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  Probleme de prononciation
Posted by: Calmacil Eldatur - 28-06-2003, 10:21 - Forum: Les Langues Inventées - Replies (7)

Sachant qu'en espanol on doit prononcer toutes les lettres, mais que le "qu" se prononce quand meme "k" au lieu de "qu", ce qui serait plus logique, qu'en est-il en quenya (ou en elfique de maniere générale)?

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  Bateaux et diverses embarcations
Posted by: Angelyn_Lothlinde - 27-06-2003, 19:06 - Forum: Hors du Légendaire - Replies (38)

J'ai cherché dans plusieurs endroits et n'ayant rien trouvé je fais appel à vos connaissances. <br>Quelqu'un peut-il me renseigner sur la nature des embarcations qu'on utilisait au 3ème âge?<br>S'agit-il de galères, de drakkars ou snekkars à la manière scandinave, de galions...?<p><br>

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  Marrant et invraisemblable
Posted by: Elengal - 27-06-2003, 14:04 - Forum: Les Adaptations et créations - Replies (48)

Je ne sais pas si ça vallait le coup d'ouvrir une session pour ça, mais je ne savais pas ou le caser.<br> Lorsque vous aurez l'occasion de revoir les Deux Tours (ou si c'est déjà fait), faites attention au moment ou Eomer et ses cavaliers rejoignent Aragorn, Legolas et Gimli. Ils discutent, Eomer leur donne des chevaux et il repart. Et là incrédule, je vois l'épée d'Eomer qui sort de son foureau...et se casse la figure.<br> Cela m'a tout d'abord fait marrer, et puis je me suis posé quelques questions:<br>Mais comment ont-t-ils pu laisser passer ça? Ils se sont certainement passé le film en boucle pendant des jours avant de le sortir et de plus, l'équipe de PJ semble avoir un grand soucis du détail. En plus, lorsque l'épée tombe, Aragorn est au plus à 1m de celle-ci, il est donc impossible que l'acteur ne l'ai pas vue lors du tournage. Et puis, une épée qui tombe c'est bruyant, ça se voie, ce n'est pas un petit objet. Son poid devait d'ailleurs peser pour l'acteur jouant Eomer qui aurait du donc s'aperçevoir qu'elle tombait. Cela aurait-il alors été intentionnel, PJ voulant faire un clin d'oeil à un pote ou un truc comme ça? Ceci est tout de même invraisemblable.<br>Cela étant dit, ce n'est qu'un petit détail qui ne nuit pas au film, mais bon.<br>

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  Athena, Ares, JRR et le Cryptonomicom
Posted by: Coeur de Canard - 26-06-2003, 17:04 - Forum: Tolkien et la Littérature - Replies (8)

<br>Salut <p>Je viens de finir le bouquin de Neal Stephenson. C'est un polar sympa mais aussi c'est interressant par raport au SDA a deux titres.<p>D'abord vers la fin, il y a un developpement partant sur l'etonment qu'Athena puisse etre deesse de choses aussi differentes que la sagesse, la guerre et le tissage.<br>L'idee, c'est quand on parle de sagesse dans ce cas il s'agit de metis (traduit en anglais par craft, et generalise dans le terme plus noble (par rapport a savoir faire) de technologie et non de dike (sagesse d"ancien", de philosophe par exemple). (il faut peut etre rappeller la naissance d'Athena: Zeus avait engrosse Metis, or on avait predit que le fils de Metis serait plus puissant que son pere, pour eviter tout risque Zeus avale Metis. A partir de la deux version: 1) Zeus est pris de mal de tete, Hephaistos lui ouvre le crane et Athena en sort en arme, 2) Athena sort de la cuisse de Jupiter -- qu'en on sait que la cuisse est l'euphemisme habituel pour les organes genitaux, on se dit que ca a du etre pitoresque ...)<p>Bon on considere Athena comme la deesse de la technologie, on comprend mieux comment elle peut etre a la fois deesse de la guerre et du tissag. D'autant plus que contrairement a Ares, elle ne se lance pas dans le corps a corps , elle ne particpe pas de la rage de la battaille.<br>Bon, les grecs preferaient clairement Athena a Ares (si vous etez pas convaincu ouvrez votre Bailly et cherchez Ares ou trouvez l'extrait que j'ai recopier quelques part sur le forum).<p>Maintenant si on regarde la deuxieme guerre mondiale, la victoire finale a ete pour grande part du a la technologie (pas uniquement la bombe mais aussi le cassage des codes de l'axe et du japon et le radar). <br>L'idee c'est que les allies on gagne la guerre parcequ'il preferait Athena a Ares, contrairement aux nazis.<p>En effet, selon Stephenson, le dieu scandinave qui a un attribut d'inventeur c'est Loki. Et on peut pas dire qu'il ai vraiment bonne presse. Par contre Thor ....<p>Bon maintenant on peut pas dire que Tolkien est ete un fan de technologie. <br>Meme on peut comprendre le SdA comme une quete pour la destruction de la technologie (Cf. une citation de JRR faites par Vinch' quelques part ou JRR met explicitement en parallel la bombe et l'anneau.<br>C'est coherent avec la detestation par JRR d'Hitler, coupable d'avoir denaturer les mythes nordiques et ce rejet mythologique de la technologie.<p>D'un autre cote, un des heros, lecteur du SdA est ancien joueur d'AD&D, fait des parrallele du genre lui et d'autres personnages en terme archetypaux tolkienin (nains, hobbits, elfes). Ca semble ne pas preter a consequence, jusqu'a ce qu'un des personnages "revienne d'entre les morts"et s'identifie clairement a Gandalf et que les choses s'eclaire partiellement. Au finale le heros, comprend que l'echec avec son ex est du a l'attente de celle ci d'un homme dominateur a la Aragorn pour au final epouser la "vierge guerriere". <br>Ca prend a contre pied la aussi le SdA (notament parcque les personnages ont une sexualite, y compris "Gandalf" qui est sense etre pretre membtre d'une socite vaguement secrete.<p>Bon ca serait beaucoup dire de pretendre que le Cryptonomicon est une reecriture du SdA du cote d'Athena mais il y a un peu de ca.<p>A+<p>CdC<p><p><p>

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  Votre Nouvelle - 10
Posted by: Lambertine - 26-06-2003, 14:50 - Forum: Votre Nouvelle - Replies (113)

Premier contact avec la Comté pour mon jeune Gondorien. Voir l'Arbre de la Dame, si çà vous intéresse.

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  JRRVF : Cinquième anniversaire et mise à jour
Posted by: Cédric - 24-06-2003, 13:24 - Forum: Tolkien sur JRRVF et les médias - Replies (30)

Cher(e)s toutes et tous,<p>Ca y est, avec un jour d'avance, je proclame le cinquième anniversaire de JRRVF ;-)<br>Que de chemin parcouru, de rencontres et de bons moments passés en votre Compagnie.<br>La route est encore longue mais je prendrai un grand plaisir à la suivre.<p>Marquons donc cette anniversaire par des voeux de bonne suite mais aussi par des ajouts à son contenu.<br>Première salve de nouveautés : <br>- L'arrivée d'Eric Faure-Brac parmi les illustrations de Tolkien présentés sur <i>JRRVF</i>. Encore un talent que je vous laisse découvrir de suite : <a href="/artistes/eric/eric.html">Eric Faure-Brac</a><br>- Des nouveautés de David Thierree, auteur des <i>Darkarts</i> : <a href="/artistes/dark_arts/darkarts.html">David Thierree</a><br>- Vous aurez peut-être remarqué l'ajout du lien en haut de la page principale du forum. Ce nouveau lien "Recensement" renvoie bien sûr sur la liste des membres collectée et classée par notre ami Vinchmor : <a href="/forum/recensement.html">Recensement</a>. <p><br>Encore une fois, je ne le dirai jamais assez, je remercie celles et ceux qui ont fait de <i>JRRVF</i> ce qu'il est aujourd'hui.<p><br>A tout à l'heure pour d'autres nouveautés,<br>Cédric.

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  jours et mois
Posted by: Lothlorien - 23-06-2003, 11:29 - Forum: Les Langues Inventées - Replies (8)

Bonjours!<br>J'aimerais savoir si les jours de la semaines et les mois avaient des noms en elfique? (quenya ou sindarin, sa m'est égal)<br>Si vous en connaissez dites le moi!!!<br>Lothlorien

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  La cloche marine
Posted by: Moraldandil - 22-06-2003, 00:02 - Forum: À propos des traductions - Replies (4)

[small][Édit (Yyr) 2021 : ce fuseau est l'un des nombreux rejetons de l'arbre initial de la traduction des poèmes][/small]

[espacement]

Voici un autre poème extrait des <i>Aventures de Tom Bombadil</i>, un des plus beaux de Tolkien à mon sens. En tout cas, il me touche profondément.<br>J'ai tenté sa traduction en français. L'original fait usage d'un vers purement accentuel à quatre accents, césuré 2 / 2. Le système de rimes est assez particulier : les vers impairs comportent une rime interne tandis que les vers pairs riment deux à deux. On peut aussi noter un nombre appréciable d'allitérations. Il m'a paru approprié d'employer dans cette traduction un alexandrin irrégulièrement césuré (devrais-je alors l'appeler dodécasyllabe ?), et de conserver, vu son importance, le système des rimes... non sans quelques acrobaties.

En espérant que vous l'apprécierez aussi, voici :

[colonne][gauche]<i><b>The sea-bell</b></i>[/gauche][droite]<b>La cloche marine</b>[/droite][/colonne]

[colonne][gauche]I walked by the sea, and there came to me
as a star-beam on the wet sand,
a white shell like a sea-bell;
trembling it lay in my wet hand.
In my fingers shaken I heard waken
a ding within, by a harbour bar
a buoy swinging, a call ringing
over endless seas, faint now and far.
[/gauche][droite]J'allais longeant la mer, quand mes yeux avisèrent
Comme un rai d'étoile sur le sable mouillé
Une conche opaline, une cloche marine ;
Elle tenait tremblante dans ma main trempée.
Entre mes doigts secoués j'entendis s'éveiller
Un tintement, au môle d'un port incertain
Une bouée danser, un appel résonner
Au-delà des mers infinies, sourd et lointain.[/droite][/colonne]

[colonne][gauche]Then I saw a boat silently float
on the night-tide, empty and grey.
"It is later than late! Why do we wait?"
I leapt in and cried : "Bear me away!"
[/gauche][droite]Puis, sans bruit, sur le flot d'une marée de nuit,
J'aperçus qui voguait un bateau vide et gris.
"Il est bien plus que tard ! Qu'attendre encor ce soir ?"
J'y bondis en criant : "Portez-moi loin d'ici !"[/droite][/colonne]

[colonne][gauche]It bore me away, wetted with spray,
wrapped in a mist, wound in a sleep,
to a forgotten strand in a strange land.
In the twilight beyond the deep
I heard a sea-bell swing in the swell,
dinging, dinging, and the breakers roar
on the hidden teeth of a perilous reef;
and at last I came to a long shore.
White it glimmered, and the sea simmered
with star-mirrors in a silver net;
cliffs of star pale as ruel-bone
in the moonlight-foam were gleaming wet.
Glittering sand went through my hand,
dust of pearl and jewel-grist,
trumpets of opal, roses of coral,
flutes of green and amethyst.
But under cliff-eaves there were glooming caves
weed-curtained, dark and grey;
a cold air stirred in my hair,
and the light waned, as I hurried away.
[/gauche][droite]Éclaboussé d'écume, enveloppé de brume,
Il m'emporta au loin, blessé dans ma torpeur,
Vers la côte oubliée d'une étrange contrée.
J'entendais dans la pénombre des profondeurs
Une cloche marine rouler dans la houle,
Tinter, tinter encore, et rugir les brisants
Sur les écueils furtifs d'un périlleux récif ;
Puis enfin j'arrivai en vue d'un long estran.
Blanchâtre il poudroyait, et la mer frémissait
En miroirs d'étoiles dans des rets argentés.
Des falaises, roches pâles comme os de seiche,
Dans l'écume de lune luisaient détrempées.
Entre mes doigts glissait un sable où chatoyait
Une poussière de perles et de joyaux,
Des flûtes de béryl, des trompettes d'opale,
Des roses fines d'améthyste et de coraux.
Mais sous les promontoires des cavernes noires
S'ouvraient garnies de rideaux d'algues racornies.
Un air froid soudain m'échevela, et plus loin
Je me hâtai dans une lumière évanouie.[/droite][/colonne]

[colonne][gauche]Down from a hill ran a green rill;
its water I drank to my heart's ease.
Up its fountain-stair to a country fair
of ever-eve I came, far from the seas,
climbing into meadows of fluttering shadows:
flowers lay there like fallen stars,
and on a blue pool, glassy and cool,
like floating moons the nenuphars.
Alders were sleeping, and willows weeping
by a slow river of rippling weeds;
gladdon-swords guarded the fords,
and green spears, and arrow-reeds.
[/gauche][droite]Descendant d'un coteau coulait un vert ruisseau ;
La joie m'emplit le cœur quand je bus de son eau.
Et remontant son lit, je vins en un pays
Ravissant sous un soir sans fin, bien loin des flots ;
Je grimpai dans des prés pleins d'ombres agitées :
Comme des étoiles tombées des fleurs poussaient,
Et sur l'eau bleue d'un étang frais et transparent,
Des nénufars pareils à des lunes flottaient.
Des aulnes sommeillaient et des saules pleuraient
Auprès d'un cours alangui que ridaient les herbes ;
Feuilles comme épées, des iris gardaient les gués,
Et des roseaux en lances et flèches en gerbes.[/droite][/colonne]

[colonne][gauche]There was echo of song all the evening long
down in the valley; many a thing
running to and fro: hares white as snow,
voles out of holes; moths on the wing
with lantern-eyes; in quiet surprise
brocks were staring out dark doors.
I heard dancing there, music in the air,
feet going quick on the green floors.
But wherever I came it was ever the same:
the feet fled, and all was still;
never a greeting, only the fleeting
pipes, voices, horns on the hill.
[/gauche][droite]Au fond de la vallée toute cette soirée
Sonna l'écho d'une chanson ; un peu partout
Maintes choses couraient : des lièvres blanchoyaient ;
Des taissons un peu surpris guignaient de leurs trous ;
Des campagnols sortaient de leurs terriers ; en vol
Clignaient des phalènes aux yeux en lumignons.
Là j'entendais danser, des mélodies flotter,
Des pieds passer rapidement sur les gazons.
Mais où que je me porte il en fut de la sorte :
Les pieds s'envolaient puis tout restait calme et morne ;
Sur la butte jamais un salut, que des flûtes
Qui s'évanouissaient, des voix, le son de cornes.[/droite][/colonne]

[colonne][gauche]Of river-leaves and the rush-sheaves
I made me a mantle of jewel-green,
a tall wand to hold, and a flag of gold;
my eyes shone like the star-sheen.
With flowers crowned I stood on a mound,
and shrill as a call at cock-crow,
proudly I cried: "Why do you hide?
Why do none speak, wherever I go?
Here now I stand, king of this land,
with gladdon-sword and reed-mace.
Answer my call! Come forth all!
Speak to me words! Show me a face!"
[/gauche][droite]Des feuilles du cours d'eau et de joncs en faisceaux
Je me fis un manteau de gemmes verdoyantes,
Un grand bâton à manier, un drapeau doré ;
Mes yeux paraissaient deux étoiles éclatantes.
Couronné de fleurs, perché sur une hauteur,
Comme un appel strident qu'à l'aube un coq criaille,
Fièrement je lançai : "Pourquoi donc vous cacher ?
Pourquoi donc nul ne parle en quelque endroit que j'aille ?
Moi qui me tiens ici, le roi de ce pays,
Un iris comme épée, un roseau comme masse.
Maintenant répondez ! Sortez tous sans tarder !
Dites-moi quelques mots ! Montrez-moi une face !"[/droite][/colonne]

[colonne][gauche]Black came a cloud as a night-shroud.
Like a dark mole groping I went,
to the ground falling, on my hands crawling
with eyes blind and my back bent.
I crept to a wood: silent it stood
in its dead leaves; bare were its boughs.
There must I sit, wandering in wit,
while owls snored in their hollow house.
For a year and a day there must I stay:
beetles were tapping in the rotten trees,
spiders were weavings, in the mould heaving
puffballs loomed about my knees.
[/gauche][droite]Vint une nue de suie comme un suaire de nuit.
Comme ferait une taupe sombre, à tâtons
Je m'enfuis, chancelant, tombant au sol, rampant
Sur les mains, les yeux aveuglés et le dos rond.
Je me glissai dans un bois qui poussait là, coi,
Ses feuilles mortes et ses rameaux dénudés.
Là, tandis que des hiboux ronflaient dans leurs trous,
Il me fallut m'asseoir, tous mes sens égarés.
Un jour et une année il m'y fallut rester :
Dans les arbres pourris des scarabées toquaient ;
Des vesses de loup tout autour de mes genoux
Surgissaient de la terre ; des araignées tissaient.[/droite][/colonne]

[colonne][gauche]At last there came a light in my long night,
and I saw my hair hanging grey.
"Bent though I be, I must find the sea!
I have lost myself and I know not the way,
but let me be gone!" Then I stumbled on;
like a hunting bat shadow was over me;
in my ears dinned a withering wind,
and with ragged briars I tried to cover me.
My hands were torn and my knees worn,
and years were heavy upon my back,
when the rain in my face took a salt-taste,
and I smelled the smell of sea-wrack.
[/gauche][droite]Enfin le jour reluisit dans ma longue nuit,
Et j'aperçus mes cheveux tout gris pendiller.
"Même courbé d'hivers, je dois trouver la mer !
Je me suis perdu et ne sais par où aller,
Mais il me faut partir !" Et je me mis à fuir,
Par la menace d'ailes d'ombre recouvert,
Tout trébuchant, dans mes oreilles un vent desséchant.
Je tâchai de me vêtir de bouts de bruyère ;
Mes mains étaient déchirées, mes genoux usés,
Et les ans pesaient lourdement sur mon échine,
Quand l'ondée sur mon visage devint salée,
Et je sentis l'odeur de la laisse marine.[/droite][/colonne]

[colonne][gauche]Birds came sailing, mewing, wailing;
I hard voices in cold caves,
seals barking, and rocks snarling,
and in spout-holes the gulping of waves.
Winter came fast; into a mist I passed,
to land's end my years I bore;
snow was in the air, ice my hair,
darkness was lying on the last shore.
[/gauche][droite]Des oiseaux vinrent planant, criant, gémissant ;
J'entendais comme des voix dans des grottes froides :
Des aboiements de phoques, des grondements de rocs,
Par des évents le bruit de vagues en giclades.
Promptement vint l'hiver ; jusqu'au bout de la terre
Enveloppé de brouillard je portai mes ans ;
L'air était neigeux, pleins de glace mes cheveux,
Les ténèbres recouvraient le dernier estran.[/droite][/colonne]

[colonne][gauche]There still afloat waited the boat,
in the tide lifting, its prow tossing.
Weary I lay, as it bore me away,
the waves climbing, the seas crossing,
passing old hulls clustered with gulls
and great ships laden with light,
coming to haven, dark as a raven,
silent as snow, deep in the night.
[/gauche][droite]Et là, toujours à flot, attendait le bateau,
Dans la marée sa proue remontait en tanguant.
Je m'y étendis las, au loin il m'emporta,
Grimpant les vagues, traversant les océans,
Passant de vieux vaisseaux tout hérissés d'oiseaux
Et d'immenses navires chargés de clarté,
Revenant au port, cherchant son quai, noir de jais,
Coi comme neige, ennoyé dans l'obscurité.[/droite][/colonne]

[colonne][gauche]Houses were shuttered, wind round them muttered,
roads were empty. I sat by a door,
and where drizzling rain poured down a drain
I cast away all that I bore:
in my clutching hand come grains of sand,
and a sea-shell silent and dead.
Never will my ear that bell hear,
never my feet that shore tread,
never again, as in sad lane,
in blind alley and in long street
ragged I walk. To myself I talk;
for still they speak not, men that I meet.
[/gauche][droite]Par les routes désertées, les maisons bouclées,
Le vent tournait grognant. Assis près d'une entrée,
Là où le crachin s'écoulait dans un égout,
J'éparpillai tout ce que je pouvais porter :
Quelques grains de sable dans le creux de ma main,
Une cloche marine silencieuse et morte.
Jamais plus mon oreille de cloche pareille
N'entendra ; jamais plus de grève de la sorte
Mon pied ne foulera ; jamais plus, et de voie
En allée sombre, longue rue, triste chemin,
Je marche en ma bohème, et me parle à moi-même ;
Car ceux que je croise ne disent toujours rien.[/droite][/colonne]

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  De la crème jaune et des rayons de miel ...
Posted by: sosryko - 21-06-2003, 22:13 - Forum: Le Légendaire - Replies (85)

<small>"Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine..."<br><i>13-06-2002 13:58 <br>C'est toi qui poses la question, Vinyamar?<br>pourtant c'est toi qui l'a évoqué sur ce fuseau ;-)<br>Si tu désires que je développe, c'est bien ce que j'ai plus ou moins l'intention de faire si j'arrive à trouver le temps de présenter le parallélisme entre Väinö et Tom; mais là, je n'ai vraiment pas le temps. Il te faudra être patient (tout comme moi, qui trépigne!) <br>...à bientôt j'espère</i><p>Houm houm..."trépigner",Houm humm... c'était un peu fort peut-être, Houm...puisqu'il aura fallu attendre pus d'un an pour que Hummm je m'y mette vraiment...;-)<br>Mais Vinyamar revenu, je lui devait bien ça.<br>Houm ;-))<br></small><p><hr width=30% align=left>

Tom Bombadil a commencé, modestement, entre 1925 et 1934, par être le personnage d’une histoire jamais achevée qui aurait eu pour but d’amuser les enfants de Tolkien, John et Michael. Seules nous sont parvenues les premières phrases du conte qui commençait par : « Tom Bombadil était le nom d’un des plus vieux habitants du royaume »…l’amusement étant à trouver dans la description du personnage, description qui restera attachée à Tom, celle d’une poupée hollandaise qui appartenait à Michael [Carpenter, p.216]. Et si John n’aimait pas la poupée de son petit frère, Tolkien s’attache au personnage qu’elle avait permis d’engendrer visuellement.<br>Ainsi, Tom Bombadil réapparaît dans un poème, achevé celui-là, <i>Les aventures de Tom Bombadil</i>, publié pour la première fois le 13 février 1934 dans <i>The Oxford Magazine</i>.<br>Il existe un autre poème, à placer certainement autour de cette période, mais non publié à l’époque [cf. HVI, p.115-6]. Et si <i>Les Aventures de Tom Bombadil</i> commence par un « <i>Old Tom Bombadil was a merry fellow</i> » des plus programmatiques, le poème inédit du vivant de Tolkien se termine par une « chanson » de Tom sur deux strophes tout aussi porteuses d’une synthèse du personnage :

<blockquote>(And he sang) <font color="#008080"><br>« Go, boat ! Row ! The willows are a-bending,<br>reeds are leaning, wind is in the grasses.<br>Flow, stream, flow ! The ripples are unending ;<br>Green they gleam, and shimmer as it passes.<p>Run, fair Sun, through heaven all the morning,<br>Rolling golden ! Merry is our singing !<br>Cool the pools, though summer be a-burning ;<br>In shady glades let laughter run a-ringing ! » </font><br>[HVI, p.116]</blockquote>

Alors, et au moins jusqu’en 1938, Tom Bombadil représente « the spirit of the (vanishing) Oxford and Berkshire countryside » [L19, 16/12/1937].<br>Tolkien, à cette époque (fin 1937), suite au succès de <i>Bilbo le Hobbit</i>, continue d’écrire, et commence « une nouvelle histoire sur les Hobbits », le premier chapitre est déjà écrit : ‘Une réception depuis longtemps attendue’…et, souhaitant également au fil du temps faire de Tom « le héros d’une histoire » [L19], décide de l’introduire dans l’univers littéraire naissant du <i>Seigneur des Anneaux</i> et donc de le rendre participant du Légendaire de la Terre-du-milieu :

<blockquote><font color="#008080">« In historical fact I put him in because I had already 'invented' him independently (he first appeared in the Oxford Magazine) and wanted an 'adventure' on the way. » </font>[L153, 09/1954] </blockquote>

Tom Bombadil, par cet acte, est devenue « une énigme […] (intentionnellement)» [L144, 25/04/1954]<p>Tolkien à l’époque où il compose et enrichit le personnage de Tom Bombadil connaît depuis fort longtemps déjà (1911) la mythologie finnoise grâce au <i>Kalevala</i>, une collection de poèmes épiques recueillis, organisés et façonnés par Elias Lönnrot au XIXème siècle à partir de la tradition poétique populaire finnoise.<br>L’influence du <i>Kalevala</i> sur Tolkien fut énorme, on le sait ; ne serait ce que dans la création du Quenya (cf. [Carpenter, p.86] et la section <a href="http://www.jrrvf.com/sources/sources.html" target="_new"> Sources Mythologiques</a>, sur JRRVF ) ou dans ses premiers écrits annonçant le Légendaire (cf. la réécriture, inachevée, en 1914, du cycle de Kullervo qui deviendra la tragédie de Túrin Turambar et de sa sœur Níniel ; cf. [L131, p.150] et [L257].)

L’objet des comparaisons littéraires qui vont suivre est, tout en essayant de faire découvrir la beauté des chants du <i>Kalevala</i>, de montrer que la nature et les caractéristiques de Tom Bombadil s’inspirent (en partie seulement) de la mythologie finnoise, et plus particulièrement du héros finnois qu’est Väinämöinen. <br><i>En partie seulement</i>, car il serait ridicule d’affirmer que Tom est Väinö, tant les deux personnages sont, sur certains points, si radicalement éloignés. De plus ce serait faire une grave confusion : le Monde Secondaire de Tolkien n’est pas le monde du Kalevala. <br>Pourtant, si, comme je le pense, on peut accepter certains rapprochements sur des traits communs et fondamentaux de Tom et de Väinö, la matière dont nous disposons sur Väinö ne pourrait-elle pas éclairer en partie l’énigme qu’est Tom ?

<div align=right> « Car un détail ‘vu’ peut ne pas avoir été ‘fait’ ; <br>un détail peut être ‘inventé’, au sens archéologique du terme, <br>par le désir de celui qui regarde. <br>Mais, si ce détail a été incontestablement voulu et fait par le peintre, <br>qu’en est-il alors du peintre dans ce détail et dans le tableau ? »<br>Daniel Arasse -- <i>Le Détail</i></div>

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Rques: <br>(1) J’appellerai la “section Bombadilienne” cette partie du <i>Seigneur des Anneaux</I> qui s’étend depuis la première apparition de Bombadil (“Soudain il s’arrêta” = SdA I.6 {140}) à son adieu aux quatre hobbits (“…et s’en fut en chantant dans le crépuscule” = SdA {170})<br>(2) les citations du <i>Kalevala</i> seront tirées de la traduction de G. Rebourcet pour la collection de L’aube des Peuples, Gallimard et notée [K. chant] ou [chant.vers] ou (vers) en référence au dernier chant cité.<br>(3) Les citations du <i>Seigneur des Anneaux</i> peuvent avoir leurs références entre crochets (auquel cas, elles renvoient à l’édition anglaise en trois volume d’Houghton Mifflin (renewed 1993-1994 by Ch. Tolkien) ou bien entre accolades ( édition française dite « du centenaire » (1992)).<br>(4) Les poèmes de Tom Bombadil seront référencés par les termes ATB (<i>Les Aventures de Tom Bombadil</i>) et BB (<i>Bombadil en Bateau</i>).

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<font size=+1><b> (1) Le Premier et le sans âge</b></font>

Au cours du Conseil d’Elrond, Glorfindel dit de Tom qu’« il fut le Premier » (« he was First »[259]{294}), Elrond, juste avant, venait de dire que Tom, autrefois (il y a si longtemps qu’il en avait oublié le bonhomme !), « même alors, était plus vieux que les vieux » et se nommait « Iarwain Ben-adar, le plus ancien et le sans-père » ( « oldest [= le plus vieux] and fatherless » [258]{293}).<br>Tolkien dans une lettre révélera que Tom est un être « premier » (‘primeval’), qui était là au commencement des temps d’Arda :

<blockquote><font color="#008800"> « and if 'in time' Tom was primeval <b>he was Eldest in Time</b>. »</font></blockquote>
<blockquote>=</blockquote>
<blockquote>et si ‘dans le temps’ Tom fut primordial il fut l’Aîné dans le Temps. [L153]</blockquote>

Et Tom Bombadil confirmera cela de son propre aveu, parlant aux quatre hobbits qu’il a secouru (Frodon, Sam, Merry et Pippin) de temps les plus reculés, avant l’arrivée des Hobbits, avant celle des Hommes, avant même celle des Elfes, un temps où la Terre-du-milieu, déserte d’hommes, était également sans arbres, car sans pluie et sans gland pour faire pousser le chêne :

<blockquote><font color="#008800">When they caught his words again they found that he had now wandered into strange regions beyond their memory and beyond their waking thought, <b>into times when the world was wider, and the seas flowed straight to the western Shore</b>; and still on and back Tom went singing out into <b>ancient starlight</b>, when only the Elf-sires were awake. Then suddenly he slopped, and they saw that he nodded as if he was falling asleep. The hobbits sat still before him, enchanted; and it seemed as if, under the spell of his words, the wind had gone, and the clouds had dried up, and the day had been withdrawn, and darkness had come from East and West, and all the sky was filled with the light of white stars.<br>(…)<br>‘Who are you, Master?’ he asked.<br>‘Eh, what?’ said Tom sitting up, and his eyes glinting in the gloom. ‘Don’t you know my name yet? That’s the only answer. Tell me, who are you, alone, yourself and nameless? But you are young and <b>I am old. Eldest</b>, that’s what I am. Mark my words, my friends: <b>Tom was here before the river and the trees; Tom remembers the first raindrop and the first acorn.</b> He made paths before the Big People, and saw the little People arriving. He was here before the Kings and the graves and the Barrow-wights. When the Elves passed westward, Tom was here already, before the seas were bent. He knew the dark under the stars when it was fearless - before the Dark Lord came from Outside.’</font></blockquote>
<blockquote>=</blockquote>
<blockquote>Quand ils entendirent de nouveau ses paroles, ils s'aperçurent qu'il était passé à présent dans des régions étranges qui dépassaient leur mémoire et leur pensée éveillée, en des temps où le monde était plus vaste et où les mers montaient droit à la côte ouest; et toujours allant et venant, Tom chantait la lumière d'anciennes étoiles, du temps que seuls les aïeux Elfes étaient éveillés. Puis il s'arrêta brusquement, et ils le virent dodeliner de la tête comme s'il s'assoupissait. Les Hobbits étaient assis devant lui, immobiles, enchantés, et il semblait que, sous le charme de sa parole, le vent fût parti, les nuages se fussent desséchés le jour eût été retiré, les ténèbres fussent venues de l'est et de l'ouest, et que tout le ciel fût empli de la clarté de blanches étoiles.<br>(…)<br>– Qui êtes-vous, maître ? demanda [Frodon].<br>– Hein, quoi? dit Tom, se redressant, les yeux étincelant dans la pénombre. Ne connaissez-vous pas encore mon nom ? C'est la seule réponse. Dites-moi qui vous êtes, vous même, seul et anonyme? Mais vous êtes jeune et <b>je suis vieux. L'Ainé, voilà ce que je suis.</b> Notez mes paroles, mes amis: <b>Tom était ici avant la rivière et les arbres, Tom se souvient de la première goutte de pluie et du premier gland.</b> Il a tracé des sentiers avant les Grandes Gens, et il a vu arriver les Petites Personnes. Il était ici avant les rois et les tombes et les Etres des Galgals. Quand les Elfes sont passés à l'ouest, Tom était déjà ainsi, avant que les mers ne fussent infléchies. Il a connu l'obscurité sous les étoiles quand elle était sans appréhension – avant que le Seigneur Ténébreux ne vint de l'extérieur. <br>[128-9]{153-4}</blockquote>

Il se trouve que Väinämöinen est, lui aussi, « le Premier » !<br>Par trois fois, Väinämöinen est présenté comme le premier homme, surgi de la mer, venu s’échouer sur un monde sans arbres : une « terre ferme, terre sans arbres » [1.334], une « terre nue, la terre sans arbres » [2.4], « coulant sa vie dans l’île rase, île sans nom, toute nue, la terre sans arbres » [2.6-8].<br>Pellervo, le fils de la terre, vient l’ensemencer des graines de tous les arbres [chant 2.13-42], Väinämöinen « vient regarder la levée des grains » (45-6), mais constate que « manque aux semailles le chêne, l’arbre Dieu » (49-50), ce qui l’énerve puisqu’«il peste et maudit la canaille » (51), attendant une « longue semaine » de le voir pousser, en vain.<br>Heureusement :

<blockquote><font color="#000080">Tursas surgit de la mer (…) <br>jette au feu la fenaison (…)<br>La feuille aimée s’y trouve prise,<br>la feuille aimée, <b>le gland du chêne</b><br>d’où jaillit la très belle pousse,<br>la brindille verte levée.<br>Fraise tendre, elle sourd de terre, <br>elle pousse en fourche fragile.<br>L’arbre déploie ses branches grandes,<br>il s’étire en rameaux feuillus.<br>la cime se hisse aux nuages,<br>le ramage envahit le ciel,<br>brise la courre des nuages,<br>déchire les flocons pressés,<br>soleil étouffé, jour couvert,<br>il noie les lueurs de la lune. </font>[<b>2</b>.67, 69, 75-88]</blockquote>

Il faut donc désormais « abattre le chêne grand » (107) comprend Väinämöinen qui fait appel à l’aide de sa mère, laquelle envoie un « homme pareil à l’homme (…) venu casser le chêne et fracasser l’arbre fragile » (139, 141-2)<br>Et c’est ainsi que depuis :

<blockquote><font color="#000080">Lors, qui lui chaparde une branche<br>a pris le bonheur éternel ;<br>qui lui casse et cueille la cime<br>a pris le savoir éternel ;<br>qui coupe le rameau de feuilles<br>se taille l’amour éternel. </font>[<b>2</b>.191-196] </blockquote>

Väinämöinen qui, jusque là, s’était contenté d’observer, participe à l’ensemencement de la terre avec « sept grains pour la semaille » (299). Il crée donc l’agriculture.<br>En cela il se dissocie radicalement de Tom Bombadil, pur observateur de la Nature et hors de l’histoire humaine.<br>Mais il le rejoint lorsque, pour « faire lever les germes par mille », il demande à « Ukko, Dieu dessus les dieux » de faire pleuvoir visiblement pour la première fois tant la description de la prière et de la pluie proprement dite est conséquente :

<blockquote><font color="#000080"> « Ô Ukko, Dieu dessus les dieux, <br>père vieux par-dessus le ciel,<br>poigne de puissance aux nuages<br>et maître des traînes pansues !<p>Mande le haut conseil des nues,<br>le parlement clair des nuages !<p>Fais germer la nuée de l’est,<br>lève au norois la toison blanche,<br>rameute du ponant les autres,<br>flocons houspillés de midi !<p>Éclabousse l’aigue du ciel,<br>égoutte le miel des nuages<br>sur les bons grains d’orge levant,<br>sur le chuchotis des semailles ! »<p>Lors Ukko, Dieu dessus les dieux, <br>père vieux par-dessus le ciel,<br>mande le haut conseil des nues,<br>le parlement clair des nuages.<p>Il fait germer la nuée d’est,<br>lève au norois la toison blanche,<br>rameute du ponant les autres,<br>flocons houspillés du midi ;<br>les tasse en monceaux côte à côte,<br>flanc sur blanc les cahote en masse ;<br>il éclabousse l’eau du ciel,<br>le miel des nuées, goutte à goutte<br>sur les bons grains d’orge levant,<br>sur le chuchotis des semailles.<p>L’orge barbé, l’orge se lève,<br>poilu comme souche, il se dresse<br>de la terre, le sillon tendre,<br>le champ sacré de Väinö.</font> [<b>2</b>.317-348] </blockquote>

Ainsi, Väinö, le premier habitant de Kaleva, tout comme Tom, premier habitant de la terre-du-milieu, fut l’observateur de la « première pluie » et de la venue des arbres, tout particulièrement du chêne à partir du « premier gland ». <br>Voilà pourquoi on l’appellera le « sans âge », expression qui souligne le caractère « primordial » de son apparition, évoquant un temps sans observateur pour enregistrer sa venue.<br>Mais une autre expression, plus prosaïque, s’attachera aux deux personnages.

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<font size=+1><b> (2) Vieux Tom et Väinö le vieux</b></font>

Dès qu’il apparaît et tout au long de la section Bombadilienne, Tom est décrit débordant de vitalité mais également associé à la vieillesse : c’est un « vieux chapeau cabossé» qu’il porte ([117]{141}) et « sa figure [est] plissée de mille rides », certes des rides « de rire », mais des rides malgré tout.<br>Il demeure dans une Vieille Forêt ([127]{152}) et près des Hauts de Galgals, une contrée qui évoque les « vieux contes » ([133]{158}), hantée par de « vieilles créatures » (« old Wight » [139]{165}), dont les arbres « furent plantés dans les temps anciens » (« old days » [134]{159}).<br>Tom lui-même se présente comme un « vieil homme » (« I am old ») et plusieurs expressions le désignent ainsi : <font color="#008800"> « Old Tom Bombadil » </font> (5 fois), <font color="#008800"> « Old Tom » </font> (2x) et <font color="#008800"> « Old man » </font> (2x).<p>Son ennemi, l’Homme-Saule ( « the Willow-man » ([124]{149}), est également un « vieil » ennemi, aux désignations diverses mais jouant toujours sur son âge avancé :<br><font color="#008800"> « Old Man Willow » </font> (5x : [117, 118, 124, 127]{141, 142, 148, 152} et ATB 35, 64, 86, 125)<br><font color="#008800"> « Old Willow man » </font> (1x : [117]{141})<br><font color="#008800"> « Old grey Willow-man » </font> (1x : [117]{141})<br><font color="#008800"> « Old Grey Willowman, he’s a mighty <b>singer</b> » </font> (1x : [124]{148})

En 1934, le premier texte qui met en scène Bombadil fait également profusion de références à <font color="#008800"> « Old Tom Bombadil » </font> (ATB 1, 70, 93, 117, 129), <font color="#008800"> « Old Tom » </font> (ATB 7,50) et <font color="#008800"> « <b>Wise</b> old Bombadil » </font> (ATB 101).

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Note internaliste : Curieusement, le second poème des <i>Aventures de Tom Bombadil et autres vers tirés du Livre Rouge</i>, rédigé beaucoup plus tard (en 1962, cf [L240]), reprend exceptionnellement ces dénominations pour l’Homme-Saule (« old Willow-man » : BB 150) ou pour Tom (« Old Tom » en BB 62 & 135). Par contre il y est question du « Vieux Cygne » (BB 67, 75, 151) et du « Vieux Maggot » (BB 141 ; « old farmer » : 115 ; « old friends » : 120). Manifestement, ce poème tiré du Livre Rouge est d’une main autre que celle de l’auteur du premier poème, car l’utilisation de l’adjectif « old » est bien différente : plutôt que d’être appliquée à l’Aîné, au « plus ancien que les anciens » (Tom) et à un « des pères des pères d’arbres, qui se souvenaient du temps où ils étaient seigneurs » (le « dangereux Grand saule » {152}), l’adjectif sert à qualifier un oiseau et un hobbit, êtres qui, certes, peuvent être âgés, mais dont la durée de vie est finalement très limitée.

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On retrouve cette manière de désigner un même personnage par diverses variations autour d’un groupe de mots similaires (« vieux », « chanteur », « sage », barbe « grise », « l’aïeul » ou « l’ancêtre ») pour désigner Väinämöinen dans le <i>Kalevala</i>; le phénomène est encore plus impressionnant et s’appuie systématiquement sur la vieillesse de Väinö :

<font color="#000080"> « Le vieux Väinämöinen, chanteur sage, barde sans âge » </font> [25.407-8]<br><font color="#000080"> « Le vieux Väinämöinen, le mage, le barde sans âge » </font> [50.443-4]<br><font color="#000080"> « Le vieux Väinämöinen, barbe sage » </font> [3.135-6, 211-2]<br><font color="#000080"> « Le vieux Väinämöinen, barbe sage, barde sans âge » </font> [3.85-6]<br><font color="#000080"> « Le vieux Väinämöinen, barde sage, mage sans âge » </font> [8.165-6]<br><font color="#000080"> « Le vieux Väinämöinen, barde sage, barbe sans âge, le chanteur » </font> [41.1-2]<br><font color="#000080"> « Le vieux Väinämöinen » </font> [1.31, 289 ; 2.89, 101, 125, 237, 287, 359 ; 3.115, 467 ; 4.11 ; 5.35, 144 ; 7.17, 363 ; 9.1, 561 ; 10.55, 131, 497 ; 16.159, 181, 225, 293, 385 ; 17.113, 505 ; 18.111, 191, 683 ; 25.688 ; 37.211 ; 38.293 ; 39.149,243,325 ; 40.1, 13, 253 ; 41.17 ; 42.157, 217, 251, 407, 461 ; 43.75, 99 ; 44.1, 35, 47, 232 ; 46.223, 243, 331 ; 47.129 ; 49.205, 225]<br><font color="#000080"> « Le vieux Väinämöinen, le sage » </font> [2.257-8 ; 5.5-6 ; 7.195-6 ; 8.17-8, 133-4, 207-8, 219-220, 259-260 ; 10.1, 67-8, 139-140 ; 17.25-6 ; 18.1-2, 175 ; 40.103-4, 205-6, 221-2 ; 42.17, 65-6, 377-8, 428-9 ; 43.23-4, 385-6, 55-6 ; 44.177-8, 197-8 ; 46.81-2 ; 48.157-8, 169-170, 180-1, 201-2 ; 49.191-2]<br><font color="#000080"> « Le vieux Väinämöinen, mage sage » </font> [49.273-4]<br><font color="#000080"> « Väinämöinen le sage, le vieux » </font> [46.159-160]<br> <font color="#000080"> « le vieux Väinämöinen, le barde sage » </font> [2.43-4 ; 3.1-21 ; 6.1-2 ; 7.57-8, 209-210, 245-6, 323-4 ; 8.81-2 ; 16.197-8, 211-2, 363-4 ; 17.505-6, 615-6 ; 39.1-2 ; 42.37-8, 53-4, 177-8 ; 43.207-8 ; 47.161-2 ; 49.75-6]<br><font color="#000080"> « Le vieux Väinämöinen, le sage, (le) barde sans âge » </font> [16.1-2, 101-2, 119-120]<br><font color="#000080"> « Väinämöinen le vieux barde » </font> [7.183-4 ; 42.101-2]<br><font color="#000080"> « le vieux Väinämöinen le barde » </font> [7.103-4 ; 9.25 ; 10.113-4 ; 43.333-4, 399-400 ; 46.45-6, 352-3 ; 49.53-4, 259-260, 279-280]<br><font color="#000080"> « le vieux Väinämöinen le vieux barde » </font> [42.117-8]<br><font color="#000080"> « Väinämöinen le chanteur de Suvantola » </font> [6.99-100]<br><font color="#000080"> « Väinämöinen l’enfant des gens de Kaleva » </font> [6.118]<br><font color="#000080"> « le vieux Väinö » </font> [3.521 ; 5.134 ; 6.178, 217 ; 7.115 ; 9.536 ; 16.209, 273, 309 ; 37.200 ; 38.325 ; 41.256 ; 42.370 ; 44.159 ; 49.385] <br><font color="#000080"> « Väinö le vieux » </font> [2.365 ; 3.263, 295, 353 ; 7.295 ; 9.11 ; 10.21, 81, 125 ; 16.195, 384 ; 17.581, 592 ; 18.155 ; 21.257, 375 ; 37.221 ; 39.23,41,229,285,409 ; 40.180 ; 46.277 ; 47.357 ; 48.85, 183]<br><font color="#000080"> « Väinö le barde » </font> [3.433 ; 9.520 ; 50.479]<br><font color="#000080"> « Väinö le chanteur de Suvantola » </font> [6.61-2]<br><font color="#000080"> « Le vieux Väinö, barde sage » </font> [8.99]<br><font color="#000080"> « Le vieux Väinö, le chanteur aux runes sans âge » </font> [25.735-6]<br><font color="#000080"> « Väinö le vieux barde, le chanteur aux runes sans âge » </font> [46.145-6]<br><font color="#000080"> « Väinö le vieux barde sage, le chanteur des runes sans âge » </font> [48.1-2]<br><font color="#000080"> « Väinö, le vieux chanteur, le sage » </font> [39.401-2]<br><font color="#000080"> « Väinö, le vieux barde sage » </font> [7.1]<br><font color="#000080"> « Väinö le vieux (le) barde » </font> [3.235, 365, 381, 397 ; 5.164 ; 6.111-2 ; 9.547 ; 10.31 ; 16.245 ; 17.93, 131, 573, 599 ; 18.463-4 ; 21.315, 353, 383 ; 49.231, 399]<br><font color="#000080"> « Väinö le vieux barde sage » </font> [8.41, 197, 237 ; 10.59 ; 17.1, 49 ; 39.93,207 ; 40.121, 151, 175 ; 42.1, 233, 261, 415, 521 ; 43.173, 289 ; 44.69, 215 ; 46.171, 471, 567, 577 ; 47.1, 313, 319 ; 48.193 ; 49.253, 295 ; 50.448]<br><font color="#000080"> « Väinö le vieux barde, le sage » </font> [40.230-1]<br><font color="#000080"> « Väinö le barde sage » </font> [16.280 ; 46.607]<br><font color="#000080"> « Väinö le barde sage, le vieux » </font> [8.113-4]<br><font color="#000080"> « Väinö le vieux barde » </font> [7.110 ; 39.129,141,161,257,275,383,421 ; 41.169, 212, 217, 233 ; 42.189, 446 ; 43.164 ; 46.299 ; 47.111, 147, 149 ; 48.107]<br><font color="#000080"> « Väinö le vieux chanteur » </font> [10.159 ; 40.167 ; 42.493 ; 44.167, 249, 307 ; 48.121, 267 ; 50.501]<br><font color="#000080"> « Väinö le vieux chanteur, le sage » </font> [49.159-160]<br><font color="#000080"> « Väinö le vieux chanteur, le grand sage » </font> [46.21-2]<br><font color="#000080"> « Väinö le vieux chanteur, barbe sage, barde sans âge » </font> [49.81-2 ; 6.89-90]<br><font color="#000080"> « le vieux barde sans âge, Väinö le vieux » </font> [9.577-8]<br><font color="#000080"> « Väinö le vieux barde, barbe sage, chanteur sans âge » </font> [6.27-8]<br><font color="#000080"> « Väinö le vieux barde sage, le chanteur » </font> [46.95-6 ; 47.215-6 ; 48.259-260 ; 49.111-2, 393-4]<br><font color="#000080"> « Väinö le vieux sage » </font> [8.31 ; 40.189]<br><font color="#000080"> « Väinö, le mage sage, le vieux barde, chanteur sans âge » </font> [42.81-2]<br><font color="#000080"> « Väinö le vieux barde, chanteur mage, barbe sans âge » </font> [45.191-2, 312-3]<br><font color="#000080"> « Väinö le vieux barde sage, chanteur mage, barbe sans âge » </font> [45.355-6]<br><font color="#000080"> « Väinö le barde sage, le vieux chanteur » </font> [7.275-6]<br><font color="#000080"> « Väinö la barbe vieille » </font> [18.661]<br><font color="#000080"> « Väinö le vieux barde, le chanteur des runes sans âge » </font> [25.711-2]<br><font color="#000080"> « Le vieux Väinö, le sage, le barreur de rune outre mémoire » </font> [25.673-4]<br><font color="#000080"> « Le vieux Väinämöinen, barreur des runes par les âges » </font> [21.363-4]<br><font color="#000080"> « le barde sage » </font> [37.214]<br><font color="#000080"> « le barde brave » </font> [1.342]<br><font color="#000080"> « le vieux brave » </font> [3.534]<br><font color="#000080"> « le barde sans âge » </font> [1.287-8]<br><font color="#000080"> « le sage » </font> [2.9 ; 38.294 ; 43.102]<br><font color="#000080"> « le vieux » </font> [3.415]<br><font color="#000080"> « le mage » </font> [3.536]<br><font color="#000080"> « le barde » </font> [5.145 ; 10.22]<br><font color="#000080"> « le vieux barde » </font> [21.369 ; 38.295 ; 39.129 ; 42.527 ; 46.86]<br><font color="#000080"> « le vieux sage » </font> [3.183]<br><font color="#000080"> « le vieux chanteur » </font> [4.14]<p><b>Ilmarinen</b> l’appelle <font color="#000080"> « Väinö, barbe vieille » </font> [10.64 ; 37.206], <font color="#000080"> « Väinö, barbe blanche » </font> [10.102 ; 18.457], <font color="#000080"> « Väinö, barbe blanche, barde sage, chanteur sans âge » </font> [10.77-78] et <font color="#000080"> « Väinö, vieille barbe ! Mage sage, barde sans âge ! » </font> [49.387-8]<br><b>Lemminkäinen</b> l’appelle <font color="#000080"> « Väinö le vieux chanteur » </font> [39.378] et <font color="#000080"> « Väinö, vieille barbe » </font> [39.392], <font color="#000080"> « Väinö, barbe vieille » </font> [49.288]<br><b>Ahto</b> l’appelle <font color="#000080"> « le très-vieux barde » </font> [41.142]<br><b>Vellamo</b> l’appelle <font color="#000080"> « Väinö, bon vieux barde ! » </font> [43.169]<br><b>Aino</b> : <font color="#000080"> « Väinö, barbe très-vieille » </font> [5.99]<br><b>Louhi</b>, patronne de Pohjola, ennemi de Väinö l’appelle <font color="#000080"> « Ô Väinö, barbe très-sage, mage vieux, grand barde sans âge ! » </font> [7.305-6], <font color="#000080"> « Väinö, la barbe blanche » </font> [18.618], <font color="#000080"> « le vieux de Väinölä » </font> [18.632], <font color="#000080"> « Väinö le vieux barde » </font> [20.573], <font color="#000080"> « vieillard crotteux, Väinö vilain, vieille barbe ! » </font> [43.214-5]<br><b>Joukahainen</b> : <font color="#000080"> « Väinö, barbe vieille et barde sans âge » </font> [3.129-130], <font color="#000080"> « Väinö, barbe grise, mauvais chanteur et grand gousier ! » </font> [3.259-260], <font color="#000080"> « Väinö, grand barde, grand sage, mage de savoir éternel ! » </font> [3.345-6], <font color="#000080"> « Väinö, vieux barde sage » </font> [3.407, 427], <font color="#000080"> « Väinö, vieux barde sage ! Mage du savoir éternel ! » </font> [3.450-1], <font color="#000080"> « Väinö vieux barde » </font> [6.197]<br><b>Väinö</b> se présente lui-même comme <font color="#000080"> « Väinö le vieux barde » </font> [47,149]<br><b>Jouka</b> et deux femmes, <b>la mère de Jouka</b> et <b>Louhi la vieille</b>, le désignent comme <font color="#000080"> « le fils (de) Kaleva » </font> [6.122, 218], <font color="#000080"> « l’homme grand de Suvantola , la perle de Kalevala» </font> [6.233-4], <font color="#000080"> « l’enfant de Kaleva » </font> [6.214], <font color="#000080"> « l’enfant des gens de Kaleva » </font> [6.118], <font color="#000080"> « le fiancé d’Uvanto » </font> [7.186], <font color="#000080"> « le fils d’Uvanto » </font> [7.242]<br><b>Annikki</b> l’appelle <font color="#000080"> « vieux Väinö » </font> [18.131, 173], <font color="#000080"> « l’aïeul d’outre-temps » </font> [18.658] et <font color="#000080"> « l’ancêtre » </font> [18.660]

<hr width=30% align=left>

<font size=+1><b> (3) Sans Père </b></font><p>Le mystère des deux personnes augmente lorsqu’on découvre que toutes deux sont sans père. Pour Tom, nous le savons grâce à Elrond qui rappelle que son ancien nom Iarwain Ben-adar signifiait « le plus ancien et sans-père » (« oldest and fatherless » [258]{293}). <p><b>Rque :</b> bien qu’un poème du Livre Rouge attribue, à un certain « Tom », un oncle « Tim », frère du père de Tom (« Tam » ? ;-) ; cf. <b>Stone Troll</b> 10, 17 et24 en [201-203]), et tout en reconnaissant que ce « Tom » est décrit portant des bottes comme Tom Bombadil, rien ne nous est dit sur l’auteur de cette chanson très populaire à l’époque de Sam (« vieil air » [201]) ; un auteur qui, plutôt que de rapporter des faits, semble avoir voulu faire œuvre éducative et festive.<br>Aussi, et parce qu’il s’agit de la <i>lectio difficilor</i>, il faut accepter la tradition elfique d’un Tom Bombadil sans-père.<p>Väinämöinen lui aussi, est sans géniteur masculin. Et sa conception hors norme a lieu alors que le monde est vide de vie :

<blockquote><font color="#000080">les nuits nous viennent seules, noires,<br>les jours lèvent seuls, soleils pâles,<br>tout seul Väinämöinen<br>un jour est né, barde sans âge<br>par le ventre de la porteuse,<br>Ilmatar, la mère du monde.</font> [<b>1</b>.105-109] </blockquote>

Väinämöinen n’a pas de père puisque Ilmatar n’a pas connu d’homme : « la vierge vit […] jour et jours en vie de pucelle », elle est « fille du ciel » et « dame belle de la nature » (111-114).<br>En fait c’est « la mer [qui] engrosse la pucelle » (136), mais il s’agit d’une auto fécondation, puisque Ilmatar est « mère de l’eau » (143), « la mère des eaux , dame de l’eau, vierge du ciel » (195-6), « vierge de l’air » (218) et « mère du monde » (344).

<blockquote><font color="#000080">le temps passe, le temps s’avance,<br>les années chassent les années </font>[<b>1</b>.245-6]<br><font color="#000080"> (…)<br>Or mais Väinämöinen <br>n’est point né, le barde sans âge.<br>(…)</font> <br>[<b>1</b>.287-8] </blockquote>

S’ennuyant, il décide de naître pour « regarder la lune au ciel, le soleil aux rayons de joie, (…) apprendre la Grande Ourse et reguigner vers les étoiles » (310-314).

<blockquote><font color="#000080">Lors il dévale vers <b>la mer</b>,<br>tête et bras roulant à la houle ; <br>(…)<br>Cinq ans vaque, cinq ans dérive,<br>cinq années, six année tantôt,<br>puis l’an septième, et le huitième.<br>Il se dresse enfin sur l’eau grande,<br>vers le cap aux rives sans nom,<br>terre ferme, terre sans arbres.<br>Il se hisse, genoux en terre,<br>se cambre à la force des bras :<br><b>il est debout pour voir la lune,<br>pour s’ébahir au pied du jour,<br>il suit les voies de la Grande Ourse<br>et ses yeux boivent les étoiles.</b><br>Ainsi Väinämöinen<br>a vu le jour, le barde brave,<br>par le ventre de la porteuse,<br>Ilmatar la mère du monde.</font> [<b>1</b>.325-6, 329-344] </blockquote>

Nous retrouvons l’écho du cheminement de Väinö dans celui de Tom ; rappelons-nous ses propres paroles (en revenant à la version primitive entre crochets d’après [HVI, p.121)]) où il se présente comme « L’Aborigène » de la Terre-du-milieu, véritable témoin cosmogonique («primeval [being] ») :

<blockquote><font color="#008800"> « [Je suis un Aborignè, c’est ce que je suis, l’Aborig,nèe de cette terre]. (…)<br>[Tom] a tracé <b>des sentiers</b> avant les Grandes Gens, et il a vu arriver les Petites Personnes. Il était ici avant les rois et les tombes et les Etres des Galgals. [Il a vu <b>le Soleil</b> se lever et <b>la Lune</b> le suivre, avant que le nouvel ordre des jours ne fût fixé]. Quand les Elfes sont passés à l'ouest, Tom était déjà ainsi, avant que <b>les mers</b> ne fussent infléchies. Il a connu <b>l'obscurité sous les étoiles</b> quand elle était sans appréhension (…) »</font></blockquote>

Notons que ce plaisir qu’il a de contempler les astres traverse des Âges puisqu’il invite les hobbits à chanter « soleil, étoiles et lune » :

<blockquote><font color="#008800"> « Now let the song begin! Let us sing together <br>Of <b>sun, stars, moon</b> (…) »</font></blockquote>
<blockquote>=</blockquote>
<blockquote>Que les chants commencent ! Chantons en chœur<br>Le soleil, les étoiles, la lune (…)<br>[131]{144}</blockquote>

Notons encore que la chanson qu’il apprend à Frodon et à ses compagnons repose, en partie, sur une invocation « par le feu, le soleil et la lune » ([145]{156}) et relevons plus particulièrement combien Tom, tout comme Väinö, semble attaché ou lié aux étoiles :

<blockquote><font color="#008800"> (…) and it seemed as if, <b>under the spell of his words</b>, <br>the wind had gone, <br>and the clouds had dried up, <br>and the day had been withdrawn, <br>and darkness had come from East and West, <br>and all the sky was filled with <b>the light of white stars</b>. <br>(…)The stars shone through the window and the silence of the heavens seemed to be round him. </font></blockquote>
<blockquote>=</blockquote>
<blockquote>et il semblait que, sous le charme de sa parole [Tom], (…) tout le ciel fût rempli de la clarté de blanches étoiles.<br>(…) Les étoiles brillaient à travers la fenêtre, et le silence des cieux semblait l’environner [Frodon].<br>[128-9]{153}</blockquote>

Sosryko<br><i>To be continued...</i>

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  Problème dans le Légendaire
Posted by: Meneldur - 20-06-2003, 14:55 - Forum: Webmaster - Replies (20)

Alors que je furetais dans les vieux fuseaux du Légendaire (saine habitude ;-)) je me suis aperçu d'un sacré bazar dans le "rangement" de ces fuseaux : vers le milieu de la liste, on trouve pêle-mêle des fuseaux dont le dernier message remonte à l'an 2000 et des fuseaux plus récents, remontant au débuit de 2003.<p>Est-ce que c'est mon PC qui déraille (ce ne serait pas la première fois ;-)) ou alors est-ce le forum?

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