Vous n'êtes pas identifié(e).
Merci Jean pour ce compte-rendu. L'article de Nancy Bunting m'intrigue, il faudra que je me le procure. Je ne savais pas que Jung avait formulé des théories sur les langues (sur le langage, ça va de soi), et n'aurais pas pensé à creuser par là chez Tolkien. Mais à tes quelques phrases, il y a en effet des échos. On retrouve aussi des idées semblables dans L'anglais et le gallois.
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"Revue de presse" internet : 6 FAITS MÉCONNUS SUR J. R. R. TOLKIEN, L’ÉCRIVAIN QUI A MARQUÉ À JAMAIS LA LITTÉRATURE FANTASTIQUE
Bonne journée !
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Un article dans «le point» sur l'homme de Flores surnommé le hobbit. Des recherches récentes font penser
- d'une part que les fossiles retrouvés à Flores seraient plus anciens que ce qu'on croyait jusqu'à présent. De sorte que l'homme de Flores se serait éteint avant l'apparition de l'homme moderne
- d'autre part les hommes de Flores ne seraient pas des homo Erectus comme on le croyait mais des homo habilis. Ils seraient donc des «cousins» plus éloignés encore.
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La Tolkien Estate a décidément la dent dure...
Un français fan de J.R.R. Tolkien attaqué par les américains à cause de son épicerie --> http://www.jdubuzz.com/2017/04/19/franc … mericains/
Bon week-end prolongé ! ;-)
Cédric
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Comme ce sont des "américains" qui sont en cause, il s'agirait plutôt soit des avocats de la Warner, soit des représentants de "Middle-earth entreprise", propriétaires des droits d'exploitation des deux romans de Tolkien.
Bon week-end également :-)
I.
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Je confirme, il s'agit même plutôt des gens de la Saul Zaentz, une fois de plus.
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Pfff ! Ben voilà... En cette semaine un peu particulière, y'a un petit malin qui n'a pas pu s'en empêcher !
http://www.latimes.com/opinion/op-ed/la … story.html
A lire avec la distance que ça mérite, bien entendu (Et je ne parle pas des amalgames films/livre)
I.
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A défaut d'être pertinent, cela fait au moins sourire...
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Ce matin un article dans "le point.fr" intitulé : La leçon de dessin de John Howe"
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Bonjour, un article ce matin dans Aleteia que je me permets de citer ici entièrement (pas de pb de copyright) rien de bien neuf pour les JRRVFiens je suppose
Un inédit de Tolkien publié un siècle après son écriture
Sylvain Dorient | 18 juin 2017
Alan Lee
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Avant de s'atteler à la grande saga du "Seigneur des Anneaux", le grand romancier catholique avait écrit "Beren et Luthien", une histoire d'amour qui sort pour la première fois en librairie en 2017.
C’est une tombe discrète, mais toujours fleurie, du cimetière de Wolvercote, dans la banlieue d’Oxford. Sur la pierre sont gravés les « Beren » et « Luthien », accolés au nom des époux qui furent marié 55 ans : Edith Mary Tolkien Luthien 1889 – 1971 ; John Ronald Reuel Tolkien Beren 1892 – 1973. Les deux personnages, Luthien et Reuel ont été imaginé par Tolkien en 1917, alors qu’il revenait des tranchées de la Somme, une expérience qui l’a durablement traumatisé, et qui ressort dans ses œuvres.
L’amour d’un homme et d’une elfe
L’histoire d’amour de John Ronald Reuel et d’Edith Mary n’a pas besoin d’être romancée. Lorsqu’ils se rencontrent en 1905, tous deux sont orphelins, lui catholique, elle anglicane, et ils se lient d’amitié. Ils veulent se marier dès 1909, alors que lui n’a que 17 ans et elle 20, mais le tuteur de Tolkien, le père Francis Morgan, craint pour l’avenir du garçon et s’y oppose. Ils sont séparés, mais quand il atteint 21 ans, la majorité, rien ne peut s’opposer à ce qu’il revoit Edith, qu’il n’a pas oubliée. Ils se marient en mars 1916, et dès le mois de juin, Tolkien est envoyé au front, parmi les fusiliers du Lancashire. Il revient lors d’une permission, profondément marqué par la violence des combats de la Somme. Son épouse l’emmène dans la nature, et il s’ensuit une scène qui inspira Tolkien, et qu’il raconte dans une lettre : « Le cerfeuil croissait en fleurs au point de transformer ce sous-bois en mer blanche ». Dans ce cadre idyllique, Edith Tolkien se met subitement à danser pour son mari. C’est ainsi que Beren rencontre Luthien dans le conte : dansant au son de la harpe, sous les arbres d’une forêt elfique. Edith, comme Luthien, a « la peau blanche, les cheveux noirs de jais, les yeux brillants… ».
La lumière et les ténèbres
Tolkien voyait les horreurs de la Première Guerre mondiale et l’industrialisation des campagnes anglaises, qu’il affectionnait, comme deux manifestations d’un même mal. Dans Beren et Luthien comme dans Le Seigneur des Anneaux, l’Ennemi est très puissant, et sa puissance et sa malice laissent une empreinte dans la nature. Il vit sur des terres stériles, volcaniques, l’air, la terre et l’eau sont empoisonnés par la malice du maître des lieux. Même ses serviteurs sont des créatures profondément corrompues. Face à elles, Beren et Luthien paraissent faibles, mais ils sont armés de l’amour qu’ils se portent l’un à l’autre.
Les fans de l’univers de Tolkien connaissent déjà Beren et Luthien, dont les aventures sont contées dans Le Livre des contes perdus et Le Silmarillion. Mais c’est la première fois que le récit original est publié. Cette histoire traverse tous les récits de Tolkien, et se retrouve dans l’histoire d’amour d’Aragorn et d’Arwen – encore un homme et une elfe – dans le Seigneur des Anneaux. Le conte sera publié en version française au mois d’octobre 2017
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un article du point
http://www.lepoint.fr/pop-culture/cinem … 9_2923.php
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Dans « Pour la Science » de 2017, un article sur de mystérieuses enluminures du moyen-âge montrant des chevaliers aux prises avec des escargots et des lapins. ici
Au-delà des facéties des scriptoristes (pensez à la souris volant du fromage dans le livre de Kells), l’auteur montre que ces dessins traduisaient une réalité de l’époque, notamment les dangers de ces animaux pour les cultures et la lutte acharnée qu’il fallait leur mener. Des chroniques mentionnent même tout un groupe de chevaliers envoyés combattre des lapins sur une île en Espagne.
L’auteur conclut sur la probable inspiration de cet épisode par les Monty Python et le caractère tout à fait plausible de la créature de Caerbannog.
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One, Two, Five !
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L'Obs parle du tirage du Loto en évoquant la parution de Bilbo le Hobbit en 1937, par contre ils donnent la date du 23 septembre alors qu'il est paru le 21 :
http://loterie.blogs.nouvelobs.com/arch … -2017.html
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Juste pour signaler un article dans le point sur Sylvain Fort, le rédacteur des discours de Macron. Il y est comparé à Tom Bombadil....
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Curieux, en effet.
Voici un extrait de l'introduction (le reste de l'article, en édition abonné, ne m'est pas accessible)
Tom Bombadil. Quand, pour comprendre la nature de Sylvain Fort, un de ses amis nous a conseillé de voir du côté de Tolkien et de l'un de ses héros du Seigneur des anneaux, on a d'abord cru à une méprise, tant on ne s'imaginait pas, s'agissant du si sobre conseiller d'Emmanuel Macron, puiser dans la littérature fantastique. La comparaison avec ce personnage au chapeau piqué d'une plume n'est en rien physique, elle tient uniquement à ce que Tom Bombadil est un être à part, qui chérit sa solitude et le lyrisme, et se montre insensible à l'invincibilité que confère l'anneau magique (...) (Saïd Mahrane, Le Point du 9-12-17 "D'Ormesson - Hallyday : qui est Sylvain Fort, l'homme qui a écrit les discours de Macron ?").
I.
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suite du texte : «... confère l'anneau magique. Pour ajouter au mystère, la communauté des lecteurs de Tolkien se demande encore qui est vraiment Tom Bombadil, comme d'autres se demandent qui est Sylvain Fort.»
S.
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Cet article du Point, en sus d'être moins amusant que celui qui dans le temps présentait Didier comme parlant « couramment le sindarin », se trouve être du réchauffé : déjà publié le 13 juin dernier, il a simplement été remis sur le devant de la scène à l'occasion des discours funèbres présidentiels de la semaine dernière. Merci donc à Jean d'Ormesson et à Johnny Hallyday d'avoir indirectement contribué à faire remonter à la surface cette comparaison sans grande portée entre Tom Bombadil et un plumitif élyséen.
Au-delà de la référence tolkienienne, à la fois superficielle et « folklorique » dans son usage journalistique (la source de l'auteur de l'article se voulait peut-être fine, mais elle ne l'est pas tant que ça), l'article est extrêmement flatteur, à la gloire d'un « pro de la com », agrégé de lettres classiques, traducteur de Schiller, auteur d'un essai sur Saint-Exupéry, passionné d'opéra, et au « conservatisme ouvert ». « Ce qui compte pour Sylvain ? Un vers de Racine, une voix, Sophocle, Homère... Le reste n'est que peu de chose », indique l'un de ses proches cité dans l'article. À se demander dès lors pourquoi il est devenu conseiller « discours et mémoire » de l'actuel chef de l'État français... Pour le plaisir de célébrer les défunts Jean d'O et Jean-Philippe Smet ? Sans doute pas, même si cela fait partie du job, son job apparemment d'après le Point, celui de pondre des discours présidentiels de circonstance, suffisamment habiles pour que celui qui les prononce puisse se mettre tout le monde dans la poche sans trop de difficultés (bien joué, au fait, le coup de faire applaudir Johnny par la foule de ses "fans" devant La Madeleine en fin de speech, samedi dernier...). Je ne crois pas que la nature de Tom Bombadil ait quoi que ce soit à voir avec ce genre d'activité « de l'ombre ». Tom Bombadil n'est pas seulement insensible à l'Anneau Unique et à l'excès de pouvoir qu'il offre : il se désintéresse du type de pouvoir lui-même qui y est associé, et n'a donc que faire de se mettre à son service de quelque manière que ce soit. Ainsi, par exemple, ce n'est pas lui qui écrirait des discours habiles pour Saruman, que je sache...
Voila pourquoi ce Fort me parait donc être apparemment cultivé, avoir du goût (c'est très bien d'aimer Homère et Puccini) et sans doute n'est-il pas sot dans le fond, mais... il ne m'en parait pas moins être au service d'une certaine sottise, celle d'une com' au service de la tyrannie de l'urgence et des apparences qui caractérise notre époque : en ce sens, on est assez loin, me semble-t-il, de Tom Bombadil.
Amicalement,
Hyarion.
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il se désintéresse du type de pouvoir lui-même qui y est associé, et n'a donc que faire de se mettre à son service de quelque manière que ce soit. Ainsi, par exemple, ce n'est pas lui qui écrirait des discours habiles pour Saruman, que je sache...
Ou même en faveur d'Elrond ou de Gandalf, d'ailleurs.
NB : Cette précision ne sous-entend en aucun cas que je veuille comparer Macron à l'un ou l'autre, le Ciel m'en préserve... 
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En résumé, le seul point commun, c'est la plume !!!
(qui, comme chacun sait, est plus forte que l'épée
)
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Je viens de lire cette interview de Philip Pullman (A la Croisée des Mondes) sur le site du Point (encore eux !).
Depuis Oxford, où il vit, Pullman parle de son nouveau livre, de l'adaptation de son roman, de JK Rowling... et de Tolkien (prétexte à un titre d'article dont je vous laisse juger la pertinence). Mais force est de constater que ses souvenirs de lecture remontent surement à très loin...
I.
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Ne sois pas timide, JR... ;-) On peut bien citer tout le passage (bien court par rapport à la prétention racoleuse du titre de l'article), puisque cela concerne un sujet dont, on le sait, les tolkienophiles raffolent (j'ironise, bien sûr) :
Le Point : On vous compare parfois à Tolkien. Pourtant, vous semblez nourrir des réserves sur son œuvre…
Philip Pullman : Le Seigneur des anneaux est une grande histoire, aucun doute là-dessus. Mais, à mon sens, Tolkien échoue parce qu'il laisse de côté la moitié de ce qui fait le monde réel : la sexualité. Il n'y a que des hommes, et on n'a pas la moindre idée de la façon dont les bébés arrivent – comme s'ils étaient expédiés par la poste.
Je ne crois pas que l'on puisse forcément déduire de ce genre de propos que les souvenirs de lecture de Pullman remonteraient à très loin (même si, à mon avis, ce pourrait bien être le cas par ailleurs)... Rappelle-toi, JR, ce que j'en ai dit lors de la dernière séance du séminaire de l'ENS : s'il y a un sujet sur lequel Tolkien a dû être influencé par le victorianisme qui l'a vu naître et même grandir, c'est bien la sexualité (mort exaltée, sexe caché : toute une époque). Et il est vrai que l'on pourrait se demander si, en Terre du Milieu, les bébés ne naissent pas dans les choux et les roses... si on a l'imagination correspondante ! ^^'
En fait, j'ai l'impression que Pullman reproche à Tolkien de ne pas laisser ne serait-ce qu'entrevoir la réalité sexuelle de ce monde vis-à-vis d'un jeune public. Ce que fait par exemple Neil Gaiman dans son roman Stardust... mais des décennies après Tolkien, évidemment, et dans un contexte culturel qui a bien changé depuis. Tolkien n'est évidemment pas l'auteur d'un best-seller de Big Commercial Fantasy des années 2000, mais l'auteur d'un romance, comme William Morris avant lui. En fait, un lecteur averti peut imaginer naturellement ce qu'il veut derrière les non-dits de l'auteur, y compris les choses les plus luxurieuses si cela lui fait plaisir. Les grandes œuvres sont celles qui laissent une grande place à l'imagination... même quand les écrivains eux-mêmes ne cherchent pas a priori à la stimuler dans tel ou tel domaine.
Et puis, de toute façon, dès qu'il y a interdit ou (auto)censure, cela peut être comme un appel du pied... Tant pis pour ceux qui n'assument pas ou qui croient tout contrôler ! ;-)
Bonne fin d'année à toutes et à tous,
Amicalement, :-)
Hyarion.
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Un article du Guardian vient de présenter trois dessins de la main de Tolkien, dont deux jusqu'ici non publiés (celui représentant la chouette Owlamoo était, lui, déjà connu), et qui devraient faire partie de l'exposition à venir cette année à la Bodleian Library : https://www.theguardian.com/books/2018/ … are_btn_tw

Amicalement,
Hyarion.
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Je suis tombé par hasard sur un blog intitulé « l’espérance des hobbits » sur le site de la revue « Limite ». Je vous le signale à toutes fins utiles, même s’il n’a pas grand-chose à voir avec Tolkien finalement
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Je glisse dans ce fuseau une info qui ne vous aura peut-être pas échappée : la sortie d'un hors série du Point : le Point Pop spécial Seigneur des Anneaux.
Je vais en découvrir petit à petit le contenu, même si j'ai repéré deux modestes contributions de votre serviteur dans le sommaire, une autre d'Elendil (avec des exercices d'elfique
) , et une micro interview de Daniel au sujet de la nouvelle traduction.
La couverture du magazine mentionne "illustré par John Howe", mais en réalité, je découvre (en soupirant) une impressionnante iconographie tirée de la première trilogie de Peter Jackson. Mes articles n'ont pas été épargnés... mais bon, je ne vais pas cracher dans la soupe. La mise en page est agréable, et en fin de compte (et pour une fois dans ce type de publication), on s'attarde beaucoup moins sur Jackson que sur Tolkien et son oeuvre.
Détail original que je découvre également, la cartographie utilisée pour représenter la Terre du Milieu est inspirée des motifs d'une carte atypique dessinée par l'artiste M. Bielomlinski pour une édition russe du Hobbit (de 1976).
Bonne lecture !
I.
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Comparer Tom Bombadil au scribe besogneux d' un ex-larbin de la banque Rotchill'd...Rien me sera donc épargné!
Grandeur et misère de la démocrassie, je présume: on vote pour César, et on a Mr Brun...
Carpe diem...
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Merci pour l'annonce, et ce premier commentaire ;-)
Je passe à la Presse ce midi !
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Merci pour l'annonce, et ce premier commentaire ;-)
Je passe à la Presse ce midi !
Damned, je ne trouvais pas ledit numéro. Jusqu'à ce que la Dame me dise qu'il était au rayon... cinéma. Pas folle de me dire ça, mon cœur a loupé un battement ?!

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Bon, n'ayant pu relire la maquette, j'espère que les exercices d'elfique susmentionnés ne comportent aucune coquille dommageable.
E.
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Pour la sortie du numéro spécial, le Point pop a organisé aujourd'hui un "masterclass" avec John Howe à la FNAC de Bercy.
Vous pouvez la visionner ici :
J'ai un peu manqué la communication à ce sujet, du coup, je n'ai pas insdcrit l'événement sur l'agenda... en revanche, JRRVF était bien représenté par au moins un de ses membres : notre cher Swing Kid, discrètement installé au 2è rang 
Edit : par au moins 2 de ses membres, car Kendra etait aussi de la partie !
I.
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Swing Kid à Isengar :
Damned ! où donc étais tu ? je ne t'ai pas vu ! ( Ce n'est pourtant pas faute d'avoir jeté un œil régulièrement derrière moi avant le début de la séance ).
Eh bien oui, je n'ai pas résisté à la tentation d'approcher cet artiste, en chair et en os, d'écouter ce qu'il avait à dire, et de pouvoir in fine, fugacement et simplement, échanger une chaleureuse poignée de main avec lui.
Cordialement.
S.K.
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Damned ! où donc étais tu ? je ne t'ai pas vu ! ( Ce n'est pourtant pas faute d'avoir jeté un œil régulièrement derrière moi avant le début de la séance ).
.
Eh bien, j'étais sur la page facebook du Point pop, en train de suivre l'entretien en direct sur mon portable, depuis mon canapé... on n'arrête pas le progrès, n'est ce pas ?
I.
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OK, j'ai compris en visionnant le début de la vidéo
Merci pour le partage du lien.
Ceci dit, tu nous parles de portable et de facebook... Moi, cela ne m'étonnerais pas que tu pratiques secrètement l'usage du Palantir
S.K.
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Palantir, qui comme chacun sait est une société d'analyse de données et de renseignements d'une redoutable efficacité (dans tous les sens du terme)
Pour ce qui est de ce numéro spécial du Point, un ami d'ami m'avait mis en relation avec le journaliste chargé d'écrire l'article sur les hobbits. Je lui ai fourni plusieurs pages de documentation et de suggestions. Mais je ne sais pas ce qu'il en a fait. Ici en Asie, je doute de pouvoir me procurer un exemplaire. Si l'un d'entre vous pouvait m'en envoyer une copie, ce serait avec plaisir
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Hello
Tu es cité au moins 3 fois dans deux articles différents.
Le premier est la bio de Tolkien "Pour comprendre JRR Tolkien" par Phalene de la Valette et Mathilde Cesbron ; le second est l'article "Frodon et Sam, frères d'armes", où Judikael Hirel te convoque à deux reprises.
Je vais essayer de te scanner les deux articles 
I.
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Waah, ça c'est la gloire! J'espère tout de même qu'ils ne me font pas dire trop de sottises.
Dans le même genre où je suis cité alors que je n’en savais rien, une relation de travail britannique que je fréquente pour des questions financières m’a récemment demandé si j’étais LE Jean Chausse qui était cité dans Wikipedia dans un article « les principaux themes du SDA » ! Quand je lui ai dit que je découvrais cet article je crois qu’il ne m’a pas cru et pensé que j’étais un hypocrite
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Je lis avec plaisir ce hors-série avec effectivement des références à quelques illustres personnes :-)
Pour l'heure, le numéro est de belle tenue !
Par contre, n'y aurait-il pas une page (voire double page manquante) ?! Dans mon exemplaire, la page 44 commence abruptement par les "et d'épreuves". Pas de titre, pas d'introduction, bref, oui, il manque des pages. Dans votre exemplaire également ? Ce serait bien dommage que ce numéro soit entaché d'une erreur manifeste d'impression 
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il semble que la p. 44 est la suite de la p. 42.
Il ne manque pas de page mais la 43 s'intercalle bizarrement 
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Ah oui, en effet, autant pour moi. Effectivement, ça parait évident maintenant que tu le dis. Mais, tout de même , drôle de mise en page...
Merci Silmo ! ;-)
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Lecture terminée !
Merci à tou(te)s les contributeurs, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce numéro
Numéro dont les textes sont à la fois très pertinents sur l'Univers de Tolkien, savants tout en restant accessibles et alimentés par des sources internes & externes. Un heureux mélange.
Petite remarque pour dire que je m'étonne de n'avoir pas lu mention de Galadriel sur l'article "Les Premières Dames". Une étrangeté à mes yeux. Non ?
Encore bravo !
Cédric.
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Pour celles et ceux qui seraient intéressés, je me permets de signaler la parution, la semaine dernière (16 juin 2018), du quatrième numéro de la revue bilingue Fantasy Art and Studies, consacré aux racines victoriennes de la fantasy.
On pourra y trouver un article de ma main, illustré en couleurs et intitulé « Le « Romance » au féminin de William Morris : entre socialisme et victorianisme » (pp.11-21), dans lequel je parle bien sûr de William Morris (imprimeur, poète, écrivain, peintre, conférencier, dessinateur, architecte et activiste socialiste), de sa place dans l'histoire de la fantasy, de la place des femmes dans son œuvre, mais aussi (un peu) de son ami le peintre préraphaélite Edward Burne-Jones, et de J. R. R. Tolkien dont Morris fut une des sources d'inspiration littéraire...
La revue Fantasy Art and Studies - dont on avait déjà parlé à ses débuts dans un autre fuseau en 2016 - est numérique, et on peut consulter librement le quatrième numéro à cette adresse : https://fr.calameo.com/read/0049974318461ba0e43ec
Si vous souhaiteriez disposer d'une édition papier ou ebook téléchargeable de la revue "Fantasy Art and Studies", vous pouvez désormais aider à financer ces éditions en faisant un don à l'association des Têtes Imaginaires qui s'occupe de cette revue : https://www.donnerenligne.fr/les-tetes- … ire-un-don
Bonne lecture, si le cœur vous en dit. ^^
Amicalement,
Hyarion.
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Super ! Et bravo pour ce travail.
Je vais évidemment lire ça avec gourmandise.
Bonne soirée
I.
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Merci Hyarion pour l'information et, surtout, félicitations pour cette nouvelle parution. Le rythme s'accélère, bravo ! 
EDIT : sais-tu s'il est normal que nous ne puissions pas télécharger le numéro ? Comme il est donné en lecture en intégralité (si je ne fais pas d'erreur), je pensais avoir un meilleur confort de lecture via un téléchargement.
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Merci beaucoup à vous deux. ^^
Comme les précédents, cet article doit beaucoup à mon travail d'écriture principal : quelque part, sans vraiment le chercher, je suppose que je fais un peu de teasing... ;-)
Concernant la lecture de l'article en ligne, c'est actuellement la seule possible, mais comme indiqué dans mon précédent message, si l'on souhaite pouvoir disposer à l'avenir d'une édition papier ou ebook téléchargeable de la revue, il est désormais possible d'aider au financement de ces éditions par un don à l'association. :-)
Amicalement,
Hyarion.
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Je te remercie pour cette courte mais très belle étude, j'ai appris plein de choses, étant donné que la fantasy, avant ou après Tolkien, n'est pas spécialement un domaine que je connais, faute de véritable intérêt et de curiosité. J'ai bien aimé en apprendre plus sur notre vieux William.
D'ailleurs, toi qui est incollable sur le bonhomme, aurais-tu des lectures à me conseiller sur la réception du monde nordique ancien et médiéval chez Morris ? Je t'avoue que c'est bien l'une des rares choses que je connais de l'auteur, avec ses traductions approximatives certes, mais élégantes de la littérature norroise. Si tu as quelques lectures à me soumettre, je suis preneur. J'ai bien envie de me lancer dans la lecture de quelques-unes de ses créations littéraires.
Je pense que je vais me procurer quelques traductions aux éditions des Forges de Vulcain dans un avenir incertain, mais plutôt proche (c'est très flou tout ça !). Ça me tente beaucoup de pouvoir lire de la fantasy anté-Première Guerre mondiale. Car après tout, ce qui marque une rupture profonde entre Morris et Tolkien, n'est-ce pas ce conflit qui a recomposé les mentalités ainsi que la perception du monde, réel ou imaginaire, dans la littérature d'après-guerre ? Le jeune Tolkien qui écrivait le Voyage d'Earendel (ou l'auteur d'autres poèmes avant qu'il parte pour la France), est-il le même le Tolkien rescapé de la guerre ? Je ne pense pas. Garth le montre de manière convaincante dans sa monographie. Quelles sont les différences entre Morris et Tolkien en somme ? Je me demande également où se situe Dunsany sur cet échiquier. Ayant connu la Guerre, a-t-il évolué dans sa manière d'écrire, une fois le conflit mondial passé ?
Voilà quelques questions sans doute naïves ou qui font preuve d'amateurisme en matière de fantasy, mais ça me préoccupe pas mal... Et à défaut de pouvoir me pencher vraiment sur la question en ce moment, puisqu'on a une personne éclairée sous la main, autant en profiter
.
A.
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Merci beaucoup, Alkar, de ton intérêt pour cet article : j'ai essayé d'y mettre, dans un nombre de pages forcément limité, tout ce que je n'ai généralement pas eu l'occasion de lire ailleurs en français sur William Morris et son travail. C'est une invitation bien sûr à découvrir l'œuvre de cet auteur ainsi que les nombreuses choses que l'on a écrit sur lui en anglais quand il y en a encore si peu en français. :-)
Les traducteurs de Morris pour les éditions Aux Forges de Vulcain me paraissent faire du bon travail, notamment Francis Guévremont : pour mon article, j'ai préféré retraduire mes courts passages choisis du texte de The Water of the Wondrous Isles - et jusqu'au nom traduit de l'héroïne de ce romance -, mais je me suis tout de même pour cela modestement inspiré en partie de son travail, qui était loin d'être évident compte-tenu des archaïsmes employés par Morris et que Guévremont a su surmonter pour livrer une version française tout-à-fait fluide.
La Première Guerre Mondiale a effectivement bouleversé l'Europe culturelle, dans tous les domaines, la littérature de fantasy ne faisant sans doute pas exception. Garth parle de temps en temps de Morris dans son livre, mais parfois trop comme une sorte de faire-valoir de Tolkien à mon goût. On peut toujours considérer Tolkien comme du "Morris amélioré", mais selon moi, cela ne peut être vrai que sur certains aspects, Tolkien n'ayant pas repris tout ce qu'il peut y avoir d'intéressant chez Morris, et qui me parait précisément parfois manquer chez Tolkien. Mais c'est une vaste question...
Concernant Dunsany, dont Lin Carter fait l'héritier direct de Morris dans le livre dont tu as parlé ailleurs, c'est un auteur qui, au fond, comme Morris ou Eddison, reste très mal connu en France. Son œuvre gagnerait a être étudiée non seulement en tenant compte, dans son cas, non seulement de la Première Guerre Mondiale (à laquelle il a participé comme officier britannique) mais aussi de l'histoire tourmentée de l'Irlande à la même époque (Dunsany était unioniste). Bref, difficile d'en dire beaucoup plus ici : sur tous ces auteurs, le champ de recherche est immense...
Concernant la réception du monde nordique chez Morris, il existe une thèse de 1940 soutenue à Harvard, par Karl O. E. Anderson, intitulée "Scandinavian Elements in the Works of William Morris". C'est copieux et ça ne date pas d'hier, mais le manuscrit (ou tapuscrit) original ainsi qu'une transcription en ligne du texte et des notes sont en tout cas accessibles sur le site The William Morris Archive que j'ai mentionné en bibliographie de mon article : http://morrisedition.lib.uiowa.edu/OldN … erson.html
Il est bien tard... Bonne (fin de) nuit ! ^^'
Hyarion.
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La Première Guerre Mondiale a effectivement bouleversé l'Europe culturelle, dans tous les domaines, la littérature de fantasy ne faisant sans doute pas exception. Garth parle de temps en temps de Morris dans son livre, mais parfois trop comme une sorte de faire-valoir de Tolkien à mon goût. On peut toujours considérer Tolkien comme du "Morris amélioré", mais selon moi, cela ne peut être vrai que sur certains aspects, Tolkien n'ayant pas repris tout ce qu'il peut y avoir d'intéressant chez Morris, et qui me parait précisément parfois manquer chez Tolkien. Mais c'est une vaste question...
Très intéressant ce que tu dis là. Je ne pense pas qu'il faille cependant considérer Tolkien comme du « Morris amélioré », comme tu l'écris si justement. On peut cependant souligner que Morris vivait en plein monde de fairies ; il en est autrement chez Tolkien. Les deux hommes sont très différents finalement ; même s'ils composent avec quelques éléments similaires, cela ne leur permet d'aboutir au même résultat. Les rapports entre Tolkien et Morris m'intéressent également. Si tu as un peu plus de matière sur ce sujet, je suis preneur, à moins que tu ne la conserve pour cette fameuse publication à venir... 
Merci pour cette précieuse référence de 1940, que je la garde sous le coude pour une lecture prochaine !
A.
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Très intéressant ce que tu dis là. Je ne pense pas qu'il faille cependant considérer Tolkien comme du « Morris amélioré », comme tu l'écris si justement. On peut cependant souligner que Morris vivait en plein monde de fairies ; il en est autrement chez Tolkien. Les deux hommes sont très différents finalement ; même s'ils composent avec quelques éléments similaires, cela ne leur permet d'aboutir au même résultat. Les rapports entre Tolkien et Morris m'intéressent également. Si tu as un peu plus de matière sur ce sujet, je suis preneur, à moins que tu ne la conserve pour cette fameuse publication à venir...
Cela fait partie des éléments que j'aborde effectivement dans mon projet en cours, mon article en donnant d'ailleurs un petit aperçu, mais sans prétendre embrasser toute la question, qui est très vaste, et que Sonia Grimberg a notamment pu étudier de manière sans doute bien plus globale que moi (j'ai été en contact avec elle et j'espère qu'elle a pu aller au bout de sa thèse). ^^
Morris a beaucoup compté dans l'inspiration littéraire "moderne" de Tolkien, sur un plan donc surtout formel : cela saute aux yeux quand on lit les romances de Morris. Mais bien sûr, on a affaire à des personnalités différentes pour des œuvres différentes. Sur le fond, je ne sais pas si Morris vivait en plein monde de fairies tandis que Tolkien ne serait pas dans ce cas à te lire : l'approche du merveilleux de Morris ne me parait pas, en tout cas, moins déconnecté du réel que celle de Tolkien, si tel est le sens de ton propos.
Amicalement,
Hyarion.
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Merci beaucoup pour toutes informations ! Décidément, ce travail est de plus alléchant, au vu de ce qu'on pourra y trouver
!
Pour le monde de fairies, je ne dis pas que Tolkien n'y vit pas, mais qu'il recompose le genre d'une manière totalement originale, démarqué de ce monde cher à Morris et autres. Tolkien est peut être moins traditionnel comme auteur de ce genre de littérature que Morris.
Mais cela n'enlève rien au génie littéraire du Professeur, qui a su redonner un souffle nouveau à ce monde de fées, délaissé par un grand nombre d'auteurs, au profit d'un retour au réalisme, dû selon moi à une expérience traumatisante de la guerre. Tolkien se positionne entre un Morris et un auteur réaliste quelque part. Je dis certainement des bêtises, mais je ressens un peu les choses comme telles.
Amicalement,
A.
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Cela fait partie des éléments que j'aborde effectivement dans mon projet en cours, mon article en donnant d'ailleurs un petit aperçu, mais sans prétendre embrasser toute la question, qui est très vaste [...]
Je pense qu'étant sensible à l'art, tu connais l'étude suivante, sans doute assez courte :
Lisa Sat, « Inspired by Art: William Morris » (article on Morris' influence on Tolkien); dans Tyalië Tyelelliéva 9, 1996.
Plusieurs études m'intéresse dans ce numéro que je n'ai pas, notamment celui sur Morris que je viens de mentionner, ainsi que l'article de Rhona Beare, « Painted Caves and Yggdrasil ».
Amicalement,
A.
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Pour le monde de fairies, je ne dis pas que Tolkien n'y vit pas, mais qu'il recompose le genre d'une manière totalement originale, démarqué de ce monde cher à Morris et autres. Tolkien est peut être moins traditionnel comme auteur de ce genre de littérature que Morris.
Mais cela n'enlève rien au génie littéraire du Professeur, qui a su redonner un souffle nouveau à ce monde de fées, délaissé par un grand nombre d'auteurs, au profit d'un retour au réalisme, dû selon moi à une expérience traumatisante de la guerre. Tolkien se positionne entre un Morris et un auteur réaliste quelque part. Je dis certainement des bêtises, mais je ressens un peu les choses comme telles.
À mon humble avis, le rapport au réalisme peut être vu sous différents angles, celui de la critique sociale comme celui du rapport au réel et au surnaturel. Morris, derrière une forme volontairement archaïsante, laisse passer certaines idées à travers sa fiction qui relèvent de préoccupations réalistes, ce que j'essaie modestement de montrer dans mon article, cependant que ses romances peuvent être précisément vues comme une réaction formelle au roman réaliste du XIXe siècle, si présent à l'époque de l'auteur. Tolkien peut paraître "moins traditionnel" sur certains points, mais pas sur d'autres.
Je pense qu'étant sensible à l'art, tu connais l'étude suivante, sans doute assez courte :
Lisa Sat, « Inspired by Art: William Morris » (article on Morris' influence on Tolkien); dans Tyalië Tyelelliéva 9, 1996.
Plusieurs études m'intéresse dans ce numéro que je n'ai pas, notamment celui sur Morris que je viens de mentionner, ainsi que l'article de Rhona Beare, « Painted Caves and Yggdrasil ».
J'ai eu l'occasion d'apercevoir la référence de ce numéro de Tyalië Tyelelliéva au gré de mes recherches, mais je n'en ai pas eu l'occasion de le consulter. L'éditrice de cette publication, Lisa Star, ayant disparu des radars il y a maintenant plusieurs années, je ne sais pas comment il serait possible de se procurer ce genre de numéro, déjà assez ancient. Ceci étant dit, comme tu le suppose toi-même Alkar, l'article sur Morris doit être assez court, pour un numéro censé être de 28 pages d'après Tolkien Gateway.
Concernant la réception du monde nordique chez Morris, j'ai retrouvé cette autre référence, accessible en ligne : David Ashurst, "William Morris and the Volsungs", in David Clark, Carl Phelpstead, éd., Old Norse Made New: Essays on the Post-Medieval Reception of Old Norse Literature and Culture, Londres, Viking Society for Northern Research, University College London, 2007, pp. 43-61.
Mais c'est une étude que tu connais peut-être déjà, car il me semble que Laurent Di Filippo la mentionne dans sa thèse.
Amicalement,
Hyarion.
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L'information a été diffusée tout récemment par certains médias, notamment le Figaro, ainsi que sur le réseau de Mark Z., et bien sûr sur Tolkiendil : J. R. R. Tolkien devrait entrer prochainement dans la prestigieuse collection des éditions de la Pléiade.
J'avoue que cette nouvelle me laisse, en l'état, une impression mitigée...
D'un côté, être publié dans cette collection est considéré comme un honneur francophone pour tout écrivain. Et puis cela imposerait peut-être de facto la nécessaire retraduction du Silmarillion, quoiqu'elle soit prévue de toute façon par Bourgois, je pense.
D'un autre côté, le processus de légitimation de Tolkien n'avait peut-être pas besoin de cela... mais on me dira que puisque Jean d'Ormesson a eu droit à son volume dans la Pléiade, alors pourquoi pas Tolkien ?
J'ai cependant quand même un peu l'impression que c'est une manière de sortir ledit Tolkien du "ghetto" que serait censé être la fantasy, et cela ne me plait pas beaucoup sur le principe (sinon, il faudrait que d'autres auteurs de fantasy aient droit eux aussi à leur volume, et pas dix ans plus tard). Quant à l'idée de voir "Mirkwood" traduit par "Grand'Peur" imprimé sur papier bible, dans un volume à la reliure dorée à l'or fin 24 carats... j'avoue que cela ne m'enthousiasme pas beaucoup non plus (même si cela reste un détail) ! ^^'
Mais bon, la plupart d'entre vous serez sûrement contents de cette nouvelle, laquelle reste encore assez vague dans sa formulation, alors je n'en dirai pas plus pour l'instant ! ;-)
Amicalement,
Hyarion.
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Personnellement, c'est une information qui me réjouit beaucoup - encore que j'attende une confirmation officielle - et que j'estime amplement justifiée, d'autant que Jules Verne ou Simenon ont aussi eu droit aux honneurs de La Pléiade il y a quelques années.
Quant à voir s'il y aurait d'autres auteurs de fantasy ou de science-fiction qui mériteraient aussi d'y figurer, voilà une question bien distincte selon moi. Et si les éditeurs jugeaient que c'était le cas, quel mal y aurait-il à ce que cela prenne une décennie de plus ? Combien de temps a dû patienter Aristote après que Platon y soit admis ? Céline ne se plaignait-il pas de ce que Montherlant bénéficie d'une édition de son vivant alors que lui-même craignait de ne pas voir la sienne (et ce fut le cas) ?
Et sur la question de la traduction, nous verrons bien ce qu'il en est en définitive, sans oublier que certains auteurs ont eu droit à plusieurs éditions successives de leurs œuvres dans cette collection (ainsi de Flaubert, par exemple), qui n'est pas aussi monolithique qu'on pourrait le croire. Sans en avoir la certitude, je soupçonne qu'il y a déjà eu des révisions de traduction dans certains de ces cas.
E.
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Moi qui me demandait si François Mitterrand, qui était censé posséder dans le temps la collection complète du Livre de Poche (Librairie Générale Française), avait pu de facto avoir le Seigneur des Anneaux dans sa bibliothèque vers la fin des années 1970, voila que j'apprends que son neveu, Frédéric Mitterrand, prend la direction éditoriale de Christian Bourgois Editeur, selon un communiqué diffusée hier, 9 avril, par cette maison d'édition contrôlée depuis janvier dernier par le fonds d'investissement de la famille Mitterrand, dirigé par Olivier Mitterrand, frère de Frédéric. Dominique Bourgois, qui avait succédé à son défunt mari en 2007 en exerçant les fonctions de présidente et d'éditrice de la maison Christian Bourgois Editeur, est quant à elle évincée, apparemment sans ménagement selon Mathilde Serrell, laquelle a abordé le sujet sur France Culture, ce mercredi, d'une façon qui me parait lucide quant au fonctionnement du (petit) monde de la culture en France : https://www.franceculture.fr/emissions/ … avril-2019
Frédéric Mitterrand est une figure bien connue de la vie médiatico-politico-culturelle française, avec ses qualités (de documentariste et d'écrivain, notamment) et ses défauts (ministre de la Culture sous Sarkozy : franchement, était-ce bien nécessaire, vu le bilan, d'accepter ce strapontin ?)... Je me demande en tout cas ce qu'il fera du catalogue de Christian Bourgois Editeur, loin de se limiter à J. R. R. Tolkien, mais dont ce dernier est une des « pièces » importantes y figurant.
Wait and see...
Amicalement,
Hyarion.
***
P.S. (11/04/2019) :
Décidément, dès qu'il est question de Tolkien, de près ou de loin, le magazine le Point n'est jamais très loin...
Violaine de Montclos a recueilli pour ledit magazine quelques précisions directement auprès de Frédéric Mitterrand, et mises en ligne ce jeudi matin, 11 avril : https://www.lepoint.fr/culture/editions … 7093_3.php
Avec le franc parler dont il est coutumier, Frédéric Mitterrand apporte un certain nombre d'informations sur la situation de Christian Bourgois Éditeur, situation dont on se doutait qu'elle était mauvaise sur le plan financier, mais dont on peut juger désormais plus précisément... Dominique Bourgois aurait pu rester à la tête de la maison d'édition, mais apparemment, malgré une tentative de cohabitation (si j'ose dire), elle ne s'entendait tout simplement pas avec Olivier Mitterrand d'après son frère Frédéric, et pour des raisons qui ne sont a priori pas surprenantes. D'où une transaction financière, et un départ de Dominique Bourgois qui a l'air, en fait, de s'être imposé de lui-même... Frédéric M. dit que son passage à la tête des éditions Bourgois est provisoire, et je suppose qu'il n'y a guère de raisons d'en douter vu les arguments qu'il expose. Je le crois sincère lorsqu'il parle du respect qu'il a pour feu Christian Bourgois et pour sa maison d'édition.
Wait and see, donc...
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À titre informatif, je me permets de relayer la parution du dernier numéro de Fantasy Art and Studies, déjà évoquée dans ce fil par notre ami Hyarion, qui a déjà contribué par le passé à cette revue. Ce numéro 6, intitulé Pop Norse, aborde la réception de la matière scandinave ancienne et médiévale dans la Fantasy. Ainsi, parmi les articles que l'on peut lire, Hyarion propose une étude sur « La Fille du Géant du Gel » (« The Frost Giant’s Daughter ») de Robert E. Howard, que j'ai trouvée particulièrement éclairante. Le propos est conduit dans un français élégant et je n'ai rien à redire sur ce que dit l'auteur par rapport à la « matière du Nord », tout est bon, écrit avec une grande justesse. Il faut décidément que je me plonge dans cet auteur, malgré le fait que je repousse toujours mes envies de lecture à plus tard...
Si Howard a son article, j'ai pour ma part proposé une étude sur Gandalf au regard de la littérature scandinave médiévale. Je ne pense pas avoir fait le tour de la question, car il y aurait certainement des choses à ajouter ; cela a plutôt été fait dans un esprit de synthèse. D'autre part, cela préfigure non seulement la traduction du livre de Rudolf Simek, Terre du Milieu : Tolkien et la mythologie germano-scandinave à paraître le 02 octobre prochain aux éditions Passés Composés (récemment lancées), mais aussi une contribution dans le magazine Mythologie(s) que je vais faire sur les sagas et Tolkien (en passant par Snorri Sturluson et Saxo Grammaticus). Les mois à venir ne seront pas avides en publication !
Quant au numéro de la revue, il est entièrement disponible à la lecture : Fantasy Art and Studies n°6 - Pop Norse
Amicalement,
A.
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Merci à tous les deux pour ces contributions.
Voici une publication qui fera date !
Je me plonge dans ces articles dès ce soir.
I.
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Merci, à tous les deux, pour vos messages.
Je me permets de préciser que les numéros de la revue Fantasy Art and Studies sont non seulement directement lisibles en ligne, mais aussi désormais disponibles en version papier à cette adresse : https://www.bod.fr/librairie/catalogsea … id=2001326
Ton article pour ce sixième numéro, Alkar, même s'il ne se veut pas exhaustif, fait pertinemment le point concernant la part scandinave du façonnement de Gandalf, et augure bien, me semble-t-il, des autres publications à venir.
En ce qui concerne mon propre article, superbement illustré par Emmanuelle Ramberg, il donne comme les précédents un aperçu du contenu de mon livre, en cours d'écriture depuis déjà de longues années, mais j'avais aussi à cœur de le rédiger, d'une part, pour que soit ainsi publié une mise au point ouverte concernant la question (débattue) des possibles sources d'inspiration d'une des plus célèbres nouvelles de Howard, et d'autre part tout simplement pour inviter à lire (entre autres) la nouvelle en question, The Frost Giant’s Daughter, par ailleurs récemment adaptée en bande dessinée : tant mieux si ta curiosité a donc été titillée, et merci pour ton aimable appréciation.
Je précise au passage, en matière de notes de bas de page, que si ma note 18 semble faire écho à ta note 3, nous ne nous sommes pas concertés. ;-)
Amicalement,
Hyarion.
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J'ai bien lu ton message il y a quelques jours, mais je ne poursuis cette discussion à bâtons rompus qu'aujourd'hui, étant donné que je suis dans la touche finale de rédaction de mon mémoire de recherche sur une saga.
Je suis un peu embêté par la mise en forme de ma contribution, car le logiciel de mise en page a laissé un certain nombre de mots collés entre eux, ce qui est un peu agaçant je dois dire à la lecture. Cela fait bâclé. Après, sur l'article lui-même, je pense qu'il prépare effectivement à une série d'articles que je compte encore faire sur la matière du Nord chez Tolkien. Il y a de quoi s'occuper encore quelques années.
Quant à ta contribution, l'on ne cesse d'apprécier ces mises en bouche, en attendant la fameuse publication !
Amitiés,
A.
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Une fois n'est pas coutume, un bon article sur le Silmarillion, dans Le Monde.fr, par Elisa Thevenet.
https://www.lemonde.fr/pixels/article/2 … 08996.html
I.
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En effet ; extra !!
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Un article bien écrit et bien renseigné en effet, même si l'on sait désormais que le nom Tolkien ne venait très certainement pas de Tollkühn, contrairement à ce que Tolkien lui-même croyait.
La seule erreur factuelle figurait dans la légende de l'aquarelle du Taniquetil, qui précisait qu'il s'agissait de la demeure de « l'elfe Manwë », une formulation qui a depuis été enlevée : visiblement, le travail de relecture a été fait avec soin.
E.
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Un bel article en effet.
Et c'est une différence notable avec les articles qui paraissaient il y a quelques années quand les journalistes, mal informés ou ne sollicitant pas les personnes qui connaissaient JRRT, sortaient des articles "approximatifs". Aujourd'hui, il y a des progrès notables et visibles ;-)
C.
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Sur La Croix : Tolkien et la spiritualité du « Seigneur des anneaux »
et sur Le Journal du Geek : Tolkien : Rencontre avec les auteurs qui ont passé le « legendarium » au crible de la science
EDIT :
évidemment, les articles fleurissent depuis l'ouverture de l'expo BNF : Expo BnF Voyage en Terre du Milieu : cartes, croquis, Tolkien géographe
C.
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Un entretien que Clément Ribes a accordé à Tolkiendil vient d'être mis en ligne : https://www.tolkiendil.com/tolkien/inte … ribes_2019
Nommé en juin dernier, en poste depuis le mois de septembre, Clément Ribes a succédé à Frédéric Mitterrand comme directeur éditorial de Christian Bourgois Editeur (maison d'édition dont l'actionnaire reste Olivier Mitterrand).
J'avoue que j'avais lu cet entretien la nuit dernière, mais j'ai préféré attendre la promotion officielle de celui-ci sur le forum voisin avant de le signaler ici... ;-)
Il y est notamment question d'une nouvelle importante concernant la (re)traduction française du Silmarillion...
Amicalement,
Hyarion.
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Un article plutôt intéressant (quelques erreurs mineures de forme) avec une lecture écologique de l'oeuvre.
https://reporterre.net/Tolkien-technocr … -de-combat
I.
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Je me permets de reproduire ici ce que j'ai déjà signalé dans le fuseau dédié...
La BNF vient de communiquer aux médias le bilan de fréquentation de l'exposition consacrée à Tolkien : https://www.francetvinfo.fr/culture/art … 32591.html
L'exposition consacrée à Tolkien, qui vient de fermer ses portes à la Bibliothèque François-Mitterrand, a enregistré une fréquentation record avec 135.000 visiteurs en un peu moins de quatre mois, a annoncé mercredi la BnF dans un communiqué.
Avec 135.068 visiteurs exactement, "l'exposition se classe au premier rang des expositions les plus fréquentées dans l'histoire de la BnF", devant celle consacrée en 1998 à L'aventure des écritures : matières et formes (86.000 visiteurs), souligne l'institution.
La BnF a ainsi largement dépassé l'objectif qu'elle s'était fixé de 80.000 visiteurs avec cette exposition événement consacrée au créateur du Seigneur des Anneaux et du Hobbit.
[...]
La BnF se réjouit aussi que le public soit aussi venu nombreux aux rendez-vous accompagnant l'exposition : conférences, spectacle, colloque. En parallèle, une saison consacrée à la fantasy, ce courant culturel reposant sur le surnaturel et la magie, se poursuit jusqu'au 12 mars.
"L'exposition Tolkien bat le record de fréquentation de toute l'histoire de la BnF", franceinfo Culture avec agences (rédaction Culture France Télévisions), 19 février 2020, 15:18.
Amicalement,
B.
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'le monde diplomatique' publie un article dans son édition de juin 2020
Le monde rêvé des Hobbits
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Salut Ewyxo et merci.
Malheureusement pour la lecture en ligne, c'est un article réservé aux abonnés.
I.
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L'article d'Évelyne Pieiller paru dans le Monde diplomatique de ce mois-ci voit son contenu assez bien résumé dans son introduction : « Vendue à 150 millions d’exemplaires, Le Seigneur des anneaux est une œuvre qui, au fil des décennies, loin de se démoder, a été saluée de plus en plus largement. Elle semble avoir rencontré, voire nourri, un imaginaire collectif toujours plus partagé. Or le système de valeurs et la conception de la société de la Comté déploient une morale politique dont le charme archaïque n’est pas sans ambiguïté. »
L'article n'est pas très long, mais il est intéressant, documenté, et passe notamment en revue « du catholicisme à William Morris, les influences de J. R. R. Tolkien ». Je prends sur moi d'en partager ici de larges extraits. Évoquant le catholicisme fervent (et minoritaire au Royaume-Uni) de Tolkien, Évelyne Pieiller parle ainsi du cardinal Newman, de Léon XIII, de Pie XI, du distributisme, des Inklings... et aussi, donc, de William Morris.
L'université et les croyants ont été durablement marqués par ce qu'on a appelé le « mouvement d'Oxford », autour de John Henry Newman (1801-1890), un ecclésiastique anglican qui, de façon retentissante, va se convertir au catholicisme. Ses réflexions sur le don de soi, le rôle de l'intuition directe dans la foi... vont nourrir les questionnements de bien des chrétiens, notamment britanniques. Il sera ordonné cardinal par le pape Léon XIII, dont l'encyclique Rerum Novarum (1891), que prolongera Pie XI (1922-1939), définira la position de l'Église catholique par rapport au travail : soutien au syndicalisme mais opposition au socialisme, proposition de la cellule familiale comme modèle d'organisation de la société. Cette conception engendre une théorie économique, le distributisme : favorable à la propriété privée attribuée à des groupes plutôt qu'à des individus et, concernant la terre et les outils, prônant le retour aux guildes, le refus des banques (sinon mutualistes), privilégiant une société de fermiers et d'artisans, avec la famille comme unité sociale de base - sur fond de rejet de tout extrême politique.
Tolkien aura été sensible à la pensée de ce mouvement, attaché à la conviction que l'esprit est plus fort que la matière et à un antiétatisme déterminé. Mais il a été également influencé par l'univers du grandiose William Morris (1834-1896), peintre et romancier, inspiré par un Moyen Âge idéalisé, traducteur de sagas islandaises, tenant actif d'un retour à un artisanat offrant de la beauté à tous. Morris, cofondateur de la Socialist League avec Eleanor Marx, initiateur du renouvellement des arts appliqués, est aussi l'auteur d'un des tout premiers romans de ce qu'on appellera la « fantasy », La Source au bout du monde...
Réflexions théologiques et sensibilité aux mythes, à un Moyen Âge légendaire, c'est là ce qui rassemble un groupe d'amis, les Inklings, qui vont, des années 1930 à 1940, se retrouver dans un pub à Oxford pour se lire ce qu'ils écrivent et le discuter. [...] Les Inklings sont ainsi une bande de croyants, savants, passionnés, qui tous cherchent à faire vivre le registre du « merveilleux », propice à la sensibilisation aux mystères et à la grâce. À transmettre un message chrétien dans un monde déchristianisé.
Ce sont ces enjeux, ces convictions, ces débats qui animent Le Seigneur des anneaux. On ne saurait réduire la trilogie à une quelconque illustration de thèses. Mais elle porte une esthétique et un ensemble de valeurs qui offrent une vision du monde politique et spirituelle. [...]
Évelyne Pieiller, « Le monde rêvé des Hobbits », Le Monde diplomatique, n°795, juin 2020, p. 23.
À cette aune, Évelyne Pieiller évoque ensuite plus précisément « le monde rêvé des Hobbits » indiqué dans le titre, et ne semble pas être convaincue (sans doute à raison) que l'« univers rétro-rural autarcique » hobbitesque, appréhendé dans son contexte littéraire et intellectuel propre, puisse s'inscrire dans une démarche politique d'émancipation collective. Comme j'ai pu moi-même l'écrire dans un autre fuseau, si William Morris était à la fois artiste et militant (socialiste), ce n'était pas le cas de Tolkien, ce dernier ne partageant pas, du reste, la même foi en l'humanité ici-bas que Morris.
Guerre contre l'esprit du Mal et récit initiatique d'une quête spirituelle, tourments de la conscience et hommage à l'obstination de la force d'amour qui peut surmonter l'intérêt égoïste chez les mortels (tout comme elle fait revivre la nature sans trêve), « Le Seigneur des anneaux est bien entendu une œuvre fondamentalement religieuse et catholique, comme l'écrit Tolkien à un ami jésuite. De manière inconsciente dans un premier temps, puis consciente lorsque je l'ai retravaillée ».
Mais, avec une puissance inventive, joueuse, qui permet d'éviter toute allégorie directe, Tolkien déploie en même temps ce qui peut apparaître comme son monde raisonnablement idéal, celui du peuple du meneur de la quête, les Hobbits - les « petites gens » ou semi-hommes -, une variété humaine modeste, joyeuse, qui n'a pour ainsi dire aucun gouvernement, respecte spontanément les règles anciennes, inchangées, se passe pour l'essentiel de forces de l'ordre, sinon aux frontières. Des personnages qui seront plus ou moins copiés ensuite par la fantasy. Ce monde-là, très « médiévalisant », accepte la magie, mais ignore l'idée même de progrès, de technologie, de sens de l'histoire. Au plus loin des « sombres forges » qui caractérisent l'empire du Mal, artisans et paysans vivent heureux, doués pour les bons repas et les beaux récits, rejetant « ceusses » qui sont « toujours à compter, à mesurer ». D'ailleurs, le héros véritable du récit est un jardinier...
Ce modèle de société, autoprotégée, mesurée, enracinée dans sa mémoire et dans sa Terre mère, féodale mais sans féaux, soucieuse uniquement des menus plaisirs de la vie, mais attentive à tout ce qui verdit et porte fruit, a été salué par les contestataires des années 1960, et à l'opposé par le Mouvement social italien (MSI) néofasciste, qui organisait entre 1977 et 1981 des « camps hobbits ». La trilogie est aujourd'hui chérie de nombreux lecteurs de sensibilité écologiste. Cette aspiration à un univers rétro-rural autarcique, méfiant à l'encontre de la technique, de la perte de contact avec les vérités de la nature, n'est probablement pas près de s'éteindre, à la suite de la crise sanitaire actuelle. Il serait bon de se rappeler alors que la Fraternité de l'Anneau, toute à son combat contre les puissances de mort, a rétabli un roi.
Évelyne Pieiller, « Le monde rêvé des Hobbits », Le Monde diplomatique, n°795, juin 2020, p. 23, op. cit..
L'avertissement d'Évelyne Pieiller me parait assez juste sur le principe, a fortiori quand elle rappelle en début d'article « que rien n'est plus éclairant sur l'imaginaire d'une époque que l'imaginaire artistique qu'il salue ». Personnellement, parmi tous les types de lectures orientées existantes de Tolkien (chrétiennes, écocritiques, féministes, politiques...), qui peuvent être toutes intéressantes en matière d'étude littéraire, je n'en ai jamais vu une qui soit plus « convaincante » qu'une autre, a fortiori en matière de « perspectives de vie », qu'elles soient individuelles ou collectives... À chacun donc de voir ce qu'il veut dans l'imaginaire proposé par des oeuvres de fantasy comme celle de Tolkien, mais en sachant rechercher un juste équilibre entre l'affect et le raisonnement...
On trouvera dans ce même numéro du Monde diplo (journal que je n'avais pas lu depuis longtemps) un article tout aussi intéressant (p. 27) sur George Bernard Shaw (1856-1950) par Marion Leclair et Edward Lee-Six : « Shaw ou l'engagement ironique ». L'article évoque le cheminement politique du célèbre dramaturge, qui fit cause commune un temps avec le socialisme révolutionnaire de William Morris avant de s'en détourner pour rallier le fabianisme, cette forme britannique de socialisme élitiste et gradualiste (réformiste) dont descend le néotravaillisme de Tony Blair (un fabien). L'évocation du parcours de Shaw (un honnête homme fourvoyé chez les fabiens, selon Lénine) est d'ailleurs l'occasion pour les auteurs de l'article d'évoquer l'histoire immédiate : « en avril 2020, le président de la Société fabienne, M. Andrew Harrop, dénonçait la gauchisation du Parti travailliste impulsée par M. Jeremy Corbyn. L'emblème des fabiens [(un loup déguisé en agneau)] signifiait jadis l'infiltration du socialisme dans la bourgeoisie. L'emblème garde toute sa pertinence, mais son sens a changé : le fabianisme est devenu l'infiltration de la bourgeoisie dans le socialisme. » Voila de quoi faire réfléchir, en Grande-Bretagne maintenant que la page du corbynisme est tournée (un autre article du même numéro du Monde diplo en parle), mais aussi ailleurs quand on songe à tout ce que l'on peut décidément mettre (ou ne pas mettre) derrière les mots « socialisme » ou « social-démocratie » en Occident de nos jours (voila sans doute pourquoi, me concernant en la matière, je ne puis parler, souvent, que de « mon » socialisme)... Bref, l'article est vraiment bien écrit, et justifiait notamment que j'achète le journal sans que ce soit uniquement pour l'article de Pieiller : https://www.monde-diplomatique.fr/2020/06/LECLAIR/61913
À noter enfin, pour en revenir à la personne derrière l'article « Le monde rêvé des Hobbits », qu'Évelyne Pieiller, née Degeyter, qui avait vingt ans en 1969, connait notamment bien la musique rock (dans un sens large du terme), musique sur laquelle elle a beaucoup écrit, notamment pour la revue Regards : sur le site de cette revue, on pourra lire à cet égard quelques articles de sa main parus en l'an 2000 et consacrés notamment au rock des années 1950, 1960 et 1970. En 2008, elle a aussi écrit, pour le Monde diplo, un article consacré au heavy metal (toujours dans un sens assez large du terme), à l'occasion d'un concert de Motörhead : https://blog.mondediplo.net/2008-12-16- … e-activite
Amicalement,
B.
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Vu sur francetvinfo.fr : le projet de rachat du 20 Northmoor Road à Oxford.
Cf. ce fuseau dédié.
Jérôme
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Interrompant l'éclipse (aussi brièvement que possible), je me permets, dans le fuseau dédié, de signaler la parution de deux publications, l'une me paraissant toutefois, à l'évidence, plus consensuelle que l'autre...
Tout d'abord, vient de paraître le dixième numéro (printemps 2021) de la revue bilingue Fantasy Art and Studies, à laquelle certains d'entre nous ont contribué, votre serviteur notamment s'agissant des numéros 1, 4 et 6, tous précédemment évoqués en ces lieux, et en particulier dans le présent fuseau. Ce numéro 10, consacré à la musique, lisible en ligne et sous format papier, propose notamment deux articles en rapport avec Tolkien :
« Entre Black Metal et Dungeon Synth : Summoning et la mise en musique de l'univers tolkienien », par Sarah Léon.
« Singing into Being: Defamiliarisation as Creation in J. R. R. Tolkien and C. S. Lewis », par Amy Stimson.
Ensuite, quelques mois après la fin des échanges JRRVFiens dans le fuseau consacré à la question du libre arbitre chez Tolkien, une publication, déjà évoquée en privé pour ce qui concerne certains participants du fuseau en question (et aussi succinctement en public dans ledit fuseau), a été finalement signalée sur le forum de Tolkiendil, il y a déjà quelques jours, par un intervenant s'exprimant depuis la Suisse et alors que la publication en question est censé être déjà datée du mois dernier (mai 2021). Je prends sur moi de reproduire ci-après les échanges relatifs à cette annonce :
La revue Nouvelle Ecole consacre son numéro 70 à J.R.R Tolkien avec un sommaire intéressant.
Des racines aux ramures : Tolkien ou l’Arbre-Monde de l’imaginaire. Onfroy Charpentier
Tolkien le philologue et la « res germanica ». Armand Berger
À l’origine des langues elfiques : quendien primitif et proto-indo-européen. Damien Bador
L’unité spirituelle catholique du légendaire tolkienien : l’exemple du libre arbitre. Jérome Sainton
Tolkien et la question de la technique. Walter Aubrig
Lectures françaises de Tolkien. Oronzo Cilli
Bibliographie de John Ronald Reuel Tolkien (1910-2021). Armand Berger
Je viens de commander : )
Merci :)
Question naïve (et sans présumer de la qualité des gens cités à l'Ours de ce numéro)... "Nouvelle École", ce n'est pas une revue liée au GRECE et connotée politiquement ?
On est effectivement du côté de la Nouvelle Droite d'Alain de Benoist. Armand Berger, à l'origine de ce dossier, s'en explique un peu sur le site de la revue Eléments, également liée au GRECE.
Je découvre qu'en octobre 2020, sur le même site avait été postée une rencontre à laquelle il participait et dont le sujet était celui de la réécriture des mythes européens (forcément, avec le GRECE & l'Iliade (*)) dans Le Seigneur des Anneaux. Cette rencontre faite de trois allocutions avait été enregistrée à La Nouvelle Librairie, librairie politiquement très à droite liée à la revue Eléments (cf.ce papier de L'Express). A la fin de la conférence (>40'), une rapide présentation/explication du numéro Tolkien de Nouvelle Ecole par Armand Berger. On y apprend que le dossier contient une lettre inédite de Tolkien adressée à un universitaire islandais dans les années 30.
(*) Cette rencontre reprend le même titre («La réécriture des mythes européens dans Le seigneur des Anneaux») d'un essai sous forme de trois post d'un certain Valoë F. sur le site de l'Institut Iliade (Institut pour la longue mémoire européenne), qui organisait la rencontre à La Nouvelle Librairie.Des auteurs, je ne reconnais que Jérôme et Damien dont on connait l'expertise comme la probité quant au traitement de la matière tolkienienne (j'ai déjà lu l'article de Jérôme et le moins qu'on puisse dire est que le sujet est bien bellement traité) & je note aussi que ce numéro de Nouvelle Ecole ne se réduit pas au dossier Tolkien. Le site en ligne annonce 7 autres articles divers.
S.
Ah, ben !
Merci à tous les deux pour ces précisions.I.
La coloration idéologique et politique de la revue en question n'est pas une surprise en ce qui me concerne, ayant été informé de la chose en amont, l'été dernier. Lorsqu'il m'a été demandé en privé si j'étais d'accord pour figurer parmi les personnes remerciées, dans une note de bas de page à la fin de l'article « L'unité spirituelle catholique du légendaire tolkienien : l'exemple du libre arbitre », j'avais répondu que cela ne me gênait pas d'être cité dans des remerciements, dans la mesure où ils sont personnels et ne m'engagent pas politiquement ou idéologiquement, et que cela prouve au moins que l'auteur de l'article discute avec des personnes de sensibilités différentes, même si ce n'est pas forcément explicitement exprimé dans la phrase de remerciements (dans la version de l'article que j'ai lu). La publication étant faite, il est de toute façon trop tard pour reculer, et je continue donc d'assumer puisqu'il le faut bien, et parce qu'après tout, comme je l'avait aussi écrit en privé, A. de Benoist, au pire, n'est que le directeur de la publication, et qu'en tout cas, l'article de synthèse de Jérôme Sainton (Yyr), à l'image de nos échanges correspondants sur JRRVF, n'a aucun rapport avec ses idées.
Toutefois, ceci étant dit, et pour que les choses soient quand même bien claires, et dites en conséquence publiquement, mes propres conceptions de la condition humaine étant ce qu'elles sont, je ne cautionne absolument pas la coloration idéologique et politique de la revue Nouvelle École, ni les idées d'A. de Benoist, qui sont aux antipodes de mes propres convictions philosophiques et politiques.
Quant à mon regard sur Tolkien et les façons dont peut le lire, l'étudier, et partager autour de son œuvre littéraire, sans doute ai-je déjà tout dit il y a un bon moment, dans d'autres fuseaux, ici et là : je ne peux donc qu'y renvoyer.
Reste donc ce bien commun, précieux pour tout le monde, qu'est la liberté d'expression, d'opinion, d'écrire et de lire ce que l'on veut, dans le cadre fixé par la loi. Mais, s'il faut être franc, avouons qu'il reste tout de même aussi un goût un peu amer, et pas seulement me concernant, par rapport aux choix qui peuvent être faits sous couvert de partager des connaissances sur J. R. R. Tolkien. Sosryko a parlé d'expertise et de probité, mais le contexte dans lequel cela s'exerce compte également, et je crois bien qu'ici aucune référence à la Bible ou à Tocqueville ne pourra servir de paravent, du moins à mon sens.
Quoiqu'il en soit... Ite missa est, ou plutôt, pour reprendre les mots de Merlin dans Excalibur de Boorman, « It is done ».
Peace and love,
B.
P.S.: le pouilly-fumé de l'apéro m'est un peu monté à la tête, hier soir à la Male Selve, et j'aurai pu, dans la foulée, écrire ce qui précède sur un ton peut-être autrement plus grinçant. La nuit ayant porté conseil, ainsi que le journée qui a suivi, je ne peux qu'espérer que le présent message sera perçu avec la même bienveillance (eh oui, hommes de peu de foi : j'entends bien rester, malgré tout, bienveillant) qu'il a été adressé ici in fine.
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P.S.: le pouilly-fumé de l'apéro m'est un peu monté à la tête, hier soir à la Male Selve, et j'aurai pu, dans la foulée, écrire ce qui précède sur un ton peut-être autrement plus grinçant. La nuit ayant porté conseil, ainsi que le journée qui a suivi, je ne peux qu'espérer que le présent message sera perçu avec la même bienveillance (eh oui, hommes de peu de foi : j'entends bien rester, malgré tout, bienveillant) qu'il a été adressé ici in fine.
J'avoue que le P.S. était bienvenu. Tu sais que je respecte entièrement tes opinions, même quand je ne les partage pas. J'apprécie dans l'ensemble le ton de ton message, mais c'est le terme de paravent que je n'apprécie guère : cela sent un peu trop son Inquisition moderne, comme s'il fallait toujours supposer des arrières-pensées retorses, voire machiavéliques. Je me trompe peut-être, mais si le même genre de dossier avait été publié dans l'Humanité, j'ai tendance à douter du fait qu'il aurait suscité pareille réaction, même de la part du plus réactionnaire des lecteurs de JRRVF...
Quoi qu'il en soit, j'attendais de recevoir mon exemplaire d'auteur pour donner mon point de vue, mais suite à un courriel autrement plus grinçant du Dragon, je recopie ici une partie de ma réponse :
Commençons par le contexte. J'avouerais que je connais Nouvelle École de réputation seulement, au travers du petit rôle qu'elle a jouée dans l'« affaire Dumézil » dans les années 1980. Pour faire court, Dumézil a commencé par accepter de participer au très large et très universitaire comité de patronage de la revue avant d'en démissionner, vu que ses détracteurs utilisaient - déjà - sa participation pour conspuer ses supposées accointances d'extrême-droite. Tout cela a depuis été démonté avec soin par Didier Eribon, peu suspect d'amitiés politiques de ce côté-là de l'échiquier politique, dans son livre Faut-il brûler Dumézil ?
Quant à Alain de Benoist, j'ai dû écouter une conférence en ligne dont il était modérateur, sur les conseils d'un ami, voilà tout. Ladite conférence portait sur les Indo-Européens et était intéressante, au demeurant, quoique elle ne m'ait pas appris grand-chose. En tout cas, Benoist n'y a rien dit qui sorte du consensus scientifique actuel, pour autant que je me souvienne. Sorti de là, je ne connais sa carrière et ses opinions que dans les grandes lignes, quoique j'admette être impressionné s'il possède réellement 150 000 à 200 000 livres dans sa bibliothèque, comme l'affirme Wikipédia. Il a certes été proche de l'extrême-droite dans sa jeunesse, mais il n'est pas le seul à avoir fait ce type d'erreur. Et personne ne considère Lionel Jospin comme infréquentable parce qu'il a été trotskiste dans sa jeunesse, ce qui ne vaut pourtant guère mieux, je pense... Pour le reste, je ne partage certainement pas les opinions néo-paganistes de Benoist, qui me semble pour le coup naïves et possiblement dangereuses, comme l'histoire l'a hélas montré. Je n'ai pas non plus voté Mélenchon en 2017, comme il l'a apparemment fait (chose qui me semble prouver que son positionnement politique a sensiblement changé...) En revanche, lorsque je me suis un peu renseigné avant d'accepter d'écrire cet article, j'ai noté que Benoist invitait régulièrement de grandes figures de tous les bords politiques dans les revues qu'il dirige et s'enorgueillissait de publier des gens qui étaient d'un avis différent du sien. Cela m'a semblé plus important que le reste, car s'il y a réellement une chose qui soit dangereuse, c'est le sectarisme, d'où qu'il vienne.
Alors pourquoi ai-je écris cet article ? Avant tout parce qu'un autre ami (très certainement conservateur, quoique à ma connaissance loin d'être engagé en politique) a été chargé de monter ce dossier Tolkien. Comme il connaissait au moins un peu mes travaux, il m'a demandé si j'accepterais d'écrire un article sur Tolkien et les langues, et si je connaîtrais d'autres personnes susceptibles d'analyser d'autres aspect de l'oeuvre de Tolkien, en particulier sa relation avec le christianisme. J'ai accepté, parce que je pense important de s'adresser à tous les publics et que je ne renvoie pas les gens avec qui je suis en désaccord - fut-il occasionnellement radical - chez les Orques ou les Balrogs. Si l'on m'avait demandé d'écrire le même type d'article pour les Inrocks, un magazine dont je n'apprécie guère l'orientation récente, j'aurais certainement accepté aussi. Contre des actions, il peut être légitime de combattre, mais contre des idées, je préfère argumenter. C'est d'ailleurs une autre raison de ma participation : peut-être suis-je présomptueux, mais j'ai préféré participer et attaquer de front la question de l'inspiration linguistique indo-européenne de Tolkien dans ce magazine, justement pour mettre les choses au clair et éviter les tentatives de récupération politique. Quant à Jérôme, s'il le souhaite, je le laisse répondre, mais suite à l'invitation initiale, c'est moi qui ai suggéré son nom et l'ai convaincu de participer, justement parce que je pensais qu'il aurait des choses intéressantes à dire, surtout à des lecteurs qui verraient préférentiellement Tolkien sous l'angle néo-païen.
Bref, c'était d'une certaine manière un pari, pour lequel je me suis dit que j'avais peu à perdre, vu que je n'ai pas de réputation universitaire à défendre. J'attends de recevoir mon exemplaire d'auteur pour savoir si le dossier Tolkien dans son ensemble est équilibré. Pour le reste du magazine, je ne me sens aucune espèce de responsabilité.
E.
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