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Les Hautes Fagnes

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 179: Chapitre 36.1
(par lambertine, ajouté le 06/04/00 20:26)


- Coucou !
Je sursaute. J’ôte les mains de Célestin de devant mes yeux, et me retourne prestement. Je le gourmande, un peu, pour la forme.
- Si on te voit faire ça…
Il hausse les épaules, se coiffe d’une casquette blanche et enfile un tablier, comme le veut le règlement, et comme je ne le fais jamais.
- Et si on te voit cuisiner toute nue, toi aussi. Du moins, je le présume. Parce que ça m’étonnerait fort que l’éduc’ ne passe pas voir ce que nous fabriquons. Tu as les ingrédients ?
- Dans la chambre froide. Sauf les oignons. Dans la cave. Je vais descendre les chercher.
- Non. Laisse. J’irai. Mais d’abord…
Il pénètre dans la chambre froide et referme bizarrement la porte derrière lui, juste avant que Dominique entre dans la cuisine, et me demande ce que je fais là.
- La tortilla.
- Tu as eu l’autorisation, finalement ? Est-ce que je peux t’aider ?
- Non.
Elle me lance un regard mauvais, supposant, je présume, que c’est moi qui ne veux pas de son aide. Je la détrompe immédiatement.
- C’est l’Equipe qui ne veut pas. Un seul volontaire, et Célestin a pris la place, hier soir déjà.
Elle n’a pas l’air plus étonnée que ça. Elle sort les coupelles de Nutella du garde-manger en regardant autour d’elle.
- Et il n’est pas encore là, le gamin ? Ah là là, c’est pas sérieux tout…
- Bouh !
Alors qu’elle ouvre la porte de la chambre froide, Célestin en surgit comme un diable d’une boîte, en riant aux éclats. Dominique, elle, peine à rependre son souffle, la main sur la poitrine.
- Sale gosse ! explose-t-elle, en réprimant une envie de rire, elle aussi. Petit imbécile ! Tu aurais pu me faire mourir. On n’est pas dans une cour de récréation, ici ! Et tu es complètement fou, de t’enfermer là dedans. Si personne n’était venu, hein ?
- Ben, je serais sorti, répond-il comme une évidence.
- Et comment ?
Il referme à nouveau la porte sur lui. Dominique se fâche, tambourine, avant qu’il l’ouvre de l’intérieur.
- Comme ça ! explique-t-il, en lui montrant le mécanisme. Tu ne vas pas me dire que tu ne le savais pas ?
Elle doit reconnaître que non. Et moi aussi.
- C’est dingue, ça. Et si vous aviez été enfermées à l’intérieur, alors. Enfin, maintenant, vous savez. Tiens, voilà les patates, Diane. Tu peux les couper en petits morceaux ? Je vais chercher les oignons à la cave.
- Il est gentil, fait remarquer Dominique. Mais complètement cinglé. On dirait parfois qu’il n’a pas dépassé dix ans, comme s’il avait arrêté de grandir.

L’huile d’olive grésille dans l’immense poêle de fonte. Célestin de signe rapidement, puis y verse les oignons, les tomates, l’ail et les épices, et se met à les mélanger d’une main de maître à la cuiller de bois. Une odeur délicieuse se répand dans la cuisine et sans doute plus loin encore. Le jeune homme sourit, heureux en apparence. Serein dans son monde. Il aime cuisiner, et il le fait très bien. Spontanément, je l’en félicite.
- Tu fais ça comme un pro.
- J’ai appris avec un pro. Et j’avais intérêt à être bon.
Il est redevenu sérieux. Grave même. Loin de ressembler à un enfant de dix ans. Il goûte, et ajoute les pommes de terre à sa préparation.
- Ce n’était pas facile tous les jours, mais j’ai appris à aimer ça. La cuisine est même devenue mon refuge, pendant un temps.
- C’est ton papa qui t’a appris ?
- Mon beau-père. Papa, lui…
Il soupire, fait un signe de la tête que je ne comprends que trop bien.
- Celui qui accompagne parfois ta maman ?
- Non. Mon beau-père de quand j’étais petit. Il est mort, maintenant. Depuis longtemps.
- Tu l’aimais bien ?
- Il a fait de moi ce que je suis devenu.

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.