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  je sais bien mais...
Posted by: Sieglinde - 28-01-2005, 17:36 - Forum: Espace libre - Replies (22)

ben oui. Je sais bien que on avait dit que tous ces sites a la noix pour rechercher les noms elfiques, on devait laisser tomber, mais...et puis la on peut aussi avoir un prenom Hobbit!!<p>http://www.chriswetherell.com/hobbit/<p>Pour eux je m'appelle<br>- Daisy Bumbleroot of Fair Downs chez les hobbits<br>- Idril Celebrindal chez les elfes (d'un autre cote ca ne ressemble pas a un nom de hobbit)<p>Enjoy.<br>Et pardon si cela fait souffler (de mepris ou de ras-le-bol) certains.<p>Claire<br><small>moi et les liens...donc faut faire copier/coller...desolee</small>

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  Proposition d'un nouveau fuseau
Posted by: frodon164 - 27-01-2005, 17:09 - Forum: Webmaster - Replies (13)

Salut, Cedric !<p>J'aimerais savoir s'il ne serait pas possible de créer un nouveau fuseau dans le forum, spécialement conçu pour laisser les impressions et critiques sur les nouvelles parues dans la section correspondante. Cela serait beaucoup plus simple et encombrerait peut-être moins les sujets "Votre Nouvelle - 19" par exemple...<p>Il pourrait y avoir dans ce fuseau un sujet correspondant à chaque nouvelle parue, et chacun pourrait y mettre ce qu'il en pense. Cela serait peut-être plus pratique.<p>Enfin, c'est juste une proposition, et j'aimerais savoir si je suis le seul sur le forum à penser ceci, ou si d'autres personnes souhaiteraient voir ce genre de fuseau apparaître.<p>Bonne soirée...<p>Bien amicalement, Kévin alias Frodon.<br>++

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  Influence de la première guerre mondiale
Posted by: Caym - 20-01-2005, 02:26 - Forum: Tolkien et la Littérature - Replies (8)

Tout d'abord je vous demande de m'excuser si je dis de grosse bêtises en introduisant ma question, si ladite question est un peu trop vague ou si ma réponse se trouve déjà dans un fuseau existant (j'ai fait une recherche, promis).<p>Il y a un passage qui m'a toujours marqué par sa singularité dans le Seigneur des Anneaux, livre qui semble plutôt considérer la guerre sous un angle positif - comme vecteur de l'héroïsme par exemple - et du point du vue exclusif de l'Ouest (je schématise très très grossièrement, il est tard).<p>Voilà le passage en question (tiré du chapitre 4 du livre 4, lors de la bataille entre les Suderons et la compagnie menée par Faramir en Ithilien, quand Sam contemple le cadavre d'un des Suderons):<p>"It was Sam's first view of a battle of Men against Men, and he did not like it much. He was glad that he could not see the dead face. He wondered what the man's name was and where he came from; and if he was really evil of heart, or what lies or threats had led him on the long march from his home; and if he would not really rather have stayed there in peace."<p>Je me demandais si ce sursaut de compassion pouvait être relié à une reminiscence de l'expérience personnelle qu'a eu Tolkien de la guerre lors de la bataille de la Somme.<p>Et d'une manière plus générale, puisqu'on voit souvent s'établir des parallèles entre le Seigneur des Anneaux et la seconde guerre mondiale, quels sont ceux qui ont pu être faits avec l'expérience directe sus-nommée, dont je trouve qu'on parle relativement peu alors qu'elle a dû laisser une marque profonde, sinon dans l'écrivain, dumoins dans l'homme.<p>(J'ai par exemple pu lire que Tolkien considérait que les soldats ne devraient combattre que pour leur propre nation, et non pas pour des "querelles étrangères", opinion que je mettrais en parallèle avec la dernière partie de la citation ci-dessus : "the long march from his home".)<p>Merci d'avance !

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  L'Allégorie chez Tolkien
Posted by: Vinyamar - 19-01-2005, 02:28 - Forum: Tolkien et la Littérature - Replies (24)

<center><big><b>L’all&eacute;gorie chez Tolkien </b></big></center>

Dans un fuseau, j'avais &eacute;nonc&eacute; mes r&eacute;serves au sujet de l’anti-all&eacute;gorisme de Tolkien qui de fait est un peu trop souvent resservi d&egrave;s que l’on tente de chercher un sens &agrave; un &eacute;pisode, ou que l’on tente un parall&eacute;lisme avec quelque autre r&eacute;f&eacute;rence.
Quelque peu critiqu&eacute;, j’avais promis de venir &eacute;tayer mes propos, et voil&agrave; que cela vient enfin.
Nous tenterons de voir ici ce que Tolkien refuse quand il rejette l’all&eacute;gorie, et comment en fait il est lui-m&ecirc;me sujet &agrave; un certain travail all&eacute;gorique, quand nous aurons vu que tout est question de pr&eacute;cision dans le sens du terme.

[espacement]
<b>L’All&eacute;gorie au cœur de la romance </b>

En pr&eacute;liminaire, je citerai :

[citation=<i>Lettre 71</i> (p82)]Oui, je con&ccedil;ois les Orques comme une cr&eacute;ation aussi r&eacute;elle que quoi que ce soit dans une fiction &laquo; r&eacute;aliste &raquo; : tes mots vigoureux d&eacute;crivent bien l’esp&egrave;ce ; ce n’est que dans la vraie vie qu’ils sont des deux c&ocirc;t&eacute;s, bien s&ucirc;r. Car la &laquo; romance &raquo; s’est d&eacute;velopp&eacute;e &agrave; partir de &laquo; l’all&eacute;gorie &raquo;, et ses guerres sont toujours d&eacute;riv&eacute;es de la &laquo; guerre interne &raquo; de l’all&eacute;gorie dans laquelle le bien est d’un c&ocirc;t&eacute; et divers mode de mauvaiset&eacute; de l’autre. Dans la vraie vie (ext&eacute;rieure), les hommes sont des deux c&ocirc;t&eacute;s : c'est à dire une alliance bigarr&eacute;e d’orques, de b&ecirc;tes, de monstres, d'hommes naturellement d’une pure honn&ecirc;tet&eacute;, et d'anges.[/citation]

Nous y voyons Tolkien associer intimement l’all&eacute;gorie et ce qu’il nomme la &laquo; romance &raquo;, qui est peut-&ecirc;tre chez lui d&eacute;j&agrave; l’id&eacute;e de subcr&eacute;ation artistique. Bien s&ucirc;r, il s’adresse &agrave; une personne tr&egrave;s avertie de ses conceptions, son propre fils, et ne s’embarrasse donc pas de pr&eacute;cautions au sujet du terme d’all&eacute;gorie, et c’est pourquoi le texte est tr&egrave;s int&eacute;ressant. Ce texte nous signale que l’all&eacute;gorie est pr&eacute;sente au roman comme un d&eacute;riv&eacute; d’o&ugrave; il provient, la romance ayant pour caract&eacute;ristique (contrairement aux œuvres qui se pr&eacute;tendent r&eacute;alistes) de dissocier ce qui se trouve uni dans la r&eacute;alit&eacute;, de transformer des r&eacute;alit&eacute;s m&ecirc;l&eacute;es dans le vrai monde en r&eacute;alit&eacute;s ext&eacute;rieures distinctes dans la romance, comme le bien et le mal par exemple.
L’all&eacute;gorie se trouve donc d&eacute;j&agrave; pr&eacute;sente dans ce simple jeu de m&eacute;chant et de gentil propre &agrave; toute romance.

En <i>Lettre 109</i> (p 120), Tolkien r&eacute;pond &agrave; la critique fort attendue d’un certain Rayner du livre I. Cette personne manifestement intelligente suspecte le roman [emphase]&laquo; de d&eacute;laisser l’histoire pour ne devenir qu’une pure all&eacute;gorie. &raquo;[/emphase] Tolkien s’empresse de r&eacute;pondre &agrave; son ami qui a demand&eacute; et re&ccedil;u la critique. Parlant d’une certaine horreur pr&eacute;sente dans le roman, il dit :

[citation=<i>Lettre 109</i> (p 120)]Mais j’ai &eacute;chou&eacute; s’il ne semble pas possible que le moindre banal hobbit puisse avoir &agrave; faire avec de telles choses. Je pense qu’il n’y a pas d’horreur concevable que de telles cr&eacute;atures ne puissent surmonter, par gr&acirc;ce (apparaissant ici sous formes mythologiques) conjugu&eacute; &agrave; un refus de leur nature et de leur raison, au dernier moment, de se compromettre ou de se soumettre.

Mais en dehors de ceci, ne laisse pas Rayner suspecter &laquo; d ’All&eacute;gorie &raquo;. Il y a une &laquo; morale &raquo;, je suppose, en tout conte qui vaille d’&ecirc;tre racont&eacute;. Mais ce n’est pas la m&ecirc;me chose. M&ecirc;me la lutte entre les t&eacute;n&egrave;bres et la lumi&egrave;re (ainsi qu’il l’appelle, non pas moi) n’est pour moi qu’une phase particuli&egrave;re de l’histoire, un exemple de son motif, peut-&ecirc;tre, mais pas Le Motif; et les acteurs sont individuels – ils contiennent tous, bien s&ucirc;r, des universalit&eacute;s, ou ils ne vivraient pas du tout, mais ils ne les repr&eacute;sentent jamais comme tels.

Bien s&ucirc;r, All&eacute;gorie et R&eacute;cit convergent, se rencontrant quelque part dans la V&eacute;rit&eacute;. De telle sorte que la seule all&eacute;gorie parfaite consistante est la vie r&eacute;elle ; et la seule histoire pleinement intelligible est une all&eacute;gorie. Et l’on trouve, m&ecirc;me dans la &laquo; litt&eacute;rature &raquo; humaine imparfaite, que plus et mieux une all&eacute;gorie est consistante, plus ais&eacute;ment peut-elle &ecirc;tre lue &laquo; juste comme une histoire &raquo; ; et plus et mieux &eacute;troitement est tiss&eacute;e une histoire, plus ais&eacute;ment peuvent ceux ainsi avertis trouver de l’all&eacute;gorie en elle. Mais les deux commencent &agrave; des extr&eacute;mit&eacute;s oppos&eacute;es. Tu peux projeter l’Anneau dans une all&eacute;gorie de ton propre temps, si tu veux : une all&eacute;gorie du destin in&eacute;vitable qui attend toutes les tentatives de vaincre la puissance du mal par la puissance. Mais ce n’est que parce que toute puissance magique ou m&eacute;canique fonctionne toujours ainsi. Tu ne peux &eacute;crire une histoire au sujet d’un apparemment simple anneau magique sans cela jaillisse &agrave; l’int&eacute;rieur, si tu prends vraiment l’anneau au s&eacute;rieux, et faire se produire ce qui se produirait, si une telle chose existait. [/citation]

Le r&eacute;cit rencontre donc l’all&eacute;gorie au point de la V&eacute;rit&eacute;, et puisque le r&eacute;cit le plus vrai qui soit est la pure r&eacute;alit&eacute;, la plus puissante all&eacute;gorie se trouve donc dans la r&eacute;alit&eacute; elle-m&ecirc;me (nous verrons ce que Tolkien d&eacute;signe par l&agrave;).
Mais sans aller jusqu’&agrave; cette perfection, le r&eacute;cit lui-m&ecirc;me s’oriente vers l’all&eacute;gorie, en lui-m&ecirc;me, ind&eacute;pendamment d’une volont&eacute; consciente de l’auteur (c’est la raison pour laquelle nous verrons que Tolkien ajoute toujours ces mots quand il parle contre l’all&eacute;gorie).
Mais il nous r&eacute;v&egrave;le aussi que, dans ce contexte, l’all&eacute;gorie la plus parfaite provoque sa disparition visible du r&eacute;cit, et que parall&egrave;lement (d’o&ugrave; l’id&eacute;e de convergence) le r&eacute;cit le plus parfait provoque une all&eacute;gorie plus facilement d&eacute;tectable, pour ceux qui veulent la trouver, puisqu’elle est devenue invisible.
Nous voyons donc que Tolkien b&eacute;nit une telle all&eacute;gorie plus qu’il ne la combat, allant jusqu’&agrave; en proposer une, et annonce d&eacute;j&agrave; la solution qu’il a propos&eacute;e &agrave; son dilemme, car il est de fait que Tolkien en m&ecirc;me temps r&eacute;prouve l’all&eacute;gorie.
Mais c’est qu’il ne met pas toujours le m&ecirc;me sens dans le terme d’all&eacute;gorie, et que c’est son sens exact qu’il r&eacute;prouve, non son sens usuel.

[espacement]
<b>&laquo; Je n’aime pas l’All&eacute;gorie &raquo;</b>

Voyons maintenant les morceaux bien connus qui font dire que Tolkien n’aimait pas l’all&eacute;gorie, et comprenons bien de quoi il parle :

[citation=<i>Lettre 144</i> (p.174)]Il y a bien s&ucirc;r une discordance entre la technique &laquo; litt&eacute;raire &raquo;, et la fascination de l’&eacute;laboration d&eacute;taill&eacute;e d’un imaginaire Age mythique (mythique, non all&eacute;gorique : mon esprit ne travaille pas de mani&egrave;re all&eacute;gorique). En tant qu’histoire, je pense qu’il est bon qu’il y ait un grand nombre de choses inexpliqu&eacute;es (sp&eacute;cialement si une explication existe en r&eacute;alit&eacute;) ; [small]et j’ai peut-&ecirc;tre de ce point de vue eu tort en essayant d’expliquer trop de choses, et donn&eacute; trop d’histoire ancienne. Beaucoup de lecteurs, par exemple, sont rest&eacute;s quelque peu coinc&eacute;s au Conseil d’Elrond. Et m&ecirc;me en un Age mythique il doit y avoir quelques &eacute;nigmes, comme il y en a toujours. Tom Bombadil en est une (intentionnellement).[/small][/citation]

[small](o&ugrave; je laisse une suite du texte car elle donne la r&eacute;ponse &agrave; la question&quot; qui est Tom Bombadil ?&quot;. R&eacute;ponse : un myst&egrave;re ! Le conte doit en &ecirc;tre pourvu.)[/small]

Tolkien ne travaille donc pas de mani&egrave;re all&eacute;gorique. Soit ! Mais lisons surtout :

[citation=<i>Lettre 130</i> (p 145)]Je n’aime pas l’All&eacute;gorie – l’all&eacute;gorie consciente et intentionnelle – pourtant toute tentative pour expliquer le sens du mythe ou du conte de f&eacute;e doit utiliser le langage all&eacute;gorique. (Et, bien s&ucirc;r, plus une histoire a de &laquo; vie &raquo;, plus facilement sera-t-elle susceptible d’interpr&eacute;tation all&eacute;gorique : tandis que mieux est faite une all&eacute;gorie d&eacute;lib&eacute;r&eacute;e, plus il y a de chance qu’elle ne soit acceptable que comme une histoire)[/citation]

Le dilemme est pos&eacute;. Tout en refusant l’all&eacute;gorie, Tolkien est conscient que son langage est indispensable &agrave; la qu&ecirc;te du sens d’un r&eacute;cit. Cette question du sens reviendra, et elle est certainement ce qui distingue la lecture d’amusement de la lecture d’int&eacute;r&ecirc;t, le sens &eacute;tant indispensable &agrave; l’int&eacute;r&ecirc;t. Et Tolkien &eacute;crit pour les deux : l’amusement d’abord, et l’int&eacute;r&ecirc;t.
Mais la clef du probl&egrave;me se situera au niveau de ce sens, qui n’est qu’offert, et point impos&eacute;.

[citation=<i>Lettre 163</i> (p 211)]<i>Le Seigneur des Anneaux</i> en tant que r&eacute;cit a &eacute;t&eacute; achev&eacute; il y a si longtemps &agrave; pr&eacute;sent que je peux en prendre un large panorama impersonnel, et trouver &laquo; les interpr&eacute;tations &raquo; assez amusantes ; m&ecirc;me celles que je pourrais faire moi-m&ecirc;me, qui sont globalement <i>post scriptum [= apr&egrave;s l’&eacute;criture]</i> : j’avais tr&egrave;s peu d’intention particuli&egrave;re, consciente et intellectuelle &agrave; l’esprit &agrave; aucun moment. Except&eacute; pour les quelques critiques d&eacute;lib&eacute;r&eacute;ment d&eacute;sobligeantes – comme celles du Vol II dans le <i>New Statement</i>, dans lequel vous et moi f&ucirc;mes tous deux ch&acirc;ti&eacute;s &agrave; coups de termes comme &laquo; pubertaire &raquo; et &laquo; infantilisme &raquo; – ce que des lecteurs appr&eacute;ciatifs ont retir&eacute; du travail ou vu en lui semblait assez honn&ecirc;te, m&ecirc;me quand je n’&eacute;tais pas d’accord avec eux. En cela j’exclus toujours, bien s&ucirc;r, toute &quot;interpr&eacute;tation&quot; sur le mode de la simple all&eacute;gorie : c’est &agrave; dire, le d&eacute;tail et l’&eacute;v&eacute;nementiel.

Dans un sens plus large, il est, je suppose, impossible d’&eacute;crire aucune &laquo; histoire &raquo; qui ne soit pas all&eacute;gorique en proportion de ce qu’elle &laquo; prend vie &raquo; ; puisque chacun de nous est une all&eacute;gorie, incarn&eacute;e dans un r&eacute;cit particulier et rev&ecirc;tu des habits du temps et du lieu, [de] la v&eacute;rit&eacute; universelle et de la vie &eacute;ternelle.

Quoi qu’il en soit la plupart des gens qui ont appr&eacute;ci&eacute; le <i>Seigneur des Anneaux</i> ont &eacute;t&eacute; touch&eacute;s en premier lieu par [le roman] en tant qu’histoire passionnante ; et c’est ainsi qu’il fut &eacute;crit. Bien que l’on n’&eacute;chappe pas, bien s&ucirc;r, &agrave; la question &laquo; de quoi cela parle-t-il ? &raquo; par cette porte de derri&egrave;re. Ce serait comme r&eacute;pondre &agrave; une question d’esth&eacute;tique par un point de technique. [/citation]

Remarquons que Tolkien parle de &quot;simple all&eacute;gorie&quot;, ce qui laisse la porte ouverte &agrave; quelque chose de plus subtil que cette <i>simple all&eacute;gorie, </i>mais qui en soit proche. En m&ecirc;me temps, il ne se permet pas de la dissocier totalement de quelque œuvre que ce soit, m&ecirc;me la sienne.

[espacement]

<b>L’all&eacute;gorie est repr&eacute;sentative</b>

Voici un texte clef :

(&agrave; quelqu’un qui demandait si le nettoyage de la Comt&eacute; ne faisait pas r&eacute;f&eacute;rence &agrave; l’Angleterre de son temps)

[citation=<i>Lettre 181</i> (p. 232)]J’esp&egrave;re que vous avez pris du <i>plaisir</i> &agrave; la lecture du <i>Seigneur des Anneaux</i>. <i>Plaisir</i> est le mot clef. Car il a &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute; pour <i>amuser</i> (dans son sens le plus &eacute;lev&eacute;) : pour &ecirc;tre lisible. Il n’y a pas &laquo; d’all&eacute;gorie &raquo;, morale, politique ou contemporaine dans l’œuvre du tout.

C’est un conte de f&eacute;e, mais un &eacute;crit pour les adultes – selon la conviction que j’ai un jour exprim&eacute; dans un long essai &laquo; Du Conte de f&eacute;e &raquo; qu’ils en sont l’audience propre. Parce que je pense que le conte de f&eacute;e a sa propre mani&egrave;re de refl&eacute;ter la &laquo; v&eacute;rit&eacute; &raquo;, diff&eacute;rente de l’all&eacute;gorie, de la satire (soutenue), ou du r&eacute;alisme, et en certains sens plus puissante. Mais avant tout, il doit avoir du succ&egrave;s seulement en tant que r&eacute;cit, passionner, plaire, et m&ecirc;me &agrave; l’occasion &eacute;mouvoir, et au sein de son propre monde imagin&eacute; &ecirc;tre en accord avec ses croyances (litt&eacute;rairement). R&eacute;ussir en cela &eacute;tait mon premier objet.

Mais bien s&ucirc;r, si l’on d&eacute;cide de s’adresser &laquo; aux adultes &raquo; (gens mentalement adultes, de toute fa&ccedil;on), ils ne seront pas enjou&eacute;s, passionn&eacute;s, ou &eacute;mus &agrave; moins que le tout, ou les incidents, semblent avoir pour sujet quelque chose qui vaille d’&ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;, plus [fondamental] qu’un simple danger ou fuite : il doit y avoir quelque rapport avec la &laquo; situation humaine &raquo; (de toutes p&eacute;riodes). Ainsi quelque chose des propres r&eacute;flexions et &laquo; valeurs &raquo; du conteur seront in&eacute;vitablement &agrave; l’œuvre. Ceci n’est pas la m&ecirc;me chose que l’all&eacute;gorie. Nous exemplifions tous, en groupe ou comme individu, des principes g&eacute;n&eacute;raux ; mais nous ne les <i>repr&eacute;sentons</i> pas. Les Hobbits ne sont pas plus une all&eacute;gorie que sont (disons) les pygm&eacute;es de la for&ecirc;t Africaine.

[…]

La sc&egrave;ne finale de la Qu&ecirc;te fut ainsi fa&ccedil;onn&eacute;e parce qu’au regard de la situation et des &laquo; personnages &raquo; de Frodon, Sam et Gollum, ces &eacute;v&eacute;nements semblaient &ecirc;tre m&eacute;caniquement, moralement et psychologiquement cr&eacute;dibles. Mais bien s&ucirc;r, si vous souhaitez plus de r&eacute;flexion, je dirai que dans le mode de l’histoire la &laquo; catastrophe &raquo; <i>exemplifie</i> (un aspect) des paroles famili&egrave;res : &laquo; Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons ceux qui nous ont offens&eacute;s. Ne nous soumets pas &agrave; la tentation, mais d&eacute;livre-nous du mal. &raquo;[/citation]

Puis il poursuit en expliquant comment la &laquo; sanctification &raquo; de Frodon a permis le &laquo; salut du monde &raquo; et le salut de Frodon lui-m&ecirc;me malgr&eacute; son &laquo; apostasie &raquo;, puis r&eacute;pond &agrave; la question du nettoyage de la Comt&eacute; en expliquant qu’il n’y a l&agrave; pas de r&eacute;f&eacute;rence sp&eacute;ciale &agrave; l’Angleterre, autrement que dans sa propre conception acquise d’un village rural, avouant avoir pris mod&egrave;le sur ses propres r&eacute;f&eacute;rences dans la vie r&eacute;elle. Il ajoute cependant que la malice de Sharkey peut &ecirc;tre appliqu&eacute;e &agrave; toutes sortes de cas &laquo; de nos jours &raquo;.

Nous voyons donc que Tolkien donne une d&eacute;finition de l’all&eacute;gorie qui est tr&egrave;s restrictive et qui n’est pas celle que nous utilisons couramment. L’all&eacute;gorie qu’il rejette n’est pas celle de donner ou trouver un sens plus profond aux histoires qu’il &eacute;crit, mais seulement celle de vouloir repr&eacute;senter (il souligne le mot) une chose au travers d’une autre, ce dont &eacute;tait sp&eacute;cialiste notamment la litt&eacute;rature chr&eacute;tienne des contes arthuriens. Cette litt&eacute;rature allait parfois jusqu’&agrave; divulguer le sens de certaines des analogies, de fa&ccedil;on &agrave; &eacute;veiller le lecteur sur le sens de celles qui ne seraient pas d&eacute;voil&eacute;es, sans doute.
Mais ces all&eacute;gories sont des repr&eacute;sentations. La trinit&eacute; est repr&eacute;sent&eacute;e par trois femmes allant puiser de l’eau, et le but de la sc&egrave;ne n’est pas autre que celui d’&eacute;voquer cette trinit&eacute;. Elle s’ins&egrave;re d’ailleurs parfois mal dans le r&eacute;cit, ne vient pas l&agrave; par un processus logique, mais est comme catapult&eacute;e l&agrave; pour donner un enseignement au lecteur. C’est de cela qu’il se plaint d&eacute;j&agrave; dans la lettre 131.
Tout comme le manich&eacute;isme ce se d&eacute;finit pas vulgairement par le simple fait d’opposer quelque part le bien et le mal, l’all&eacute;gorie ne se d&eacute;finit pas simplement par ce qui est porteur d’un autre sens que le sens premier. Et Tolkien explicite lui-m&ecirc;me en de nombreux endroits (comme ici - et &agrave; forte connotation chr&eacute;tienne) quel est le sens cach&eacute; d’un passage. Et ce n’est pas pour autant de l’all&eacute;gorie, tout simplement parce qu’il n’impose pas ce sens &agrave; son lecteur, et que, comme il le pr&eacute;cise, le r&eacute;cit en vient naturellement, de toute fa&ccedil;on, &agrave; une telle sc&egrave;ne. Avec ou sans sens cach&eacute;, la sc&egrave;ne aurait &eacute;t&eacute; la m&ecirc;me, ce qui n’est pas vrai de l’all&eacute;gorie, qui ne vise qu’&agrave; amener &agrave; un sens cach&eacute; au travers d’une sc&egrave;ne qui n’est qu’instrumentalis&eacute;e.

Il introduit par contre dans le passage sur le nettoyage de la comt&eacute; ce que nous allons voir &agrave; pr&eacute;sent :

[espacement]

<b>L’applicabilit&eacute;.</b>

[citation=<i>Lettre 203</i> (p 262)]Il n’y a pas de &laquo; symbolisme &raquo; ou d’all&eacute;gorie consciente dans mon r&eacute;cit. Une all&eacute;gorie du genre &laquo; cinq magiciens = cinq sens &raquo; est tout &agrave; fait &eacute;trang&egrave;re &agrave; mon mode de pens&eacute;e. Il y avait cinq magiciens et cela est simplement une unique partie de l’histoire. De demander si les Orques &laquo; sont &raquo; les Communistes est pour moi aussi sens&eacute; que de demander si les Communistes sont des Orques.

Qu’il n’y ait pas d’all&eacute;gorie ne signifie pas, bien s&ucirc;r, qu’il n’y ait pas d’applicabilit&eacute;. Il y en a toujours. Et puisque je n’ai pas fait de d&eacute;bat tout &agrave; fait sans &eacute;quivoque : la paresse et la stupidit&eacute; chez les hobbits, la fiert&eacute; et … [illisible] chez les Elfes, la rancune et l’avidit&eacute; dans les cœurs-de-Nain, la folie et la perversit&eacute; chez les &laquo; Rois des Hommes &raquo;, et la tra&icirc;trise et la convoitise du pouvoir m&ecirc;me chez les &laquo; Magiciens &raquo;, il y a je suppose dans mon histoire de l’applicabilit&eacute; avec les temps pr&eacute;sents.[/citation]

La confusion dont je parle, Tolkien l'avait lui-m&ecirc;me d&eacute;cel&eacute;e,
en croyant la r&eacute;soudre avec son applicabilit&eacute;, qui &agrave; mon avis est l&agrave; encore trop sp&eacute;cifique pour pouvoir &ecirc;tre bien comprise :

[citation=<i>Lettre 215</i> (p 296)]Je n’ai pas de d’objectif didactique, et nulle intention all&eacute;gorique. (Je n’aime pas l’all&eacute;gorie (dans son sens propre : la plupart des lecteurs semblent la confondre avec signification et applicabilit&eacute;) mais c’est l&agrave; un sujet trop long pour en traiter ici). Mais les longues narrations ne peuvent &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute;es &agrave; partir de rien ; et l’on ne peut r&eacute;arranger l’objet premier en motif secondaire sans indiquer des sentiments et des opinions au sujet de sa mati&egrave;re...[/citation]

Tolkien distingue non seulement l’all&eacute;gorie de l’applicabilit&eacute;, mais aussi de la signification qu’une sc&egrave;ne peut contenir.

On remarquera quand m&ecirc;me &agrave; quel point Tolkien, d&egrave;s qu’il rejette l’all&eacute;gorie, s’empresse de pr&eacute;ciser qu’il parle d’all&eacute;gorie consciente ou voulue, et surtout qu’il ne se contente jamais de rejeter l’all&eacute;gorie sans ajouter aussit&ocirc;t apr&egrave;s qu’il y a dans ses romans pourtant bel et bien une forme d’all&eacute;gorie, qu’il distingue pourtant de la &laquo; simple all&eacute;gorie &raquo; (comme il dit lui-m&ecirc;me) et qu’il nomme applicabilit&eacute;. Nous avons pourtant vu qu’il a autre chose qu’une simple applicabilit&eacute; laiss&eacute;e au libre choix arbitraire du lecteur, mais bien un sens cach&eacute; et profond dans ses œuvres, qu’il juge indispensable &agrave; toute œuvre humaine digne de susciter de l’int&eacute;r&ecirc;t, mais qui se distingue de l’all&eacute;gorie en ce qu’elle ne contraint pas le lecteur &agrave; chercher ce sens. Le r&eacute;cit se suffit &agrave; lui-m&ecirc;me, contrairement &agrave; l’all&eacute;gorie qui n’a aucun int&eacute;r&ecirc;t sans le sens qu’elle cherche &agrave; &eacute;voquer.
C’est l&agrave; un point important qu’il faut mesurer quand on veut faire dire &agrave; Tolkien qu’il n’aime ou n’use pas d’all&eacute;gorie. Soyons s&ucirc;r de parler de la m&ecirc;me chose que lui… et c’est plut&ocirc;t rare.

[espacement]

<b>L’all&eacute;gorie dans son œuvre d&eacute;finie par Tolkien</b>

Notons bienqu’ailleurs Tolkien utilise plus librement la r&eacute;f&eacute;rence &agrave; l’all&eacute;gorie, et ne s’en cache pas (s’adressant sans doute &agrave; un public plus averti) :

[citation=<i>Lettre 153</i> (p 190)]La branche particuli&egrave;re des Hauts-Elfes concern&eacute;s, les Noldors ou Ma&icirc;tres de savoir, &eacute;taient toujours du c&ocirc;t&eacute; de la &laquo; science et de la technologie &raquo;, comme nous pourrions les nommer : ils voulaient avoir la connaissance que Sauron poss&eacute;dait v&eacute;ritablement, et ceux d’Eregion refus&egrave;rent les avertissements de Gilgalad et d’Elrond. Le &laquo; d&eacute;sir &raquo; particulier des Elfes d’Eregion – une &laquo; all&eacute;gorie &raquo; si vous voulez d’un amour de la machinerie et des syst&egrave;mes techniques – est aussi symbolis&eacute; par leur amiti&eacute; sp&eacute;ciale avec les Nains de Moria.[/citation]

Il poursuit bien plus loin :

[citation=(p 195)]Pour conclure, ayant mentionn&eacute; le Libre Arbitre, je pourrais dire que dans mon mythe j’ai utilis&eacute; la &laquo; subcr&eacute;ation &raquo; en en sens particulier (pas le m&ecirc;me que la &laquo; subcr&eacute;ation &raquo; comme terme de la critique d’art, quoique j’ai tent&eacute; de montrer all&eacute;goriquement comment il pourrait arriver que cela soit inclus dans la Cr&eacute;ation en quelque dessein dans mon histoire &laquo; purgatoriale &raquo; <i>Feuille, de Niggle</i> pour rendre visible et physique les effets du p&eacute;ch&eacute; ou du Libre Arbitre mal utilis&eacute; par les hommes.[/citation]

Mais il se reprendra dans une autre lettre pour expliquer que Feuille de Niggle n’est

[citation=<i>Lettre 241</i> (p 320)]pas vraiment ou proprement une &laquo; all&eacute;gorie &raquo; mais plut&ocirc;t un &laquo; mythe &raquo;. Niggle est appel&eacute; &agrave; &ecirc;tre une vraie personne aux qualit&eacute;s m&ecirc;l&eacute;es, et non une &laquo; all&eacute;gorie &raquo; d’aucun vice ou vertu isol&eacute;.[/citation]

Nous voyons de mieux en mieux ce que Tolkien met derri&egrave;re le mot all&eacute;gorie, qu’il accepte dans un sens large, mais qu’il r&eacute;prouve dans le sens d’un symbolisme univoque et pr&eacute;cis, ce qui est effectivement le propre de l’all&eacute;gorie. C’est un peu ainsi qu’il d&eacute;finit la distinction entre l’all&eacute;gorie et l’applicabilit&eacute; dans son avant propos du Seigneur des Anneaux :

[citation]Je pense que beaucoup confondent “applicabilit&eacute;” avec “all&eacute;gorie” ; mais l’une r&eacute;side dans la libert&eacute; du lecteur, et l’autre dans la domination &agrave; dessein de l’auteur.[/citation]

On pourra encore se r&eacute;f&eacute;rer &agrave; une note de la <i>lettre 131</i>. La note commente cette phrase :

[citation=<i>Lettre 131</i> (p 148)]Il y avait la Lumi&egrave;re de Valinor, visible dans les Deux Arbres d’Argent et d’Or *

[small]* Plus que tout, ceci a une signification symbolique ou all&eacute;gorique. La Lumi&egrave;re est un tel symbole primitif dans la nature de l’Univers qu’il ne peut gu&egrave;re &ecirc;tre analys&eacute;. La lumi&egrave;re de Valinor (d&eacute;riv&eacute;e de la lumi&egrave;re avant toute chute) est la lumi&egrave;re d’un art encore mari&eacute; &agrave; la raison, qui voit les choses &agrave; la fois scientifiquement (ou philosophiquement) et imaginairement (ou subcr&eacute;ativement) et ‘dit qu’ils sont bons’ – comme beau. La Lumi&egrave;re du Soleil (ou de la Lune) est d&eacute;riv&eacute;e des arbres seulement apr&egrave;s qu’ils fussent souill&eacute;s par le Mal.[/small][/citation]

Ce symbolisme prend une ampleur redoubl&eacute;e quand quelques lignes plus bas, dans le r&eacute;sum&eacute; du Silmarillon que Tolkien fait &agrave; Milton Waldman, nous lisons au sujet de la faute de F&euml;anor et de ses fr&egrave;res :

[citation]Le premier fruit de leur chute est la guerre dans le Paradis, le meurtre d’Elfes par des Elfes […][/citation]

Comment ne pas voir que les deux arbres eux-m&ecirc;mes sont peut-&ecirc;tre une r&eacute;f&eacute;rence aux deux arbres du Paradis, dont l’un &eacute;tait celui de la connaissance du Bien et du Mal, quand Tolkien nous annonce que la Lumi&egrave;re de ses arbres procurait la distinction du bien.
Mais c'est pr&eacute;cis&eacute;ment le genre de d&eacute;bat qui ne peut na&icirc;tre qu'apr&egrave;s que nous ayons bien compris quel genre d'all&eacute;gorie rejetait Tolkien.

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  old Took ... !!!
Posted by: Lambertine - 17-01-2005, 00:23 - Forum: Espace libre - Replies (34)

Joyeux anniversaire, ô prince des semi-hommes !

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  la galette du roi
Posted by: ewyxo - 16-01-2005, 18:25 - Forum: Espace libre - Replies (2)

c'est stupide comme histoire mais cette apres midi en tirant les rois<br>j'ai eu la fève et devinez quoi ???<p><p>elle représentait frodo admirant dard<p><br>à un moment ou je voulais plus penser au sda, il me rattrape toujours !!!!! ..................

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  Bilbo pour les enfants ...
Posted by: Anglin - 16-01-2005, 18:02 - Forum: Espace libre - Replies (16)

Ma fille (3 ans et demi...) adore cette histoire, est-il enviseagable de sortir un livre pour les tout petits resumant le Hobbit en genre 1 page par chapitre (ou une quinzaine en tout comme un conte de Grimm illustré quoi ... avec des gros caractères !), a force de lui raconter souvent j'en suis venu à simplifier les choses et 'omettre' qq passages difficiles et peu 'comestibles'(batailles, morts, porte des gobelins, gollum ....) pour elle. Et le résumé elle l'adore ...<br>hobbits joviaux, nains à grosse barbe, trolls idiots, araignées, dragons, trésors, heros avec un arc et fin sans morts ..<br>Je vais faire crier certains mais je trouves l'idée attrayante tout de même ....

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  Tolkien et les illustrations
Posted by: yG Voronwe - 13-01-2005, 20:08 - Forum: Tolkien et la Littérature - Replies (5)

Bonjour à vous,<p>Tout d'abord je tenais à me présenter...je m'appelle Nguyên Viêt-Tuân...( au moins voilà une chose de faite :P ). C'est la première fois que j'ose poster sur ce forum ( bien que je le fréquente depuis plusieurs années maintenant ^^ ) et j'espère ne pas attirer sur moi les foudres des vétérans de ces lieux ( sisi je vous assure, j'ai utilisé le moteur de recherches...reste à savoir maintenant si j'ai bien entré les bons mots-clés, et ça, c'est une autre affaire :P ).<p>Pour en venir au sujet lui-même, j'ai lu dans la Psychanalyse des contes de fées (p.95-95 de l'éd. Pocket) le passage suivant qui m'a laissé perplexe.<p>"Les illustrations sont distrayantes ; elles n'apportent rien à l'enfant. Une étude sérieuse des livres illustrés montre que les images détournent l'enfant du processus éducatif, au lieu de le renforcer, et cela parce-qu'elles empêchent l'enfant d'expérimenter l'histoire à sa façon. En étant illustré, le conte est privé d'une grande partie de la signification personnelle qu'il peut avoir ; on impose à l'enfant les associations visuelles de l'illustrateur et on l'empêche d'avoir les siennes propres.<br>J.R.R. Tolkien est du même avis : "Quelles que soient leurs qualités, les illustrations n'ajoutent rien de bon aux contes de fées...Si l'histoire raconte : "Il grimpa au sommet d'une colline et, de là, vit une rivière qui coulait au fond de la vallée", l'illustrateur peut reproduire, avec une fidélité plus ou moins grande, sa propre vision de la scène ; mais chacun des individus qui entendront les mêmes mots verra sa propre image, qui sera faite de toutes les collines, les rivières, les vallées qu'il a vues et tout particulièrement de la Colline, de la Rivière, de la Vallée qui furent pour lui la première matérialisation du mot." (Tolkien Tree and Leaf)<br>C'est pourquoi le conte de fées perd beaucoup de sa signification personnelle quand ses personnages et ses événements prennent substance non pas dans l'imagination de l'enfant, mais dans celle de l'illustrateur. Les détails uniques, issus de sa propre vie, avec lesquels un individu se représente les scènes qu'on lui raconte ou qu'il lit, font de l'histoire une expérience beaucoup plus personnelle. Les adultes, comme les enfants, préfèrent souvent la solution de facilité qui consiste à laisser à un tiers la tâche difficile d'imaginer telle ou telle scène de l'histoire. Mais si nous laissons à l'illustrateur le soin de déterminer notre imagination, elle cesse de nous appartenir en propre, et l'histoire perd la plus grande part de sa signification personnelle."<p>Ouf :P Désolé pr la longueur du passage...j'ai cru bon de ne pas trop le couper...Ainsi, il apparaît que les illustrations seraient plutôt néfastes aux contes de fées, cependant, si je ne me trompe, Tolkien avait bien lui-même tenté d'illustrer ses écrits ( cartes et autres documents exceptés, car je pense qu'ils n'appartiennent pas au même genre "d'illustrations" que celui dont il est question dans l'extrait ci-dessus ) et d'autres illustrateurs ont bien depuis illustré son oeuvre. N'y a-t-il pas là une certaine attitude paradoxale ??? Ou bien est-ce moi qui n'ai absolument rien compris ??? ( cette seconde hypothèse est à considérer sérieusement je crois :P )<p>VTuan, qui, bien qu'il n'ait pas fait un grand pas pour l'humanité, en a fait un énorme pour lui en postant ici :D<p>P.S. : Je ne dénigre absolument pas les travaux qu'ont effectués Allan Lee et John Howe, que je trouve, à bien des égards, admiables.

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  honte à moi
Posted by: lothloria - 13-01-2005, 19:59 - Forum: Espace libre - Replies (5)

et oui, honte à moi, cela fait maintenant plusieur mois que je suis inscrite sur ce forum et je viens de m'appercevois qu'il étais coutume de se présenter ( ce qui, effectivement, aurais pu me venir a l'idée plus tot...).<br>Enfin bon, je risque le fait de me faire engueuler d'avoir ouvert un fuseau inutile mais je voulais tout de meme vous dire bonjours à tous, je suis très heureuse de faire partie d'un forum aussi riche en discution et en personnalité...<br>Bien entendu, je suis une grande fan de tolkien, toutes mes amies me rabachent quotidiennement que "je ne parle que de ça et que ça en devient parfoislourd..." et j'èspere donc trouvé ici une preuve que non, je ne suis pas completement folle ! ! !<br>Je tenais également à tous vous félicité de votre immense culture tolkiennine, c'est toujours après mure reflexion que je post un message ici, étant très intimitée par vous tous....<br>merci de m'avoir lu, j'éspère arrivée un jour à être digne de m'être inscrite, et de ne pas trop commetre d'erreur dans mes post,<br>lothloria

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  Nietzsch et Tolkien
Posted by: Stalker - 12-01-2005, 00:54 - Forum: Tolkien et la Littérature - Replies (7)

Rapidement:<p>Les numénoréens étaient au sommet dis tu mais reconsidérons tout ce qui leur est arrivé et qui a mené finalement à la submersion de Numenor.<p>Ils sont "supérieurs" aux hommes "moindres" par l'espérance de vie et non en valeur. Les rohirrims ne font pas partie des "high men", encore moins les hobbits.

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