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| Correction 'up lambertinien' |
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Posted by: Cédric - 21-06-2006, 20:48 - Forum: Webmaster
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Normalement, à la création de ce fuseau, la page principale du forum doit mentionner ce fuseau nouvellement créé, sans nécessité d'un "up lambertinien".<p>Je clique "Poster le message" et...
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| Mise à jour : juin 2006 |
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Posted by: Cédric - 21-06-2006, 13:54 - Forum: Tolkien sur JRRVF et les médias
- Replies (3)
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Que dites-vous de reprendre les bonnes habitudes ?<br>On recommence donc le cycle de mise à jour avant tout d'abord de nouvelles illustrations de Laurent et Corentin Perron.<br>C'est ici : <a href="http://www.jrrvf.com/php/Illustrations/index.php?spgmGal=Illustrateurs">Illustrations</a>.<p>Par ailleurs, je finalise d'autres choses, ne vous éloignez pas trop loin de ce fuseau ;-)<p><br>Cédric.
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| de la Malédiction |
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Posted by: Vinyamar - 20-06-2006, 15:21 - Forum: Le Légendaire
- Replies (19)
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Je lance ce sujet avant d'oublier que je voulais en parler, parce que la lecture des Monstres et Critiques va me faire lancer quelques autres débats. Pardonnez-moi donc si ma pensée n'est pas encore tout à fait mise en forme sur ce sujet. <p>Volà, en re-regardant dernièrement un Miyazaki (Le Château Ambulant), après avoir relu deux contes anciens (<i>l'Oiseau Bleu</i> et <i>Peau d'âne</i>), je me suis fait la remarque que les histoires de Miyazaki étaient comme ces anciens contes basées sur une histoire de malédiction.<br>Puis en poussant le raisonnement encore un peu plus loin, (connaissant de longue date les liens entre les oeuvres de Miyazaki et de Tolkien), je me suis demandé si toutes les grandes histoires n'étaient pas basées finalement non sur la quête, comme on le croit souvent , mais sur la Malédiction !<p>Et le Seigneur des Anneaux n'échappe pas à cette règle.<br>On dit souvent que toutes les histoires (aventures ou épopées) sont construites sur le même shéma, avec un héros lancé en quête d'un objet, dont l'aventure prend la forme d'un parcours initiatique, qui redécouvre son père ou ses origines en chemin, qui est guidé un temps par un mentor ou vieux sage, et dont les bonnes actions viennent le sauver du drame final.<br>Ce qu'on oublie de dire, c'est quel est le moteur de la quête. Ce n'est presque jamais seulement une histoire de gloire ou de richesse. pour qu'il y ait un héros, il faut que cette quête soit nécessaire.<br>C'est la quête du Graal, la quête du paradis perdu (ou de l'immortalité perdue) des anciens mythes, la quête de ce qui permettra à la malédiction d'être rompue.<br>Et ce pour quoi le thème de la malédiction me semble meilleur, c'est que même quand il n'y a pas de quête, le thème de la malédiction est toujours là.<br>Roméo Et Juliette, c'est l'histoire de deux êtres qui veulent briser la malédiction qui pèsent sur leurs familles (elles ne peuvent se rejoindre), le rouge et le Noir, c'est la malédiction d'un jeune homme amoureux d'une femme qu'il ne peut atteinde, Mme Bovary, c'est la malédiction d'une femme qui a cru être trop facilement heureuse... <br>Et même quand il n'y a pas d'objectif, ce qui nous touche finalement dans une histoire c'est la lutte du héros contre cette malédiction (quelle qu'en soit l'issue) : la malédiction d'un amour impossible, la malédiction d'une princesse (ou d'un prince) réduite à rien (Cendrillon, Sarah Crewe, Ivanhoé), la malédiction d'un rang ou des intrigues d'une cour, la malédiction d'un pouvoir, etc...<p>Ainsi avec cette nouvelle lecture, <a href="http://www.jrrvf.com/cgi-bin/if1/display.cgi?id=1&sort=date&storyview=text">le vieux débat</a> qui consiste à savoir si le SdA raconte une quête ou une anti-quête est peut-être résolu par cet autre concept : le SdA raconte comment des héros cherchent à se débarasser d'une malédiction.<p>Et il devient d'ailleurs très amusant alors de constater que cette malédiction, même vaincue et brisée, laisse nue dernière morsure à Frodon, dont il ne sera jamais tout à fait libéré.<br>Ce qui rend ce conte si adulte et si grandiose : un drame qui a été déjoué, mais pas complètement.<br>La malédiction emporte Frodon comme d'autres héros tragiques avant lui.
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| JRRVF.fr ? |
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Posted by: Laegalad - 20-06-2006, 00:06 - Forum: Tolkien sur JRRVF et les médias
- Replies (18)
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Entendu aussi ce matin :)<p>Et, Rebec' ! Que je t'y reprenne à poster en petit quelque chose de pertinant !! <br>Je trouve que tu as raison et souscrit en tous points. En plus ça éviterait à tous les gens qui ont un lien pointant sur JRRVF sur leur site/article/... d'avoir à mettre à jour, ce qui <u>peut être</u> est fastidieux. <br>Et puis à prononcer, JRRVF.com c'est plus facile que JRRVF.fr. A dire cinq fois sans se tromper ! :)<p>S.
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| De la Mère dans le Légendaire |
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Posted by: Forfirith - 17-06-2006, 00:54 - Forum: Le Légendaire
- Replies (45)
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Oulà ! Que voilà un sujet vaste mais passionant Dame Lambertine ! :)<br>J'aimerais y travailler un peu - mais manque de temps et de connaissances très probablement...<p>Pour commencer, je pensais "recenser" un peu toutes les mères que nous connaissons, plus ou moins, ça peut paraître inutile et stupide, mais cela permettra peut-être de mettre quelques choses en relation, nan ?<p><b><u>Femmes du Premier Age</u></b><br><u>Elfes</u><br>Míriel: après la naissance de son fils, elle a "préféré" quitter son esprit. Pas de rôle maternel donc, ou minime (je ne sais plus à combien de temps d'intervalle après la naissance de Fëanor elle va en Mandos).<br>Indis => Aredhel (relation de proximité certaine avec son fils)<br>=> Idril (force de caractère, tendresse probable, mais qui quitte son fils encore jeune (selon <i>Grey Annals</i> je crois, à 27 ans))<br>Eärwen : => Galadriel (perte de sa fille)<p>Melian: Seule Maia connue avec enfant. Maternelle ?<br>=> Lúthien <br>Nimloth: => Elwing (doit abandonner ces enfants lorsqu'elle fuit les Fils de Fëanor avec le dernier Silmaril)<p><u>Humaines</u><br>Emeldir (femme de Barahir)<br>Rían: laisse son fils à la naissance aux Elfes Gris pour aller mourir à Haudh-en-Nirnaeth.<br>Morwen: stricte ? Perd une fille de maladie. Envoie son fils âgé de 7-8 ans au loin et éduque son autre fille.<br> => Nienor: se suicide en étant enceinte.<br>Hareth (mère de Húrin et Huor) et Glóredhel (fille de Hador Lórindol)<p><b><u>Femmes du Deuxième Age:</u></b><br>Erendis : éducation austère et dans un milieu exclusivement féminin à sa fille<br>=> Ancalimë: n'a un enfant que pour ne pas céder le pouvoir<br>Tar-Telperien (non-mariée)<br>Inzilbêth: préférence pour le fils proche d'elle, l'aîné (Tar-Palantir)<br>Míriel (Ar-Zimraphel) (mariée de force sans enfants)<p><b><u>Troisième Age:</u></b><br><u>Elfes:</u><br>Celebrían (fille de Galadriel): quitte la Terre du Milieu (ces enfants ont quand même plus de 2000 ans ;) )<br>=> Arwen<p><u>Humaines</u><br>Gilraen: tendre et courageuse ?<br>Finduilas (mère de Faramir et Boromir): Meurt jeune de maladie/nostalgie ?<br>Morwen de Lossarnach (mère de Théoden et dux filles)<br>Elfhild(mère de Théodred): meurt en couches<br>Lothíriel (mère d'Elwine).<p>Si je n'ai mis aucun commentaire, c'est que je n'ai pas d'informations, un point d'interrogation je ne suis pas sûre, et une flèche c'est une fille ou descendante.<p>J'espère que ça pourra aider un peu ^^
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| Proudfoots et Proudfeet |
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Posted by: Moraldandil - 16-06-2006, 20:04 - Forum: À propos des traductions
- Replies (32)
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Dans <a href="http://www.jrrvf.com/forum/noncgi/Forum4/HTML/000615.html">un fuseau de la section adaptations</a>, il a été question il y a quelque temps de la blague des Fierpied dans le premier volet de l'adaptation du SdA par Peter Jackson, et Tar-Palantir a relevé une innovation par rapport à la traduction de Francis Ledoux : l'opposition entre les "Proudfoots" de Bilbon Sacquet et "Proudfeet" d'Odon Fierpied rendus respectivement par <i>Fierpeton</i> et <i>Fierpied</i> - du moins dans le sous-titrage ; je n'ai pas vu la VF, la même solution y est-elle appliquée ? La solution (laborieuse) de Ledoux, expliquer la chose en note, n'était évidemment pas appliquable, et celle du sous-titrage est bien meilleure. On y comprend d'ailleurs fort bien qu'Odon se sente piqué !<br><br><br>Arden Smith a tenu pendant quelque temps dans <i>Vinyar Tengwar</i>, avant son évolution vers un organe de publication d'inédits, une rubrique intitulée <i>Transitions in Translations</i> dans laquelle il examinait non sans drôlerie divers problèmes de traduction des écrits de Tolkien, le SdA surtout, en une grande variété de langues. L'une d'elle, dans le n° 41 de juin 2000 (pp. 24-26), concerne précisément notre question. Je le traduis ici in extenso sauf les notes.<br><br><br>.......................................................................<br><br><br><font color="green"><br><b>Proudfoots et Proudfeet</b><br><br><br>Le commentaire humoristique de Tolkien sur la formation du pluriel du nom <i>Proudfoot</i> est tout à fait le genre de plaisanterie à attendre d’un philologue. Lequel est correct : le pluriel régulier en <i>-s</i> en usage pour les noms de famille ou le pluriel irrégulier du nom commun <i>foot</i> ? Bilbon Sacquet et Odon Fierpied ne sont pas d’accord là-dessus, et je ne m’attarderai pas ici sur la question. Mais comment la distinction entre <i>Proudfoots</i> et <i>Proudfeet</i> passe-t-elle dans d’autres langues ?<br><br><br>Les traductions dans la plupart des langues germaniques peuvent tirer profit d’une distinction similaire entre un suffixe de pluriel normal et productif et le pluriel hérité formé par inflexion de <i>foot</i> et ses correspondants. En allemand, les noms de famille forment généralement leurs pluriels en <i>-s</i>, mais si le nom se termine par une siffante, le pluriel se forme en <i>-ens</i>. Bilbon emploie donc <i>Stolzfußens</i>. Le pluriel de <i>Fuß</i>, cependant, est <i>Füße</i>, de sorte qu'Odon dit <i>Stolzfüße</i>. Dans l'édition islandaise, nous avons une distinction similaire entre les <i>Stoltfótar</i> de Bilbon et les <i>Stoltfætur</i> d'Odon.<br><br><br>Le néerlandais est atypique parmi les langues germaniques, puisque <i>voet</i> ne forme pas son pluriel par inflexion. Le traducteur néerlandais, toutefois, put profiter du fait que la langue néerlandaise possède deux suffixes de pluriel fréquents : <i>-en</i> et <i>-s</i>. Bilbon dit <i>Trotsvoets</i>, mais Odo emploie <i>Trotsvoeten</i>, comprenant le pluriel grammaticalement correct <i>voeten</i>. Les <i>Troetsvoets</i> de Bilbon, néanmoins, seraient anormaux quoi qu'il arrive, vu que le pluriel en <i>-s</i> s'emploie après les diminutifs, après <i>-el, -en, -er, -em, -erd</i>, et après bon nombre de voyelles, mais pas après <i>-t</i>.<br><br><br>On peut aussi trouver des langues avec plus d'un suffixe de pluriel en dehors de la branche germanique. En arménien, par exemple, la règle générale est d'ajouter <i>-er</i> aux monosyllabes et <i>-ner</i> aux polysyllabes. Le cas du mot pour "pied" est un peu plus compliqué, mais laisse toujours la possibilité de plus d'un pluriel. En arménien classique, le mot pour "pied" était <i>otn</i>, pluriel <i>otk'</i>. Dans la langue moderne, cependant, on trouve à la fois <i>ot</i> et <i>otk'</i>, le vieux pluriel, employés au singulier. Le pluriel de <i>otk'</i> est la forme régulière <i>otk'er</i>, mais le pluriel de <i>ot</i> garde le <i>-n</i> du vieux singulier et a donc la forme <i>otner</i>. Je n'ai jamais vu la traduction arménienne de <i>La communauté de l'Anneau</i>, mais il me semble que <i>Hpartotk'er</i> et <i>Hpartotner</i> exprimeraient très bien la distinction Proudfoots-Proudfeet.<br><br><br>De nombreuses langues n'ont toutefois qu'un seul sufixe de pluriel, et là le traducteur doit avoir recours à d'autres façons de créer une distinction entre les Proudfoots et les Proudfeet. En finnois, apr exemple, tous les noms au nominatif et à l'accusatif pluriel se terminent en <i>-t</i>. Le traducteur finnois put toutefois profiter de règles régulières d'alternance consonantique. Le mot pour "pied" est <i>jalka</i>, mais quand la syllabe finale devient fermée de par le suffixe de pluriel <i>-t</i>, le groupement <i>-lk</i> s'adoucit en <i>l</i>.. De sourde que lorsque Bilbon donne <i>Jalojalkat</i> comme pluriel de <i>Jalojalka</i>, il est naturellement repris avec la forme convenablement adoucie <i>Jalojalat</i>.<br><br><br>L'espéranto n'a également qu'un seul suffixe de pluriel, et tous les noms au nominatif pluriel se terminent en <i>-oj</i> Ainsi, dans la traduction en espéranto de <i>La communauté de l'Anneau</i>, tant les "Proudfoots" que le "Proudfeet" doivent se terminer en <i>-oj</i>. Et c'est le cas : le premier est rendu <i>Fierfutoj</i> et le second <i>Fierpiedoj</i>. Je ne trouve pas cette traduction complètement satisfaisante. D'abord, je ne vois pas comment quiconque - et surtout un hobbit - pourrait tant se tromper sur le nom d'un parent proche (un cousin au premier degré, en ce cas). Ensuite, bien que <i>piedo</i> signifie "pied", la partie du corps, <i>futo</i> signifie "pied", l'unité de mesure. Il est vrai que la régularité morphologique de l'espéranto rend le problème de traduction particulièrement difficile, mais je crois avoir une meilleure solution. En espéranto, dans les composés, les terminaisons grammaticales des éléments qui ne sont pas à la fin sont habituellement omises, mais peuvent être conservées. On peut le faire pour trois raisons : (1) l'euphonie, (2) la clarté, et (3) si autrement le composé aurait un sens différent. On pourrait profiter de cette échappatoire morphologique pour créer deux formes du nom : <i>Fierpiedoj</i>, sans terminaison ajoutée à la racine <i>fier-</i>, et <i>Fier<u>a</u>piedoj</i>, où la terminaison d'adjectif est conservée. Un autre choix possible serait <i>Fier<u>o</u>piedoj</i> "Pieds de fierté". Ce ne sont que des suggestions.<br><br><br>Dans la traduction espagnole, nous tombons sur un problème différent. Bien que l'espagnol ait <i>-s</i> comme suffixe de pluriel, il ne s'emploie pas avec les noms de famille, et nous trouvons <i>Mis queridos Bolsón y Boffin</i> pour "Mes chers Sacquet et Bophin" et le reste. Comment donc le traducteur espagnol fait-il la distinction alors que les noms apparaissent au singulier ? Très simple : quand Bilbon dit <i>Ganapié</i>, Odon le corrige avec <i>Ganapiés</i>. Le nom de famille prononcé par Bilbon veut donc dire "Proudfoot", mais Odon le donne comme "Proudfeet". Néanmoins, c'est la version de Bilbon qui apparaît dans les arbres généalogiques de l'Appendice C.<br><br><br>Le même problème est traité tout à fait différemment dans la traduction française. Là, comme en espagnol, les noms de famille sont au singulier dans leur forme. Si le traducteur avait utilisé la même stratégie que l'espagnol, Odon aurait contré le <i>Fierpied</i> de Bilbon d'un <i>Fierpieds</i>. Au lieu de ça, l'Odon français dit "ProudFEET"... en anglais ! La plaisanterie est expliquée en note dans le pied de page (sans blague) : "<i>Proudfoot</i> signifie Fierpied ; c'est un nom, donc invariable, mais le pluriel de foot est feet." La juxtaposition de <i>Fierpied</i> et <i>Proudfeet</i>, cependant, reste assez maladroite.<br><br><br>Mourav'iov, dans sa traduction russe, différencie les Proudfoots des Proudfeet d'une autre façon encore. Les Шерстопалы de Bilbon résultent d'une métathèse du <i>l</i> et du <i>p</i> ; son erreur semble n'être qu'un lapsus. Quand Odon braille la forme correcte, Шерстолапы , Bilbon accepte la correction. Ivan Derzhanski m'a informé que Шерстопалы vignifie "orteils velus", "un nom fort plausible pour une tribu de hobbits, bien que d'une résonance point aussi élevée que Шерстолапы ("Pattes velues") qui implique une villosité supérieure du pied ". Il remarque aussi : "Ce n'était pas non plus un pur lapsus, mais avait certainement pour cause une confusion avec le mot véritable Шестопалы '(gens) à six doigts ou orteils'. Dans l'ensemble je trouve que c'est excellemment joué (quoique Bilbon n'eût point dû accepter la correction)." Matorina adopte le même rendu de ces noms dans sa traduction.<br><br><br>Dans la version polonaise, le traducteur a conservé les noms anglais des hobbits sous leur forme d'origine, mais en y attachant des terminaisons grammaticales polonaises. Ainsi les noms dans le discours de Bilbon deviennent <i>Bagginsowie, Boffinowie</i>, etc. Que faire avec un nom anglais et un suffixe polonais de pluriel invariable ? Maria Skibniewska a trouvé une solution ingénieuse au problème : l'erreur de Bilbon devient une omission. En saluant les membres des diverses familles, Bilbon oublie par inadvertance d'y inclure les Proudfoots, erreur qu'un Odon courroucé porte à son attention : <i>I Proudfootowie</i> "et les Proudfoots". Grigorieva et Grouchetski utilisent la même stratégie dans leur traduction russe, et Odon ajoute les Болышеноги qui manquent à la liste de Bilbon.<br><br><br>Enfin, il y a la traduction japonaise. Comme le japonais n'a pas de morphème de pluriel, la distinction entre les Proudfoots et les Proudfeet ne peut pas se faire en utilisant des pluriels. La façon dont Proudfoots est rendu en japonais est <i>Ashidaka</i>, et celle de Proudfeet est <i>Ageashi</i>. Les deux noms ont l'élément <i>Ashi</i> en commun ; le premier peut être glosé "pied haut", le second "haut pied". Le plus gros problème est, comme dans la version espéranto, que les deux noms sont si dissemblables qu'il n'est pas possible que Bilbon ait par erreur employé l'un pour l'autre. A mon avis, les stratégies utilisées dans les traductions russes et polonaise auraient été préférables. Ou bien quelqu'un a-t-il une meilleure idée encore ?<br></font><br><br><br>.......................................................................<br><br><br>Peut-être bien... Une meilleure solution est envisageable, un peu similaire au finnois. Le japonais possède une règle morphophonologique appelée "rendaku" qui (en gros) sonorise les consonnes sourdes à l'initiale du second membre d'un nom composé. Par exemple, <i>te</i> "main" + <i>kami</i> "papier" > <i>tegami</i> "lettre". La règle est soumises à plusieurs restrictions, et au bout du compte son application n'est pas entièrement prévisible, ce qui peut poser quelques problèmes de lecture aux japonais, en particulier pour le noms propres, vu que le rendaku n'est bien entendu pas prévisible à partir des caractères (je parle bien sûr des kanji). Ainsi, les deux noms de famille <i>Nakata</i> et <i>Nakada</i> s'écrivent avec les mêmes caractères. Suivez mon regard... il aurait été tout à fait possible de faire contraster, par exemple, les <i>Ashidaka</i> et des <i>Ashitaka</i> ; ce dernier nom est tout à fait possible (et je gage qu'un certain nombre d'entre nous le savent fort bien). Reste évidemment la question de comment l'écrire, vu que la différence est indétectable en kanji, mais il y a des solutions. Le japonais fait aussi usage dans son écriture complexe de deux séries de syllabaires (les kana) qui permettent de tout écrire en théorie, et où la différence de sonorité des consonnes est indiquée par des diacritiques. Il serait aussi possible de se servir des <i>furigana</i>, de petits kana placés à côté d'un kanji pour en indiquer la prononciation au besoin.<br><br><br>B.<br><br><br>P.S. : On peut trouver au besoin sur Wikipédia quelques explications succinctes sur l'<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Alternance_consonantique" target="_new">alternance consonantique</a>, notamment en finnois, et une explication un peu plus détaillée sur le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Rendaku" target="_new">rendaku</a>.
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| Le Vent dans les saules |
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Posted by: Fangorn - 16-06-2006, 18:30 - Forum: Tolkien et la Littérature
- Replies (15)
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Je viens de lire pour la première fois <i>Le Vent dans les saules</i> de Kenneth Grahame, dans sa nouvelle traduction chez Phébus (janvier 2006), et comme Mr Taupe je suis saisi par l’appel de ma vieille maison JRRVF, alors que je suivais d’autres routes... ;-)<p><font color="#008888">« La maison ! Voilà ce que signifiaient ces appels, ces petites touches caressantes que l’air lui apportait, ces petites mains invisibles qui toutes tiraient dans le même sens. Elle devait être là, tout près, la vieille maison qu’il avait si vite abandonnée pour ne plus y repenser le jour où il avait découvert La Rivière. Et maintenant voilà qu’elle lui dépêchait ses messages et ses éclaireurs pour s’emparer de lui et le ramener. »</font><br>(K. Grahame, <i>Le Vent dans les saules</i>, Phébus, 2006, p. 82)<p><br>La Comté : voilà où m’a conduit ce vent, au fil de la Rivière baignée de saules. Quelle force dans ce livre, quelle légèreté, et quel enthousiasme procuré par cette découverte !<p>Mr Taupe & compagnie viennent de rejoindre les Hobbits et les Pevensie dans cette région de mes lectures. Tolkien et C.S. Lewis ont manifestement parcouru bien plus de chemins que Grahame, mais celui-ci offre une calme pause qui rafraîchit l’imagination, la tête au vent et les pieds dans l’eau :-)<p>C’est Lewis qui m’a amené près de la Rivière aux saules (au cours d’une de ses réflexions sur la crainte révérencielle inspirée par le sacré) :<br><font color="#008888"> « Il en existe un exemple moderne (si nous ne sommes pas trop fiers pour le chercher dans un conte écrit pour les enfants), dans l’histoire intitulée <i>Le Vent dans les saules</i>, quand Mr Rat et Mr Taupe s’approchent de Pan dans l’île. « Rat, trouva-t-il la force de chuchoter dans un souffle, tremblant, as-tu peur ? » — « Peur ? murmura Mr Rat, les yeux brillants d’un indicible amour. Peur ? de Lui ? O, jamais, jamais. Et pourtant... Et pourtant... O Taupe, j’ai peur ». »</font><br>(C.S. Lewis, <i>Le problème de la souffrance</i>, Introduction, Editions Raphaël, 2001, p. 21 ; je modifie légèrement la traduction)<p>J’avais bien le souvenir d’avoir déjà entendu Tolkien parler du <i>Vent dans les saules</i> (sans compter ses propres <a href="http://www.jrrvf.com/forum/noncgi/Forum1/HTML/000365.html"target="_new">saulaies</a>).<br>Mais je n’avais pas spécialement retenu ce qu’il en disait, et il ne m’avait d’ailleurs pas spécialement donné envie de le lire... ;-)<p>Et pourtant... Un autre aurait dû m’y conduire, via Tolkien : il s’agit d’Arthur Rackham. Et je suis d’autant moins pardonnable que j’avais eu l’occasion de le citer dans le fuseau sur <a href="http://www.jrrvf.com/forum/noncgi/Forum3/HTML/000216.html"target="_new">Tolkien et Arthur Rackham</a> ;-)<br>La nouvelle traduction chez Phébus a d’ailleurs eu la bonne idée d’en reprendre quelques-unes :-)<p>Décidément, les liens sont multiples entre les auteurs... <small>Ce constat est franchement banal, mais j’ai beau le savoir, la découverte d’un nouveau lien me surprend toujours (et j’en suis très heureux). Comme lorsqu’on découvre que certains de ses amis se connaissaient déjà par ailleurs.</small><p>Que disait alors Tolkien de ce livre ?<p>Je me rappelais qu’il en parlait dans son essai <i>Sur le conte de fées</i>, mais pas moyen de me souvenir de son jugement...<br>J’ai donc feuilleté une nouvelle fois cet essai <small>(pendant que j’y suis, feuilleter un livre a au moins l’avantage sur un moteur de recherche de permettre d’en (re)savourer très brièvement quelques bribes)</small>. <br>Grahame figurait-il parmi ces auteurs anglo-saxons critiqués par Tolkien ? Ce serait une dissonance étrange...<p>M’y voici ! Pas d’bol (ou coup de chance, c’est selon), l’extrait est à la fin, dans les notes... ;-) Tolkien revient sur la tendance « faërifuge » de certains à présenter leur histoire comme une simple invention, par l’artifice d’un rêve :<p><font color="#008888">« Il n’y a aucune suggestion de rêve dans <i>The Wind in the Willows</i>. « [Mr] Taupe avait travaillé très fort toute la matinée au nettoyage de printemps de sa petite maison. » C’est ainsi que le conte débute, et ce ton juste est maintenu. »</font><br>(<i>Du conte de fées</i>, Note A, in <i>Faërie</i>, Pocket, p. 204)<p>Je trouve, pour ma part, que ce « ton juste » sent aussi le Hobbit... ;-)<p>Cette justesse de ton est délicate, et Tolkien en profite pour faire la distinction entre un « grand admirateur » (le fan) et un « admirateur perceptif », c’est-à-dire celui qui saisit l’esprit de l’œuvre, sa vie intime, ses résonances et ses échos...<br><small><font color="gray">Bref, « si j’eeeeexiste, [ce n’est pas forcément] d’être fan » (désolé ;-))</font></small><br>Heureusement, être un grand admirateur n’est pas incompatible avec la qualité de perception ; mais ce n’est tout simplement pas suffisant :-)<p>Bon, Tolkien en cause-t-il ailleurs ?<br>Souvent, ce qui figure dans l’essai sur le conte de fées trouve des prolongements dans les Lettres :<p><font color="#008888">« J’apprends que <i>First Whispers of the Wind in the Willows</i> vient juste de paraître, et les critiques semblent bonnes. C’est publié par la veuve de Kenneth Grahame, mais ce ne sont pas, d’après ce que j’ai cru comprendre, des notes pour le livre [<i>Le Vent dans les saules</i>], mais des histoires (sur Crapaud et Taupe, etc.) qu’il a écrites dans des lettres destinées à son fils. Je dois me procurer un exemplaire, si possible. »</font><br>(Extrait de la lettre du 31 juillet 1944 à Christopher Tolkien, in <i>Lettres</i>, n° 77, p. 134)<p>Ce passage est intéressant dans la mesure où c’est à son fils Christopher que Tolkien parle d’une situation (en partie) analogue à celle que connaîtra la gigantesque tâche d’édition posthume de ses textes. Il y a bien sûr d’autres échos, comme ces histoires inventées à l’origine pour ses propres enfants.<p>Tolkien devait peut-être y songer, car il poursuit sur ses doutes liés à ce fameux projet de suite du <i>Hobbit</i>...<p>Le Brandevin et la Rivière coulent donc d’une même eau, et je crois que l’on pourrait faire plusieurs parallèles entre les aventures de Mr Taupe et celles des Hobbits.<p><br>En tout cas, ceux qui connaissaient depuis longtemps déjà <i>Le Vent dans les saules</i> auront probablement un demi-sourire, en me voyant m’enthousiasmer comme si je venais de découvrir que l’eau mouille... ;-)<br>Mais je sais que ce sera un amusement bienveillant, sans la condescendance de ces Olympiens décrits par Grahame dans ses <i>Jours de rêve</i> (cette fois-ci, ce sont les souvenirs de Pagnol et ses courses dans les garrigues qui ont accompagné ma lecture de ces souvenirs d’enfance de Grahame :-))<p><br>Sébastien
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| Coquilles dans 'Les Monstres et les Critiques' |
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Posted by: Dior - 15-06-2006, 21:11 - Forum: À propos des traductions
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Bon, si on a déjà relevé ailleurs quelques coquilles dans cette fort bonne traduction, toutes mes excuses. Sinon, <u>p. 20, 2ème § in fine</u> :<p><i>... l'intensité du sentiment que les hommes conféraient à ceux qui dont ils disposaient.</i> (vo : <i>... and profound feeling that they gave to such as they possessed.</i><p>Le "qui" est en trop, je suppose :-)
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