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  Tolkien Reading Day 2017
Posted by: Moraldandil - 06-03-2017, 23:04 - Forum: Tolkien sur JRRVF et les médias - Replies (7)

Comme Isengar l'a déjà indiqué dans le calendrier, le Tolkien Reading Day aura lieu comme tous les ans le 25 mars, qui a le très bon goût cette année de tomber un samedi pour nous faciliter les festivités.

Le thème cette année est <b>Poésie et chant dans l'oeuvre de Tolkien</b>. Miam :-)

L'association Tolkiendil organise à l'occasion des rencontres de lecture ce jour là (fuseau d'annonce de la maison d'à côté) :

  • à Paris, à 19h30, aux Caves Alliées, 44 Rue Grégoire de Tours, 6e arrondissement (M° Odéon ou Mabillon).
  • à Lille, au Dernier Bar avant la Fin du Monde, 12 rue du Pas (M° Rihour). Le programme serait : 14h animations diverses (calligraphie, demo de jeux, quiz, conf...) jusque 18h, suivi de la soirée lecture.
  • et peut-être aussi à Toulouse, mais ce n'est pas encore certain. Bougez-vous, les Toulousains, puisqu'il y en a plus d'un(e) par ici !

L'événement peut aussi se suivre sur Facebook . Mais c'est quand même mieux de lire ensemble en vrai. Alors venez et n'oubliez pas de le clamer haut et fort Smile

B.

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  Photo(s) inspirée(s)
Posted by: Cédric - 31-01-2017, 13:36 - Forum: Espace libre - Replies (42)

J'ouvre le bal d'un nouveau fuseau pour nos photos inspirées de ... qui vous savez.
Celle-ci a été prise fin décembre à l'éco-musée d'Alsace à Ungersheim (http://www.ecomusee.alsace/fr/)

Quel titre lui donneriez-vous ?

[Image: ECOMUSEE-2016-377.jpg]


Cédric

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  Bonne année 2017
Posted by: ISENGAR - 01-01-2017, 14:59 - Forum: Espace libre - Replies (11)

Cher tous,
Il est temps de vous souhaiter une très bonne année 2017 sur JRRVF.

Que cette nouvelle année vous permette de réaliser vos voeux et d'aller de l'avant avec le bonheur et la santé dont nous avons tous besoin.

Bien amicalement

I.

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  Les Jours Anciens dans le Seigneur des Anneaux
Posted by: Tar Palantir - 14-11-2016, 21:26 - Forum: Le Légendaire - Replies (10)

Le Silmarillon a été l’obsession de JRR Tolkien. Maintes fois écrit, réécrit, retouché, retravaillé (les deux tiers des HOME traitent du Silmarillon), il n’a jamais été publié du vivant de l’auteur.

Telle un arlésienne, pourtant, il a été annoncé à de nombreuses reprises comme nous l’indiquent les Lettres. Après le Hobbit, le professeur voulut le faire publier, et après-guerre, il demanda sa sortie à son éditeur au même moment que le Seigneur des Anneaux. Pourtant rien n’y fit.

Dès la publication du Seigneur des Anneaux, à lire le roman, il est clair que le Silmarillon existe. Le préambule du SdA précise que ce livre n’est qu’une partie d’une plus vaste œuvre littéraire et dans l’appendice A, Tolkien cite explicitement le Silmarillon et en donne même un bref résumé.

Toutefois, plus de 15 ans après la publication du SdA (déjà tardive vis-à-vis de l’essentiel de la composition du roman), les fans du professeur se languissaient toujours.
<I>A look behind the Lord of the Ring</I>, de Lin Carter, est le, ou l’un, des premiers livres consacré à l’étude du SdA, publié en 1969 du vivant de l’auteur. Si le contenu est très daté et peut prêter à sourire maintenant, on peut y lire une évocation du Silmarillon et plusieurs hypothèses sur son contenu envisagé comme une <I>préquelle</I> au Seigneur des Anneaux.

Si Christopher Tolkien n’avait pas publié le Silmarillon à la mort de son père, on aurait pu, tel Lin Carter en rester à des suppositions. Quoique …

A y regarder de plus près, oubliant tout ce qu’on sait de la lecture du Silmarillon et de tout ce qui a été publié de façon posthume, en se mettant dans la peau d’un lecteur américain des années 60 ou d’un lecteur anglais à la sortie du livre en 54-55, il y a moyen d’en savoir beaucoup plus. Il y a moyen de démentir cette phrase qui clôture l’introduction des chronologies : «<I> au Quatrième Age, on dénommait Jours Anciens ces temps lointains : toutefois, ce terme désignait en propre l’époque qui avait précédé la défaite de Morgoth. On ne relatera pas ici les récits de ces temps</I> ».

Le SdA, ou le Hobbit dans une moindre mesure, est imprégné de multiples références au Silmarillon, au point de pouvoir en reconstituer la trame et toute l’essence. C’est ce que je vais présenter.

Au moyen du seul SdA comme source, je présenterai d’abord la chronologie des Jours Anciens telle qu’on peut la reconstituer. Puis j’étudierai les témoignages de ces jours anciens, les témoins et la façon dont les récits du 1er Age sont retranscrits dans le SdA, pour finir par une comparaison entre les Jours Anciens tels qu’ils figurent dans le SdA et le Silmarillon publié.

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  Un projet d'advocacy pour les bibliothèques
Posted by: Anardaiel - 31-10-2016, 08:13 - Forum: Espace libre - Replies (4)

Bonjour les Jrrvfiens!

J'ai longuement hésité à venir parler ici d'un petit projet que nous menons avec mes camarades de promo, parce qu'on est bien loin de Tolkien, mais bon, allez, je me lance (même si certains ont aussi déjà vu passer l'annonce plein de fois sur Facebook).

Depuis janvier je suis en formation comme élève conservateur des bibliothèques. Avec un bon nombre de mes camarades de promotion, nous avions envie d'ajouter une petite pierre à notre milieu en menant un projet d'advocacy.
Nous avons choisi le biais, certes potache, du calendrier de nu et ce pour plusieurs raisons : la première était le petit défi personnel et le côté fun du projet, la seconde est que nous voulions évoquer en quelque sorte la transparence du rapport à l'usager et l'incarnation de nos métiers, enfin nous avions "à portée de main" une photographe spécialiste du nu dont nous aimons le regard.

Nous nous sommes donc lancés dans ce projet, et chaque photo illustre un service proposé par les bibliothèques aujourd'hui, pour montrer la diversité des actions qu'on y mène ainsi que leur rôle dans la société.
Nous avons lancé un financement participatif sur Ulule, et il reste encore une semaine avant la fermeture de la collecte.

Nous avons fait le choix de reverser l'intégralité des bénéfices que nous ferons à une association qui s'appelle Cyclo-biblio, dont l'objectif est de promouvoir les bibliothèques à travers des "conférences à vélo". Mêler rôle socio-culturel des bibliothèques et esprit écolo, ça nous plaisait beaucoup!

Bref, voilà, si la démarche vous fait sourire, ou que vous avez envie de soutenir les bibliothèques et les bibliothécaires (et au passage d'avoir un calendrier avec des vrais morceaux de conservateurs dedans), vous trouverez plus d'info et pourrez participer à la collecte ici : https://fr.ulule.com/lecons-de-bibliothe...rier-2017/

(Vous avez aussi le droit de trouver ça nul et ringard, on n'est pas sectaire!)

Bien à vous tous!
Dodie

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  Beren & Lúthien à paraître en ouvrage individuel
Posted by: Zelphalya - 19-10-2016, 10:43 - Forum: Le Légendaire - Replies (15)

Une grande nouvelle vient d'arriver Smile

Pour les 10 ans de la parution des Enfants de Húrin, Christopher Tolkien va publier Beren & Lúthien sous le même type de format, un ouvrage contenant le récit individuellement.
La publication sera fait par HarperCollins en mai 2017 avec des illustrations d'Alan Lee.

[Image: 9780008214197.jpg?w=300]

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  Séminaire Tolkien à l'ENS 2016–2017
Posted by: Zelphalya - 17-10-2016, 14:23 - Forum: Tolkien sur JRRVF et les médias - Replies (43)

J'ai oublié de relayer ici :8
Heureusement Isengar l'avait noté dans le calendrier Smile
Par contre attention, c'est Salle 236 (deuxième étage, couloir de gauche), 29 rue d’Ulm, 75005 Paris (pas le 45 comme l'année dernière).


[Image: seminaire_tolkien_ens_20161018.jpg?w=400]

Leçon inaugurale, en présence de Leo Carruthers,
Professeur émérite à l'Université Paris IV Sorbonne,
directeur du Centre d’Etudes Médiévales Anglaises (CEMA, Paris IV).


Mardi 18 octobre, 18h-20h : Tolkien et la poésie médiévale : traduction et inspiration
Salle 236 (deuxième étage, couloir de gauche), 29 rue d’Ulm, 75005 Paris

Résumé : Si l'on connaît Tolkien principalement comme romancier et mythographe, on sait moins qu'il était d'abord médiéviste et philologue. Tout au long de sa vie professionnelle, Tolkien travaillait sur la langue et la littérature médiévales anglaises, qu'il enseignait à l'université. Son domaine de spécialité a eu une influence directe sur ses romans, Le Hobbit, Le Seigneur des Anneaux, et Le Silmarillion. L'auteur était également poète et traducteur, se nourrissant, là encore, des textes du Moyen Age, ce que le public a pu découvrir dans un certain nombre de publications posthumes. Déjà, en 1975, est sorti un livre contenant sa version en anglais moderne de Sir Gawain and the Green Knight, Pearl and Sir Orfeo. Mais il fallait attendre 2014 avant de pouvoir lire sa traduction de Beowulf, œuvre bien plus ancienne, qui a beaucoup inspiré Tolkien. Quel rapport peut-on établir entre ces poèmes et la mythologie de la Terre du Milieu ?

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  Traduction pour un tatouage qui me tient a coeur , veuve depuis 4 ans
Posted by: Marie-Aude - 16-10-2016, 17:32 - Forum: Espace libre - Replies (10)

Ne subis pas ta vie , vie là
Ne rêve pas tes rêves, réalises les
N'ai aucun regret...

Ou

Profite de la vie,réalise tes rêves, n'ai aucun regret

En elfique svp vous seriez d'un grand secour
Merci à vous

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  Encore un nouveau !
Posted by: Pengolodh - 30-09-2016, 09:14 - Forum: Espace libre - Replies (12)

Bien le bonjour à tous !

Je n’ai jamais vraiment su me présenter et je ne suis pas vraiment à l’aise dans cet exercice…
Disons que je vis dans la région Centre, que j’ai 25 ans, j’ai découvert le vaste univers du Seigneur des anneaux avec les films – et le livre ornait la bibliothèque familiale depuis toujours.

Après la sortie du « premier tome » de la nouvelle traduction du Seigneur des Anneaux, voyant en fin de volume les remerciements aux membres de JRRVF, je me mis à lire avec curiosité ce forum. Puis les divers articles, qui m’ont fait relire – et redécouvrir – certains livres de Tolkien !
Honte sur moi, je ne voulais pas lire, pour la stupide raison que les noms changeaient, le premier tome de cette nouvelle traduction… Heureusement, Fangorn m’a expliqué le processus de traduction, et grand bien m’a fait de lire ce nouveau SdA ! Merci, donc, une fois de plus, à Fangorn Wink

Vous l’aurez compris, j’ai, comme beaucoup, une affection toute particulière pour le Seigneur des Anneaux. Mais l’ouvrage qui m’a le plus marqué reste Les Enfants de Húrin. C’est d’ailleurs ce livre qui m’a poussé à acquérir la collection de The History of Middle-Earth récemment, collection pour laquelle je me passionne.
Je dois avouer que la sortie prochaine du nouveau Retour du Roi m’enthousiasme beaucoup (au point que je conseille cette traduction à mes amis qui veulent le lire pour la première fois!), et c’est avec le plaisir de quelqu’un qui met pour la première fois le pied en Terre du Milieu que je me suis replongé dans la nouvelle traduction du Hobbit et du Seigneur des Anneaux ! Évidemment, Les Enfants de Húrin y est repassé aussi ; il ne manque plus que Le Silmarillion, mais j’ai peur qu’une semaine et demie ne soit une période trop courte pour sa lecture !

Au plaisir de vous lire tous !

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  Philippe Borgeaud, historien des religions
Posted by: Hyarion - 30-09-2016, 00:07 - Forum: Autour de Tolkien... - Replies (1)

[Image: 1475185531_caspar_david_friedrich_le_tem...rtmund.jpg]
<SMALL>Caspar David Friedrich (1774-1840)<br>Le Temple de Junon à Agrigente (Junotempel in Agrigent), vers 1830<br>Huile sur toile - 54 x 72 cm<br>Dortmund, Museum für Kunst und Kulturgeschichte.</SMALL>

Cet été, je vous avais déjà parlé, dans deux autres fuseaux de discussion, de l'helléniste et historien des religions suisse Philippe Borgeaud, d'abord en juin dernier alors qu'il était un des intervenants d'un épisode de BiTS d'ARTE consacré au dieu grec Pan, puis en août dernier en marge d'une discussion consacrée à Albert Camus et notamment à son rapport avec la pensée des anciens Grecs. Si je me permets d'en reparler ici, c'est parce que je trouve la pensée de cet historien stimulante, appréciant en particulier son point de vue nuancé concernant les notions de religion, de mythe et de mythologie, ainsi que la question de l'appréhension générale des spiritualités humaines et de leur histoire : cela méritait bien la création d'un nouveau fuseau, plutôt que de continuer à se contenter d'évocations en parallèle d'autres échanges. Auteur, entre autres, de Recherches sur le dieu Pan (1979) et du livre Aux origines de l'histoire des religions (2004), déjà évoqués dans les autres fuseaux, Philippe Borgeaud a accepté tout récemment un entretien pour le journal suisse Le Temps, à l'occasion de la parution d'un recueil intitulé Exercices d’histoire des religions - Comparaison, rites, mythes et émotions, recueil dans lequel se trouve réunis un certain nombre de textes écrits par Borgeaud durant le quart de siècle de carrière qui a été le sien en tant que professeur d'histoire des religions antiques à l'Université de Genève. En attendant de pouvoir éventuellement échanger davantage là-dessus un jour ou l'autre (il y a tant de livres à lire et à relire...), je me permets donc de partager ici l'entretien en question :

<p><div class="refTexte">«Nous ne sommes pas des légumes», dit Philippe Borgeaud quand il entend parler de «nos racines». Plus qu’une boutade, il y a là tout un programme: il faut douter de ces expressions toutes faites, qu’on utilise sans trop y penser et qui entraînent un cortège incontrôlable de notions et d’émotions. «Certains vous disent: c’est bien joli de faire des comparaisons avec les Mexicains ou le Japon, mais il faut d’abord se centrer sur ce que nous sommes – nos racines… Comme si avant de voir ailleurs, il fallait être certain d’être bien enraciné. Pour moi, cette idée ne tient pas debout. On n’est pas enraciné, on a des références», réfléchit l’historien des religions. Nuance fondamentale: les références voyagent et se comparent. Et c’est la comparaison, précisément, qui instaure à la fois ce phénomène faussement évident et réellement élusif qu’on appelle «religion», ainsi que la discipline qui fait de celle-ci son objet d’études.
Cette histoire de légumes et de racines figure dans la leçon d’adieu, prononcée en mai 2011, avec laquelle Philippe Borgeaud quittait son poste de professeur ordinaire d’histoire des religions antiques à l’Université de Genève pour entamer une retraite industrieuse, comme il se doit. Le texte reparaît, avec dix-huit autres rédigés pendant les vingt-cinq ans de son parcours professoral, dans ces <em>Exercices d’histoire des religions</em> (*).<br><hr /><strong>Le Temps: On croyait savoir plus ou moins ce que «religion» signifie. En vous lisant, on découvre qu’il n’en est rien.</strong><br><strong>Philippe Borgeaud:</strong> J’ai tendance à donner deux significations différentes au mot «religion». Il y a un sens qui (malheureusement, je dirais) est le plus habituel, qui nous ramène à la notion de religion comme institution, organisée autour d’un enseignement. De cette position-là, on voit les religions un peu comme des bocaux sur une étagère, clos sur eux-mêmes. L’histoire des religions ne me semble ne pas avoir ce type de chose comme objet. Il y a d’autre part le sens antique, d’avant le christianisme, celui du mot latin <em>religio</em>.<br><strong>– Vous revenez à plusieurs reprises sur cette étymologie, qui renvoie, écrivez-vous, à la notion d’«être scrupuleux», «se soucier», par opposition à la <em>neglegentia</em>, l’«insouciance»,</strong><br>– On remarque qu’il y a des éléments dans une société, des formules de langage, des gestes, qui prennent une importance folle, qu’on ne peut pas expliquer de manière factuelle. C’est là que réside l’objet réel de nos études. Il s’agit de savoir pourquoi à certains moments certains groupes attribuent autant d’importance à certaines choses qui objectivement n’en ont pas. Ces choses sont d’une certaine manière ce qu’on appelle le sacré.<br><strong>– Aujourd’hui, on considère d’une manière quasiment obsédante que l’essence de la religion, c’est la croyance. Vous montrez que dans l’Antiquité, l’essentiel est le rituel: ce qu’on fait plutôt que ce qu’on croit.</strong><br>– Je pense que c’est toujours le cas. Je suis frappé par la différence entre ce qui se dit d’un point de vue théologique et la pratique. Les gens vont à l’église parce qu’ils y vont, pas parce qu’ils croient à tel ou tel dogme; la réalité est dans la pratique. Dans la Rome antique, on considère même qu’il faut avoir la bonne pratique, mais qu’y mettre trop de croyance n’est pas bon: ça devient de la superstition.<br><strong>– Quel que soit le «nous» de référence, la bonne pratique est toujours la nôtre. Elle est meilleure que celle du voisin pour l’unique et bonne raison qu’elle est à nous.</strong><br>– Les Romains ont une forme de relativisme culturel qui dit que chaque peuple a sa coutume, mais aussi que c’est «chez nous» que ça se passe le mieux. C’est la même chose lorsque l’ethnologue Marcel Griaule retourne, âgé, chez les Dogons, et que ceux-ci lui disent: tu es vieux, tu vas mourir, il faut que tu viennes chez nous, on est les seuls à savoir faire… Il existe peut-être des exceptions. D’après un article de Caroline Humphrey dans le dernier numéro de <em>L’Homme</em>, il semblerait que dans la pensée d’un lama et poète mongol du XVIIIe siècle, on arrivait à ne pas mettre le «nous» au centre. Mais en général chaque groupe humain se place au centre, on n’y échappe pas.<br><strong>– Il y a bien des Européens et des Nord-Américains qui se tournent vers les religions orientales ou le chamanisme.</strong><br>– Je dirais qu’ils ne vont pas vraiment ailleurs, mais plutôt dans un imaginaire qui est toujours le nôtre. Quand nous parlons de bouddhisme zen, c’est une construction qui est passée par Oxford et par la Californie. Je pense qu’il y a là un grand leurre: on ne va pas chez les autres, on va trouver son rêve; un rêve qui est fabriqué chez nous.<br><strong>– On pense tout à coup à R. Gordon Wasson, l’homme qui fait découvrir au public états-unien le champignon psylocibe des Mazatèques mexicains dans les années 50. Suite à son passage, les Blancs vont consommer cet hallucinogène pour trouver Dieu, alors que jusque-là, comme l’explique la guérisseuse qui a accueilli Gordon Wasson, le champignon servait à soigner… Nous projetons nos notions sur la réalité observée et nous observons nos projections.</strong><br>– C’est une longue histoire. Elle remonte à la «théorie des figures», qui va des Pères de l’Eglise au Concile Vatican II et qui dit que dans la religion des autres, il y a des préfigurations de la vérité chrétienne. Les explorateurs, les jésuites rencontraient des entités telles que les kamis japonais ou les orishas africains, mais ce qu’ils cherchaient, c’était le Deus de la Bible latine, et partout où ils arrivaient, ils croyaient le retrouver.<br>Cela ressemble à ce que Roland Barthes a appelé «vol de langage»: on dit à l’autre qu’on sait mieux que lui ce qu’il pense. Il y a là une forme d’impérialisme qui a fait que dans des civilisations complètement différentes, on a créé des choses qui ressemblent à du christianisme. Les Japonais ou les Chinois ont introduit dans leur constitution une notion de religion sur le modèle chrétien, et il faut désormais que les bouddhistes ou les shintoïstes se moulent là-dedans.<br><strong>– Ce moule, a-t-il au moins une pertinence pour comprendre les monothéismes?</strong><br>– On parle de monothéisme un peu vite. Quand je suis à la Semaine sainte à Séville, je n’ai pas l’impression d’être dans un pur monothéisme… Il y a d’ailleurs un problème avec le terme «religions abrahamiques»: si on creuse, comme l’a fait Guy Stroumsa, on se rend compte que ce sont trois religions qui donnent à Abraham des sens multiples et contradictoires. On ne peut pas mettre tous les monothéismes d’un côté et tout le reste de l’autre… Ce qui m’intéresse, c’est comment le cadre chrétien s’est constitué dans le rapport aux polythéismes de l’Antiquité et au judaïsme. Le christianisme se sépare du judaïsme, dont il n’était qu’une secte, en disant: on abandonne la loi et on s’ouvre aux nations. La pensée chrétienne émerge en relation à d’autres.<br><strong>– Le monothéisme est-il une rupture radicale par rapport au mythe antique?</strong><br>– C’est encore un leurre. Il y a des grands personnages comme Jan Assmann qui ont parlé de la «rupture monothéiste», lors de laquelle on voit tout à coup le monothéisme juif dire aux autres: vous faites tous erreur et nous, nous avons la vérité. Cela s’appliquerait ensuite au christianisme. Mais ce n’est pas si simple. On a, pour commencer, quatre évangiles qui ne racontent pas la même chose… Une des vertus du polythéisme réside dans le fait qu’il y a d’innombrables paroles, auxquelles on n’est pas obligé d’accorder une foi simple et directe, parce qu’en fait, on n’est jamais sûr; les mythes ont toujours des variantes, d’innombrables versions du même récit. Cette vertu n’est pas complètement absente de ce qu’on appelle le monothéisme. Dans celui-ci, comme dans les religions antiques, le credo a finalement moins d’importance que les pratiques.<br><strong>– Nous n’avons donc pas tout à fait quitté le territoire du mythe.</strong><br>– Il y a différentes sensibilités au sujet du mythe. Mon collègue Bruce Lincoln l’analyse sous l’angle de l’oppression, de l’imposition d’une vérité et d’un dogme, en observant comment ce discours d’autorité se construit. De mon côté, je suis sensible à la liberté d’expression qui existe malgré ces autorités. Le mythe est une chose malléable, mouvante, qui explore des imaginaires et ne se fixe jamais définitivement en un dogme. C’est un discours qui joue avec le réel. Je pense qu’il est utile d’être conscient de cette forme d’expression, qui laisse une grande part de liberté d’exploration et ne s’arrête pas à des vérités toutes faites, mais tâtonne. Dans ce sens, la mythologie n’est pas morte.<br><strong>– À certains égards, le mythe aurait plus de choses en commun avec nos séries TV qu’avec ce qu’on appelle communément «religion».</strong><br>– C’est ce qu’a montré lors d’un colloque récent ma collègue américaine Sarah Johnston…<br><strong>– Un autre thème sur lequel vous revenez souvent est celui de l’universalisme.</strong><br>– Certains pensent que chaque groupe est enfermé dans son ontologie et qu’on ne peut rien comprendre aux autres. Je suis persuadé, au contraire, qu’on peut toujours traduire. Traduire signifie qu’il y a du même, qu’on a tous la même tête et que par conséquent on peut comprendre des concepts chinois ou indiens quand on nous les explique. Mais si on se pose la question de savoir comment cela se fait qu’il y a du même, on tombe dans des théories universalistes, qui sont dangereuses. Nous les avons connues en histoire des religions: l’évolutionnisme, la psychanalyse jungienne avec ses archétypes, les théories de Mircea Eliade. En définissant l’universel, on tombe fatalement dans une idéologie. Je crois que l’universel existe, mais je pense qu’il ne faut pas essayer de le définir.<hr />(*) [small]: Philippe Borgeaud, <em>Exercices d’histoire des religions. Comparaison, rites, mythes et émotions</em>. Textes réunis et édités par Daniel Barbu et Philippe Matthey (Leiden/Boston, Brill, 2016), 380 pages.[/small]<div class="refTitre">« La religion, un mythe comme les autres ? », Entretien avec Philippe Borgeaud, par Nic Ulmi, Le Temps, 24 septembre 2016.</div></div>

Tout l'entretien est intéressant et j'apprécie personnellement, en particulier, la conclusion de Philippe Borgeaud : ayant, rappelons-le, notamment étudié auprès de Mircea Eliade à l'université de Chicago, il préfère pour sa part prendre ses distances vis-à-vis des théories universalistes telles que celles de son ancien professeur, et adopte une attitude de recherche et de réflexion que je qualifierai - sans surprise - d'assez équilibrée, puisqu'il s'agit de ne pas s'interdire d'étudier en comparant mais sans pour autant vouloir à tout prix "maîtriser" au point d'enfermer l'objet d'étude dans un système de pensée globale ou totale.

Amicalement,

Hyarion.

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