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Films
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Dans le dernier numéro de Heim- dal, nous avons publié la première partie de cet article, nous avons eu un bon nombre de réactions enthousiastes ou très satisfaites. Nous avions reçu, il y a longtemps déjà, des lettres nous demandant de publier "quelque chose" sur l'oeuvre de J.R.R. Tolkien. Par contre, quelques esprits chagrins n'ont pas compris la portée de cet article. Nous pensons plus particu- lièrement à un brave Percheron de nos amis qui écrit de temps à autre dans "Sleipnir" et n'a rien compris au problème. Il lui est naturelle- ment égal de connaître la langue des Elfes et le "côté dessin animé" l'a agacé. Nous pensons aussi à quelque cas isolés qui ont été cho- qués par cet esprit "Blanche Neige" (s'ils avaient vu le film, ils auraient compris que l'oeuvre de Tolkien s'adresse plus aux adultes qu'aux enfants). Tout cela, ce sont des séquelles de la culture gauloise cartésienne. A part les Contes de Perrault et les estampes de Gustave Doré, on a l'habitude en France de |
ridiculiser et de mépriser le merveil- leux. Et des Normands se met- traient de la partie ? Le merveilleux anglo-saxon a plus droit de cité dans la Normandie de Barbey d'Aurevilly que le scepticisme carté- sien ! Les Normands "mentent à leur nom du Nord" lorsqu'ils s'enfoncent les deux pieds dans le matérialisme le plus épais. A côté de qualités certaines, il y a un cer- tain cynime froid dans certains aspects du tempérament normand qui n'est pas toujours plaisiant. Mais l'esprit de Barbey d'Aurevilly se retrouve le plus authentiquement justement dans son Cotentin natal qui est terre du Nord par excel- lence. La Normandie malgré l'influence normale de plusieurs siècles de ce cartésianisme dont nous venons de parler a en partie conservé un tem- pérament et une civilisation marqué par la civilisation nordique. Et c'est une chance pour la Normandie, sa culture, son avenir. Le repliement sur soi, le chauvinisme sont dessé- chants et peu féconds. Par contre, être une facette de ce monde nordi- que c'est une ouverture fantastique vers des pays proches : Danemark, Norvège, Suède, Islande, Angle- |
terre, Shetlands, Orcades, Féroés, Frise, Basse-Saxe, Hollande, Flan- dres, Picardie, Irlande, tout le monde de la Mer du Nord. En Angleterre, J.R.R. Tolkien a pro- duit une oeuvre très largement répandue qui a été tirée à des mil- lions d'exemplaires. Il est donc tout naturel de connaître ce qui fait le propre de la littérature de nous cou- sins d'Outre-Manche. Les elfes, le merveilleux sont, en Angleteree, une composante de la vie quotidienne. Dans le parc de Kensington, à Londres, des elfes sont sculptés dans le tronc d'un chêne. Il suffit de rentrer dans une librairie pour voir que la matière des livres présentés est bien diffé- rente de ce que l'on voit dans les libraires en France. Pas d'ouvrages factices, pas de "mémoires" (la plupart du temps rédigées par un "nègre") d'un présentateur de télé- vision ou de radio, d'un homme politique ou d'un snob à la mode. On trouve en Angleterre beaucoup Ci-dessous : plan de la Comté pays où vivent les Hobbits, d'après Tolkien (redessiné par Heim- dal). |

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