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| Toujours la religion? |
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Posted by: Semito Nazgul - 05-01-2004, 00:28 - Forum: Tolkien et la Littérature
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Bonjour à tous!:) <p>Juste en-dessous, j'ai été extrêmement interessé par la discussion. J'ai été spécialement interessé par la contribution de Jean qui est assez problématique, je pense. Elle repose sur l'obsession à vouloir "christianiser" littéralement l'oeuvre de Tolkien. Il s'agit en quelque sort de s'accaparer le SDA et accessoirement le Silmarillon. <p>Moi, je dis comme Melilot que le SDA est une oeuvre UNIVERSELLE. C'est ce qui fait la force de ce livre qui séduit un grand nombre de lecteurs dans le monde entier. Des catholiques, des protestants, des musulmans, des juifs, des bouddhistes, des shintoistes, des thaoistes, des athées, des orthodoxes, etc... ont adoré ce livre. <p>Cher Jean, je vous respecte infiniment et je comprends votre point de vue qui est subjectif et imprégné d'un certain "tribalisme". N'y voyez pas un quelconque manque de respect. C'est un simple constat. <p>Le SDA une oeuvre chrétienne??? <p>Sur quoi repose le christianisme et spécifiquement le catholicisme? Il repose sur le dogme de "Jésus fils de Dieu est mort sur la croix pour racheter le péché originel de l'Humanité et pour son salut et il est ressuscité d'entre les morts". <br>L'autre dogme, c'est celui de la Trinité à savoir que Dieu serait en trois personnes: le Père, le Fils et le Saint Esprit. <p>Ces deux dogmes sont quasi-absents du SDA et du Silmarillon. Au contraire, Eru ou Illuvatar (c'est au choix) est un Dieu Unique, doté d'une seule Nature. Il n'a pas de fils, ni... de fille:). A ce titre, Illuvatar est plus proche de la conception musulmane de Dieu (Allah) et de la conception judaique et donc sémitique, à savoir un monothéisme rigoureux, que de la conception chrétienne, ou d'une conception paulinienne et accessoirement hélénistique; N'oublions pas que des chrétiens d'Orients rejetaient la conception trinitaire de Dieu, conception paulinienne qui triomphera lors du Concile de Nicée sous l'impulsion de l'Empereur Constantin. Ce qui entrainera au passage un schisme en Orient et des persécutions. <p>Bon, on s'éloigne du SDA et de l'objet qui est l'oeuvre Tolkienienne. C'est normal, vous êtes d'emblée entré dans le sujet du christianisme, comme étant "à part", differente, spécifique ou originale. Pour ma part, je refuse l'essentialisme ou le particularisme. Le message de l'Islam est que tous les humains sont frères et qu'ils descendent tous d'Adam et Eve. Il faut qu'ils s'aiment, etc... Il faut aimer son prochain, même son "ennemi", sauf bien sûr lorsqu'il court vers vous, une hache à la main avec un rictus de haine sur le visage, sauf à être suicidaire. On voit bien qu'il faut aimer son ennemi modérément. ;) Sinon, le SDA introduit le concept de la chevalerie et de ses valeurs que les Croisés avaient appris des chevaliers musulmans dont l'archétype est Saladin. <p>Je disais que l'Islam partage les mêmes valeurs fondamentales que le Christinaisme car ces valeurs sont universelles et ne sont le monopole d'aucune culture propre. <p>Bien entendu, on a aussi fait un proces d'intention à Tolkien en l'accusant de "glorifier" l'Occident. Il faut juste voir que Tolkien baigne dans un milieu culturel propre, qu'il a une histoire personnelle et qu'il est aussi le produit de son temps. Pour ses héros, il s'est référé à sa propre culture locale ce qui est légitime et compréhensible. Moi-même, j'aime beaucoup l'Illiade et l'Odyssée et pour autant, je ne suis pas un disciple de Zeus ou de Neptune. Si je regarde Ulmo, je pourrais être tenté de dire que l'oeuvre de Tolkien serait inspirée de la Grèce Antique... <p>Pour conclure, il y a un point qui m'interesse, c'est celui de l'anthropomorphisme. A quoi ressemble Eru? On ne le sait pas. En Islam, il est dit que Dieu ne ressemble à aucune de ses créatures. En ce sens, Eru serait plus proche du concept de Dieu en islam qu'en christianisme. <p>Autre chose aussi, dans le SDA, il y a aussi l'animisme avec les forces de la nature et les esprits bons ou mauvais comme le Caradhras. On est loin du christianisme.
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| Tolkien et la musique |
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Posted by: Rydiel - 04-01-2004, 20:34 - Forum: Tolkien sur JRRVF et les médias
- Replies (7)
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Je voulais savoir ce que, en tant que connaisseurs de l'univers tolkienneste (tolkiennique ? Tolkiennien ?), vous pensiez des adaptations musicales de ce dit univers ?<p>Avec par exemple Nigthfall In Middle Earth de Blind Guardian, Dol Guldur de Summoning, et plein d'autres ????<p>Le style en lui même est métal, si jamais vous connaissez des adaptation dans un autre style musical, faites petez l'info ^^<p>Pour ma part, en tant que bon fan de tout ce qui contient de la bonne grosse gratte, je trouve ces album fort sympathiques, et surtout si on regarde le coté structurel, technique, et melodiques plus attentivement, on en est sur le cul ^^
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| Prologue au Retour du Roi |
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Posted by: Moraldandil - 03-01-2004, 23:33 - Forum: Les Adaptations et créations
- Replies (38)
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Le plan d’ouverture du <i>Retour du Roi</i> nous gratifie de la vue exaltante d’un lombric en gros plan. La séquence qui suit est d’un intérêt tout aussi considérable. On y voit deux semi-débiles s’ébattre dans une piscine bleu-néon au fond bourbeux – manifestement non curée depuis bien longtemps – puis se disputer un objet rond, poli et doré à grand renfort d’étranglements mutuels, sur fond sonore entêtant. Le plus sibilant des deux l’emporte. Bouh, le vilain. Vilain, il le devient d’ailleurs de plus en plus. Ah tiens, c’est le futur Gollum ? Curieux, il m’avait donné auparavant le sentiment d’être moins abruti ; la Chose stimulerait-elle les facultés intellectuelles de son porteur ?<p>Trêve de plaisanterie. Outre m’avoir presque fait sortir dès le début de la projection, cette scène d’une bêtise consternante m’a fait m’interroger. En particulier, à quoi sert-elle au juste dans l’économie générale de ce... de cette... disons affaire ? Qu’apporte-t-elle exactement, à part bien entendu une scène de verminoscopie dont Peter Jackson semble friand ?<p>Le plus plausible est qu’il s’agit d’évoquer l’origine lointaine et para-hobbitale dudit Gollum alias Sméagol. Assurément, le point ne manque pas d’intérêt. Mais était-il bien nécessaire d’en passer par là, je me le demande. <i>Les Deux Tours</i> n’avaient déjà pas manqué de faire allusion à plusieurs reprises au passé du personnage. Nous avions déjà appris son premier nom et sa parenté par la bouche de Frodon dans les Marais des Morts. Le débat nocturne schizophrène entre Sméagol et son double Gollum dans l’Ithilien avait laissé entrevoir qu’il s’agissait d’un meurtrier, et l’on avait déjà pu voir à l’œuvre à plusieurs reprises sa tactique préférée… Quant à la longévité surnaturelle apportée par l’Anneau, elle avait déjà été exprimée et montrée plusieurs fois. Bref, tout était déjà dit, non ?<p>Apparemment non, puisqu’il a été jugé nécessaire de tout remontrer. Il faut croire que les spectateurs ont été considérés comme incapables de faire le lien entre toutes ces allusions, incapables de penser par eux-mêmes et reconstituer par là le parcours de Gollum. C’est décidément une caractéristique de ces trois films de vouloir montrer, montrer, montrer à toute force et sans nuance au lieu de suggérer et laisser aux spectateurs une certaine liberté d’imagination. Dommage de se priver ainsi d’un chemin sûr pour amener l’émotion.<p>Ah, mais... spectateurs, ai-je dit ? Quelle erreur ! Que nenni, il s’agit bien entendu de consommateurs de pop-corn à usiner. Tout s’explique.<p>Moraldandil<br>
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| L'ordre des magiciens |
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Posted by: Coincoin - 02-01-2004, 19:32 - Forum: Le Légendaire
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Donc j'aurai une petite question concernant les magiciens dans le monde de Tolkien. Dans l'histoire, je ne me souviens pas avoir entendu parler d'autres magiciens que Saroumane et Gandalf, or l'"ordre des magiciens" est plutôt décrit comme-ci il y en avait plusieurs (en tous cas plus que 2...). Est-ce que quelqu'un pourrait m'éclairer sur cet ordre des magiciens, qui, de plus, ne participe vraiment pas au conflit (et Saroumane est apparemment le seul magicien dans sa tour...). Alors, est-ce que les magiciens ne sont qu'au nombre de 2 en terre du milieu?
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| Bonne année 2004 ! |
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Posted by: Cédric - 01-01-2004, 11:15 - Forum: Tolkien sur JRRVF et les médias
- Replies (8)
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A toutes à tous, ainsi qu'à vos proches, je vous souhaite une très bonne année 2004. Que celle-ci soit source de joie et voit tous vos projets se réaliser ;-)<p>Puisse JRRVF vivre encore longtemps ! ;-)<p><br>Cédric.
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| Les 3 Péchés de P. Jackson |
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Posted by: Elros - 31-12-2003, 18:48 - Forum: Les Adaptations et créations
- Replies (10)
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Salut,<p>Je suis nouveau sur le forum et je précise tout de suite que je suis un parfait béotien en matière cinématographique tout à fait incapable d’analyser, si ce n’est d’apprécier, les subtilités de la technique de cet art.<p>J’ai lu beaucoup de choses intéressantes sur ce forum mais j’ai l’impression certains points à mes yeux fondamentaux n’ont pas été suffisamment abordés. Merci de bien vouloir me pardonner si tel n’est pas le cas.<p>Si je n’ai pas « détesté » les films de PJ, qui contiennent tout de même certains morceaux de bravoure, je dois bien dire qu’ils ont un peu laissé sur sa faim le fanatique de Tolkien que je suis. Je suis sorti de la salle (suite au visionnage des 3 films d’affilée) avec la désagréable impression de n’être jamais vraiment « rentré » dans l’histoire. Plus encore, les gens que j’avais « trainés » à la projection sont sortis en disant « ouais bof », sensation d’autant plus désagréable que j’étais incapable de leur objecter quoi que ce soit. Pour parler franc les films de PJ ne m’ont pas vraiment fait « rêver », particulièrement les deux derniers opus (la communauté est à mon avis, et de très loin, le meilleur film des 3).<p>Ma dernière lecture du SDA datant de quelques années déjà, j’ai été pris d’un doute : mon souvenir aurait-il « idéalisé » l’œuvre ? Pour régler la question, j’ai procédé à une relecture fiévreuse du SDA. Cette relecture a posteriori m’a permis de constater :<br>1. Que l’œuvre de Tolkien était encore plus belle que dans mon souvenir ;<br>2. Que décidément, il devait y avoir qque chose de pourri au royaume de la New Line<p>Ne reculant devant aucun sacrifice (compte tenu du prix délirant qu’ont atteint les places de cinéma s’entend), je suis retourné voir le film (le 3e seulement) et j’en ai tiré quelques conclusions que je souhaiterais partager avec vous.<p>Sans revenir sur les innombrables incohérences qui émaillent le film (fort bien décrites par ailleurs dans le forum), il me semble avant tout que PJ a « péché » sur trois points fondamentaux qui ont dans une certaine mesure dénaturé l’œuvre du maître. <p>J’emploie le terme « péché » non seulement parce que cela me permet une « accroche », mais aussi et surtout parce que l’œuvre de Tolkien possède à mon sens une dimension chrétienne fondamentale qui a été méconnue par Jackson. Ces trois « péchés » concernent :<br>- le point de vue utilisé ;<br>- la gestion du (des) temps du récit<br>- le traitement des notions de bien et de mal<p>I. Le point de vue utilisé ;<p>Le SDA est, comme PJ ne manque d’ailleurs pas de le montrer, issu d’un livre écrit par des Hobbits, sur la base de leur propre expérience ou de ce qu’on leur a rapporté. Vivant à l’écart, ces derniers n’en connaissent au départ pas beaucoup plus long que le lecteur sur la « grande histoire » de la Terre du milieu. Ce dernier peut donc la découvrir progressivement à travers leurs yeux et partager leur émerveillement.<p>Si ce point de vue est parfois respecté par PJ (cf. la scène de la salle commune à l’auberge du poney fringant qui compte selon moi parmi les meilleures de la trilogie), il s’en écarte bien trop souvent et malheureusement de plus en plus au fur et à mesure que le temps passe. J’en veux pour preuve les trop fréquentes références au Silmarillion et le trop grand recours aux prises de vue d’hélicoptère (d’accord c’est joli, mais est ce que ça ne casse pas un peu la magie du récit ?). Par exemple, qu’est ce que la vue du ciel d’un masse de cavaliers au galop générés par ordinateur ajoute à la harangue de Théoden pour motiver ses troupes avant le combat ? On pourrait multiplier les exemples de ce type….<p>Du coup le spectateur, bombardé de retours en arrière et de références diverses, est pris dans un tourbillon d’informations qu’il a du mal à digérer d’un seul coup. Le résultat est que souvent il n’y comprend goutte (au mieux) ou il a l’impression que l’histoire est « bricolée » (au pire). C’est en tout cas ce que m’ont dit ceux qui n’avaient pas lu le livre, et je dois bien avouer que j’étais moi même un peu perdu (ma dernière lecture avant le visionnage datait comme je l’ai dit de quelque temps…). <p>II. La gestion du (des) temps dans le récit<p>Un des points les plus remarquables du roman est pour moi la réflexion qu’il induit sur le temps qui passe et sa relativité. Ce point participe largement à l’évasion qu’il procure. L’anneau lui même est d’ailleurs directement relié à cette notion de temps puisqu’il allonge la vie de son porteur et le place du même coup dans un « autre temps » <p>Si le récit lui même est assis sur le calendrier de la Comté (cf. point 1), véritable référentiel qui lui donne sa vraisemblance, la relativité du temps qui passe est consubstantielle aux personnages puisque chacun vit dans un temps qui dépend de sa nature et de l’histoire de son peuple : le temps des elfes (qui se termine), le temps des Ents, le temps des Maia, le temps des Dunedains, le temps des hommes du commun, le temps du Balrog (« l’ancien temps ») etc.<p>Ce qui est « ancien » pour un homme n’est pas la même chose que pour un elfe, un Ent, ou un nain. Continuellement, le roman va de la description de l’événement ponctuel à la mise en perspective dans une histoire plus vaste qui lui donne une ampleur magnifique.<p>De ce que j’ai vu, PJ laisse largement ce point de côté (à défaut de clins d’œils mais qui, sortis de leur contexte paraissent décalés) pour se concentrer sur l’histoire factuelle de la guerre de l’anneau ( ce qui ne l’empêche d’ailleurs pas de multiplier les incohérences spatio-temporelles largement dénoncées par ailleurs et sur lesquelles je ne reviendrai pas). J’avais de grands espoirs en voyant le tout début du 1er volet (cf. « le monde a changé etc. »), force est de constater qu’ils ont été déçus.<p>Je ne sais pas s’il était possible de rendre ça dans un film (encore une fois, je ne suis pas cinéaste…) mais c’est à coup sûr quelque chose qui fait cruellement défaut.<p>III. Les notions de bien et de mal<p>On touche là au point qui m’a le plus déplu. Les 3 films tombent en effet volontiers dans un manichéisme bon teint, selon moi totalement étranger à l’œuvre de Tolkien, mais qui donne du grain à moudre à ses détracteurs. Combien, sans avoir lu le livre, sont sortis du film en disant : « finalement, Tolkien, c’est bien ce que je pensais : les gentils aryens contre les méchants métèques » Scrogneugneu !!!!!!<p>Si les notions de « Bien » et de « Mal » sont présentes dans l’œuvre, elles ne sont en effet pas directement attachés à des personnes « concrêtes » (je n’aime pas ce terme mais n’en trouve pas de meilleur). Suivant en cela la tradition chrétienne, Tolkien montre que la frontière entre le bien et le mal traverse le cœur de chaque être libre de la Terre du Milieu qui bascule tantôt d’un côté, tantôt de l’autre en fonction des circonstances. Le rapport Bien/Mal est ainsi remplacé par le rapport corruption/ rédemption, beaucoup plus riche à mes yeux.<p>Au contraire, PJ nous donne à voir un monde dans lequel (en caricaturant un peu quand même) s’opposent « l’axe du mal » Isengard-Mordor contre les « Alliés » du bien Rohan-Gondor-Lorien….<p>C’est faire bon marché de la double nature de la quasi totalité des personnages : cf par exemple Saroumane (que Gandalf essaiera d’ailleurs de ramener à la raison jusqu’au dernier moment), Galadriel (la « terrible enchanteresse » devenue la sainte vierge en personne), Frodon, Boromir/Faramir (qui ne sont que l’endroit et l’envers d’une même médaille), les hobbits "collabo" de la Comté, les hommes de Sauron (dont Tolkien nous montre la bravoure dans la scène superbe devant les portes noires après la destruction de Sauron :<br>« Et ceux qui étaient le plus profondément et depuis le plus longtemps en mauvaise servitude, haïssant l’Ouest, mais qui étaient des hommes fiers et hardis, se rassemblèrent pour une ultime résistance et une bataille désespérée » ) etc. etc. etc.<p>Les lieux décrits dans le livre sont eux mêmes empreints de cette ambivalence bien/ mal : cf par exemple la Moria, l’Ithilien, la vielle forêt, Fangorn, les marais des morts…<p>La lecture simplificatrice de PJ explique sans doute son incapacité à traiter les personnages qui sont le plus difficile à ranger d’un côté ou de l’autre. Ils sont soit passés sous silence (Tom Bombadil, …) soit « massacrés » (Denethor, Sylvebarde). A noter toutefois une exception qu’il faut souligner 3 fois : le personnage de Gollum, absolument magnifique. Rien que pour ça, le film vaut la peine d’être vu et j’aurais aimé que tous les personnages aient cette présence.<p>D’une manière générale, la « projection » des personnages sur un axe Bien/Mal est un obstacle au processus d’identification dont j’ai fait l’expérience dans le livre.<p>Cette lecture simplificatrice explique peut être aussi la représentation de Sauron qui est sans doute le ratage le plus retentissant de l’adaptation cinématographique. Outre le caractère à mes yeux très inesthétique de ce phare/projecteur qui illumine le pays de Mordor (au fait, je croyais que c’était le pays « où s’étendent les ombres » …), il a pour défaut de focaliser la perception du Mal sur un « super méchant ».<p>Voilà. Il reste que les 3 films représentent une prouesse qu’il convient de saluer et qu’ils auront au moins pour mérite de faire parler de l’œuvre de JRRT.<p>Bon réveillon à tous<p>Elros<br>
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| Droit de réponse à Szpako |
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Posted by: Pierre de Lune - 31-12-2003, 00:33 - Forum: Espace libre
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Même si ce droit de réponse ne m'est pas nomément désigné, je pense qu'il appelle lui aussi des réponses :-)<p>>>>"Je reconnais au christianisme 2 vertus dont je ne partage pas la compréhension : cest lhumilité et la résignation par rapport à la nature de lhomme(ça va ensemble et tolère lesclavage !!) "<p>Juste une question, dans tolérance, est-ce ici le sens authentique du mot, au sens d'endurer qui est employé, ou alors le sens moderne qui est plus proche de la complaisance et de l'estime ?<br>Ce qu'on tolère, à la base, c'est quelque chose que l'on considère comme négatif, et que l'on a soit pas le choix, soit pas la volonté d'éradiquer.<br>Si l'on regarde d'où vient la chrétienté, ontologiquement, elle est fondamentalement anti-esclavagiste. D'une part de par le peuple élu de Dieu, qui fut esclave en Egypte et à Babylone. On ne trouve pas de complaisance à l'égard de l'esclavage dans les écritures "celui qui volera un homme et le vendra, mourra dès que son crime sera connu" Livre de l'Exode.<br>Le Christianisme est d'abord une relgion des petits, qui peu à peu, a gagné les puissants.<br>Ensuite, on peut considérer que l'Eglise a été tolérante avec l'esclavage, au fort du mot. Ne pouvant l'accepter moralement (il a été plusieurs fois condamné), elle l'a accepté dans les faits, soit sous une forme atténuée (servage en europe) soit sous une forme directe (traite des esclaves, même si dès le XVIe siècle, les condamnations de l'esclavage aux amériques arrivent.) La relation est ambigue comme je le dis, parce que l'esclavage fut (et hélas est toujours dans certaines parties du monde) une composante du monde économique. Insupportable à nos yeux, mais elle ne le fut pas toujours. Pour l'Affranchi de Rome, avoir des esclaves est le signe d'une promotion sociale. Des civilisations brillantes se sont constuites sur l'esclavagisme, parce qu'il permettait d'importer artificiellement des travailleurs dans des contrées vides d'hommes (cf Braudel, grammaire des civilisations).<br>Dire que l'Eglise tolère l'esclavage est donc ambigu, car elle ne fut pas l'un de ses vecteurs, mais plutôt un frein à son développement pour les raisons qui font que les valeurs chrétiennes (propres ou syncrétisées) sont fondamentalement opposées à l'exploitation des hommes par leurs semblables. Le message du Christ n'est-il pas, avant l'humilité ou le devoir, que nous sommes tous enfants de Dieu et donc frères ? Il va au-delà de la tolérance.<br>Si l'Eglise fut donc parfois historiquement coupable de compromissions avec l'esclavage (pour adopter un point de vue contemporain) cela n'est pas lié à ses valeurs, mais aux structures et à la conjoncture longue des sociétés. On peut lui repprocher de ne pas les avoir combattues ou réformées, mais pas de les avoir favorisées.<p>>>>>"Des hommes qui veulent vivre debout ne peuvent les partager .<br>Les autres (vertus) le christianisme na fait que les emprunter et moi je me réjouis du partage !!<br>Quels que soient les lieux ou les époques les notions dhumilité et de devoir de servitude nont jamais été utilisés que pour opprimer en toute sérénité."<p>De servitude, oui en quelque sorte... mais tout dépend de si on considère que Sam est en état de servitude ou de service, vis à vis de son maître. Un serviteur n'est pas un serf ou un esclave ;-). Quant à un devoir de servitude, je ne comprends pas trop à quoi il fait référence ?<p>L'humilité "vertu qui nous donne le sentiment de notre faiblesse, de notre insuffisance" (Littré) et la racine latine est d'après mon Gaffiot, la même que l'humus, dont l'humble est celui qui est peu élevé, proche du sol.<br>On voit en effet une connection avec la servitude, l'esclave qui se prosterne devant le maître, ou alors celui qui est peu élevé dans la hiérarchie.<br>Mais l'humilité, devenue vertu au XIX (le christianisme est passé par là) est le fait de prendre conscience de ses insuffisances par rapport à Dieu, de sa propre finitude. Et conscient de cela, effectivement, on s'éloigne de valeurs comme l'orgueil, et on privilégie dans l'honneur le devoir à l'ostentatoire.<br>De là à considérer que l'humilité est un sentiment qui favorise le fait d'être dominé et réduit en esclavage, je n'en suis pas sûr. La démarche de Gandhi me semble un excellent exemple de ce que peut être l'humilité et à travers elle le refus de la domination.<br>Gandhi n'est pas chrétien ? Tant mieux, bien des chrétiens ne sont pas humbles, et heureusement que l'humilité n'est pas leur monopole. De même, l'humanisme est fondamentalement chrétien, mais tous les humanistes ne sont pas chrétiens (ni tous les chrétiens qui se revendiquent comme tel ne le sont.)<p>Mais il faut, pour voir dans la posture humble un source de grandeur, se représenter la rupture morale profonde qu'est le Christ. Lui qui se dit roi, et qui refuse de prendre les armes. Aujourd'hui cela nous semble banal... mais dans le contexte de la Judée romaine, et de ce monde, le fait que le fils de Dieu soit un homme qui vive parmi les humbles, ça fait sacrément tache... et ça rompt justement avec une vision du monde où l'humble est soumis. Jésus ne se laisse pas dominer, il accepte l'autorité de Pilate (il empêche Pierre de tirer le glaive contre ceux qui viennent l'arrêter) mais jamais il ne revient sur sa parole, ou ne se dédit. Bref, l'humilité n'est pas dénuée de courage, ni de détermination.<p>>>>>"Je préfère un Sam qui allie amour et admiration à un Sam qui associe Amour et servitude ! Cest encore une des raisons pour lesquelles à défaut de Gollum, jaurais poussé Sam à se jeter dans les flammes avec Frodon vaincu. Cest cela pour moi le don de soi jusque dans la mort !"<p>C'est une vision. Mais pour moi, elle ne colle pas avec Sam, car il est humble et donc rejette l'orgueil. Or se jeter dans les flammes avec son maître, c'est prendre la posture de celui qui se substitue au destin. Sam l'affirme plusieurs fois : l'anneau ce n'est pas son affaire, il ne veut pas le prendre, puis il ne peut le porter, lui peut au mieux porter Frodo qui porte l'anneau.<br>C'est la posture humble par excellence, car Sam a conscience de ses propres limites, il est celui qui est proche du sol (est-ce un hasard s'il est jardinier ;-)<br>Mais dans sa posture humble, il est finalement celui qui est le moins soumis : il ne peut porter l'anneau, mais bon, il porte Frodo lui-même ! N'est-ce pas une preuve de détermination incroyablement supérieure à l'attitude rationnelle qui aurait voulu de prendre seulement l'anneau (attitude rationnelle de surface, j'entends bien).<br>En l'occurence, je ne vois rien de servile dans son acte. Sam est là par son libre arbitre (cf l'important passage du Tol Brandir, où Frodo entend partir seul, et Sam le supplie de l'emmener.) Il y a plus que de l'admiration de Sam pour Frodo, d'ailleurs, y a-t-il seulement admiration, c'est à dire envie de prendre Frodo comme modèle ? Sam aime profondément Frodo, mais il a conscience des différences irréductibles qu'ils ont l'un et l'autre.<br>Mais il n'est pas servile pour autant. Il est dévoué, ce qui est différent, car c'est lui qui accepte de conduire sa vie ainsi.<p><br>On pourrait ensutie arguer longuement du déterminisme social, qui a conduit Sam à devenir un serviteur, négation de lui-même, etc, etc... mais c'est un autre débat, beaucoup plus politique, et beaucoup moins sur la logique qui sous-tend le SdA.
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| de la puissance de l'anneau et de ses effets sur les creatures de la terre du milieu |
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Posted by: Iluvitar - 28-12-2003, 23:58 - Forum: Le Légendaire
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Il semble que l'anneau a une caracteristique particuliere majeure(pour les humanoides),il fait disparaitre...Néanmoins on note qu'il possede differents autres effets.De fait il semble que les creatures ressentent differement son "aura" nefaste,on peut signaler que des creatures comme les Orcs ou les trolles ressentent immediatement sa disparition(les nazgûls sont evidement à part tout comme Sauron),d'un autre coté Tom Bombadil lui ne connait pas de contrainte vis-à-vis de l'Unique.Je me demande donc dans quel mesure l'anneau a-t-il le pouvoir d'agir sur les gens?Et dés lors qu'elles en sont les consequences?<br>D'autre part je voudrais soulever une question connexe.On sait que Gollum était un hobbit,et on sait que Bilbo en est un.Alors j'aimerai savoir pourquoi Bilbo ne s'est pas "transformer" en une créature assimilable a un Gollum...Est-ce que sa transformation vient directement de l'Unique ou est-ce simplement une mutation dù a son exil prolongée sous la montagne?Peut-etre aussi que cette mutation n'opère que dans les moments ou la créature porte l'anneau a son doigt?Par consequent on en revient a la question première(si tant est de croire que Gollum la porté durant le temps qu'il a passé sous la montagne,donc trés longtemps,se qui ne semble pas etre le cas ...)<p>Bref je me perd dans mes idées,j'espere vos reponses nombreuses.<p>Namarïe
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| De la mort de Gollum |
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Posted by: Iluvitar - 28-12-2003, 23:44 - Forum: Le Légendaire
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D'aprés est-il"juste" que Gollum meurt?<br>Aprés tout il ne fait que subir des pulsions dont il n'est même pas le créateur,mais cependant sa mort est le seul moyen qui lui permet d'enfin se liberer de l'emprise de l'anneau.<br>Alors dites moi,qu'en pensez-vous?
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| Conte de Noël : L'Atout du père Noël |
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Posted by: Lambertine - 28-12-2003, 17:07 - Forum: Espace libre
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le Conte de Noël qui m'est venu cette année à l'esprit n'ayant rien à voir avec Tolkien, amis avec l'univers d'un autre écrivain, en occurence Roger Zelazny, je préfère le poster ici plutôt que dans "Votre Nouvelle".<p>----------------------------------------------------------------------<p>Chapitre 1. New York 2003<p>De retour. Après dix-huit ans d'absence, j'étais de retour sur l'Ombre-Terre. Le fils cadet de Bill, Bryan, l'avait invité à passer les fêtes de Noël chez lui, dans sa nouvelle maison de Greenwich Village, et je l'avais accompagné. C'était la première fois que je quittais Ambre depuis ma libération. Encore convalescent, je retrouvais le plaisir des choses de la vie, banales, sans doute, mais précieuses et irremplaçables pour qui en a été privé pendant de longues années. le fumet d'un bon repas. les paroles simples d'un ami. les flocons de neige tombant sur vos épaules.<p>Je déambulais dans les rues de New York. New York, ma ville dans cette Ombre. Ariane m'accompagnait, silencieuse. C'était son premier séjour dans ce qui fut si longtemps mon pays, et, malheureusement, peut être pas le meilleur moment pour une Française pour le découvrir. La guerre. La guerre avait créé des barrières entre les nations. Une guerre dans laquelle j'aurais sans doute été impliqué si ma vie avait suivi son cours terrestre. J'aurais servi Bush, certainement, comme j'avais autrefois servi Kennedy, Mac Arthur, Napoléon ou Turenne. Mais je n'étais plus maintenant qu'un étranger, et, bizarrement pour un vieux soldat sans scrupules, je m'en félicitais. Je n'aimais pas cette guerre, pour le peu que je connaissais d'elle. Et j'aimais la présence à mes côtés d'Ariane la française.<p>Nos pas nous menèrent bientôt vers Rockefeller Center. Cet endoit n'avait pas changé. La même patinoire attirait les enfants sous le grand sapin illuminé que vingt, trente, ou quarante ans plus tôt. Les rires parvenaient à nos oreilles. Un cantique de Noêl résonnait dans l'air. Je me fis la réflexion que, cette chanson, c'était moi-même qui avais dû l'écrire. Il y avait si longtemps de celà... J'entraînai Ariane sur la patinoire. Elle était maladroite. Moi aussi. Elle riait. Les flocons de neige auréolaient ses cheveux noirs d'une douceur blanche. Immaculée. Je me pris à lui sourire.<p>Longtemps, longtemps, nous avons marché dans la ville en fête. La Cinquième Avenue. Central park. Washington Square. Wall Street.<br>Wall Street sans ses tours jumelles....<br>La guerre n'était pas qu'ailleurs. Elle était venue ici, et la ville en gardait la cicatrice. Ground Zero.<br>Je soupirai. <br>C'est aux cicatrices que l'on reconnaît l'effet du temps qui passe.<br>Je hélai un taxi, m'y engouffrai avec ma compagne, donnai l'adresse de Bryan. Le chauffeur entama la conversation.<br>- Vous n'êtes pas d'ici, à ce que je vois.<br>- J'ai vécu dans la région, répondis-je. Il y a longtemps.<br>- Avant cà ? demanda-t-il en me désignant Ground Zero.<br>- Avant çà.<br>- Quand on voit çà, reprit-il, on se rend compte que tout ce qu'on peut dire, Noël, l'Amour, et tout le reste, c'est du baratin. Juste bon à enrichir les restaurateurs et les marchands de jouets.<br>Ariane baissa la tête et mis la main dans la mienne.<br>- Il y a du bon en ce monde, pourtant, tentai-je de répondre.<br>J'en avais pourtant vu le mauvais côté plus souvent qu'à mon tour. Et j'avais rarement lutté contre lui.<br>- Du bon ? Dites çà aux parents des boys qui se battent, là bas, dans le désert. Dites-le à ces types qui crèvent de froid, sans un toit sous lequel s'abriter. Dites le à ces gamins qui meurent dans les hôpitaux. Du bon ? Pour les riches, et les puissants, sans doute...<p>J'étais riche, et j'avais été puissant. Plus puissant que le plus puissant des hommes. Pouvais-je dire à ce chauffeur de Taxi que celà n'apporte pas nécéssairement le bonheur ? Et sûrement pas la paix ?<p>Je payai la course, sonnai. Bryan vint nous ouvrir.<br>- Enfin, Carl, me dit-il. Vous en avez mis du temps. mais entrez, entrez. Il fait froid à en mourir.<br>Et pendant que nous ôtions nos manteaux, il continua.<br>- Dites, à propos... Je ne veux pas vous forcer, et vous pouvez dire non, si celà vous dérange. Mais j'aimerais que vous me rendiez un service...
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