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| guitariste disponible pour une nouvelle épopée musicale |
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Posted by: Isabot - 14-03-2006, 15:49 - Forum: Espace libre
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Bonjour à tous,<p>C'est la première fois que je participe à un forum de discussion. Ma démarche a un but bien précis:<p>trouver le ou la musicien(ne) de la Riviera vaudoise ou des environs qui aurait envie de se produire en duo avec une guitariste classique.<p>Je joue des pièces espagnoles, russes, etc. et cherche une personne capable d'y ajouter une deuxième voix d'inspiration libre pour jouer sur les contrastes de styles.<p>j'ai connu un peu l'expérience de la scène et en garde une indicible nostalgie.<p>En espérant trouver la perle rare, je vous salue tous bien cordialement<p>Isabot
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| Faute d'une nouvelle... un bonjour et un pastiche... |
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Posted by: Cirdan - 10-03-2006, 18:33 - Forum: Votre Nouvelle
- Replies (11)
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Bonjour à tous! <p>Comme ça fait très longtemps que je ne suis pas passé vous voir et que je n'ai pas le temps hélas de débattre sur le légendaire (mais je ne désespère pas de revenir un jour... :-)), je me suis dit que cette petite fantaisie "pseudo-borgésienne" si je puis dire, qui m'est venue au détour d'une page blanche aucunement prévue à cet effet, un de ces soirs où l'on cherche tout pour éviter le travail que l'on doit faire... :-), je me suis dit, donc, qu'elle pourrait peut-être vous amuser! Avant de venir plus souvent (cet été?) vous croiser virtuellement, je me contente de ce petit bonjour maglorien! :-) Salut les anciens! (et les nouveaux aussi) <br>à bientôt,<p>Cirdan <p><p><br>Fragment de la "Noldolantë"<p><p> A la lourde chaleur de l'été qui berçait d'un rythme très lent la prospère Minas Tirith, on trouvait ici un contrepoint de fraîcheur et de pénombre. Les longues fenêtres aux volets entr'ouverts laissaient deviner, dehors, la lumière éblouissante d'un après-midi sec et étouffant. Le directeur de la bibliothèque écoutait avec une attention extrêmement soutenue les propos d'un homme d'une soixantaine d'année, moins grand que lui mais beaucoup plus trapu. <br> Plutôt bâti, en fait, à la manière d'un gardien de la citadelle qu'en l'idée commune que l'on se faisait d'un éminent spécialiste de la poésie en Haut-Elfique, Gundor de Pelargir était reconnu comme le seul Atani du royaume à pouvoir utiliser le quenya à sa guise comme d'une langue vivante maternelle. Ses vastes connaissances linguistiques l'avait amené à devenir le professeur attitré de la famille royale, mais l'âge avançant, il avait demandé au roi de retourner dans sa ville natale, ce qui fut accepté, bien qu'à contrecur étant donné l'apport sans égal de cet homme à la vie culturelle d' une citadelle embourbée depuis la chute de Sauron dans une sufisance inquiétante. <br> Le directeur de la bibliothèque savait donc pertinemment que si Gundor était revenu après plus de quatre ans d'absence à Minas Tirith, cela ne pouvait être sans lien avec la fracassante découverte, l'année passée, de nombreux manuscrits de tout premier ordre dans la forêt bordant la mer de Rhûn. <br> La découverte en était due à une troupe de voyageurs gondoriens, qui s'étaient éloignés par un soir d'ivresse de l'auberge naine située entre la forêt et l'extrémité nord-ouest de la mer intérieure. Leurs errances nocturnes dans les bois luxuriants les amenèrent à y dormir. Mais le lendemain, tandis qu'ils rebroussaient chemin, l'un d'entre eux, peu habile à s'orienter s'égara et pris une direction opposée. Deux jours durant, il marcha vers le nord en se nourrissant de racines et de baies. C'est au soir du deuxième jour qu'il découvrit une hutte délabrée. Ce ne fut que bien plus tard qu'il parvint à retrouver (par un hasard miraculeux compte tenu de son inexpérience certaine de la grande forêt) l'auberge des Naugrim. Dans son sac se trouvaient des manuscrits parfaitement lisibles de vers narratifs en Haut Elfique. <br> La découverte était sans précédent : un manuscrit de la Noldolantë de la main de son auteur datant probablement de l'arrivée d'Eorl en Calendardhon. Jusqu'ici les vers magloriens les plus tardifs remontaient à la fin du Premier Age, juste avant la disparition des dernières traces de lauteur dans les terres orientales ; ils constituaient de courts poèmes méditatifs sur le Grand Thème et l'inaccessibilité des Enfants d'Iluvatar au sentiment d'appartenance à celui-ci. Maglor y mettait en avant l'idée que les règles harmoniques d'Eru, indépendamment de l'action de Morgoth défiaient la conception elfique de la beauté ce qui, par voie de conséquences, remettait en cause cette dernière. <br> Mais les nouveaux manuscrits rompaient une tradition critique en ce qu'ils démontraient que Maglor n'avait encore pas quitté son Hroa à la fin du Troisième Age et surtout qu'il était revenu sur son grand poème épique dont la dernière version connue jusqu'alors remontait à Dagor Bragollach. La présente situation redéfinissait le grand poème inachevé de la culture noldorine en une immense architecture qui s'ouvrait dans la nuit d'Aman et s'achevait à la mort de Maedros. <p> Gundor de Pelargir sortit des feuilles de son sac écrites en Occidentalien. "Voici ma traduction
donc
de la nouvelle version de l'ouverture. Il me semble primordial que la population gondorienne puisse avoir un aperçu dans notre langue de la poésie de Maglor dans l'achèvement suprême de la Noldolantë. Bien sûr, mes propres vers, la qualité inférieure de lOccidentalien, tout cela constitue des facteurs atténuant très largement la valeur originale du poème; mais... malgré tout... il y a beaucoup de notre propre histoire dans celle des Noldor. Et les mots de Maglor, vont au coeur de ce drame que Minas Tirith, dans une tendance parfaitement compréhensible mais dangereuse, cherche à oublier dans la lumière estivale." Toute une longue minute, il se tut. On entendait des enfants jouant en saspergeant deau auprès d'une fontaine qui faisait le croisement de deux ruelles en contrebas.<br> Assez abruptement, lhomme éleva une voix douce, consciente et triste: <p><br>"De la perte sans nom, celle d'une lumière; <br>De l'heure où ma parole, en écho à une autre,<br>A répété des mots de douleurs à venir;<br>De la sûre froideur qui gouvernait mon bras<br>Quand la lame il saisit pour parler à ses frères;<br>Nienna, fasse que, malgré les dissonances, <br>Ma voix, sans s'effacer, puisse en conter la nuit. <p>O Noldor... Je ne puis écrire que notre Chute,<br>Car aux jours de la joie, étions-nous Noldor? <br>Le coeur a oublié ce que le fëa garde,<br>Et loeil du souvenir se trouble et se révulse.<p>Des rires résonnant un doux soir sur Tirion;<br>Du léger vent de vie qui berçait la colline;<br>Des ruisseaux, scintillants de couleurs ineffables,<br>Qui couraient vers les pieds de hauts pics bienveillants<br>- tes neiges, Pelori, perdent leur pureté<br>Dans mes mots abîmés, fils dun ailleurs déchu! - ;<br>De tout cela
rien quun souvenir absurde
<p>Je ne puis rappeler la vérité trop dense.<br>Toi, dont la larme a lavé le plus noir charbon,<br>Accompagne mon chant, Nienna, maintenant,<br>Car il me faut entrer dans cette longue nuit."<p><br> - Mais il s'agit d'une véritable réécriture! s'écria le bibliothécaire, stupéfait.<br> - En effet, appuya Gundor, comme vous pouvez le remarquer, la fureur poétique inhérente au style de Maglor, est parfaitement absente de l'ouverture de cette version. On la retrouve bien, ne vous inquiétez pas! et ce, dès avant le second chant, mais elle semble s'être déplacée... vers un nouvel objet de rancoeur que je vous laisserai découvrir à la lecture
<p><br>
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| Mythe et Mythologie |
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Posted by: aravanesse - 10-03-2006, 16:17 - Forum: Le Légendaire
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Puisqu'évoquée dans le sujet sur l'essai de Meneldil, la différenciation mythe versus mythologie peut elle m'être expliquée clairement et précisément? Comment se définit-elle? Tolkien en dit bien quelques mots dans son essai dur le conte de fée, mais une approche plus détaillée semblerait plus commode pour mon cerveau en surchauffe.<br>Cordialement,<br>aravanessë
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| Le sens des illustrations |
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Posted by: Feuille de Niggle - 10-03-2006, 13:14 - Forum: Les Adaptations et créations
- Replies (2)
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-- le fuseau sur les Illustrateurs commence a s'allonger de facon impressionnante et, d'ailleurs, ma reflexion n'est pas tout a fait liee a la question initiale...<p>Comme on a pu voir sur le fuseau concernant les illustrateurs, les gouts sont tres divers et comme c'est parfois tres subjectif on ne pourra pas se mettre d'accord. Neanmoins, si l'on met les questions esthetiques de cote, avez-vous des reflexions sur l'interpretation des textes de Tolkien par les illustrateurs?<p>Par exemple: je me suis beaucoup interrogee sur le realisme des rapports de Denethor avec ses fils -- Comment un pere peut-il rejeter le fils qui lui ressemble le plus? -- jusqu'a ce que je decouvre par ce fuseau les dessins de Catherine Chmiel. Maintenant, j'ai compris :) -- d'ailleurs, je ne sais plus qui a mis ce lien, mais merci beaucoup!<p>Par contre, je me demande si l'on doit trouver un sens specifique a l'illustration de couverture faite par le Professeur pour l'edition anglaise du premier tome. On y voit l'Anneau et, autour, le texte de la formule "One Ring..." en ecriture elfique. Et le tout encadre par les trois anneaux des Elfes. Je me demandais quel sens doit-on trouver au fait que l'anneau du dessus (desolee, je ne connais pas sa couleur car ma couverture est noire en relief) coupe le texte de la formule. Il semble implique davantage que les autres...<p>Avez-vous des reflexions de ce genre, et avez-vous une reponse a ma question?<p>FdN :)
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| Le blog de Philippe Perrier |
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Posted by: Philippe Perrier - 05-03-2006, 18:56 - Forum: Tolkien sur JRRVF et les médias
- Replies (4)
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Un petit mot très rapide pour vous dire d'une part que je viens d'ouvrir mon blog d'apprenti romancier et d'autre part que je n'ai pas pu m'empêcher de renvoyer vers JRRVF dès la première note. (incorrigible, moi ?? Non...) <br>Plus sérieusement, et même si mon roman tiendra plus du fantastique que de la fantasy, Tolkien m'a beaucoup, mais alors vraiment beaucoup marqué... et je ne pouvais pas ne pas lui répondre et ce, dès le poème liminaire, qui est pour moi, entre autres choses, un clin d'oeil direct au "Seigneur des anneaux". <br>Surtout continuez comme ça. JRRVF est vraiment un site exceptionnel. <br>Amitiés à tous, <br>Philippe <br>http://castelcailloux.blogspirit.com/
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| Petite Princesse Moa — où l'on parle fanchon :) |
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Posted by: Laegalad - 02-03-2006, 18:14 - Forum: À propos des traductions
- Replies (7)
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[small][Édit (Yyr) 2021 : ce fuseau est l'un des nombreux rejetons de l'arbre initial de la traduction des poèmes][/small]
[espacement]
La « Petite Princesse Moa » donne bien du fil à retordre pour qui s'aventure à la traduction — encore qu'on trouve pire dans les ATB —, et je crois que c'est le poème le plus « fichon et fanfreluche » que l'on puisse trouver chez Tolkien : outre la (riche) description de la vêture, la description physique même de Moa emprunte aux termes de la fileuse et de la tisseuse... Et la structure du poème témoigne d'un bel entretissage.
Tout d'abord, on a un poème accentuel, schéma 2/2/3 accents par vers : deux dimètres (deux accents, donc) à peu près iambiques (i.e. accent faible – accent fort : u_), un trimètre à peu près iambique lui aussi (« à peu près », parce qu'on a parfois des syllabes en trop ; pour autant, ce n'est pas très « important » d'un point de vue poétique, le poème accentuel ne tenant normalement pas compte des pieds, i.e. ici les iambes ; il s'agit donc plus d'une structure apparaissant de temps à autre pour donner du rythme, qu'une obligation manquée).
Ensuite, les vers à deux accents riment deux à deux, de même que ceux à 3 accents.
[citation]Little <b>Prin</b>cess <font color="#C2F732"><b>Mee</b></font><br><b>Lo</b>vely was <font color="#C2F732"><b>she</b></font><br>As in <b>el</b>ven-<b>song</b> is <font color="#AC1E44"><b>told</b></font>:<br>She had <b>pearls</b> in <font color="#C2F732"><b>hair</b></font><br>[5]All <b>threa</b>ded <font color="#C2F732"><b>fair</b></font>;<br>Of <b>go</b>ssamer <b>shot</b> with <font color="#AC1E44"><b>gold</b></font><br>Was her <b>ker</b>chief <font color="#C2F732"><b>made</b></font>,<br>And a <b>sil</b>ver <font color="#C2F732">braid</font><br>Of <b>stars</b> a<b>bout</b> her <b>throat</b>.[/citation]
Et ne parlons pas des allitérations habituelles, des parallélismes de construction, voire des rimes internes :
[citation]Of <font color="#AC1E44">moth</font>-web <font color="#AC1E44">light</font> (//)<br>All <font color="#AC1E44">moon</font>lit-<font color="#AC1E44">white</font><br>She <font color="#C2F732">wo</font>re a <font color="#C2F732">wo</font>ven coat,<br>And <font color="#AC1E44">round</font> her <font color="#AC1E44">kirtle</font> (//)<br>Was <font color="#AC1E44">bound</font> a <font color="#AC1E44">girdle</font><br>S<font color="#C2F732">ew</font>n with <font color="#C2F732">di</font>amond <font color="#C2F732">dew</font>[/citation]
Devant un tel casse-tête, j'ai réussi à obtenir des octosyllabes pour remplacer les vers à deux accents, et à les faire rimer deux à deux. Pour les autres, ils n'obéissent pas à un schéma particulier, si ce n'est que pour compenser, j'ai pris particulièrement garde aux allitérations.
Maintenant, parlons chiffons — et du reste... :) :
[citation]She had pearls in hair<br>[5]All threaded fair;[/citation]
Les traductions françaises officielles raccordent « fair » à « hair », ce qui pourrait signifier que Moa est blonde... cependant, ici, il me semble que « fair » se rapporte à « threaded ». Lequel « threaded » n'est pas évident à traduire, parlant de chevelure : to thread signifie « enfiler, s'insinuer, passer, fileter »... je trouve aussi « to move or cause to move in a sinuous, spiral, or circular course », soit « serpenter », « onduler ». En tant que nom, « thread » désigne un fil, une corde torsadée. Ce qui est très indicateur... A la limite, on aurait l'évocation de cheveux fins, mais pour aller plus loin, ce n'est pas évident. Les traductions officielles choisissent de traduire par « tressés », ou « entrelacés »... J'ai choisi « torsadé ».
[citation]Of gossamer shot with gold<br>Was her kerchief made,[/citation]
<b>gossamer</b> : [emphase]« c.1325, "spider threads spun in fields of stubble in late fall," apparently from gos "goose" + sumer "summer" (cf. Swed. <i>sommertrad </i>"summer thread"). The reference might be to a fancied resemblance of the silk to goose down, or because geese are in season then. The Ger. equivalent <i>mädchensommer </i>(lit. "girls' summer") also has a sense of "Indian summer," and the Eng. word may originally have referred to a warm spell in autumn before being transferred to a phenomenon especially noticable then. Meaning "anything light or flimsy" is from c.1400. The adj. sense "filmy" is attested from 1802. »[/emphase] C'est un mot très joli, qui se traduit en français par « fil de la Vierge », « gaze », « tulle », ou « filandre ». J'ai préféré garder le lien avec la matière « naturelle » du gossamer, mais pour des raisons évidentes d'internisme, n'ai pas pu employer le nom « fil de la Vierge », mais la filandre, son synonyme.
<b>shot</b> p.p. de « shoot », quand on parle de tissu, désigne l'action de « duiter » un tissu, i.e. « Passer le fil de trame entre les fils de chaîne pour fabriquer un tissu » : les fils de trame sont ceux que l'on passe avec la navette. J'en déduis donc que les fils de chaîne sont en filandre, ceux de trame en fil d'or — belle adresse pour ne pas avoir brisé la filandre au passage :) <br>Le « problème » est que « filandre filée d'or » est une jolie expression, et que j'ai du mal à l'abandonner pour « filandre duitée d'or »... quoique... finalement... si, ça sonne bien, filandre duitée d'or :)
<b>Kerchief</b>, étonnament, vient du français : [emphase]« 1223, from Anglo-Fr. courchief, from O.Fr. couvrechief, lit. "cover head," from couvrir "to cover" + chief "head." »[/emphase] ; c'est une pièce triangulaire, portée sur la tête ou sur les épaules, comme un fanchon, un fichu, une mantille... ou un châle. Il y a certe un léger glissement de sens, puisque le châle ne couvre que les épaules et non la tête, mais ce glissement rentre tout de même dans la définition du « kerchief ».
[citation]Of moth-web light<br>All moonlit-white<br>She wore a woven coat,[/citation]
La traduction de Dashiel Hedayat donne une interprétation amusante des vers : le manteau qu'elle porte est en « luciole à l'éclat blanc comme lune » (je suppose que « luciole » est sensé traduire « moth + light »). Celle de Mme Leroy donne « une blancheur sélénite de chrysalide de phalène » — on perd le « light » au passage. Lequel « light » ne signifie pas, je pense, « lumineux » mais « léger » — quoiqu'on puisse avoir un doute, la description entière appuyant l'aspect léger et lumineux de la danseuse elfique.
Mais pour en revenir à « moth-web », qui est le mot le plus problématique du passage...
<b>moth</b> : [emphase]« O.E. moððe (Northumbrian mohðe), common Gmc. (cf. O.N. motti, M.Du. motte, Ger. Motte "moth"), perhaps related to O.E. maða "maggot," or from the root of midge (q.v.). Until 16c. used mostly of the larva, usually in reference to devouring clothes (cf. Matt. vi.20). »[/emphase] De la larve, on est passé à la phalène, ou à la mite.
<b>Web</B> se traduit évidemment par « toile, tissu », mais les papillons de nuit et les mites ne font pas de toile, ce qui m'incline à penser que Tolkien l'employait au sens ancien de larve, chenille. Mme Leroy traduit « moth-web » par « chrysalide de phalène », mais le papillon lui-même ne fait pas de chrysalide, c'est la chenille qui pour se transformer se tisse un cocon. Il se trouve que la chenille de la phalène est appellée « arpenteuse » (TLFI : [emphase]« Nom donné aux chenilles des Phalènes qui, au lieu d'avancer comme les autres en rampant et par ondulation, se fixent d'abord par leurs pattes antérieures, élèvent ensuite leur corps en forme de boucle pour rapprocher l'extrémité postérieure de celle qui est fixée et répètent ce mouvement comme si elles mesuraient le terrain qu'elles parcourent, d'où le nom de géomètre qui leur est parfois donné. »[/emphase]). <br>J'ai donc traduit par « fil d'arpenteuse », quoique le terme ne me satisfasse pas pleinement... Je l'estime en tout cas préférable à la « phalène », qui est un emprunt trop évident au grec... L'un et l'autre, cependant, sont assez récents, et sont attestés depuis le 18e s. seulement, alors que « moth » au sens de « larve » est antérieur au 16e s... <br>De plus, l'emploi de ce terme m'étonne, puisqu'il est plutôt négatif : ces insectes sont des « nuisibles » qui mangent les tissus...
[citation]She wore a woven coat,<br>And round her kirtle<br>[...] <br>She walked by day<br>Under mantle grey[/citation]
<b>Coat</b> : manteau
<b>kirtle</b> : sorte de tunique, portée au Moyen-Âge : voilà même des patrons : http://costume.dm.net/kirtlepat/gored.html, et http://freespace.virgin.net/f.lea/kirguide1.html
<b>Mantle</b> : [emphase]« a sleeveless garment like a cloak but shorter »[/emphase]
Pour traduire kirtle, je pense que « tunique » est le terme adéquat — mais si des expertes en vêtements monstre stylés (suivez ma pensée... non, un peu plus au Nord... là-haut, là, vers la Belgique :)) passaient par là et trouvait un terme monstre stylé plus proche du sens, qu'elles n'hésitent pas !
Pour coat et mantle, j'avais ces propositions : - <b>Mantelet</b> : Cape courte et légère couvrant les épaules et les bras des femmes et se portant par dessus la robe.
- <b>Mante </b>: cape, généralement munie d'un capuchon
- <b>Manteau </b>: vêtement à manche longue, qui se ferme par le devant.
Coat = manteau, il n'y a pas à tortiller ; mais pour la mantle, j'hésite. En l'occurence, on a une sorte de cape courte, avec un capuchon. Pour cela, j'ai choisi la « mante », mais je ne sais pas si elle est courte...
[citation]With pearls in hair (A)<br>And kirtle fair (B)<br>And slippers frail ©<br>[70]Of fishes' mail (D) went Mee:<br>Of fishes' mail (D) <br>And slippers frail © <br>And kirtle fair (B) <br>With pearls in hair (A) went Shee![/citation]
Juste pour souligner le jeu de miroir, au cas où il vous aurait échappé :)
[séparation]
[colonne][gauche]<b>Little Princess Mee</b>[/gauche][droite]<b>Petite Princesse Moa</b>[/droite][/colonne]
[colonne][gauche]<i>Little Princess Mee<br>Lovely was she<br>As in elven-song is told:<br>She had pearls in hair<br>[5] All threaded fair;<br>Of gossamer shot with gold<br>Was her kerchief made,<br>And a silver braid<br>Of stars about her throat.<br>[10] Of moth-web light<br>All moonlit-white<br>She wore a woven coat,<br>And round her kirtle<br>Was bound a girdle<br>[15] Sewn with diamond dew.</i>[/gauche][droite]Une chanson elfique dit<br>Combien on la trouvait jolie<br>La Petite Princesse Moa :<br>Ses cheveux si bien torsadés<br>De perles étaient parsemés ;<br>De filandre duitée d'or<br>Avait été tissé son châle,<br>Et sur sa gorge des étoiles<br>En une tresse d'argent.<br>Elle portait manteau tramé<br>de fil d'arpenteuse léger<br>Et blanc comme la lueur de la lune,<br>A sa tunique était nouée<br>Une ceinture constellée<br>De rosée de diamant.[/droite][/colonne]
[colonne][gauche]<i>She walked by day<br>Under mantle grey<br>And hood of clouded blue;<br>But she went by night<br>[20] All glittering bright<br>Under the starlit sky,<br>And her slippers frail<br>Of fishes' mail<br>Flashed as she went by<br>[25] To her dancing-pool,<br>And on mirror cool<br>Of windless water played.<br>As a mist of light<br>In whirling flight<br>[30] A glint like glass she made<br>Wherever her feet<br>Of silver fleet<br>Flicked the dancing-floor.</i>[/gauche][droite]Elle marchait dans la journée<br>En mante grise, capuchonnée<br>De bleu nuageux ;<br>Mais dans la nuit se promenait<br>Eblouissante, elle brillait<br>Sous le ciel éclairé d'étoiles,<br>Et ses frêles petits chaussons<br>En fine écaille de poisson<br>Etincelaient à se rendre<br>Au bassin où elle dansait<br>Et jouait sur le miroir frais<br>De l'onde dormante.<br>Comme une brume de lumière<br>Elle miroitait tel du verre<br>Dans un vol virevoltant<br>Partout où ses petits pieds<br>D'argent, rapides et légers<br>Tapotaient la piste de danse.[/droite][/colonne]
[colonne][gauche]<i>Shee was as light<br>As Mee, and as bright;<br>[45] But Shee was, strange to tell,<br>Hanging down<br>With starry crown<br>Into a bottomless well!<br>Her gleaming eyes<br>[50] In great surprise<br>Looked up to the eyes of Mee:<br>A marvellous thing,<br>Head-down to swing<br>Above a starry sea!</i>[/gauche][droite]Soa était aussi légère<br>Que Moa, toute de lumière ;<br>Mais Soa était, fait étrange,<br>Complètement renversée, et<br>Portait un diadème étoilé<br>Dans un bassin sans fond !<br>Sous la surprise, ses yeux brillants<br>Ecarquillés, ouverts tous grands,<br>Se levèrent sur ceux de Moa :<br>Quelle merveille, se renverser<br>Tête en bas pour se balancer<br>Au-dessus d'une mer étoilée ![/droite][/colonne]
[colonne][gauche][55]<i>Only their feet<br>Could ever meet;<br>For where the ways might lie<br>To find a land<br>Where they do not stand<br>[60] But hang down in the sky<br>No one could tell<br>Nor learn in spell<br>In all the elven-lore.</i>[/gauche][droite]Mais il n'y avait que leurs pieds<br>A jamais pouvoir se toucher ;<br>Car où trouver des chemins<br>Qui mèneraient dans un pays<br>Où contrairement à ici<br>Elles seraient suspendues au ciel<br>Personne ne pourrait le dire<br>Ni par un sort le découvrir<br>Malgré tout le savoir des Elfes.[/droite][/colonne]
[colonne][gauche]<i>So still on her own<br>[65] An elf alone<br>Dancing as before<br>With pearls in hair<br>And kirtle fair<br>And slippers frail<br>[70] Of fishes' mail went Mee:<br>Of fishes' mail<br>And slippers frail<br>And kirtle fair<br>With pearls in hair went Shee!</i>[/gauche][droite]Toujours seulette depuis lors<br>Une elfe solitaire encore<br>Dansant comme avant<br>Avec dans ses cheveux des perles<br>Et une tunique très belle<br>Et de frêles petits chaussons<br>En fine écaille de poisson allait Moa :<br>En fine écaille de poisson<br>Et de frêles petits chaussons<br>Et une tunique très belle<br>Avec dans ses cheveux des perles allait Soa ![/droite][/colonne]
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| Problème de fuseau : messages absents... |
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Posted by: Hyarion - 24-02-2006, 16:27 - Forum: Webmaster
- Replies (9)
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Je me permets de signaler un petit problème concernant le fuseau "A propos des Illustrateurs de l'oeuvre de Tolkien", dans la section "Adaptations" : les messages récents n'apparaissent pas en bas du fuseau...<p>Cordialement, :-)<p>Hyarion.
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| Tùrin et Oedipe |
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Posted by: Beleg Curthalion - 23-02-2006, 17:33 - Forum: Le Légendaire
- Replies (6)
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Voilà, j'ai récemment remarqué une certaine ressemblance entre le conte de Turambar et la légende d'Oedipe. Ils sont tous deux victimes d'une malédiction envoyée des dieux. Ensuite, Tùrin et Oedipe tuent tous deux un proche sans s'en rendre compte.<br>Tùrin tue Beleg et Oedipe tue son père. C'est en essayant d'échapper à leur destin qu'ils le provoquent. Tùrin devient Turambar et Oedipe quitte sa famille adoptive, croyant qu'il va leur faire du mal. Ensuite, tous deux épousent une parente (Oedipe sa mère et Tùrin sa soeur) et au moment où ils s'en rendent compte, l'un se jette sur son épée, l'autre se perce les yeux. Il y a quand même une ressemblance, non?<br>Ce n'est pas une critique envers Tolkien, qui est mon écrivain préféré, juste une comparaison.<p><br>Ceci est mon premier post, même si je vous lis depuis un certain temps et je trouve que ce site est une mine d'informations précieuses et d'études incroyablement précises et intéressantes.<br>Excusez la faiblesse de cette comparaison, mais je n'ai que quinze ans.
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| Le lourd secret du troll... |
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Posted by: ISENGAR - 23-02-2006, 17:29 - Forum: Les Adaptations et créations
- Replies (18)
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<p align=center><table border=5><br><small><tr><br><td>Parental Advisory</td><br></tr><br><tr><br><td>Explicit Lyrics</td></small><br></table></p> <p>La récente sortie du cover du film King Kong de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack (1933) par Peter Jackson – un remake dont on n’entend déjà plus parler nulle part, c’est dire s’il a marqué l’histoire du cinéma – est l’occasion de revenir sur un des personnages les plus insolites de la « trilogie » : le troll de la Moria.<p><p align=center><img src="http://www.numenoreen.com/Images/Troll1.jpg" width=260 height=290></p><p><br>A l’époque de la sortie du premier tiers du Seigneur des Anneaux-TM, les flagorneurs et les nigauds de tous bords, moi le premier, se sont extasiés devant les honorables prouesses techniques qui ont donné vie aux personnages virtuels du film sans se poser la moindre question de fond. L’étrangeté de la scène du troll de la Moria n’a en effet visiblement dérangé personne autrement que par un certain décalage – voire son décalage certain – avec les mots du roman. Bien entendu, la plupart des plus grands flatteurs, à la langue aussi râpeuse que fourchue, n’ont jamais lu l’œuvre de Tolkien, et pour beaucoup d’autres, la magie hypnotique du simple mot « adaptation » a acheté leur silence bienheureux, parfois naïf, parfois complice.<p>Avec le recul des années (Ah, décembre 2001. Plus de quatre ans déjà ! comme ça passe vite !) et l’abondante somme d’information disponible sur le travail et les références de Peter Jackson, le voile peut aujourd’hui se lever doucement sur l’opacité de l’origine du troll jaxonoïde de la « Trilogie du siècle » et sur les mystères de son inutile omniprésence dans la chambre dite de Mazarbul.<p>Avant toute chose, peut-être conviendrait-il d’essayer de tenter d’établir un lien entre ce troll cinématographique et le monde de JRR Tolkien. Certes, l’adorateur décérébré de la <i>Sainte adaptation</i> tout comme le véritable tolkiendil lucide mais exaspéré par ce genre d’exercice pourront gloser sans doute très vite, chacun à leur façon, sur l’inutilité d’une telle recherche. Cette confrontation entre le texte et sa prétendue <i>adaptation</i> est pourtant nécessaire pour comprendre l'intérêt ou l'inanité du bestiau dans le cadre du premier épisode de la fatigante « trilogie ».<br>Après tout, la jacksono-mythomanie, qui a un long moment prévalu en matière de tolkienologie, a lourdement hululé sur tous les toits la fidélité absolue de la « Trilogie » à l’œuvre de JRR Tolkien. Rien ne coûte donc de vérifier et de se reporter au texte même qui est censé avoir guidé les promoteurs de la plus grande arnaque intellectuelle de ce début de siècle.<p>Ainsi, à propos du troll des cavernes, nous pouvons lire ceci au chapitre V du livre II du <i>Seigneur des Anneaux</i> :<p><quote><small><font color="#008080">With a quick movement Gandalf stepped before the narrow opening of the door (…) For an instant the wizard looked out. (…) 'There are Orcs, very many of them,' he said (…) For the moment they are hanging back, but there is something else there. <b>A great cave-troll</b>, I think, or more than one. There is no hope of escape that way.'</font><br><i> D’un mouvement rapide, Gandalf se plaça devant l’étroite ouverture de la porte (…) Le magicien regarda un instant au-dehors (…) ‘Il y a des orques, en grand nombre, dit-il (…) pour le moment, ils hésitent ; mais il y a aussi là quelque chose d’autre. <b>Un grand troll des cavernes</b>, je crois, ou plusieurs. Il n'y a pas d’espoir de nous échapper de ce côté.’</i><p><font color="#008080">(…)<b>Heavy feet</b> were heard in the corridor. Boromir flung himself against the door and heaved it to; then he wedged it with broken sword-blades and splinters of wood.<br>(…)There was a <b>blow</b> on the door that made it quiver; and then it began to grind slowly open, driving back the wedges. <b>A huge arm and shoulder, with a dark skin of greenish scales</b>, was thrust through the widening gap. Then <b>a great, flat, toeless foot</b> was forced through below. There was a dead silence outside.</font><br><i>(…)Des <b>pas lourds</b> se firent entendre dans le couloir. Boromir, se jetant contre la porte, l’assujettit d’un coup d’épaule ; puis il la cala au moyen de lames d’épées brisées et d’éclats de bois. (…) Un <b>coup</b> sur la porte la fit trembler ; puis elle commença de s’ouvrir lentement en grinçant, repoussant les cales. <b>Un bras et une épaule énormes, recouverts d’une peau sombre d’écailles verdâtres</b>, passèrent par l’ouverture grandissante. Puis <b>un grand pied, plat et sans doigt</b>, se glissa en dessous. Dehors s’était établi un silence de mort.</i><p><font color="#008080">Boromir leaped forward and hewed <b>at the arm</b> with all his might; but his sword rang, glanced aside, and fell from his shaken hand. The blade was notched.</font><br><i>Boromir s’élança en avant et s’attaqua de toutes ses forces <b>au bras</b>; mais son épée résonna, dévia et tomba de sa main ébranlée. La lame était ébréchée.</i><p><br><font color="#008080">(…) Frodo felt a hot wrath blaze up in his heart. `The Shire! ' he cried, and springing beside Boromir, he stooped, and stabbed with Sting <b>at the hideous foot</b>. There was <b>a bellow</b>, and <b>the foot</b> jerked back, nearly wrenching Sting from Frodo's arm. <b>Black drops</b> dripped from the blade and smoked on the floor. Boromir hurled himself against the door and slammed it again.</font><br><i>(…) Frodon se sentit le coeur enflammé d’un bouillant courroux. ‘La Comté !’ cria-t-il, et bondissant au côté de Boromir, il se baissa et porta <b>au hideux pied</b> un furieux coup de Dard. <b>Un hurlement</b> s’éleva et <b>le pied</b> se retira brusquement, arrachant presque Dard du bras de Frodon. Des <b>gouttes noires</b> coulèrent de la lame et fumèrent sur le sol. Boromir, se ruant contre la porte, la referma brutalement.</i><p><font color="#008080"> (…)`Now is the time! ' cried Gandalf. `Let us go, before <b>the troll</b> returns!'</font><br><i>C’est le moment ! cria Gandalf. Partons avant que <b>le troll</b> ne revienne !</i></small></quote><p>De fait, il ne reviendra pas et on ne le reverra plus.<p>Ainsi, la nécessaire lecture du texte, aussi fatigante peut-elle se révéler pour certains comme elle le fût pour le réalisateur de la « trilogie », démontre que le troll de la Moria, bien que physiquement présent derrière la porte de la chambre de Mazarbul, reste très anecdotique. Il n’apparaît que le temps de quelques mots, fait du bruit en marchant, cogne contre la porte, passe une épaule, un bras et un pied par l’ouverture et se prend un coup de Sting. Un cri, quelques gouttes de sang. Et puis c’est tout. <p>On peut comprendre alors sans efforts qu’il fait partie de ces personnages qui auraient pu être éventuellement retirés, éclipsés, supprimés au profit d’un meilleur investissement sur telles ou telles autres scènes intégralement critiquables dans leurs formes définitives.<p>Pourquoi le film nous présente-t-il alors ce troll étrange qui, durant plus de trois longues minutes, s’agite, se tord et se ridiculise en laissant derrière lui plus d’interrogations que de satisfaction ?<br>Pourquoi insister sur un personnage à l’origine presque anodin et dont toute la puissance et la terreur résident dans le suggestion, alors qu’à l’opposé les épisodes Maggot-Vieille Forêt-Bombadil, fondamentaux et essentiels au récit, ont été bannis de l’abracadabrant scénario de la « trilogie » ?<br>C’est à rien y comprendre. A moins que l’on fasse le choix bien plus facile de fermer les yeux et de ne pas se poser de questions, comme l’ont suggéré pendant plus de quatre ans les médias, largement complices de la forfaiture jacksonienne.<p>Qui est donc ce troll des cavernes jacksonien dont le lien avec le roman est si fragile et la dissemblance si frappante avec ses congénères de la « trilogie » (les trolls figés du Rhudaur, inspirés par les aquarelles d’Alan Lee ou le troll plus petit et cuirassé de <i>Return of the King</i>-<small>TM</small>)? Pourquoi imposer cette présence qui n’a pas de cohérence avec le récit du film, qui perturbe le rythme de l’action, qui fatigue le spectateur et qui se révèle en fin de compte si mal filmée ?<p>Quel est donc le secret du troll ?...<p><p align=center><img src="http://www.numenoreen.com/Images/hideandseek.jpg" width=305 height=219></p><p><br>Un premier élément de réponse est – pour une fois – apporté par Jackson lui-même.<br>Au cours de nombreuses et pénibles interviews promotionnelles où se mêlaient allègrement intox, mensonges, désinformations, mythomanies et autres esbroufes pitoyables, Jackson laissait filtrer de temps à autres quelques bribes d’authenticité, en particulier sur les véritables références qui animaient alors son travail de réalisateur pas encore multi-oscarisé.<p>On savait déjà qu’en matière de Tolkienologie, malgré une lecture distraite du <i>Seigneur des Anneaux</i> de JRR Tolkien à la toute fin des années 70, Jackson ne jurait que par Ralph Bakshi. En témoignent les multiples scènes de ses tiers-films calquées sur celles de son illustre prédécesseur. <br>Le néo-zélandais n’a d’ailleurs jamais caché être arrivé à Tolkien par Bakshi, ce qui aurait pu être tout à fait à son honneur s’il n’avait pas bêtement fait du plagiat au lieu de respecter le récit du roman.<br> <br>Mais pour le sujet qui nous inspire ici, ce sont des références au légendaire travail de Ray Harryhausen, un pionnier des effets spéciaux, qui deviennent particulièrement intéressantes.<p>Dans le Cinélive n°48 de l’été 2001, Peter Jackson avouait au journaliste qui exécutait soigneusement son interview de complaisance qu’il avait été marqué, enfant, par le <i>Septième Voyage de Sindbad</i>, un film de Nathan Juran (1958) et dont Ray Harryhausen et son équipe avaient créé les nombreuses créatures fantastiques. « Il y a du Ray Harryhausen dans le premier volet du Seigneur des Anneaux (…) un hommage de ma part », précisait alors le barbu de Wellington.<p>Ainsi, les mouvements maladroits et saccadés du troll jaxonoïde de la Moria, sa taille incertaine et les expressions pas très fluides de son visage sont en partie directement inspirés du cyclope de Ray Harryhausen (dans le <i>Septième Voyage de Sindbad</i>) et de ses avatars (comme le géant Cormoran de Jim Danforth, un acolyte de Harryhausen, dans <i>Jack le Tueur de Géants</i> (Nathan Juran, 1961).<br>Le troll n’est pas le seul hommage que l’on peut relever dans la « Trilogie », pensez au gardien de la porte ouest, cet espèce de kraken empoté et hésitant. On retrouve son petit frère multi-membré dans <i>Jack le Tueur de Géants</i>. Même chose pour les orques-gobelins-insectes de la Moria qui encerclent pour rien Frodon et ses huit compagnons. Leur intervention ridicule semble directement inspirée de l’encerclement de Jason par les soldats squelettes dans <i>Jason et les Argonautes</i> (Don Chaffey, 1963) <p>Parmi les autres influences évidentes, on en trouve une avouée du bout des lèvres par Jackson mais pourtant flagrante dans un bon nombre de scènes ; la saga <i>Star Wars</i> de George Lucas. <br>C’est un fait, le réalisateur néo-zélandais et ses commanditaires de la New Line Productions, voulaient faire aussi bien que Lucas, tant au niveau artistique qu’au niveau des retombées financières. Ils voulaient leur <i>Star Wars</i> à eux, ses produits dérivés et les royalties qui vont avec. Quelle lucrative référence ! Pensez donc !<br>La scène du troll de la Moria est une de ces attestations manifeste de l’influence directe de la saga de Lucas. <br>Tout comme le grotesque pugilat entre Saruman et Gandalf ou l’intervention de Legolas contre l’Oliphant, la scène du troll est une pâle copie et une involontaire caricature de ce que Lucas et ses collaborateurs ont su faire en mieux.<br>En effet, le spectateur assidu et pas trop abêti par les mensonges de la vague médiatique dont s’est drapé la « trilogie » se souviendra d’un film appelé <i>The Return of the Jedi</i> (Richard Marquand, 1983) et d’une créature monstrueuse connue sous le nom de <b>rancor</b>.<p>La simillitude entre les scènes du troll de la <i>Communauté de l’Anneau</i>-<small>TM</small> et le rancor de <i>The Return of the Jedi</i>, ainsi que la ressemblance physique entre les deux monstres, est assez frappante !<br>Bien que le rancor se déplace plus lentement, qu’il soit beaucoup plus grand et qu’il soit visuellement plus réaliste que le troll, on peut constater que les deux personnages portent des chaînes, qu’ils jouent à cache-cache avec leur cible (Luke Skywalker d’un côté, Frodon de l’autre) et tuent sans état-d’âme des créatures de leur camp (un orque pour le troll, un gamoréen pour le rancor). <br>L’ultime râle du troll après le coup fatal porté par le blond Legolas jaxonien est lui-même une surprenante imitation du dernier soupir du rancor. C’est dire si le ‘<i>copillage</i>’ va loin ! <p>Un simple exemple photographique bien choisi permettra de voir sans pousser plus loin l’observation et les commentaires que la ressemblance est incontestable ! <br></caption><br><p align=center><img src="http://img.anakinweb.com/saga/photos/2/640_rancor.jpg" width=308 height=219></p><p>Ainsi, le Troll de la Moria a définitivement plus d’affinités physiques avec son cousin de la planète Tatooine qu’avec ses propres congénères de la « Trilogie » cinématographique ! C’est un comble !<p>Mais tous ces éléments, l’hommage honorable d’un côté et le plagiat grossier de l’autre, n’expliquent pas encore clairement la présence de ce troll incongru et particulièrement insistant dans l’atmosphère glauque de cette chambre de Mazarbul jacksonienne.<p><br>On se souvient alors qu’à l’occasion de nombreuses interviews récentes et plus anciennes, Peter Jackson n’a jamais caché sa passion pour King Kong. Passion assouvie donc à l’occasion de la sortie de son remake bouffi et excessif du film de Cooper et Schoedsack en 2005.<p>On se souvient aussi qu’en 1995, Peter Jackson projetait <i>déjà</i>, avant que Miramax ne lui propose le <i>Seigneur des Anneaux</i>, de monter son propre remake de King Kong. Selon le hors-série de novembre 2002 du magazine Mad Movies, grand collaborateur de la promotion jacksonienne dans les tristes années de la folie « trilogique », Le couple Jackson-Walsh, « particulièrement excités par les prouesses des techniciens de WETA », voyait dans une éventuelle adaptation de l’œuvre de Tolkien le « projet idéal pour faire chauffer les nouvelles acquisitions de [leur] boite de SFX : une batterie d’ordinateurs sacrément performants ». Et « faire chauffer » pour quoi ? Pour mettre à l’épreuve les effets spéciaux et convaincre les studios Universal qui n’étaient alors pas totalement convaincus de l’opportunité d’un nouveau cover du grand singe de Skull Island. Et surtout qui n’étaient pas convaincus que Jackson puisse tenir la route avec un tel projet…<p>Bref. On connaît l’histoire : les studios Dreamworks avaient alors leur propre projet de script pour trois films de trois heures. Les studios Miramax, soutenus par Saul Zaentz (le propriétaire des droits cinématographiques et des dérivés de The Hobbit<small>TM</small> et de The Lord of the Rings<small>TM</small>) avaient très envie de faire <i>leur</i> adaptation et de coiffer Spielberg et Lucas au poteau. Ils font appel à Jackson qui bricole un script – bâclé, comme le démontrera le résultat final – mais le script ne convient pas. Trop cher. Miramax ne veut pas mettre plus de 75 millions de $ sur la table. Jackson garde alors son script sous le bras, car pour l’instant le projet King Kong avec Universal est en berne. Arrivent New Line et Mark Ordesky qui séduisent Jackson – qu’ils connaissent déjà – en acceptant de tourner une trilogie.<p>C’est durant les pourparlers avec New Line et son directeur, un certain Robert Shaye, que le couple Jackson-Walsh présente une vidéo d’une trentaine de minutes comportant, entre autres, une séquence préparée par WETA avec pour thème le futur troll de la Moria.<p>La séquence évoque un troll qui ressemble beaucoup plus aux géants de Harryhausen qu’à la version finale que nous connaissons tous. Il est court sur pattes, possède de longs et forts bras et des allures étrangement simiesques. On distingue même – humour jacksonien ? – un attribut viril pas très avantageux qui pendouille entre les jambes. Jusque là rien d’anormal, me direz-vous, pour une créature parfaitement anthropomorphe. <br>Ce qui est anormal, c’est de présenter comme un élément déterminant aux producteurs crédules – Robert Shaye ne connaissait rien de Tolkien, il pensait que c’était un écrivain russe, auteur de <i>Anna Karénine</i> – une créature virtuelle qui n’apparaît <b>qu’à peine</b> dans le roman censé être à l’origine du grand projet !<p>En fait, cette chose aux allures de grand singe qu’on retrouve dés la genèse légendaire de l’arnaqueuse « trilogie » n’est rien d’autre qu’une variante de l’ami King Kong. Un essai sur lequel travaillaient en secret WETA et Jackson et maquillé en troll à l’occasion de cette vidéo à laquelle la grande fable médiatique attribue la signature du contrat et l’acte de naissance de la « trilogie ».<p><p align=center><table border=1><br><tr><br><th><p align=center><img src="http://www.numenoreen.com/Images/preview8b.jpg" width=324 height=263></p></th><br><th><p align=center><img src="http://www.numenoreen.com/Images/preview4b.jpg" width=324 height=263></p></th><br></tr></table></p><p><br>Ainsi, sans vouloir atténuer la grande qualité du travail des techniciens des Giant Studios, ces rois des effets spéciaux assistés de spécialistes en biomécanique et sous-traitants de WETA, force est de constater que l’ensemble de leurs brillantes activités pour les trois tiers-films du <i>Seigneur des Anneaux</i> ne visaient en fait qu’à préparer et peaufiner des outils afin que ceux-ci soient parfaitement au point pour le futur grand projet du couple Jackson-Walsh : King Kong !<br>Nous constatons d’ailleurs au passage que c’est à l’acteur Andy Serkis qu’a été confié le rôle titre du roi Kong dans le cover de 2005… cet acteur au talent bien particulier avait donné vie à un Gollum très acceptable, dans la « trilogie ». Lui aussi a tranquillement eu le temps de se roder sur son personnage pendant de longs mois, adaptant parfaitement son jeu à la technologie numérique, au fameux <I>motion-capture</i>, ce procédé qui sait rendre si vivants des personnages virtuels. Ainsi, il était parfaitement au point pour jouer le grand singe de Skull Island et pour revivre tous les aspects contraignants d’un tel personnage.<p><p align=middle><img src="http://www.coolbuddy.com/wallpapers/movies/imgs/King_Kong11.jpg" width=133 height=100></p><p><br>Voici donc le secret du troll et la réponse à toutes nos questions : Ce Troll de le Moria version Peter Jackson <b>n’est qu’un brouillon imparfait de King Kong.</b><br>Un brouillon mâtiné de clins d’oeils à Harryhausen et calqué sur Lucas.<p>Tout conduit à cette affirmation : sa pesante, incohérente et inutile présence dans la scène de la chambre de Mazarbul ; son existence dés les débuts du projet de la « Trilogie » ; la passion de Jackson pour le grand singe et la mise entre parenthèses de son grand projet en 1995 ; et surtout la façon de se déplacer, ses gestes rapides, ses expressions… tout chez le troll de la Moria se retrouve en mieux dans le Kong de Jackson …<p>Avec le « Trilogie », Peter Jackson a sans doute fait ses preuves aux yeux d’Universal. Il a démontré qu’il était un meneur d’hommes, qu’il était capable de gérer des budgets de plusieurs dizaines de millions de dollars, qu’il pouvait conduire simultanément trois projets pharaoniques et faire plus vite et aussi fort que Lucas (à défaut de pouvoir faire aussi bien...).<br>Avec cette mise à l’épreuve, Universal ne prenait aucun risque, puisque ce furent les obscurs studios New Line, émanation d’AOL-Time Warner, en collaboration avec Miramax (liés aux studios Walt Disney) qui avançaient tout l’argent.<p>Bref, si Jackson s’était planté avec sa « trilogie », il n’y aurait pas eu le remake du King Kong de 1933.<br>Pour le réalisateur néo-zélandais, cette pression ne posait de problèmes que pour la suite de sa carrière. Il fallait donc <i>tout</i> mettre en œuvre pour réussir là où Bakshi avait échoué et pour arriver à la hauteur de la saga <i>Star Wars.</i>. Le respect du livre de Tolkien, qu’il n’avait alors lu qu’une seule fois dans sa vie, était un problème très secondaire.<p>Mais quand on voit le résultat final du grand projet simien du couple Jackson-Walsh, on ne peut qu’être dégoûté et amer.<br>Certes, ce King Kong-là est un film impressionnant. Mais un film en papier kleenex. Vite consommé, vite jeté. La vitesse à laquelle nos contemporains ont avalé-digéré-rejeté cette super-production est à la hauteur de l’impact durable qu’avait eu le film de 1933 sur le public : phénoménal.<p>A quoi bon alors avoir trahi et salopé durablement l’œuvre de Tolkien avec cette honteuse et puante « trilogie » pour faire aboutir ce projet et mettre au point un film qui n’est qu’une photocopie en couleur du chef d’œuvre de Cooper et Schoedsack et qui, pour toute <i>originalité</i> ajoute des monstres en partie empruntés à <i>Jurassik Park</i> pour se mettre au goût du jour. Où est donc l’originalité artistique ?<p>Combien d’Oscars et d’awards de complaisance Jackson recevra-t-il encore avant que la planète cinéma ne se rende compte que cet homme ne fait que singer sans vergogne ce que d’autres ont fait avec plus de talent avant lui ?<br>Et quand réhabilitera-t-on l’œuvre de Tolkien après tous les outrages subis ?<p><br>Jackson s’est fait les dents sur le <i>Seigneur des Anneaux</i> pour son <i>King Kong</i>. Comme l’ami Shnogul à qui j’emprunte cette réflexion, on aurait incontestablement préféré que ce soit le contraire…<br>Vraiment… rien que d’y penser, ce troll me fiche les mazar-boules !<p><p align=middle><img src="http://www.numenoreen.com/Images/cavetroll-sam.jpg" width=250 height=255></p><p>Ce modeste laïus est dédié à tous les fans inconditionnels de Peter Jackson à travers le monde :p<p>Et n’oubliez pas :<br><marquee> - - - - - Tout abus de jacksonneries nuit à la santé intellectuelle - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - Tout abus de jacksonneries nuit à la santé intellectuelle - - - - - - - - - - - </marquee><p><small>La photo du rancor est un emprunt au site Anakinweb.com.<br>Merci au site <A HREF=" http://www.numenoreen.com">Numenoreen.com</A> et à ses aimables webmaistres pour les quelques photos du pénible et lourdaud troll de Peter Jackson.</small><p>I.<br>
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