avec mon fils sur les genoux, il a vu ta grive qui lui a bien plu ! |
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Beruthiel a écrit :
Merci pour elle. ^^ Amicalement, B. |
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Quelque temps plus tard... Quelques mots concernant le projet de la Pléiade... Le 27 août 2021, votre serviteur Hyarion a écrit :
Le 15 novembre 2022, dans un autre fuseau, ISENGAR a écrit :
Finalement, rien ne n'est passé en 2023, et en fait, depuis l'annonce de ce projet de parution en novembre 2018, entre autres par Le Figaro, et alors évoquée ici, rien de véritablement « concret » n'aura été à signaler... jusqu'au début de ce mois-ci, avec ce témoignage, d'après une source chez Gallimard, partagé sur le forum d'à côté : le 01.06.2024, à 18h39, sur le forum de Tolkiendil, CLMB a écrit :
Pour ce qui est de la presse proprement dite, j'ai entendu dire que le journal Le 1, connu pour paraître de manière hebdomadaire et sur une seule feuille dépliable traitant à chaque fois d'un seul sujet, devrait consacrer à Tolkien un numéro hors-série à paraître pour cet été 2024. Notre ami Vincent est censé avoir participé à ce numéro du 1, mais je n'en sais pas plus pour l'instant. Peace and Love, B. |
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Je me permets de reproduire ici un message mis en ligne conjointement ce mercredi soir sur le réseau de Mark Z., avant d'évoquer ensuite, spécifiquement pour le présent fuseau, un article consacré à la publication d'un livre évoquant les usages politiques des fictions relevant, entre autres, de la fantasy. À la question « Pourquoi ? », on peut parfois être simplement tenté de répondre « Pourquoi pas ? »...
« Il faut chanter un chant pastoral, invoquer Pan, dieu du vent d'été. » Ainsi commence la première des Chansons de Bilitis... Des Chansons que je préférerai, en ces temps persistants de deuil me concernant, pouvoir relire au calme avec, entre autres, Daphnis et Chloé de Longus, les Métamorphoses d'Ovide et celles d'Apulée, sans avoir à subir la lourdeur du climat politique actuel... Or en ces temps de « panique » politico-médiatique et d'incitation à une certaine pensée moutonnière, j'aimerai bien parfois que le dieu Pan, comme dérangé en plein midi, vienne une bonne fois, surgissant d'un coin de nature, « flanquer la frousse » à tout le monde, et susciter une peur qui anéantirait toutes les autres peurs, celles des uns et des autres, des uns vis-à-vis des autres, de telle manière que tous en viennent notamment à se rappeler ou à se rendre compte combien leurs vies en France, tout compte fait et même avec tous leurs problèmes, sont souvent bien plus confortables que bien des existences ailleurs, ou aux frontières de l'inconnu. Rien que de dire cela expose au jugement, et il n'y a, trop souvent aujourd'hui, que des coups à prendre lorsque l'on ose exprimer un avis, fut-il conçu comme modéré et nuancé. Mais puisque je vois que tout le monde a tendance à s'exprimer, sur les réseaux sociaux ou ailleurs, d'une manière ou d'une autre, quant à la situation actuelle, après mûre réflexion, voila mes deux centimes apportés au « débat ». Comme d'habitude, cela vaut ce que ça vaut : ne cherchant pas à plaire, ni à donner des leçons, je dis simplement ce que je pense. Un avis parmi des millions d'autres. L'autre jour, ailleurs, pour mémoire, j'écrivais ceci : Dans un autre fuseau, dans la nuit du 9 au 10 juin derniers, votre serviteur Hyarion a écrit :
Eh bien, trois jours après le premier tour, constatons le désastre déjà général ainsi que la responsabilité collective qui va avec... Le nationalisme ne sort pas de nulle part, et le communautarisme non plus : au-delà des réflexes socio-culturels variablement « ethno-centriques », les deux se développent dans des contextes, marqués notamment par la frustration et le mécontentement, qui les favorisent. Or il se trouvera toujours des politiciens clientélistes et des idéologues « cultivés » pour essayer de tirer profit de tout cela, entre autres électoralement, en jouant avec démagogie sur les colères, les peurs et les sentiments particuliers d'injustice sur fond d'assignations identitaires. Ce faisant, ils agissent ainsi au détriment de l'intérêt général, particulièrement dans un pays comme la France, qui depuis la Révolution française a fait historiquement et collectivement le choix, singulier en Europe, d'un certain universalisme républicain issu des Lumières. Un tel choix rend la France, tel qu'elle est ou est censé être, à mon sens, incompatible avec lesdits nationalisme et communautarisme, lesquels ne peuvent, à mes yeux, tôt ou tard, que pervertir puis détruire ce pays et sa société, ce qui arrangerait bien du reste certains gouvernements étrangers, souvent dictatoriaux. On ne peut pas se contenter de dénoncer ces formes de stade anal de la pensée que sont les racismes, l'antisémitisme et la xénophobie, sans examiner avec attention ce qu'il y a précisément derrière la haine et la tentation (hélas récurrente) du repli identitaire. Au-delà même de la question du rejet de l'autre, sur laquelle il peut être assez facile de se focaliser, avec une certaine bonne conscience quand on se prétend « humaniste » (noble terme malheureusement fort galvaudé aujourd'hui), je pense que l'électorat du RN ex-FN serait peut-être déjà moins important s'il n'y avait pas ce sentiment général, et largement partagé, de ras-le-bol total à l'égard des acteurs de la vie politique de ce pays, la sociologie électorale du vote RN étant aujourd'hui bien plus large qu'avant, et cela sans que le programme inconsistant du parti en question y soit forcément pour grand chose. Voila pourquoi j'ai parlé de responsabilité collective, qui ne se limite donc pas à celle d'un individu comme Macron, à celle de médias propagandistes du groupe Bolloré, ou à celle des trolls du Kremlin qui passent leur temps à polluer en ligne la vie démocratique française : ces responsabilités-là existent, ne peuvent être niées ni sous-estimées, mais elles ne sont que certaines parties d'un tout ayant engendré le désastre. Bien des fautes ont sans doute été commises, depuis des années, par beaucoup de gens, à tous les niveaux, et de tous les bords politiques, y compris donc « à gauche ». On peut toujours se raconter des histoires, en partant du principe que, lorsque l'on s'oppose à l'extrême droite, on fait partie d'un « camp du Bien » qui n'aurait pas à se poser de questions, que le monde se diviserait ainsi simplement entre « gentils humanistes progressistes » et « méchants fachos », mais ce faisant, je le crains, on se paye de mots, au risque de ne voir la réalité que de façon partielle et partiale, sans se confronter pertinemment aux problèmes qu'elle pose. Dans une tribune publiée le 12 juin dernier par le quotidien Libération, Ariane Mnouchkine a eu la franchise de mettre de bonnes questions sur la table, « Qu'est-ce qu'on n'a pas fait ? Ou fait que nous n'aurions pas dû faire ? », en constatant, s'agissant des acteurs du monde de la culture, souvent marqués « à gauche » et perçus à tort ou à raison comme représentant une élite, qu'une « une partie de nos concitoyens en ont marre de nous : marre de notre impuissance, de nos peurs, de notre narcissisme, de notre sectarisme, de nos dénis ». Encore une fois, à mon humble avis, tout le monde est responsable, et tout le monde devrait donc réfléchir, évidemment bien au-delà des enjeux électoraux immédiats. Et du reste, si certains persistent encore aujourd'hui à l'employer publiquement comme par réflexe, la bonne vieille rhétorique « antifasciste », à l'évidence, n'est plus efficace pour contrer la montée de quelque extrémisme que ce soit. Depuis l'Italie qu'elle gouverne, Giorgia Meloni n'a pu que se réjouir, au lendemain du premier tour des élections législatives en France, du fait que la « diabolisation » de l'extrême droite ne fonctionne plus. Mais l'affaire n'est pas nouvelle. Pier Paolo Pasolini l'écrivait déjà dans les années 1970 : « Il existe aujourd'hui une forme d'antifascisme archéologique qui est en somme un bon prétexte pour se décerner un brevet d'antifascisme réel. Il s'agit d'un antifascisme facile, qui a pour objet et objectif un fascisme archaïque qui n'existe plus et qui n'existera plus jamais. » Je ne sais pas si l'on peut dire que la société de consommation est un nouveau fascisme comme le pensait Pasolini, mais les brevets d'antifascisme que l'on (se) décerne (mutuellement), avec la conscience tranquille, force complaisance et dans un théâtre d'ombres, eux existent bien, encore de nos jours et notamment ces jours-ci, en France. Or, à mon sens, parler même, fut-ce avec gravité, de fascisme et d'antifascisme aujourd'hui est aussi limité, et superficiel, que d'invoquer émotionnellement les souvenirs idéalisés du Front populaire (l'original), ceux de l'épouvantable guerre d'Espagne (« ¡No pasarán! ») et ceux sinistres du régime de Vichy. Nous ne sommes plus en 1936. Ni en 1940, bien heureusement. Et du reste, contrairement à la situation de 1940, ainsi que l'a notamment rappelé tout récemment l'historien Henry Rousso, les Français n'ont pas « l'excuse » de la débâcle face au IIIe Reich qui a permis à Pétain de mettre fin à la IIIe République : les électeurs appelés aux urnes ont cette fois-ci le destin de leur pays en main, dans un contexte dangereux mais différent en ce sens qu'ils seront grandement responsables du résultat. Voila notamment pourquoi il me parait excessif, superficiel et surtout vain de pratiquer des analogies historiques qui finissent par empêcher de voir notre présent tel qu'il est, dans sa spécificité. Le nationalisme et le communautarisme (sous toutes leurs formes), avec les risques de violence politique qui les accompagnent, sont eux des réalités, loin d'être nouvelles mais toujours présentes, et qui même historiquement dépassent largement les mémoires du XXe siècle, souvenirs dont tant de beaux discours et de postures morales restent aujourd'hui parés. Or, tant que l'on persistera à se payer de mots, à se raconter des histoires, à se contenter d'un registre émotionnel supposé sincère, pour mieux nier le réel complexe qui s'impose à nous, pour mieux refuser de voir le monde et la société tels qu'ils sont, véritablement, et tels qu'ils ont évolué, jusqu'à maintenant, et pour mieux rejeter le moindre point de vue divergeant de son propre credo, nous ne nous en sortirons pas, de cette spirale infernale et cette médiocrité intellectuelle de plus en plus généralisée. Car si je persiste à croire que “Peace and Love” est un bon slogan sur la forme comme sur le fond, et que nous avons besoin, sans doute, d'apaisement et de réconfort, il me semble que nous avons aussi, voire même surtout, besoin de penser. Et de délibérer, ensuite. On ne s'occupe pas de la politique avec sa raison seulement, mais ne s'en occupe pas non plus avec seulement ses émotions. Du moins est-ce mon point de vue. Bien que je sois désabusé depuis longtemps, vis-à-vis du cirque politico-médiatique dont je suis les péripéties depuis le courant des années 1990, je reste convaincu que le nationalisme n'a jamais rien apporté, et n'apportera jamais rien de positif à la France. Toutefois, contrairement à certains, je n'ai pas de recommandation ou de « consigne » de vote à donner pour dimanche prochain. À mes yeux, en effet, chacun est supposé être assez « grand » pour, suivant les fameux mots de Tolkien dans Le Seigneur des Anneaux, « décider [...] quoi faire du temps qui nous est imparti » (“to decide [...] what to do with the time that is given us”), et plus précisément en l'occurrence quoi faire quand il sera dans l'isoloir, s'il veut bien se rendre à son bureau de vote (s'il en a un), et si le processus électoral démocratique a encore du sens pour lui (pour ma part, je participe à toutes les élections politiques organisées par les pouvoirs publics depuis que je suis en âge de voter, mais je ne juge pas autrui). Quant à l'avenir au-delà de cette échéance, il faudra bien, à mon sens, essayer d'ouvrir un autre chemin (de liberté dans la justice) que ceux proposés jusqu'ici, notamment « à gauche » pour ce qui concerne ma tendance politique (n'en déplaise aux puristes sectaires détestant les « socialistes modérés » comme moi), mais je ne vois pas encore comment, les divers acteurs du lepénisme, du sarko-macronisme et du mélenchonisme, chacun à leur façon, ayant pour l'heure tout saccagé... « On ne lutte pas contre les nécessités de l'histoire », écrivait Léon Blum, en septembre 1900. Il parlait alors (dans ses Nouvelles conversations de Goethe avec Eckermann) de la réunion jugée incontournable des socialistes français, du temps de Jean Jaurès et de Jules Guesde. C'était évidemment une autre époque, que je n'idéalise pas, pas plus que celle, à peine plus récente, du Front populaire des années 1936-1938. Mais la formule de Blum peut avoir un sens bien plus général. Ce que l'histoire impose, comme nécessités, à mon sens, si l'on veut influer sur elle dans une direction souhaitable, pour un pays supposé être démocratique et pour sa société, c'est d'abord de s'efforcer de s'entendre, autant que possible, quant à savoir d'où nous venons, ce que nous sommes et où nous voulons aller (collectivement), sans se contenter de voir le monde en noir et blanc, sans nous prendre pour des héros imaginaires, sans invocation simpliste du passé, en faisant les choses sérieusement sans se prendre au sérieux, et surtout en nous voyant lucidement tels que nous sommes fondamentalement, toutes et tous, derrières nos identités multiples et nos préjugés envers autrui : a priori moins que rien à l'échelle du cosmos, et à notre petite échelle terrestre, seulement des êtres humains, curieux et sociables, faillibles et imparfaits. À chaque fois que je termine d'écrire ce genre de long texte, j'ai l'impression de l'avoir rédigé pour rien, un peu comme si je parlais à des murs, mais bon... c'est fait. « Il faut chanter un chant pastoral, invoquer Pan, dieu du vent d'été. » Peace and Love. Or donc, en attendant la suite, évoquons un peu la presse, en gardant le lien avec la littérature, puisque nous sommes sur un forum littéraire. Le site du journal Mediapart ayant été exceptionnellement en accès libre le week-end dernier à l'occasion du premier tour des élections législatives, il est possible, grâce à la Wayback Machine, d'accéder à un article de Joseph Confavreux, mis en ligne il y a certes déjà plus de trois ans, consacré à la parution d'un livre d'Anne (Besson) et à son sujet, à savoir les usages politiques contemporains des fictions relevant de l'imaginaire. L'ouvrage en question, intéressant, comme toujours avec Anne, s'intitule Les pouvoirs de l'enchantement. Usages politiques de la fantasy et de la science-fiction. Cet essai, dans lequel l'autrice ne cache pas un certain parti pris progressiste, a été publié aux éditions Vendémiaire, et j'avais d'ailleurs songé à en parler ici à sa sortie en janvier 2021, mais finalement, cela ne s'est pas fait. L'illustration de couverture renvoie à la série télévisée américaine The Handmaid's Tale : La Servante écarlate, diffusée depuis 2017 et adaptée du célèbre roman de science-fiction dystopique de Margaret Atwood paru en 1985. L'article de Mediapart s'apparente en fait à un compte rendu de lecture, la dimension sociale et politique du sujet du livre étant vraisemblablement ce qui était le plus susceptible d'intéresser un tel journal, lequel s'occupe généralement assez peu de littérature, d'art, de culture, du moins comme on peut le faire ailleurs dans la presse et d'autres médias. À cette aune, Tolkien est évoqué, à travers son fameux essai « Du conte de fées » (On Fairy-Stories) dans lequel il conteste la dimension péjorative que l'on attribue à l'évasion à travers la fiction. L'auteur de l'article note qu'Anne Besson propose une hypothèse originale pour expliquer les usages politiques des fictions « en ce qu'elle lie ces usages politiques à l'implication croissante des lecteurs et récepteurs, et à leur capacité nouvelle de contester l'autorité de l'auteur ». Ainsi les publics procéderaient à une appropriation des fictions de l'imaginaire d'une part pour agir politiquement et d'autre part pour remettre en cause le rôle prescripteur des auteurs quant à définir la vérité du contenu desdites fictions. Je ne suis pas sûr que, sur le principe même, Tolkien apprécierait cette nouvelle tendance, pas plus que bien d'autres écrivains devenus aujourd'hui des références « classiques ». Toujours est-il que des auteurs et autrices contemporains ont effectivement déjà eu notoirement affaire à ce phénomène, notamment J. K. Rowling.
Je voulais aussi parler d'une autre parution récente dans la presse, cette fois-ci dans le domaine historique, mais on verra plus tard, car j'ai assez écrit pour aujourd'hui... Peace and Love, B. [EDIT (04/07/2024): corrections de fautes diverses et ajout d'un lien hypertexte, pour information, vers le propos de l'historien Henry Rousso auquel j'ai fait allusion.] |
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En ce qui concerne la politique, nous verrons demain soir si nous pouvons dire comme Gandalf : « It might be worse, and then again it might be a good deal better » ou même pas...
Merci pour lien vers l’article de Mediapart, un compte rendu intéressant, le livre d’Anne Besson doit l’être encore plus. Céline |
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Samedi dernier, Beruthiel a écrit :
Au lendemain de ce second tour des élections législatives en France, il y aurait eu sans doute encore des choses à dire... mais j'ai déjà assez parlé l'autre jour, et un dessin de presse de Xavier Gorce, diffusé par l'auteur sur le réseau d'Elon M. ce lundi matin, et que j'ai aussi partagé ce même lundi matin sur le réseau de Mark Z., résume finalement assez bien, à mes yeux, ce que l'on peut penser, pour l'heure, de tout cela. Beruthiel a écrit :
You're welcome. :-) Tant que j'y suis, avant d'essayer de revenir plus tard sur le sujet historique auquel j'ai fait allusion précédemment et que je souhaiterai évoquer dès que possible, je signale un article de Stéphane Hilarion, paru samedi dernier sur le site de Franceinfo, relatif l'exposition, actuellement proposée par la Cité internationale de la tapisserie d'Aubusson (au Centre Culturel Jean Lurçat du 28 juin au 30 septembre 2024), de l'ensemble des tapisseries et tapis réalisés ces dernières années d'après des illustrations de Tolkien (dans un cadre d'un projet au long cours évoqué par ailleurs en ces lieux, depuis 2017, dans un fuseau dédié) :
Peace and Love, B. [EDIT (09/07/2024): corrections diverses et ajout d'informations concernant l'exposition à Aubusson] |
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Hyarion a écrit :
Venant de recevoir mon exemplaire d'auteur, je peux enfin répondre à la question de Hyarion. Le numéro 509 du 1 sera un numéro hors-série "2 en 1" qui paraîtra le 14 août. 1er cahier : Penser avec le Seigneur des Anneaux
2e cahier : La Forge du mythe
E. |




