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Les Hautes Fagnes

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 242: Chapitre 45.2
(par lambertine, ajouté le 29/07/00 22:26)


Les cauchemars, il connaît. Tout comme nos camarades. Un tox qui ne cauchemarde pas, ça n’existe pas. Malgré tout, j’ai du mal à dévoiler ce qui me hante. Ce « rêve-Titanic », d’eau et de mort. Il sort, pourtant, petit bout par petit bout. Difficilement. Douloureusement. Même s’il est récurrent.
- D’habitude, avoué-je, j’arrive à en sortir plus facilement. Je regarde un film, je surfe un peu sur le Net. Mais ici, c’est impossible. J’ai bien essayé d’écrire, mais ça n’a servi à rien. Je suis restée plongée dans le rêve. Alors, quand je t’ai vu, au moins toi, j’ai perdu les pédales. Je te demande pardon, Célestin.
- Pardon ? Mais pourquoi ? Tu ne m’as pas fait de mal. Pourquoi t’excuses-tu toujours pour rien ? Qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce qu’on t’a fait, Diane, pour que tu sois ainsi sur la défensive ?
Ce qu’on m’a fait ? Rien. Rien du tout. Mon mari m’a abandonnée, mais j’étais déjà comme ça avant. J’ai toujours, aussi loin que je m’en souvienne, été comme ça. Effrayée à l’idée de déranger ceux que j’aimais. Effrayée à l’idée de les perdre, qu’ils m’abandonnent, ou pire. Effrayée à l’idée de la mort, mais pas de la mienne.
- Personne n’est mort, Diane. Ce n’était qu’un mauvais rêve. Et tu n’as dérangé personne non plus. Aurélien te dirait « sabotage » s’il n’était pas en train de courir sous la pluie. On est ici pour parler de nous, non ? Maintenant, sèche tes yeux, et couche-toi.
- Me coucher ? Mais…
- Tu vas m’obéir, oui ou non ? Couche-toi sur ce banc.
- Et plus vite que ça, rajoute Jacob.
- Rien de tel que soulever de la fonte pour se calmer les nerfs. Alors, tu te couches, maintenant ?
J’obéis. Que faire d’autre qu’obéir ? Je souris malgré moi, en grommelant :
- Sales gosses. Maudits sales gosses ! Qu’est-ce que je deviendrais, ici, sans vous ?

- Tiens.
Béatrice me dépose de l’argent dans la main. Peu, bien trop peu d’argent. Puis, elle me gratifie d’un clin d’œil.
- Tu as combien ? En tout ?
Pas loin de cent Euros, ce qui est énorme, alors que Célestin a dû recevoir… Il a reçu la même somme que celle que Béatrice vient de me remettre. C'est-à-dire, pas grand-chose. C'est-à-dire, pas assez pour offrir à Hermann un cadeau digne de ce nom. Et encore moins, pour offrir à Hermann un cadeau qui ne fasse pas pâle figure à côté de celui de Marie-Line.
- Tu es prête ? me demande Damien à la sortie de mon atelier bricolage.
Je lui demande quelque minutes pour me changer. Je ne vais pas faire la tournée des boutiques vêtue d’un vieux tee-shirt taché de rouille, et d’un pantalon troué. J’enfile une jupe noire, un haut gris à fleurs, et coiffe mes cheveux en un chignon sage. J’ai l’air d’une dame, ainsi vêtue.
D’une drôle de dame, je suppose.
Je rejoins Damien, nous signons le registre, et nous sortons. Les rues sont encore humide de pluie, bien qu’il fasse soleil à présent. L’air sent bon l’herbe fraîche, et les arbres commencent à avoir des feuilles.
- Je n’aime pas les arbres sans feuilles, Diane. Ils me donnent le cafard, et je ne sais même pas pourquoi.
Mais nous n’allons pas nous promener au milieu des arbres, mais dans les rues commerçantes de la ville. Nous flânons, regardant les étalages, comparant les prix. Nous nous décidons pour carte postale humoristique, traînons un moment dans la librairie avant de porter notre choix sur un livre de décoration, allons ensuite acheter un foulard de soie dans un magasin de commerce équitable.
- Il nous reste quinze Euros.
- On devrait essayer de trouver Célestin, el les lui refiler, pour Hermann.
- Les autres ne seraient pas contents. Ils ont donné pour…
- Je sais. N’empêche…
Nous finissons par décider de les dépenser dans un bracelet à breloques. Notre cocuriste recevra un beau cadeau de sortie. Un très beau cadeau.

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.