Faeries (revue)

Hors Série, Spécial J.R.R. Tolkien (collectif)

Janvier 2002, éd. Nestiveqnen, 160 pages (ISBN : 2-910899-40-3, prix : 9 euros)

Un an et demi après son lancement et cinq parutions, les éditions Nestiveqnen proposent au public un nouveau numéro de la revueFaeries, plus exactement un Hors Série spécial J.R.R. Tolkien (à ne pas confondre donc avec le Faeries n°1 qui offrait déjà un dossier dédié à Tolkien). Ce numéro confirme les impressions précédentes, à savoir que nous nous trouvons (une fois de plus) face à un ouvrage d’une belle qualité d’impression (la couverture en est la parfaite illustration), à la présentation et à la lecture agréables. Le tout est proposé à un prix très abordable, performance remarquable en soi.

Outre les diverses illustrations originales qui parsèment ce numéro, le parcours du sommaire en première page laisse supposer une approche variée de l’ouvre de Tolkien.

Le préalable indispensable à la connaissance d’un auteur n’est pas oublié puisque Faeries débute avec une courte biographie (pp. 6-8) suivie d’une première description du travail de Tolkien. Plus loin, une bibliographie tenant compte des dernières publications permet au lecteur de trouver les renseignements nécessaires à ses recherches.

Abordons le cour du numéro après cette entrée en matière. Vient au premier plan une encyclopédie de la Terre du Milieu (pp. 24-57). Celle-ci est bien sûr fragmentaire (mais il ne pourrait en être autrement comme le fait justement remarquer J.R. Lecocq, son rédacteur) mais elle offre une vue généraliste, synthétique et utile pour se remémorer les principaux faits liés à une personne, un lieu, artefact ou événement. L’encyclopédie fournit d’abord quelques entrées concernant les créatures angéliques de la Terre du Milieu et se poursuit avec un chapitre « Des Peuples et des Lieux » qui nous entretient des Elfes, Hommes, Nains et Hobbits en donnant une courte biographie des plus importants d’entre eux. Nous regretterons malgré tout que cette encyclopédie (au demeurant instructive) manque de références précises. Certes, les informations de base sont souvent fort éparpillées (la partie sur les Hobbits reprend en effet des informations réparties tout au long du prologue du Seigneur des Anneaux et ailleurs) mais certains des faits précis mentionnés dans l’encyclopédie pourraient donner lieu à des renvois explicites. On pensera par exemple à la prophétie concernant la fin du Roi-Sorcier (évoqué en page 57, col. a) [1].

Après un court texte (pp. 58-59) sur les Anneaux de Pouvoir, nous pouvons lire trois essais à caractère géographique (pp. 62-77, issu en grande partie du Faeries n°1) de Claire Panier avec notamment une mise en parallèle de la cartographie Tolkienienne à la nôtre.

Claire Panier nous propose également « La Famille Eldarine » (pp. 78-83). Bien que cela ne soit pas précisé explicitement, l’on y utilise principalement le texte « Of the Laws and Customs among the Eldar » que l’on peut trouver dans Morgoth’s Ring [2] (p. 207 et suivantes). Ce texte est la pierre angulaire pour mieux connaître les us et coutumes des Elfes, ce qui fait de cet article de Faeries un document fort enrichissant. Aux deux pages suivantes (pp. 84-85), Mathias Daval s’interroge sur « La mort du Conte » dans un texte finement écrit et plaisant à lire.

Sébastien Bertho se penche quant à lui sur la question linguistique (pp. 90-116) dans deux articles intitulés « Les Langues de Tolkien » et « Les Alphabets ». Il signe là le temps fort de ce Hors Série. Le premier article tout particulièrement (pp. 90-112) est en effet une superbe introduction à la connaissance d’un aspect majeur de l’ouvre de Tolkien, celui des langues inventées. C’est incontestablement le genre de texte que l’on devrait trouver dans tout ouvrage qui traite de cette matière. Ces derniers, généralement trop prompts à entrer dans le vif du sujet, profiteraient d’une telle introduction qui permet de mieux appréhender le cadre de l’élaboration de ces langages et les difficultés de leurs apprentissages. Nous adresserons un léger reproche à ces articles, pour des raisons d’homogénéité notamment : deux paragraphes se révèlent trop techniques dans un contenu au ton par ailleurs « généraliste » (voir p. 104 a à propos des nombres elfiques et p. 108, col. b avec les problèmes des datifs et génitifs du « Qenya »).

Après une interview (pp. 118-120) de John Howe et Ted Nasmith sur leur travail d’illustrateur, l’on approche de la fin du numéro avec une partie (pp. 122-133) consacrée aux diverses adaptations de Bilbo le Hobbit et du Seigneur des Anneaux. Notons que les divers interlocuteurs parlent au futur car à l’heure de la mise sous presse, la dernière adaptation de Peter Jackson n’était pas encore sur les grands écrans.

Trois comptes rendus d’ouvrages de littérature secondaire (pp. 136-144) précèdent une courte présentation de la collection The History of Middle-earth (pp. 145-147) pour nous amener à une intéressante critique (pp. 148-150) de trois adaptations musicales du Seigneur des Anneaux.

Un rapide aperçu du dernier jeu de cartes inspiré de l’adaptation de Peter Jackson et la désormais classique (et utile) revue de sites dédiés à Tolkien occupent la fin du numéro. Les deux dernières pages nous font mieux connaître les différents rédacteurs de ce numéro – sympathique initiative.

On pourrait sans doute discuter certains points de détail mais Faeries signe un dossier sérieux et solide rédigé par de vrais connaisseurs (et amoureux) du sujet dont ils nous entretiennent. Preuve une nouvelle fois que les meilleurs textes sont l’ouvre d’amateurs éclairés qui savent témoigner de leur enthousiasme.

Ce Hors Série est plutôt destiné au grand public et peut être considéré comme une approche solide à l’univers de Tolkien tout autant qu’il peut s’avérer un bon outil de travail pour ceux déjà initiés à la lecture de Tolkien.

CORRIGENDA

Au cours de notre lecture, nous avons remarqué quelques imperfections, nous en donnons ici la liste à usage de l’éditeur. Celle-ci pourrait lui servir pour une prochaine réimpression (qui deviendra certainement une réalité étant donné la qualité de ce numéro).

Les « coquilles » sont signalées généralement en corps gras et en rouge :

  • page 8, note 4 mal placée : devrait figurer en page 10 où l’appel à cette note figure
  • page 10, note 7 mal placée : devrait figurer en page 11 où l’appel à cette note figure
  • page 15, col. a : au lieu de Roverandum, lire Roverandom
  • page 15, col. b : au lieu de « I.Lam na.Goldogrin » lire « I.Lam na.Ngoldathon : Goldogrin ».
  • page 10, col. a : au lieu de « logos and laguage », lire « logos and language »
  • page 21, The Complete guide to Middle-earth : from the Hobbit to the Silmarillion : référence déjà donnée en page 19, col. b
  • page 22, col. a : au lieu de « Splintered Light : logos and laguage », lire « Splintered Light : logos and language »
  • page 22, col. b : Tolkien’s Legendarium : Essays on the History of Middle-earth : référence déjà donnée en page 18, col. b
  • page 52, col. b : au lieu de « orc s », lire « orcs » (un espace superflu) – on pourrait même préférer « orques » qui est la traduction française ?
  • page 65, col. b : au lieu de « des Hobbit », lire « des Hobbits »
  • page 77, note 37 : parenthèse non fermée
  • page 83, note 2 : au lieu de « Lorien », lire « Lórien »
  • page 106, col. b : au lieu de « loup-Fenris », lire « loup Fenrir » (suppression de l’italique sur « loup » et correction du nom)
  • page 111, col. b : au lieu de « du point de vu », lire « du point de vue »
  • page 120, col. a : au lieu de « Luthien », lire « Lúthien »
  • page 123, col. a : au lieu de « Sont », lire « sont »
  • page 146, col. a : au lieu de « Nùmenor », lire « Númenor » (à deux reprises)
  • page 146, col. a : au lieu de « Turin », lire « Túrin »
  • page 147, note 1 : au lieu de « Faëries », lire « Faërie »
  • page 150, col. a : au lieu de « Mazardul », lire « Mazarbul »
  • page 154, entrée pour JRRVF :
    • o au lieu de « mythologies », lire « mythologiques »
    • o au lieu de « Pengoloth », lire « Pengolodh »
  • page 154, entrée pour Tolkien en VF : au lieu de « panoplie », lire « panoplies »
  • page 155, entrée pour Númenor : au lieu de « Numenor », lire « Númenor »
  • page 155, entrée pour Tolkien Society : au lieu de « J.R.R.. » lire « J.R.R. » (un point superflu)
  • page 158, entrée pour Sébastien Rennou : au lieu de « il la fait », lire « il l’a faite »

SUGGESTIONS

En plus des corrections d’ordre typographique, nous soumettons aux éditions Nestiveqnen une liste de suggestions qui concourrait certainement à une meilleure homogénéité du numéro.

Harmonisation des orthographes

  • Contes et Légendes Inachevés : ce titre apparaît tantôt avec cette orthographe tantôt sous l’orthographe Contes et Légendes Inachevées. La seconde est en fait erronée.
  • Terre(s) du Milieu : Deux traductions de Middle-earth sont proposées : La Terre du Milieu ou Les Terres du Milieu. Nous suggérons d’utiliser la première.

Notes bibliographiques

Les deux remarques suivantes font suite aux dernières publications intervenues ces dernières semaines :

  • page 16, Le Livre des Contes Perdus : mentionner l’édition compacte parue en janvier 2002 aux éditions Christian Bourgois.
  • page 111, col. a : ajout d’une note pour signaler la traduction de Bored of the Rings : The Lord of the Ringards, aux éditions Bragelonne. Traduction qui pourrait également enrichir la bibliographie donnée précédemment)

Divers

  • pp. 17-22, « Bibliographie sur Tolkien » : la première partie de la bibliographie (pp. 13-15) propose un classement chronologique alors que cette partie semble ne proposer aucun ordre particulier. L’on pourrait adopter un même classement et/ou observer une séparation des ouvrages français et anglais.
  • page 22 : inversion des emplacements des références aux ouvres picturales de Tolkien (p. 22 ; « Tolkien peintre ») et de John Howe (p. 17, « Les cartes peintes par John Howe . ») pour respecter la classification des ouvrages de et à propos de Tolkien
  • page 22, entrée « Splintered Light : Logos and language in Tolkien’s World » par Flieger, Verlyn : on peut s’interroger sur la justesse du classement de cet ouvrage dans la section « Sur les langues inventées par Tolkien ».
  • page 68, note 8 : préciser que la traduction de l’extrait des Letters provient de JRR Tolkien – Une Biographie
  • donner les références précises des ouvrages d’où sont issues les citations (ex : page 69, note 11)
  • page 70, à : « a kind of legendary and history of a forgotten epoch » : préciser d’où est tirée cette citation
  • page 72, note 20 : donner les références complètes des Eddas
  • page 77, note 35 : la codification de la référence aux Letters change à partir de ce moment. A harmoniser ?
  • page 82, note 1 : cette note est peut-être donnée un peu abruptement, le terme de « Fëa » mériterait d’être explicité
  • page 114, col. b : problème de police de caractère (ex : « (1 : t ; 2 :d) »)
  • page 120, col. a : inversion des réponses de John Howe et Ted Nasmith pour suivre l’ordre des réponses précédemment suivi
  • On trouve à plusieurs reprises le mot « trilogie » (ex : page 16, col. b) : le terme n’est pas réellement adapté quant on sait que Le Seigneur des Anneaux devait être publié en un seul volume (forme que l’on retrouve fréquemment aujourd’hui). Tolkien réfute lui-même le terme dans sa correspondance [3].

Cédric Fockeu.

© La Compagnie de la Comté – Février 2002

NOTES

1. Citons par exemple les paroles de Gandalf dans Le Seigneur des Anneaux (éd. Pocket, vol. 3, p. 119) : « … si les paroles prononcées dans les temps anciens sont vraies, ce n’est pas de la main d’un homme qu’il mourra. »

2. Morgoth’s Ring, London, George Allen & Unwin, HarperCollins Publisher, 1993, 471 p.

3. cf. The Letters of J.R.R. Tolkien, éd. Humphrey Carpenter, Allen & Unwin : lettres 149 et 165.

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