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2016 est l’année du centenaire de la sanglante bataille de la Somme. Une immense confrontation dont l’horreur, à l’instar de la bataille de Verdun qui se déroula la même année, est au-delà de toute description.

Entraîné comme des centaines de milliers d’anglais dans la tourmente de la Première Guerre mondiale, le jeune J. R. R. Tolkien a servi dans le Corps Expéditionnaire Britannique en France et a durement connu, à 24 ans, le feu puis la maladie dans les tranchées de la Somme.

Un siècle après ces événements, JRRVF a tenu à se souvenir, par compassion et respect pour les 1 060 000 morts et blessés de cette bataille, et pour rappeler que le spectre de la guerre, malgré le rejet indigné que suscitent aujourd’hui les boucheries absurdes de 1914-1918, couvre toujours le monde de ses grandes ombres.

Jean-Rodolphe Turlin – juin 2016

 

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Affiche de propagande anglaise 1914-1915

Le 4 août 1914, le Royaume-Uni entre en guerre contre l’Empire allemand.

Outre le jeu des alliances, c’est principalement l’invasion de la Belgique par l’Allemagne qui entraîne la patrie de J. R. R. Tolkien dans la guerre.

Le Royaume-Uni, 45 millions d’habitants, première puissance économique mondiale, à la tête d’un gigantesque empire colonial de plus de 200 millions d’habitants, se retrouve ainsi aux côtés de la France, de la Serbie et de la Russie du Tsar Nicolas II, déjà engagés contre les empires d’Allemagne et d’Autriche-Hongrie.

Le Corps Expéditionnaire Britannique (en anglais British Expeditionary Force) est composé de 70 000 hommes, dont une majorité de soldats de métier. Il est placé sous les ordres du Maréchal French, remplacé par le Maréchal Haig à partir de 1915.
Six divisions d’infanterie et une division de cavalerie sont engagées progressivement du mois d’août au mois de septembre 1914 pour combattre sur le front français.

 

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Affiche de propagande anglaise 1914-1915

Contrairement aux apparences, aux chiffres et à la vantardise de la propagande, les Anglais doutent de leur force.

La puissance navale du Royaume-Uni est contestée par la Kaiserliche Marine, la marine impériale allemande, et les dernières guerres menées par le commandement britannique ont été lointaines et coûteuses en hommes et en argent.

L’engagement le plus récent de l’armée anglaise est la sanglante guerre contre les Boers de 1902 en Afrique du Sud (où Tolkien a vu le jour en janvier 1892 avant l’installation définitive en Angleterre en 1895). Ces combats coûteux, mal documentés mais encore dans les mémoires en 1914, ont fait plus de 22 000 morts dans les rangs de l’armée anglaise (pour près de 50 000 victimes civiles africaines et européennes).
Quant à la dernière intervention d’envergure sur le sol européen, elle remonte à la campagne de Belgique contre Napoléon en juin 1815 (Bataille de Waterloo).

 

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Affiche à l’effigie de Lord Kitchener, ministre britannique de la guerre en 1914.
Groupe de volontaires anglais en août 1914 à Londres

Avec l’engagement britannique sur le front français et belge, les doutes de l’Angleterre sur ses propres forces se muent en catastrophe : après les premières batailles d’octobre 1914 (Ypres et la « Course à la mer »), les forces anglaises ont perdu près de 50 000 hommes !

C’est un désastre sans précédent pour l’armée anglaise et celle-ci doit lancer rapidement des appels au volontariat pour reconstituer ses troupes, avant de finalement recourir à la conscription obligatoire à partir de 1916.

L’armée des professionnels, décimée, cède alors la place à une armée jeune et sans expérience, complétée massivement par les recrues en provenance de l’empire colonial et des dominions.

 

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Tolkien and King Edward’s School prefects, 1910/11, disponible sur le site de John Garth : http://www.johngarth.co.uk/php/boy_didnt_believe_fairies.php
Robert Q. Gilson (debout, premier en partant de la gauche), Tolkien (debout, deuxième en partant de la gauche)
et Christopher Wiseman (assis au premier rang, deuxième en partant de la droite).

Un nationalisme va-t-en-guerre, fortement encouragé par la propagande du ministère de la guerre de Lord Kitchener, impose une lourde pression sociale sur la jeunesse anglaise.
A l’instar du Roi Georges V, qui ne quittera plus son uniforme d’officier de toute la guerre, des centaines de milliers de jeunes anglais s’engagent d’eux-mêmes par patriotisme ou par conformisme durant les premiers mois de la guerre.

Le jeune frère de J. R. R. Tolkien, Hilary, s’est déjà enrôlé à la fin de l’été 1914.
Robert Q. Gilson, Geoffrey B. Smith puis Christopher Wiseman, les amis qui forment avec Tolkien, depuis leur passage à la King Edward’s School de Birmingham, le « club » du T. C. B. S. (Tea club, Barrovian society), sont sous les drapeaux à partir de l’automne 1914. Gilson et Smith dans l’infanterie, et Wiseman dans la marine.
Tolkien, fiancé à Edith Bratt depuis janvier 1914, préfère achever ses études à Oxford. Il n’est pas obligé de s’enrôler puisque le régime du volontariat perdure (jusqu’en janvier 1916). Mais la pression de la société est forte. Elle culpabilise les jeunes restés à l’arrière. Tolkien finit donc par intégrer un corps d’entraînement d’officiers : il peut ainsi effectuer un service militaire à proximité d’Oxford et poursuivre ses études.

 

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Sous-officiers et militaires du rang à l’entraînement en 1914

Ses études achevées, J. R. R. Tolkien devient, à partir de juin 1915, élève-officier au 13ème bataillon des fusilliers du Lancashire.
Onze mois durant, jusque fin mai 1916, il suit la formation et les entraînements des officiers d’infanterie dans un camp du Staffordshire, à Whittington, au nord de Birmingham.

Dès que ses permissions le lui permettent, il fait l’aller-retour jusqu’à Warwick (à 80 km de son cantonnement) où il retrouve sa fiancée Edith.
Comme l’heure du départ pour le front approche, les deux jeunes gens se marient le 22 mars 1916.

Le 4 juin, après une ultime permission auprès d’Edith, Tolkien est appelé à embarquer pour la France. Il rejoint Calais le 6 juin puis le camp britannique d’Etaples, le plus vaste du front ouest, où sont cantonnées les troupes en transit qui sont astreintes à un entraînement militaire rigoureux et à une discipline de fer. Devenu sous-lieutenant, il est transféré à son grand désarroi du 13ème bataillon (de réserve) au 11ème bataillon (d’active) des fusiliers du Lancashire, alors qu’il espérait rejoindre son ami G. B. Smith au 19ème bataillon.

 

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En haut à gauche : R. Q. Gilson, 11th Cambridgeshire Battalion ; en haut à droite : J. R. R. Tolkien, 13th Lancashire Fusiliers ;
en bas à gauche : G. B. Smith, 19th Lancashire Fusiliers « 3rd Salford Pals » ; en bas à droite : C. Wiseman, Royal Navy, H. M. S. Dreadnough.

Malgré la dispersion du T. C. B. S., les quatre amis restent en contact et échangent une abondante correspondance. Ils parviennent même, au gré des permissions des uns et des autres, à se retrouver et à renforcer cette amitié et cette connivence intellectuelle, si importantes pour eux.

Mais les nuages s’amoncellent.

Tolkien est affecté avec son bataillon sur le front de la vallée de l’Ancre, près de la ville d’Albert, où les Anglais sont installés dans des tranchées face aux Allemands depuis fin 1914.
Bien qu’ils appartiennent à des régiments différents, Gilson et Smith sont cantonnés dans le même secteur, parmi les 26 divisions que les Britanniques rassemblent en ce début d’été 1916.

 

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La mine de Hawthorn Ridge, le 1er juillet 1916 à Beaumont-Hamel.
Photo extraite du film documentaire
The Battle of the Somme par G. H. Malins et J. B. McDowell (1916)

Le 1er juillet 1916, une matinée ensoleillée succède à quelques jours de mauvais temps.

Mais un orage d’une nouvelle sorte gronde et fait trembler la terre : l’artillerie anglaise pilonne les lignes allemandes depuis plusieurs jours. Le son continu des explosions peut – dit-on – être entendu jusqu’en Angleterre…

La grande bataille commence.
Les explosions simultanées de gigantesques mines, longuement creusées sous les lignes allemandes, mettent fin au long tonnerre des canons et des détonations assourdissantes. Elles donnent le départ des combats et ouvrent en grand les portes des enfers.

L’offensive, préparée de longue date et combinée par les commandements français et anglais, a pour objectifs d’enfoncer les lignes allemandes et de soulager le secteur de Verdun, où les Français résistent difficilement à une terrible attaque allemande depuis plusieurs mois.

 

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L’assaut du 1er juillet 1916. Photo disponible dans les archives de la Fototeca Storica Nazionale.

Des dizaines de milliers de soldats alliés, tassés au fond de kilomètres de tranchées dans les vallées de l’Ancre et de la Somme et dans les collines proches, sont envoyés à l’assaut des lignes allemandes à 7h30 du matin, au son strident des sifflets des officiers.

Parmi les amis de Tolkien, Gilson et ses hommes du Cambridgeshire Battalion font partie de la quatrième vague d’assaut dans le secteur de La Boisselle. Un peu plus au nord, les pionniers du 3ème Salford Pals et Smith s’élancent à leur tour vers les lignes allemandes.

Alors que tous pensent avec une fébrile confiance que l’ennemi est anéanti par le déluge des bombes, le crépitement des mitrailleuses allemandes et le sifflement des balles entament la funeste moisson des vies.

 

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Infanterie britannique, peut-être un bataillon écossais des Gordon Highlanders, à l’assaut des lignes ennemies dans les environs de Mametz, le 1er juillet 1916.
Photo prise depuis les positions allemandes.

Sur le secteur britannique, l’attaque est un désastre : les soldats ont reçu l’ordre d’avancer au pas et en longues lignes. Dès les premières minutes de l’assaut, ils se font faucher par milliers par les batteries de mitrailleuses allemandes.

En quelques heures a lieu l’un des plus grands carnages de l’Histoire. Plus de 21 000 hommes sont tués et 35 500 autres sont mis hors de combat.

Les hommes engagés entre Bécourt et La Boisselle paient le plus lourd tribut, avec plus de 6  000 victimes. Pris au piège dans le No man’s land, cette bande de terre ravagée située entre les lignes alliées et les lignes allemandes, le lieutenant Robert Q. Gilson et un grand nombre de ses soldats font partie de ceux qui ne survivent pas à la terrible matinée.

Du côté d’Authuille, le lieutenant Geoffrey B. Smith sort indemne du massacre mais les pionniers doivent se replier dans les bois et subir le bombardement de riposte des Allemands pendant de longues heures, faisant des dizaines de victimes supplémentaires.

 

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Soldats anglais en attente dans une tranchée de communication, secteur d’Albert, juillet 1916.

Tandis que la bataille se poursuit, le régiment du sous-lieutenant Tolkien est maintenu à l’arrière. Les activités varient entre ennui, courrier, exercices… et creusement des tombes.

Le 11ème bataillon des Lancashire Fusiliers est positionné à Bouzincourt à partir du 3 juillet. C’est là que Tolkien est confronté au feu ennemi pour la première fois, lors d’un bombardement de l’artillerie allemande. C’est là aussi qu’il retrouve son ami Smith, replié avec les restes de son bataillon. Mais les deux hommes n’ont pas de nouvelles de Gilson.

Tandis que Smith retourne vers les premières lignes où la grande bataille fait place à des successions d’escarmouches tout aussi meurtrières, le bataillon de Tolkien continue de faire mouvement le long du front pendant plusieurs jours.

Depuis les hauteurs qui dominent la vallée de l’Ancre, à Bouzincourt et dans les environs, la vue sur le champ de bataille est terrifiante.

 

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A gauche, la réalité des tranchées ; à droite, une photo de propagande.

Les Allemands ont profité du sol crayeux des plateaux dominant les vallées de l’Ancre et de la Somme pour installer des bastions et des souterrains sur les reliefs. Parfois certains de ces refuges sont bétonnés. Dans tous les cas, la plupart des abris ont résisté aux pilonnages d’artillerie, mais les conditions de vie – de survie – des soldats y sont épouvantables.

Entre les bastions, les tranchées allemandes sont bien plus vulnérables. Les nombreux assauts anglais qui succèdent à l’offensive du 1er septembre permettent de s’emparer de boyaux précaires et insalubres souvent jonchés des cadavres de défenseurs malchanceux.

La situation est comparable du côté anglais, et les photos de propagande évoquant des tranchées confortables et des soldats souriants contrastent violemment avec une réalité où promiscuité et morbidité côtoient désespoir et effroi.

 

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Soldat Britanniques dans une tranchée de réserve, juillet 1916, photo Imperial war museum

Le 14 juillet démarre une seconde vague d’assaut.

Les troupes du 11ème bataillon des Fusiliers du Lancashire font partie d’un assaut nocturne contre les ruines du village d’Ovillers, tenu par les Allemands.

Tolkien est envoyé au combat et côtoie pour la première fois l’horreur des tranchées en premières lignes : le choc des détonations, l’angoisse de l’attente, le stress, l’épuisement, la boue crayeuse, les débris… Mais aussi les corps putréfiés des tués des premières vagues d’assaut, qui n’avaient jamais pu être rapatriés vers l’arrière. Et puis il y a la vermine, qui peuple les abris insalubres et qui, nichée dans les coutures des uniformes, dans les plis des couvertures crasseuses, ne distingue pas les combattants d’un camp ou de l’autre.

Tolkien participe à plusieurs vagues d’attaques contre Ovillers qui se poursuivent jusqu’à la reddition de la garnison allemande le 17 juillet. Ce même jour, de retour à Bouzincourt, il apprend par une lettre de Smith que leur ami Gilson a été tué le 1er juillet.

 

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Carte anglaise représentant le réseau des tranchées allemandes dans le secteur où J.R.R. Tolkien a combattu durant l’été 1916

Malgré le deuil de son ami, les combats continuent pour le jeune Tolkien qui devient officier de transmission de son bataillon. Il participe à des combats en première ligne durant tout cet été sanglant, alternant la participation à des attaques sur les secteurs de Beaumont-Hamel et les secteurs de la vallée de l’Ancre, avec des phases de repos et de formations aux transmissions à l’arrière.

Entre deux déplacements et deux attaques, Tolkien poursuit une active correspondance avec ses deux amis Wiseman et Smith. Il retrouve ce dernier le 22 août à Acheux, à quelques kilomètres derrière Bouzincourt, pendant une période de formation. S’ils réaniment à deux et pendant quelques heures l’esprit du T. C. B. S., ils ne savent alors ni l’un ni l’autre qu’ils vivent leur dernière rencontre.

 

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Le char d’assaut Mark I « Clan Leslie » en mouvement dans le secteur d’Albert (septembre 1916), National army museum.

Le 15 septembre, les forces britanniques lancent une troisième grande offensive dans le secteur d’Ovillers  (à Flers-Courcelette) appuyée pour la première fois par une arme inédite : les chars d’assaut, dont 49 exemplaires sont déployés dans la zone des combats sur l’axe Albert-Bapaume.

Bien qu’impressionnante et effrayante pour l’ennemi épuisé, qui abandonne ses positions en voyant s’avancer les « tanks », l’attaque mécanisée de Flers, la première du genre, est un fiasco, notamment en raison des pannes successives des véhicules.

Tolkien est en formation loin à l’arrière, du côté d’Abbeville, lorsque les « tanks » Mark I entrent pour la première fois en action. A son retour sur le front, il est engagé dans ce qui reste des bois au sud de Thiepval. Il côtoie alors d’autres chars Mark I qui sont dans le secteur et qui participent également aux opérations.

 

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Soldats anglais convalescents dans un hôpital militaire.

Après les chaleurs de l’été, le mois d’octobre 1916 est froid et pluvieux. Une boue crayeuse omniprésente vient s’ajouter aux difficultés des soldats.

De tranchées en tranchées, de combats en corvées, entre attaques sporadiques et bombardements aux gaz de combat, Tolkien et les hommes de son régiment, épuisés, finissent par être relevés le 22 octobre après un ultime combat victorieux à l’est de Thiepval.

Mais les quelques jours de repos ne sont pas profitables à Tolkien. Pris de fièvres et de douleurs articulaires, il est transféré par train dans un hôpital du Touquet où il va rester jusqu’en novembre 1916, tandis que les survivants de son régiment sont transférés vers les Flandres.

 

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Le S. S. Asturias, carte postale vers 1910, à l’époque où le paquebot assurait une liaison maritime commerciale entre l’Angleterre et l’Amérique du Sud.

Les médecins militaires ont du mal à identifier la maladie infectieuse dont souffre Tolkien et plusieurs milliers d’autres soldats. Il s’agit d’une sorte de typhus transmis par la vermine des tranchées. Courante sur la ligne de front où les conditions d’hygiène sont désastreuses, cette infection qui provoque d’épuisantes pyrexies et de violentes courbatures est appelée « fièvre des tranchées »

La maladie affaiblit considérablement le jeune sous-lieutenant. Les médecins décident alors son rapatriement immédiat.

Tolkien est embarqué le 8 novembre 1916 sur le S. S. Asturias, un paquebot reconverti en navire-hôpital, qui le ramène du port du Havre jusqu’en Angleterre. 

 

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G. B. Smith, deuxième en partant de la gauche, rangée du haut, pose avec des officiers du 19th Lancashire Fusiliers (été 1916).
Photo disponible sur le site de John Garth : https://johngarth.wordpress.com/2015/09/25/tolkiens-immortal-four-meet-for-the-last-time/

Tolkien est hospitalisé à Birmingham, où il retrouve enfin Edith. Mais son état ne s’améliore guère. Dès le début de sa convalescence, une nouvelle terrible arrive : il apprend par un courrier de son ami Wiseman que Smith, blessé par un éclat d’obus à l’arrière du front de La Somme, est mort de ses blessures le 3 décembre.
La mort de Smith coïncide tristement avec la fin de la bataille : les hautes autorités militaires alliées annoncent la fin des opérations en décembre 1916. Mais sur le terrain, les grandes offensives coûteuses en vie humaines ont pris fin dès l’automne, en raison des conditions climatiques défavorables.

D’une certaine manière, la mort de Smith marque également la fin du T. C. B. S.

L’armée britannique a perdu durant ces quelques mois près de 420 000 hommes, dont la moitié sont morts ou disparus. Les français ont perdu de leur côté près de 200 000 soldats, dont plus de 65 000 morts.
Les combats ont aussi lourdement accablé l’armée allemande (près de 430 000 hommes hors de combat), mais les avancées alliées, quelques dérisoires kilomètres le long de la vallée de l’Ancre vers l’est et guère plus au sud de la vallée de la Somme, rendent les chiffres vertigineux de ces pertes humaines totalement effarants.

 

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« (…) les guerres sont toujours perdues, et la Guerre se poursuit sans fin; et faiblir n’apporte rien de bon ». JRR Tolkien, Lettres (n° 101)

Avec le retour en Angleterre, c’est une étrange période qui commence pour Tolkien.

S’il quitte l’hôpital en décembre 1916, il rechute régulièrement durant les deux années suivantes. Ainsi, entre différentes affectations dans le Yorkshire ou dans le Staffordshire, il fait plusieurs séjours à l’hôpital militaire de Hull, qui retardent d’autant un éventuel retour vers le front.

Cette période est aussi celle durant laquelle il écrit de grands textes en prose, marqués du sceau des horreurs de la guerre et des pertes de ses amis et de l’heureuse naïveté de sa jeunesse. Ces textes, qui donnent le véritable départ de sa vie d’écrivain, composeront Le Livre des Contes perdus.

C’est enfin la période plus heureuse de la naissance de son premier fils, John, et des promesses d’un retour possible à Oxford.

La guerre prend fin le 11 novembre 1918, mais Tolkien, dont la santé est encore fragile, n’est définitivement rendu à la vie civile que le 15 juillet 1919.

 

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