Vous n'êtes pas identifié(e).
Il était déjà probable que ce soit le cas, mais un livre faisant partie d'une vente aux enchères cet automne pourrait peut-être finir par le confirmer : J. R. R. Tolkien a sans doute pu lire au moins une des enquêtes d'Hercule Poirot écrites par Agatha Christie.
Comme je l'ai donc évoqué dans le fuseau de la revue de presse, a été tout récemment mis en vente un bel exemplaire, que j'ai particulièrement remarqué, de la première édition d'un roman portant une mention comme ayant été offert par Edith Tolkien à son mari en décembre 1959, Le Chat et les Pigeons (Cat Among the Pigeons), une enquête d'Hercule Poirot dont je recommande la lecture et qu'Oronzo Cilli pourra (peut-être) désormais faire figurer parmi les romans d'Agatha Christie que J. R. R. Tolkien a probablement lu (jusqu'à maintenant, Cilli n'avait pu référencer que le roman À l'hôtel Bertram [At Bertram's Hotel, 1965], mettant en scène Miss Marple).
Je recommande la lecture du roman, paru en 1959 et traduit en français dès 1960, mais aussi le visionnage de l'adaptation qui en a été proposé en 2008, dans le cadre la fameuse et excellente série télévisée Hercule Poirot (Agatha Christie's Poirot) avec David Suchet dans le rôle du détective (saison 11, épisode 2) : ladite adaptation prend des libertés avec le roman, mais plutôt pour le meilleur à mon sens, car elle fait notamment intelligemment apparaître Poirot dès le début de l'histoire plutôt que seulement dans la dernière partie de l'intrigue, qui se passe dans un pensionnat britannique pour jeunes filles « de bonne famille » nommé Meadowbank.
Pour l'anecdote, cette enquête de Poirot a la particularité de laisser entendre que le célèbre détective belge, qui pourtant partage avec Tolkien un mélange de pruderie victorienne et de piété catholique, serait un connaisseur en matière de genoux féminins :
[...]
‘I did ask,’ said Hercule Poirot, in a thoughtful voice, ‘as to whether anyone had noticed Shaista's knees. Knees are a very good indication of age. The knees of a woman of twenty-three or twenty-four can never really be mistaken for the knees of a girl of fourteen or fifteen. Nobody, alas, had noticed her knees.
[...]’
[...]
» J'ai demandé, poursuivit Hercule Poirot d'une voix pensive, si quelqu'un avait remarqué les genoux de Shaista. Les genoux donnent une très bonne indication de l'âge réel. Ceux d'une femme de vingt-trois ou vingt-quatre ans ne peuvent être confondus avec ceux d'une adolescente de quinze. Malheureusement, personne n'a prêté attention à ses genoux.
[...]
Agatha Christie, Cat Among the Pigeons, 1959, rééd. Londres, HarperCollins Publishers, 2002, chap. 23, p. 312.
Agatha Christie, Le Chat et les Pigeons (Cat Among the Pigeons, 1959), traduction révisée de Jean-Marc Mendel (légèrement modifiée par votre serviteur), Paris, Librairie des Champs-Élysées, 1960, rééd. éditions du Masque, 2011, chap. 23, p. 291.
Il se trouve que dans l'adaptation du roman en téléfilm pour la série, Poirot se renseigne discrètement lui-même sur ce point, par un coup d'œil attentif sous un pupitre, en prétextant de ramasser un objet qu'il a fait tomber par terre, durant l'interrogatoire de la suspecte en question, en jupe longue mais pouvant laisser voir ses genoux en étant assise.
C'est une curiosité amusante, pour qui connait l'univers généralement très policé, voire guindé, celui de la « bonne société » britannique, dans lequel évolue les enquêteurs mis en scène par Agatha Christie.
Peace and Love,
B.
P.S. (23/11/2025, 10h50) : des doutes ont été émis concernant l'authenticité de lots de la vente aux enchères évoquée en préambule et comme je l'ai écrit ailleurs, ce serait dommage, d'un point de vue documentaire (le seul qui m'intéresse), que l'exemplaire du roman Cat Among the Pigeons soit finalement aussi concerné, mais bon... que cela n'empêche pas de parler ici d'Agatha Christie et de son Poirot, le prétexte de cette vente en valant bien un autre.
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J’ai beaucoup lu et relu les romans d’Agatha Christie, surtout quand j’étais jeune. Le Chat et les Pigeons ne fait pas partie de mes préférés et je ne m’en souviens pas très bien, sauf précisément cette histoire de genoux ! A l’époque, cela m’avait laissée perplexe et je ne suis toujours pas convaincue par l’idée que l’observation des genoux serait un bon indicateur de l’âge réel. Mais cela fonctionne plutôt bien sur le plan narratif… C’est ce que j’aime chez Agatha Christie, les indices sont bien visibles mais ne révèlent leurs secrets que convenablement interprétés (je pense par exemple au visage d’une protagoniste qui se fige dans Le Miroir se brisa, ou la petite phrase « Elle n’était pas là !» dans Un meurtre sera commis le…).
Amicalement,
C.
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J’ai beaucoup lu et relu les romans d’Agatha Christie, surtout quand j’étais jeune.
Les livres d'Agatha Christie ont également surtout marqué ma jeunesse à la fin du siècle dernier, entre la fin du collège et la fin du lycée. Dans un de mes cartons de déménagement, j'ai retrouvé le catalogue que les éditions du Masque (maison d'édition attitrée d'Agatha Christie en France) avait diffusé à l'occasion de ses 70 ans (1927-1997) et dans lequel j'avais annoté au crayon, à l'époque, les mentions des livres que je lisais en indiquant l'année.
C'est peu de dire que la série télévisée Hercule Poirot (Agatha Christie's Poirot) avec David Suchet, commencée en 1989 (terminée en 2013) et diffusée en France à partir de 1991 (en particulier sur FR3 puis France 3), m'aura influencé et finalement incité à me plonger dans la source littéraire : au début, je ne m'étais pas rendu compte que ladite série était une adaptation de romans ou nouvelles, et ne pouvant que laborieusement garder trace des histoires vues à la télé (il fallait enregistrer les épisodes sur cassette VHS, à condition évidemment d'avoir un magnétoscope), j'ai été d'autant plus motivé pour me procurer et lire les livres, à partir de 1996 et jusqu'à l'an 2000, avec un fort pic de lectures en 1997, année de mon voyage à Londres dont j'ai déjà parlé ailleurs dans un autre contexte. J'avais commencé par Le Crime de l'Orient-Express, qui n'avait pas alors été encore adapté dans la série télévisée (ce sera le cas lors de la douzième saison en 2010).
Pour avoir une idée plus précise, voici mes lectures d'Agatha Christie (romans et recueils de nouvelles) classées par année :
1996 :
- Le Crime de l'Orient-Express
- La Mystérieuse affaire de Styles
- Le Crime du golf
- Le Train bleu
- La Maison du péril
- Le Couteau sur la nuque
- A.B.C. contre Poirot
- Mort sur le Nil
- Les Enquêtes d'Hercule Poirot
- Drame en trois actes
1997 :
- Les Quatre
- Mrs Mac Ginty est morte
- Meurtre en Mésopotamie
- Le Meurtre de Roger Ackroyd
- Cinq petits cochons
- Les Vacances d'Hercule Poirot
- Un, deux, trois...
- Le Vallon
- Le Flux et le reflux
- Les Indiscrétions d'Hercule Poirot
- Poirot joue le jeu
- Le Chat et les Pigeons
- Le Miroir du mort
- Rendez-vous avec la mort
- Les Travaux d'Hercule
- Les Écuries d'Augias
- Témoin à charge
- Allô ! Hercule Poirot ?
- Une mémoire d'éléphant
- Le Bal de la victoire
- Marple, Poirot, Pyne et les autres
1998 :
- Témoin muet
- Le Retour d'Hercule Poirot
- La Mort dans les nuages
- La Troisième fille
1999 :
- Cartes sur table
- Le Noël d'Hercule Poirot
- Les Pendules
- Poirot quitte la scène
2000 :
- Je ne suis pas coupable
- Pension Vanilos
- La Fête du potiron
Je reconnais que je n'étais pas beaucoup curieux des récits d'Agatha Christie mettant en scène des enquêteurs autres qu'Hercule Poirot. C'est sans doute un des signes de l'influence de la série télévisée, mais c'est aussi une histoire d'identification, au moins partielle. Le personnage de Poirot a beau avoir d'énormes défauts, en particulier son orgueil et son illéisme, mais aussi sa maniaquerie, son hygiénisme, etc., le fait qu'il soit un citoyen belge francophone expatrié en Angleterre, où il subit souvent, fut-ce de manière feutrée, une xénophobie très courante, peut permettre au lectorat non-britannique et a fortiori sans doute s'il est francophone, de se reconnaître au moins sur le principe dans le point de vue d'un personnage incarnant l'altérité de part sa condition d'étranger (initialement réfugié lors de la Première Guerre mondiale), même si, par ailleurs, Poirot de part sa sophistication, sa maîtrise des codes sociaux de « l'élite », s'adapte très bien au milieu très policé qui est celui de la bonne société britannique ayant une importante domesticité à son service, dans un contexte de distinction des classes sociales très marquée.
Le Chat et les Pigeons ne fait pas partie de mes préférés et je ne m’en souviens pas très bien, sauf précisément cette histoire de genoux ! A l’époque, cela m’avait laissée perplexe et je ne suis toujours pas convaincue par l’idée que l’observation des genoux serait un bon indicateur de l’âge réel. Mais cela fonctionne plutôt bien sur le plan narratif….
Je me demande encore si l'on a là un bon indicateur de l'âge véritable d'une femme, Agatha Christie étant la seule romancière que je connaisse y ayant eu recours... mais effectivement, dans le contexte de la narration, cela fonctionne assez bien.
C’est ce que j’aime chez Agatha Christie, les indices sont bien visibles mais ne révèlent leurs secrets que convenablement interprétés (je pense par exemple au visage d’une protagoniste qui se fige dans Le Miroir se brisa, ou la petite phrase « Elle n’était pas là !» dans Un meurtre sera commis le…).
C'est là effectivement ce qui fait une bonne part de la saveur de ce type d'histoire, le roman d'énigme « à l'anglaise », roman-problème, roman de détection ou “detective story”, genre dans lequel excelle Agatha Christie, avec ces « détails » dans le récit qui ne le sont qu'en apparence...
Amicalement,
B.
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hi, hi
je me souviens gamin ,accroupi, genoux croisés, avoir lu les Agatha Christie , dans la bibliothèque paroissiale, tous les jours possibles (mercredi et samedi), je ne saurais dire quelle édition, de mémoire des couvertures orange. J'y découvris aussi Gotlib et bien sûr tout Spirou et autres bd.
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Cher Hyarion,
J’ai lu la plus grande partie des livres que tu mentionnes (aucune date de lecture conservée de mon côté... mais c’était essentiellement au collège). J’ai évité pendant des années de lire Poirot quitte la scène, car je ne pouvais me résoudre à affronter ce qui y est raconté...
J’aimais autant les histoires de Miss Marple que celles de Poirot. Tu devrais peut-être leur donner une deuxième chance… J’étais moins convaincue par les aventures de Tuppence et Tommy Beresford.
J’étais aussi grande amatrice des histoires de Sherlock Holmes. Je crois que c’était aussi ton cas, mais je ne me souviens plus où tu aurais mentionné cela (pas dans ton portait chinois en tout cas, j’ai vérifié ;-)
Amicalement,
C.
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Quelques semaines plus tard...
Il est plus que temps d'essayer de répondre enfin... ^^'
J’aimais autant les histoires de Miss Marple que celles de Poirot. Tu devrais peut-être leur donner une deuxième chance…
Peut-être... Avec le recul, il me semble que les deux personnages ont tendance à représenter deux qualités complémentaires de l'enquêteur : l'intuition pour Marple et la méthode pour Poirot.
J’étais aussi grande amatrice des histoires de Sherlock Holmes. Je crois que c’était aussi ton cas, mais je ne me souviens plus où tu aurais mentionné cela (pas dans ton portait chinois en tout cas, j’ai vérifié ;-)
Effectivement, j'appréciais aussi beaucoup les histoires de Sherlock Holmes d'Arthur Conan Doyle, plus ou moins à la même époque, surtout entre 1996 (quelques mois après m'être lancé dans les enquêtes de Poirot) et 1998.
Je me souviens que j'avais commencé par le roman La Vallée de la peur (The Valley of Fear) que l'on avait offert pour Noël, avant de poursuivre avec Le Chien des Baskerville (The Hound of the Baskervilles) puis notamment avec les recueils de nouvelles, y compris celui écrit avec John Dickson Carr par Adrian Conan Doyle, le fils d'Arthur : Les Exploits de Sherlock Holmes (The Exploits of Sherlock Holmes), recueil paru en 1954 (en français en 1958) — c'est dans une des nouvelles de ce recueil de pastiches que l'on trouve exprimée (en littérature) la célèbre formule de Holmes « Élémentaire, mon cher Watson ! », absente des récits holmésiens originaux de Conan Doyle père.
Mes lectures holmésiennes, comme celles des enquêtes de Poirot, correspondent en fait à la période où j'ai aussi découvert Tolkien, comme je l'avais raconté en 2017 dans le fuseau où notre amie Forfirith avait demandé des témoignages pour sa thèse :
https://www.jrrvf.com/fluxbb/viewtopic. … 298#p86298
Dans un autre style, je relisais, il y a quelques jours, Vivre et laisser mourir (Live And Let Die, 1954), un des premiers romans de Ian Fleming mettant en scène James Bond 007 (l'adaptation en film avec Roger Moore, presque vingt ans après, est décidément très libre, voire décalée, et certainement plus plaisante pour le grand public – a fortiori avec une excellente musique de George Martin –, mais l'histoire originale permet d'autant mieux aussi d'imaginer ses propres images)... et cela m'a un peu ramené pratiquement trente ans en arrière, précisément à cette période que j'ai évoquée, quand collégien et surtout lycéen je lisais donc Agatha Christie, Conan Doyle, Fleming, Tolkien... Déjà à l'époque, je ne lisais pas forcément beaucoup de livres « très récents », même en littérature populaire (comme du reste en témoignait déjà un peu mon message de 2017 dans le fuseau ouvert par Forfi que j'ai mentionné plus haut)...
Amicalement,
B.
P.S. : concernant les couvertures des romans d'Agatha Christie aux éditions du Masque, la couleur a connu une évolution ces dernières décennies, passant progressivement de très orange à très jaune, sachant que j'ai surtout connu pour ma part un mélange des deux couleurs, auquel on semble être revenu aujourd'hui, avec en sus désormais un peu plus de couleur noire et quelques petits éléments d'illustrations initialement absents (il existait aussi, il y a trente ans, de mémoire, une collection « Le Club des Masques », au format semblable à celui de la collection principale du Masque, mais avec une photo d'illustration sur la première de couverture).
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Intéressant rapprochement. Christie joue souvent avec des détails anodins en apparence, et on peut imaginer que ce genre de mécanique narrative ait pu parler à Tolkien lecteur, même hors de son univers habituel.

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il existait aussi, il y a trente ans, de mémoire, une collection « Le Club des Masques », au format semblable à celui de la collection principale du Masque, mais avec une photo d'illustration sur la première de couverture
J’ai découvert Agatha Christie dans des éditions du Club des Masques des années 70 (c’était les livres de ma mère). La première de couverture du Chat et les Pigeons était :
Concernant Sherlock Holmes, j’avais aussi lu le recueil de nouvelles d’Adrian Conan Doyle et John Dickson Carr. J’avais peu apprécié... Mais à la même époque, j’avais découvert avec plaisir Les Aventures de Harry Dickson, le Sherlock Holmes américain, de Jean Ray. Peu de rapport avec l’original, si ce n’est que l’action se passe en Grande-Bretagne, en particulier à Londres et que l'on retrouve l'appartement de Baker Street. Avec Harry Dickson, on est dans l’aventure rocambolesque, mâtinée de fantastique. Alain Resnais envisageait d’en faire une adaptation au cinéma, ce qui ne s’est jamais concrétisé, c’est bien dommage. Tout comme il est dommage que son projet sur Lovecraft n’ait pas abouti, bien qu’on puisse en percevoir des échos dans le film Providence (voir cette critique pour celles ou ceux que cela intéresse).
Dans un autre style, je relisais, il y a quelques jours, Vivre et laisser mourir (Live And Let Die, 1954), un des premiers romans de Ian Fleming mettant en scène James Bond 007
J’ai vu plusieurs James Bond, mais toujours avec un intérêt très modéré :-) Je n’ai pas été tentée par les livres, les histoires d’espionnage m’intéressant peu a priori. Il faudra peut-être essayer un jour…
Amicalement,
C.
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Avec beaucoup de retard, je réponds enfin... ^^'
Hyarion a écrit :il existait aussi, il y a trente ans, de mémoire, une collection « Le Club des Masques », au format semblable à celui de la collection principale du Masque, mais avec une photo d'illustration sur la première de couverture
J’ai découvert Agatha Christie dans des éditions du Club des Masques des années 70 (c’était les livres de ma mère). [...]
Il s'agissait effectivement de couvertures encore différentes, avec une illustration traditionnelle : j'ai déjà vu passer des exemplaires de ces éditions en bouquinerie. Pour ma part, les couvertures avec photo des éditions du « Club des Masques » étaient au fond assez typiques des années 1980-1990, jusqu'à ce que les illustrations traditionnelles reviennent, avec un format toujours de poche mais légèrement différent, vers 1998 (ici, par exemple, avec le roman Témoin muet).
À l'époque, j'avais tendance à prendre ce qui venait, édition « Club des Masques » avec photo ou édition « standard » du Masque avec couverture jaune orangé, comme en témoigne par exemple mes exemplaires du recueil de nouvelles, réparti en deux volumes, où Hercule Poirot marche symboliquement, à travers plusieurs enquêtes, dans les pas d'un autre Hercule, le fils de Zeus/Jupiter et d'Alcmène.
Dans les cas de romans comme Le Chat et les pigeons ou Drame en trois actes (romans par ailleurs tous deux bien adaptés dans la série télévisée avec David Suchet), les photos de couverture me paraissaient bien choisies, moins dans d'autres cas comme celui des Écuries d'Augias... mais ce n'était évidemment rien comparé aux couvertures avec photo, aussi aguicheuses que hors-sujet, des ouvrages de science-fiction et de fantasy (dont un recueil d'histoires de Kull [de Valusie] de Robert Howard !) parus en poche dans une collection « Playboy » de l'éditeur Eurédif, en 1984-1985 (titre + photo = effet comique... peut-être voulu, qui sait) :
https://www.noosfere.org/livres/collect … iveau=couv
Concernant Sherlock Holmes, j’avais aussi lu le recueil de nouvelles d’Adrian Conan Doyle et John Dickson Carr. J’avais peu apprécié... Mais à la même époque, j’avais découvert avec plaisir Les Aventures de Harry Dickson, le Sherlock Holmes américain, de Jean Ray. Peu de rapport avec l’original, si ce n’est que l’action se passe en Grande-Bretagne, en particulier à Londres et que l'on retrouve l'appartement de Baker Street. Avec Harry Dickson, on est dans l’aventure rocambolesque, mâtinée de fantastique. Alain Resnais envisageait d’en faire une adaptation au cinéma, ce qui ne s’est jamais concrétisé, c’est bien dommage. Tout comme il est dommage que son projet sur Lovecraft n’ait pas abouti, bien qu’on puisse en percevoir des échos dans le film Providence (voir cette critique pour celles ou ceux que cela intéresse).
Bien que cela m'ait paru contre-intuitif en l'ayant appris il y a longtemps, quand on pense à ses films les plus médiatisés, je savais qu'Alain Resnais était un passionné de bande dessinée et d'imaginaire et je ne suis pas surpris que les univers de Lovecraft et de Jean Ray ait pu l'intéresser.
Concernant l'écrivain belge Raymond De Kremer, dit Jean Ray (1887-1964) — dont des textes, traversant l'Atlantique, furent notamment publiés en anglais dans le magazine Weird Tales, sous le pseudonyme de John Flanders, et ont donc pu être lus par Lovecraft, Robert Howard et C. A. Smith —, je connais un peu son personnage d'Harry Dickson, dont une partie des aventures ont été republiés dans une collection policière de Librio dans la deuxième moitié des années 1990, mais finalement, de façon générale, je n'ai pas lu beaucoup de récits fantastiques de cet auteur. Je me souviens toutefois notamment de la nouvelle Le Tableau, extraite du recueil Les Contes du whisky (1925)... et surtout de la nouvelle La Choucroute, extraite du recueil Le Livre des fantômes (1947), et que j'avais lu dans une anthologie de nouvelles de plusieurs auteurs, La Dimension fantastique, parue chez Librio en 1996.
La Choucroute raconte l'aventure d'un personnage, narrateur, qui se voit un jour proposer, par un bon ami français nommé Buire, la possibilité de voyager en train sans destination précise, grâce à une carte d'abonnement valant pour tout le réseau ferroviaire (belge ?) que ledit Buire utilise lui-même durant sa journée de congé hebdomadaire. Après hésitation, tentant finalement l'expérience, le narrateur monte par temps sombre dans « un obscur train de banlieue », où il s'installe et discute durant le trajet avec un voyageur inconnu, « jovial et bavard », avec lequel il en vient à parler de cuisine, et en particulier de choucroutes, ce qui le met bientôt en appétit. Mais lorsqu'il se décide, au bout d'un moment, à descendre soudainement au hasard à un des arrêts du train, en disant au revoir à l'autre voyageur, celui-ci tente, en vain, de le retenir, visiblement très inquiet que la narrateur ait choisi de descendre, insouciant, précisément sur ce quai de gare-là...
Pour en revenir brièvement à Sherlock Holmes après Conan Doyle père, je me souviens d'avoir lu, particulièrement durant au moins un voyage en train — a priori sans choucroute à l'esprit... ;-) ... —, assez peu de temps après sa toute première publication en français dans une des collections du Masque (1996), une biographie fictive, plutôt bien faite dans mon souvenir : Watson et Holmes de June Thomson.
J’ai vu plusieurs James Bond, mais toujours avec un intérêt très modéré :-) Je n’ai pas été tentée par les livres, les histoires d’espionnage m’intéressant peu a priori. Il faudra peut-être essayer un jour…
En matière de livres, j'avais pour ma part commencé avec des romans parus en français chez Fleuve Noir, avant de passer à un compilation dont je reparlerai plus loin.
Le James Bond 007 original, celui de Ian Fleming donc, est une création des années 1950, que l'écrivain développera jusqu'à sa mort en 1964 à 56 ans, ce qui explique notamment que les premiers films de cinéma avec Sean Connery (ainsi que l'unique film avec George Lazenby, entre les deux derniers films « officiels » avec Connery) soient ceux, sur le fond et la forme, les plus proches de la matière littéraire originale, même si l'on peut déjà noter un léger décalage générationnel (le Bond de Fleming est notamment présenté comme étant un espion britannique déjà actif avant la Seconde guerre mondiale, et donc bien avant la guerre froide ultérieure qui est le seul contexte géopolitique des aventures du Bond des films tel qu'apparu au cinéma dans les années 1960). Comme je l'avais déjà signalé lors d'un hommage à Sean Connery dans le fuseau dédié en octobre 2020, l'acteur fut si convainquant à l'écran dans le rôle de 007 que Ian Fleming, après coup, s'arrangea pour incorporer des origines écossaises à son personnage littéraire. Pour ne pas trop me répéter, je me permets de renvoyer à cet autre message pour mon appréciation des films, du moins ceux avec Connery, appréciation qui reste globalement la même. Je précise que, de façon générale, comme avec les histoires de Conan, ce n'est pas du tout le côté « virilisme mâle appuyé » qui m'intéresse dans les histoires de Bond, et je n'appréhende tout cet aspect-là qu'avec beaucoup de second degré, a fortiori avec le temps qui passe.
Dans le champ littéraire, pour une découverte originale du personnage façonné par Ian Fleming, je recommande la lecture d'un récit un peu atypique : Chaleur humaine (Quantum of Solace), une des nouvelles du recueil Bons Baisers de Paris (For Your Eyes Only), paru en 1960, entre les romans Goldfinger (1959) et Opération Tonnerre (Thunderball, 1961). L'histoire se passe à la fin des années 1950, après l'accomplissement d'une mission de Bond aux Bahamas, alors encore colonie britannique, dans le contexte géopolitique de la guérilla castriste à Cuba (Bond apparaît, au passage, comme étant alors plutôt favorable aux rebelles cubains : rappelons que Fidel Castro ne se ralliera au bloc soviétique que quelque temps après avoir finalement pris le pouvoir à Cuba avec ses barbudos, en 1959). L'agent 007 est invité à un dîner organisé par le gouverneur des Bahamas dans sa résidence de Nassau, lequel gouverneur lui racontera, une fois les autres invités partis, une singulière histoire de mariage entre un fonctionnaire colonial et une hôtesse de l'air...
Les récits, romans et nouvelles, de Ian Fleming mettant en scène James Bond 007 ont fait l'objet en français, depuis longtemps, d'une compilation en deux volumes dans la collection « Bouquins » de chez Robert Laffont. À l'époque où je m'étais procuré cette compilation, vers la fin des années 1990 (même époque que pour Poirot ou Holmes, je l'ai déjà dit), j'avais constaté une étrange anomalie, perceptible rien qu'en examinant les couvertures des éditions successives durant lesdites années 90.
S'agissant du second volume de la compilation, d'une édition à l'autre, un des romans, pourtant très important quant à la vie du personnage, a disparu : Au service secret de Sa Majesté (On Her Majesty's Secret Service, 1963). Jusqu'à présent, je n'ai jamais su pourquoi.
Amicalement,
B.
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Gamin,
le jeudi puis le mercredi après-midi, je m'éloignais des footeux pour passer 4 ou 5 heures à la bibliothèque paroissiale, assis par terre, où j'ai lu toute la collection orange du Masque et surtout Agatha Chrisitie (Poirot, miss Marpple et autres, en fait toute la collection Orange du Masque et puis toutes les bd of course (Astérix, Gotlib, Spirou et Cie...),
J'avoue moins de goût pour les polars Orange souvent prévisibles, hors A. Ch'stie)
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Gamin,
le jeudi puis le mercredi après-midi, je m'éloignais des footeux pour passer 4 ou 5 heures à la bibliothèque paroissiale, assis par terre, où j'ai lu toute la collection orange du Masque et surtout Agatha Chrisitie (Poirot, miss Marpple et autres, en fait toute la collection Orange du Masque et puis toutes les bd of course (Astérix, Gotlib, Spirou et Cie...),
J'avoue moins de goût pour les polars Orange souvent prévisibles, hors A. Ch'stie)
Pour moi, ce ne fut que le mercredi après-midi (trop jeune pour connaître le jeudi) et à la bibliothèque municipale, mais l'expérience fut similaire, avec, en sus, la possibilité d'emprunter jusqu'à 3, puis 6 livres à la fois. C'est grâce à cela que j'ai lu tout Jules Verne, entre autres. Il était d'ailleurs fréquent que j'ai terminé les livres empruntés bien avant le mercredi suivant. Heureusement, mes parents avaient aussi des bibliothèques bien fournies. Sur place, je me souviens surtout d'avoir lu des quantités astronomiques de BD. Avec le recul, la série dont je garde le souvenir le plus nostalgique est ElfQuest, aussi connue en France sous le titre le Pays des Elfes, de Richard et Wendy Pini. Peut-être est-ce dû au fait que je ne l'ai lue que là, et qu'elle était si longue (32 volumes) qu'il m'avait fallu reconstituer l'histoire dans le désordre, entre les volumes périodiquement indisponibles car empruntés et les deux ou trois définitivement manquants.
E.
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presque pareil ...
mais sans jamais emprunter un livre chez moi. Tous les rayonnages lus sur place assis le cul par terre 
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