Chapitre 193:
Chapitre 37.2
(par
lambertine, ajouté le 26/04/00 13:00)
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Les défendre ? Certainement pas. Pourquoi les défendrais-je ? Pourquoi tenterais-je de justifier leur obsession des apparences et leur rigidité morale ? Ils ne m'ont pas soutenue quand mon enfant est mort. A leurs yeux, les miens devaient rester secs. Tout comme mon coeur. Je n'avais pas le droit de pleurer la mort de mon fils. C'aurait été un scandale, un manque de tenue. Seule la dignité était de rigueur. La dignité... Cacher son chagrin. Feindre l'indifférence. Refouler son chagrin à chaque apparition publique. Et même dans la chambre à coucher, devant mon propre mari. Faire semblant d'oublier. Comme si j'avais pu oublier. Comme si je pouvais oublier. Je n'ai pas oublié. Ni la mort de mon fils, ni la froideur de ma belle-famille. Dominique peut être rassurée sur mon sort.
Les manières d'Eric ne sont pas celles d'un homme de la "haute", mais d'un nouveau riche sans éducation. Son I-Phone dernier cri inonde le fumoir de musique commerciale, alors que lui-même, les pieds sur la table, et sans gêne aucune, fait défiler des photos sur l'écran de l'appareil, devant les yeux ébahis des gamins. Central Park photographié depuis la terrasse de son appartement new-yorkais. Sa villa au Brésil. Son fils en Ferrari. Sa troisième épouse, vingt-cinq ans et top-model. - Tu vas te faire confisquer ton téléphone. Confisque ? Mais par qui ? Par une de ces gamines quelconques qui se prétendent éducatrice ? Des boudins... - Pas Claire, quand même, risque timidement Lambert. - Claire ? La brunette ? Insipide, incolore, inodore. Aucun agent n'en voudrait dans son écurie. Croyez-moi, les garçons, je m'y connais en belles gonzesses. Vous n'en trouverez pas à 10 miles à la ronde. Que des moches provinciales, et des vioques pas même fichues de faire la différence entre un I-phone et un bête téléphone portable. - I-phone ou pas, tu vas te le faire confisquer. Ben, tu as du travail en cuisine. Je quitte le fumoir, m'installe au salon et prends mon tricot. Ce type m'énerve. Pas seulement parce qu'il me considère comme une vioque et un boudin, ce que, objectivement, je suis. Il m'énerve par son arrogance, par sa vantardise, par sa vulgarité bling-bling. Plus encore, il me met mal à l'aise. - Pari gagné. Célestin se laisse tomber dans le fauteuil rouge qu'il affectionne, et ouvre une canette de soda. - Pari gagné, mais je ne te savais pas aussi à cheval sur le règlement. - Je n'aime pas ce type. - C'est un truand. Il boit une longue gorgée, et me tend la boîte métallique. - Tu en veux ? J'accepte, même si c'est interdit. Je n'apprécie pas trop l'orangeade, mais j'ai soif. Et je ne suis pas du tout à cheval sur ce point-là du règlement. - Il est furieux. Il n'a pas l'habitude de recevoir des ordres, et encore moins d'y obéir. Normal, pour un truand de hute volée. - Qu'est-ce qui te fait dire qu'Eric est un truand ? Et un truand de haute volée ? Il hausse les épaules en écartant les mains, l'air de dire que, pour lui, il s'agit d'une évidence. - Tu verras bien. Je préférerais ne rien voir du tout. Du moins, rien de ce genre. Que Célestin, pour une fois, se trompe sur quelqu'un. Qu'Eric ne soit qu'un homme d'affaire à qui l'argent est monté à la tête en même temps que la cocaïne. Je préférerais, mais j'ai peur que le gamin ait raison. - T'inquiète pas. Il ne nous fera pas de mal. Tu es sûre de ne pas vouloir jouer au foot, cet après midi ? Il fait beau, et Richard accompagne. On pourra faire un match dehors. - Merci, mais ce sera sans moi. Insiste tant que tu voudras, je t'ai déjà dit que je ne jouerai pas. Je n'ai pas envie de me ridiculiser. Surtout devant Eric.
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